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La marine Confédérée (1)

Publié le par Olivier Millet

La marine Confédérée (1)

La guerre de Sécession s'est essentiellement déroulée sur les champs de bataille terrestres, la guerre navale ne pouvait donner lieu à de grands affrontements où des escadres entières s’affronteraient, faute de combattants. Si la marine de l'union d'une taille relativement modeste, a su, par le biais d'achats à l'étranger et de constructions locales, mettre en place une flotte de combat importante, ce ne fut malheureusement pas le cas de la marine confédérée. bien que ses moyens fussent limités, le Sud réussi néanmoins à construire une petite flotte en utilisant au mieux les navires qu'elle possédaient déjà et en construisant de nouveaux, parmi lesquels les redoutables cuirassés connus sous le nom d'Ironclad. Incapable de mener une guerre conventionnelle contre la marine de l'Union, bien plus puissante, Stephen Mallory, ministre de la marine confédérée, mis en place une stratégie défensive mêlant innovations technologiques et corsaires de haute mer tout en renforçant les défenses côtières des principaux ports. La lutte entre les deux marines donna lieu à des engagements entrés dans la légende navale comme le premier combat de cuirassé à Hampton Roads en 1862 ou la première attaque réussi d'un sous-marin sur un navire de guerre.

Une stratégie défensive

On peut établir que la stratégie navale du sud essentiellement défensive comportait trois volets où les innovations dans le domaine naval devaient tenter d'équilibrer les forces en présence. Le dernier volet résolument offensif devait s'en prendre à la partie vulnérable de la marine du Nord à savoir ses flottes marchandes non protégées.

Les Ironclads ou navires cuirassés devaient être le fer de lance dans les combats contre les navires en bois nordistes. Près de 33 furent construits sur des bases de navires hétéroclites allant de la frégate désarmée au vapeur à roues à aubes. Le plus célèbre d'entre fut sans aucun doute celui qui participa au premier combat entre cuirassés de l'histoire : le CSS Virginia

Les mines flottantes devaient protéger les ports et points de passage stratégiques. Ces engins étaient inégaux en qualité et en systèmes de mise à feu, ils furent l'arme qui fit le plus de dégâts aux navires de l'union.

Les sous-marins et les navires torpilleurs devaient participer à la lutte contre les navires du blocus. Bien que les sous-marins se montrèrent relativement inefficaces, Ils inspirèrent une sorte de peur sourde aux commandants des navires nordistes qui approchaient les ports réputés en abriter. Le seul sous-marin qui parvint à couler un navire fut le CSS Hunley.

Les "Raiders" et corsaires devaient s'attaquer à la marine marchande du Nord dans le but de rendre intolérables les pertes matérielles subies et voir les riches exportateurs de Nouvelle-Angleterre tenter de forcer la main à Washington pour un arrêt des combats.

La guerre démontrera que ces 4 axes d’efforts seront des échecs car bien qu'ayant enregistré des succès certains ils n'empêcheront ni le blocus de se renforcer et de devenir de plus en plus étanche, ni le commerce du nord d'avoir lieu. Un bémol doit être cependant fait quant à l'action des raiders et autres corsaires confédérés. Bien qu'ils n'aient détruit que 5% de la marine marchande nordiste, leur impact psychologique fut suffisamment fort pour inquiéter les armateurs du Nord et leurs assureurs. La conséquence fut que la flotte marchande américaine alors la première du monde, déclina au profit de son concurrent direct la flotte marchande anglaise. Le commerce maritime du nord se faisant de plus en plus en affrétant des navires battant pavillon étranger pour éviter les attaques de corsaires.

La marine Confédérée (1)

Une toute petite marine mais incroyablement innovante

Au début de la guerre sur les 1500 officiers de la marine fédérale, 373 passèrent dans les rangs de la Confédération et renièrent leur serment d’allégeance. Pour le Sud c'était maigre mais inespéré car le pays n'a pas alors de tradition navale, la plupart des marins et officiers de la marine de guerre ou marchande sont originaires du Nord. D'ailleurs le Sud ne possédait pas de grands chantiers navals avant la capture de Norfolk. Les navires lourds étaient fabriqués au Nord. Officiellement créée le 21 février 1861, la marine confédérée ne représentait pas une grande menace pour la petite marine du nord.

Pour armer la flotte de la Confédération, les Sudistes firent feu de tout bois et utilisèrent des navires civils dans le but d'en faire des patrouilleurs armés, des briseurs de blocus et surtout des IRONCLAD. Dans ce dernier cas ils ne conservaient que la coque et les machines, le blindage et le pont étaient une création complète, près de 35 furent construits mais tous furent détruit sauf 8 qui furent capturés ou se rendirent, 2 servirent de batterie flottante faute de machines à vapeur pour leur déplacement. L'Angleterre fournit par l'intermédiaire d'acheteurs privés des navires de guerre désarmés conformément aux lois du pays qui interdisaient de vendre des navires de combat à toute nation belligérante non alliée du Royaume-uni. La plupart des navires construits en Angleterre devinrent des Raiders pour une vingtaine d'entre eux ou des briseurs de blocus. La France construisit le seul navire de guerre sudiste à flancs protégés "broadside armor ironclad" le CSS Stonewall mais ce dernier arriva trop tard pour participer à la guerre. 5 IRONCLADS furent construits à l'étranger mais furent vendus à des pays étrangers après leur capture ou ne furent pas utilisés par les confédérés au combat.

Les Sudistes réussirent néanmoins à construire un certain nombre de petites unités d'une centaine de tonnes pour opérer en tant que canonnières ; beaucoup furent lancés ou transformés depuis les ports de la Confédération. Les Sudistes mirent également en place une dizaine de cotton-clads, des vapeurs à roue à aubes dont les flancs sont protégés par des balles de cotton. A l'exception des raiders ou des IRONCLADS le sud ne bénéficiait d'aucun navire de guerre capable d'affronter les navires de ligne nordistes.

A la petite flotte de guerre confédérée il faut ajouter les corsaires privés au nombre d'une vingtaine qui participèrent à la guerre de course, les briseurs de blocus et transports privés qui aidèrent la Confédération dans sa lutte. en plus des marins et officiers de marine, certains navires confédérés embarquaient des CS Marines ou fusilier marin de la confédération pour assurer le service d'infanterie embarquée.

En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman

En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman

La marine Confédérée (1)

Incapable de mettre sur pied une flotte de combat capable d'affronter les puissantes escadres du nord, le Sud mit en place toute une série de machines et d'inventions dans le but de contrecarrer le blocus du Nord. Les mines flottantes mises à feu depuis la rive ou par déclencheur à contact détruisirent pas moins de 27 navires nordistes. Les sous-marins furent utilisés non pour la première fois dans l'histoire navale mais réussirent au moins une fois à couler un navire ennemi ( voir article sur le CSS HUNLEY). Des navires torpilleurs semi-submersibles ou classiques furent également utilisés mais avec moins d’efficacité. Lors de l'opération navale contre la nouvelle-Orléans, les Sudistes envoyèrent des brûlots sur la flotte nordiste mais sans succès.

En dernier recours, ce sont les batteries côtières qui assurèrent la défense des ports et des villes avec plus ou moins de succès. Les navires de guerre nordistes utilisant la tactique du tir en défilement furent le plus souvent vainqueurs lors des duels entre bateaux et fortifications. Durant la campagne de Vicksburg, la flottille nordiste essuya sans broncher les tirs des défenses de la ville et réussirent à passer devant Vicksburg sans perdre un navire. Seule une défense côtière réussit à forcer les IRONCLAD fluviaux à battre en retraite plus en aval du fleuve.

La trop grande différence de puissance entre le nord et le sud fit que sur ce front, le Sud n'avait aucune chance de l'emporter. Les rares combats de surface d'importance furent du fait des flottilles défendant le Mississippi ou les ports. Dans la plupart des cas, les flottilles de l'Union qui comportaient un grand nombre de Monitor, eurent le dessus sur leur adversaire sudiste. L'épisode du CSS Virginia demeure la plus grande victoire de la marine confédérée de la guerre, l'IRONCLAD sudiste coula deux navires de ligne et en endommageant un troisième. Mais utilisés isolément, les navires cuirassés confédérés succombèrent les uns après les autres. Les nombreuses armes novatrices utilisées par les Confédérés démontrèrent à la fois la situation désespérée du Sud dans le domaine naval mais aussi un certain dynamisme et une capacité d’innovation technologique surprenante pour une "nation" faiblement industrialisée. Elles furent hélas incapables de faire pencher durablement la balance en leur faveur.

La marine Confédérée (1)

L'uniforme des marins:

Comme l'armée, l'uniforme de la marine répondait à un règlement vestimentaire spécifique.

Les officiers portaient une tunique descendant jusqu'au genoux de couleur gris foncé "gris acier" avec deux rangées de 9 boutons couleur métal jaune (voir dessin). Le pantalon était de la même couleur ou blanc en zone chaude.

Une casquette faisait office de couvre chef avec un symbole brodé sur le devant indiquant le grade tout comme le nombre de lacets horizontaux entourant la base de la casquette. La veste longue comportait des grades d'épaules comme indiqués sur la planche ainsi que des grades de manches pour la grande tenue. Le nombre de lacets indiquant le grade.

Pour un Flag officer, longue tunique gris acier à double rangées verticales de 9 boutons couleur métal jaune. Le grade de manche est en lacets d'or d'un demi pouce d'épaisseur, 3 lacets horizontaux et une boucle. La casquette comporte le badge propre a son grade composé d'une ancre de marine entourée de lauriers et surmontée de 4 étoiles à 5 branches couleur or. Pour les grades suivants la tenue reste identique mais le nombre de lacets diminue. Le passed Midshipman qui est le premier grade d'officier n'a pas de lacet sur les manches mais 3 boutons en lieu et place. Bien entendu les badges de casquettes et les grades d'épaules sont différents en fonction du grade (voir planche).

Il n'existe pas de grade d'amiral dans la marine confédérée (pas plus d'ailleurs, au début de la guerre, dans la marine de l'union, ce grade arrivera en cours de conflit).

Les spécialistes comme les médecins, les mécaniciens, les trésoriers ou chapelains avaient également leurs grades d'épaule et leur badges de chapeaux respectifs (voir planche). La tenue est couleur gris acier avec pantalon blanc ou gris acier. Les grades de manches du chirurgien de plus de 12 ans de services sont deux lacets or horizontaux, un pour le chirurgien plus jeune en service et un lacet deux fois moins large pour l'assistant chirurgien.

On distingue les grades suivants chez les spécialistes:

Chirurgien de plus de 12 ans de service, chirurgien, assistant chirurgien

Trésorier payeur de plus de 12 ans de service, trésorier payeur, assistant trésorier payeur

Chef ingénieur de plus de 12 ans de service, chef ingénieur, premier assistant, deuxième assistant et troisième assistant ingénieur.

A cette liste il faut ajouter

le chapelain, le professeur, le secrétaire du commodore, le secrétaire, le clerc.

Les officiers mariniers (des spécialistes comme les maitre-d'équipages, charpentiers, maitre calfat, artilleurs, timoniers...)portaient des tenues proches de celles de leurs homologues du nord avec des vestes courtes à simple ou double rangée de boutons, des pantalons larges blancs ou gris, une casquette.

Les marins portaient une tenue grise avec écharpe noir autour du coup et un gilet blanc dont le col dépassait largement sur le dos formant un tablier dorsal. Le couvre-chef était un bonnet de marin en laine grise aplati sans bords ou un chapeau de paille à bords plats en zone chaude en plus du pantalon et de la veste blancs ( voir image de l'officier illustrant l'article). Les ceintures étaient en cuir noirci.

Le navy jack de la marine confédérée a évolué en même temps que le drapeau de la confédération et est passé du canton bleu à cercle étoilé à un canton orné de la croix de saint André. Le Navy jack est normalement hissé au port, au combat on hisse les couleurs nationale en plus.

(dessin illustrant l'article : officier de marine confédéré par Michael Codd )

En haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaiseEn haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaiseEn haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaise

En haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaise

De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"

De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"

sources:

william M Fowler "Under Two Flags" BlueJacket Books

John Keegan "La guerre de Sécession" édition Pour l'Histoire Perrin

James McPherson " La guerre de Sécession" éditions Robert Lafont

New Vanguard 64 Angus Konstam "Confederate Raider 1861 1865 " éditions Osprey

New Vanguard 41 angus Konstam "Confederate Ironclad 1861 1865 " éditions Osprey

http://civilwarnavy150.blogspot.fr/

http://confederateuniforms.org/conun/confederateuniforms-cn01.php

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Correctifs

Publié le par Olivier Millet

Correctifs

J'ai ajouté de multiples correctifs concernant essentiellement les articles sur les troupes confédérées ou les formations d'infanterie afin de corriger certaines erreurs, oublis. Je remercie la communauté du club Confédéré et fédérale de France pour leurs conseils ainsi que toutes les personnes de plus en plus nombreuses qui me gratifient de messages sympathiques et pleins d'encouragements.

Je rajoute aussi progressivement, dans la mesure du possible, les sources de tous les documents publiés sur le site pour faciliter les recherches de ceux qui voudraient creuser plus avant les thèmes abordés.

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Le "signal corps" de l'armée de l'union

Publié le par Olivier Millet

Le "signal corps" de l'armée de l'union

Transmettre des messages ou des ordres avant, pendant et après une bataille a toujours été un souci permanent du commandant en chef. Avant l'apparition des radios qui permirent une transmission immédiate des ordres à toutes les unités équipées d'un tel système, les armées utilisèrent les signaux audio et visuels en plus des messagers à cheval ou à pied. Le messager qui bien souvent était un membre subalterne de l'état-major transmettait à la vitesse du cheval les ordres de son chef mais était soumis au hasard des combats, pouvait être abattu, se perdre, ne pas trouver le destinataire ou pire, capturé et révéler le message à l'ennemi. Les trompettes, clairons ou tambours donnaient les ordres au niveau du régiment pour les mouvements mais ne possédaient pas un panel suffisamment large de gammes d'ordres pour être utilisés afin de transmettre des ordres détaillés. Les fanions de couleurs furent le moyen le plus efficace pour transmettre en temps réel des messages longs et détaillés. La plupart des armées possédaient un système de ce type copié sur les fanions que la marine utilisait pour communiquer entre bateaux.

Un système nommé télégraphe Chappe utilisant non pas un signal électrique mais visuel fut mis en place par les Français en 1794 et par le biais de stations permettait une transmission relativement rapide. Mais l'arrivée du télégraphe électrique de Samuel Morse fut un réel progrès. L'arrivée de ce système plus moderne permit de transmettre sur de longues distances et en temps réel. Mais il était nécessaire que toute une infrastructure de poteaux et de fils tendus soit mise en place ce qui était bien sûr très difficile pour une armée en mouvement ou au cœur d'une bataille. Néanmoins Lincoln avait une salle aménagée en liaison permanente via télégraphe Morse avec ses différents chefs de corps lui donnant les détails des progrès de la guerre. Un détachement du signal corps était même désormais capable de dresser rapidement un relais télégraphe afin de d'envoyer des messages du plus près de l'action. Mais si cette unité permit un réel progrès dans les transmissions militaires depuis le champ de bataille, elle était impossible à mettre en œuvre pour assurer la liaison entre les unités au combat.

Pour la bataille il fallut compter sur le bon vieux système à fanion pour les communications entre unités. Le système Myer du nom de son inventeur, le Major Albert J Myer, médecin aux armées, utilisait des fanions à symboles géométriques colorés. Ce système qui utilisait un homme, jouant le rôle de transmetteur, équipé d'un fanion de couleur dont la position et le mouvement indiquaient un chiffre. Un système de code par numéro permettait de composer des lettres, des mots ou des ordres. Le destinataire, équipé d'une longue-vue et devant connaître la procédure de déchiffrement, scrutait les mouvements du fanion et dictait le message. Des torches pouvaient remplacer les fanions pour la transmission de messages la nuit. Ce système lent avait l'avantage de ne pouvoir être brouillé, placé suffisamment loin, il était à l’abri des coups de l'ennemi mais pouvait être visuellement intercepté par un tiers connaissant la procédure de décryptage relativement simple des mouvements du fanion.

L'armée de l'Union, comme l'armée confédérée possédait donc une unité chargée de transmettre et recevoir des messages par fanion : le signal corps.

Officiellement créé en juin 1860, Myer dut créer de toutes pièces son unité qui ne disposait d'aucun personnel formé. Une campagne militaire contre les indiens Navajos démontra l’efficacité du système et quand la guerre civile était sur le point de se déclencher, le signal corps pouvait mettre en œuvre ses fanions pour transmettre les messages des commandants. Seulement la plupart des membres de l’unité rejoignirent la Confédération et Myer se trouva une nouvelle fois démuni de tout personnel. Les anciens membres de son unité passés au service des Sudistes mirent à profit leur connaissance pour mettre en place le signal corps confédéré. Il fallut à Myer attendre 1863 pour pouvoir réintégrer un détachement de transmetteurs au sein de l'armée de l'Union.

une des pages de la méthode de Myer pour envoyer des messages, son système se distinguait du système à sémaphore par l'utilisation d'un seul fanion au lieu de deux.

une des pages de la méthode de Myer pour envoyer des messages, son système se distinguait du système à sémaphore par l'utilisation d'un seul fanion au lieu de deux.

Myer utilisa toujours son système à fanion mais mit en place un deuxième moyen de communication utilisant cette fois la technologie du télégraphe électrique. Il parvint à mettre sur pied des unités équipées de charrettes transportant tout le matériel nécessaire à l'édification de petites lignes télégraphiques et les moyens électriques de faire parvenir des messages. La puissance des stations sur roue ne permettait pas d’émettre au-delà de 8 kilomètres par le biais d'une machine nommée machine de beardslee mais la faible puissance, le manque de personnel formé au maniement de cette machine et les intérêts divergents entre Myer et la nouvelle institution du USMT (United States Military Telegraph) virent ces unités innovantes disparaître du signal corps. En effet cet organisme chargé de la construction des lignes télégraphiques militaires opérait également avec des unités qui construisaient, sur le champ de bataille même, une ligne télégraphique temporaire avec une charrette station à chaque bout. Bien qu'étant une branche militaire le USMT était dirigé par des civils et se disputait les faveurs de Washington pour la mainmise des communications militaires. Le signal corps demeurait l'unité des signaux visuels et le USMT celui des signaux radioélectriques.

L'organisation du corps en 1863 autorisait 1 colonel (Myer) , 2 lieutenants-colonels, 2 majors, 1 capitaine par corps ou entité militaire suffisamment importante avec jusqu’à 8 officiers par capitaine et 7 hommes par officier. En 1864, le corps comprenait environ 200 officiers et 1000 hommes. La dispute entre Myer et le USMT lui valurent d'être destitué de sa fonction de chef du signal corps et remplacé par le Major Nicodemus. Ce dernier fut lui-même limogé et remplacé par le colonel Fisher suite à un rapport de sa part faisant part des brèches de sécurité du système Myer qui pouvait être lu et interprété par l'ennemi. N'oublions pas que le signal corps sudiste comportait à l'origine des hommes formés par Myer lui-même.

Le corps fut dissous en 1865

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Le CSS DAVID

Publié le par Olivier Millet

Le CSS DAVID

Les confédérés ont imaginé et essayé de nombreuses inventions navales pour tenter de faire pencher la guerre en mer un peu plus en leur faveur ou du moins dégager un temps l'étau que constituait le blocus de l'Union.

Le CSS David n'est pas ce que l'on pourrait appeler un sous-marin car il n'était pas entièrement submersible. Mesurant 15 mètres de long, propulsé par une machine à vapeur et étant dépourvu de Schnorkel il ne pouvait de toute manière être propulsé qu'à demi submergé. Le David est un navire torpilleur dont la "torpille" qui était une charge explosive fixée au bout d'une perche, fonctionnait comme un dard que le navire accrochait à la coque en bois de sa cible et faisait exploser une fois à bonne distance. Le sous-marin CSS Hunley utilisait un type équivalent d'arme.

Conçu et construit en 1863 à Charleston en Caroline du Sud par David C Ebaugh et ST Julien Ravenel, le David fut produit à plusieurs exemplaires. Propulsé par une machine à vapeur utilisant un charbon à faible émission de fumée, le David au moyen de ballast rempli d'eau s'enfonçait à moitié dans l'eau laissant peu de chance à l'ennemi pour le repérer en cas d'attaque nocturne.

Le CSS DAVID

Le port de Charleston étant sous blocus, une fois terminé il fut déployé pour attaquer le navire nordiste CSS New Ironside qui était à l'ancre à l'embouchure du port sudiste. Le New Ironside était un navire de guerre de 4000 tonnes dont les flancs étaient blindés de plaques d'acier, sa configuration lui donnait la capacité de naviguer en haute mer ce qu'un Ironclad classique était incapable de faire. Commandé par le lieutenant William T Glassel, le David fut envoyé la nuit du 5 octobre à l'attaque du navire de l'Union. Ayant réussi à s'approcher suffisamment près sans être détecté, le David frappa le navire ennemi à tribord et fit exploser sa charge de 60 kg d'explosifs. Mais l'explosion généra une gerbe d'eau si importante que cette dernière en retombant sur le navire sudiste éteignit la chaudière rendant le David à la merci de son adversaire blessé mais non coulé. Sous les tirs d'armes légères, l'équipage du David se jeta à l'eau sans le pilote. L'assistant mécanicien du David se rendant compte que le David ne coulait pas, revint à bord et réussit à relancer la chaudière. Le lieutenant Glassel et un autre membre d'équipage furent capturés par les Nordistes tandis que le David réussissait à rejoindre la rive par ses propres moyens. La mission était un semi succès, le navire nordiste était endommagé mais non détruit et le David avait réussi à rentrer à son port d'attache mais avec la moitié de son équipage. 3 autres tentatives furent effectuées par le David ou une unité du même type mais sans succès. En Mars 1864 une autre action du David se solda par un échec, la mine n'explosant pas malgré deux tentatives, et le David fut endommagé en retour par les tirs du USS Memphis qu'il était venu couler. Une autre tentative est reportée en avril 1864 mais cette fois, ayant aperçu la menace à temps, la frégate USS Wabash parvint à s'éloigner et aucun dommage ne fut infligé de part et d'autre.

La ville de Charleston tomba aux mains des forces de l'Union en février 1865 et les carcasses de plusieurs navires de type David furent récupérées par les Nordistes amis sans confirmer s'il s'agissait du David lui-même.

Mi-sous-marin, mi-torpilleur, le David ne connut pas la réussite qu'il était en droit d'attendre ; plus sûr que le Hunley de par son mode semi-submersible et sa propulsion à vapeur, le David souffrait du manque de fiabilité de son système de torpille à lance qui fut à l'origine d'au moins un échec. Son absence de blindage l'obligeait à opérer de nuit ce qui rendait plus périlleuse la traversée. A la différence du Hunley il ne semble pas que des David furent coulés ou détruits au combat. Une version géante du navire fut trouvée à Charleston ; ce David géant mesurait une cinquantaine de mètres et n'était pas achevé. Il semble qu'il ait été conçu à des fins de "forceur de blocus" et non en tant que navire d'attaque.

(dessin collection du US Naval historical Center)

vues d'un modèle basé sur le CSS David après la chute de Charleston, on ignore ce qui est réellement arrivé au premier David. A droite l'épave incomplète du David géant.( dessins des archives nationales US )vues d'un modèle basé sur le CSS David après la chute de Charleston, on ignore ce qui est réellement arrivé au premier David. A droite l'épave incomplète du David géant.( dessins des archives nationales US )

vues d'un modèle basé sur le CSS David après la chute de Charleston, on ignore ce qui est réellement arrivé au premier David. A droite l'épave incomplète du David géant.( dessins des archives nationales US )

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"The bonnie Blue Flag"

Publié le par Olivier Millet

Cette chanson très populaire dans l'armée confédérée fut écrite par Harry McCarthy. Elle fait référence au drapeau bleu à étoile blanche qui fut l'un des tout premiers symboles de la Confédération. Cette chanson dont la popularité équivalait à celle de Dixie était aussi connue sous le nom de "We are a band of brothers" première phrase de la chanson. Cette phrase fait également référence à la pièce de William Shakespeare "Henry V", le roi Henry parla de "sa bande de frères" lors de la bataille d'Azincourt en 1415.

La chanson fut jouée pour la première fois dans la ville de Jackson dans l'état du Mississippi en 1861 puis à la Nouvelle-Orléans pour célébrer la levée du premier régiment de volontaires du Texas. Ce fut à la Nouvelle-Orléans que la version de ce chant fut imprimée par la presse "Blackmar and Brother" en 1861.

Lorsque la ville de la Nouvelle-Orléans tomba aux mains des forces de l'Union en 1862, le général Benjamin Butler surnommé par les confédérés "la bête" interdit à quiconque de chanter ce chant sous peine d'une amende de 25 dollars. Quant à la maison d'édition de Blackmar, les copies de la chanson saisies sur place furent détruites et Blackmar reçut une amende de 500 dollars.

Il existe près de 11 versions différentes de ce chant patriotique à la gloire de la Confédération.

Refrain:

Hurrah! Hurrah!For Southern rights, hurrah!
Hurrah for the Bonnie Blue Flag that bears a single star.
As long as the Union was faithful to her trust
Like friends and like brethren, kind were we, and just
But now, when Northern treachery attempts our rights to mar
We hoist on high the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

First gallant South Carolina nobly made the stand
Then came Alabama and took her by the hand
Next, quickly Mississippi, Georgia, and Florida
All raised on high the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

Ye men of valor gather round the banner of the right
Texas and fair Louisiana join us in the fight
Davis, our loved President, and Stephens statesmen rare
Now rally round the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

Now here's to brave Virginia, the Old Dominion State,
With the young Confederacy at last has sealed her fate,
And spurred by her example, now other states prepare
To hoist high the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

Then cheer, boys, cheer, raise a joyous shout
For Arkansas and North Carolina now have both gone out,
And let another rousing cheer for Tennessee be given,
The single star of the Bonnie Blue Flag has grown to be eleven.

Refrain

Then here's to our Confederacy, strong we are and brave,
Like patriots of old we'll fight, our heritage to save;
And rather than submit to shame, to die we would prefer,
So cheer for the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

le Bonnie Blue flag fut un des premiers symboles de la confédération

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La bataille de Port Royal 3 - 7 novembre 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Port Royal 3 - 7 novembre 1861

Désirant s'emparer de positions importantes le long des côtes de la Confédération, la marine américaine entreprit d'attaquer les ports et positions fortifiées confédérés des états de la Caroline du Sud et du Nord dans le but de fournir une base logistique permanente pour des opérations futures à l'intérieur des terres, contrer la menace des raiders et autres corsaires sudistes et d'étendre le blocus vers le Sud. Le site de Port Royal était à l'estuaire de plusieurs rivières le long des côtes de Caroline du Sud. Cet endroit était protégé par deux forts : le Fort Walker sur Hilton Head island et le Fort Beauregard sur l'île Philippe.

La flotte de l'Union, sous les ordres de Samuel Du Pont, se rassembla avec les transports des forces terrestres qui devaient débarquer à Hampton Roads. La flotte regroupait 77 navires de guerre et transports ce qui en faisait la plus grande escadre navale de l'histoire militaire américaine. La cible était connue du seul Commodore Du Pont, les officiers devaient attendre d'être en mer pour ouvrir les ordres et connaître leur destination dans le but de garder le secret de l'attaque. Malgré les précautions de Du Pont, les Sudistes connaissaient vraisemblablement le lieu de l'attaque à cause de fuites dans la presse nordiste. Lors du voyage, la flotte nordiste traversa des zones de mauvais temps qui endommagèrent plusieurs bâtiments, 4 transports furent coulés mais la plupart des hommes purent être sauvés. Le 3 novembre, la flotte arriva tant bien que mal devant Port Royal. Une reconnaissance de canonnières rencontra une petite flottille sudiste de 5 navires, mais cette dernière dut rebrousser chemin devant la puissance de feu de l'union. Deux jours plus tard une seconde reconnaissance permit aux Nordistes d'évaluer la puissance de feu des forts qui les attendait. L'attaque aurait lieu le 7 novembre mais sans débarquement de troupes car les navires transportant les munitions des soldats avaient été perdus lors du voyage. La profondeur de la passe de Port Royal étant suffisante pour les grosses unités de combat, la flotte d'attaque se scinda en deux colonnes. Dans la principale le navire amiral, la frégate USS Wabash suivi de 8 autres bateaux le USS Susquehanna et ses 15 canons, dont 12 de 230mm, les Sloop Mohican, Seminole, Pawnee, les canonnières Unadilla, Pembina, Ottawa et le vapeur armé Isaac Smith. La seconde colonne comprenait 9 canonnières.

Lorsque la marine américaine arriva sur place elle se mit à appliquer la même tactique récemment utilisée lors de la bataille pour Fort Hatteras. Les navires bombarderaient les deux forts en effectuant des boucles afin de ne pas rester statiques sous le feu ennemi. A 9h26 le Fort Walker, première cible de la flotte ouvrit le feu, les canons des navires nordistes répondirent et la bataille devint générale. Les canons confédérés avaient du mal à ajuster les navires qui se déplaçaient tout le temps mais de la même manière les bâtiments nordistes tiraient trop haut et rataient le plus souvent le fort ennemi. Finalement et en dépit des ordres du Commodore Du Pont des navires jetèrent l'ancre dans une position apparemment sécurisée et tirèrent sur le fort en position statique. Les dégâts furent cette fois bien plus sévères et à 14h00 les défenseurs sudistes, à court de munitions, quittèrent le fort. Cette fuite n'ayant pas échappé aux marins de l'Union, ces derniers dépêchèrent sur les lieux un détachement dans le but de parlementer mais ils ne trouvèrent plus personne dans le fort avec qui négocier. A la place ils hissèrent la bannière étoilée. Le Fort Bauregard, moins atteint, vit également la retraite de leurs frères d'armes. Craignant d'être débordés, le commandant sudiste Dunovant et sa garnison préfèrent quitter les lieux à leur tour. A la fin de la journée le drapeau de l'Union flottait au-dessus des deux forts ennemis, Port Royal était tombé.

Démontrant une fois de plus la supériorité d'une flotte mobile sur une position fortifiée, la position de Port Royal tomba en une demi-journée ; moins de 60 hommes avaient été tués ou blessés dans les deux garnisons sudistes et ce en dépit de l'énorme quantité de projectiles. La flotte de l'Union qui fut rejointe par le USS Pocahontas durant la bataille avait subi une trentaine de morts et blessés. Immédiatement après avoir fait sauter le verrou de Port Royal, les troupes de l'Union s'emparèrent des localités de Beaufort et de Sainte Hélène puis progressèrent vers le nord en direction de Charleston qui subirait un siège en bonne et due forme jusqu'à février 1865. La flotte nordiste put bénéficier d'installations afin de se ravitailler dans ce secteur tout en poursuivant ses opérations de blocus et de siège sur Charleston. La bataille de Port Royal eut un impact important pour la poursuite des opérations amphibies vers le sud de la Confédération tout en redonnant un peu de baume au cœur du Nord habitué aux défaites depuis Bull Run.

Encore une fois, comme durant la guerre de 1812, l'US Navy contrebalançait les défaites de l'armée de terre par des victoires successives.

(dessin : collection de la librairie du Congrès)

sources:

william M Fowler "Under Two Flags" BlueJacket Books

John Keegan "La guerre de Sécession" édition Pour l'Histoire Perrin

James McPherson " La guerre de Sécession" éditions Robert Lafont

La frégate de 2500 tonnes USS Susquehanna, un des plus gros navires de guerre de la flotte qui attaqua Port Royal, armé de 15 canons, il était propulsé par ses voiles et ses machines à vapeur lui donnant une vitesse de 19 km/h

La frégate de 2500 tonnes USS Susquehanna, un des plus gros navires de guerre de la flotte qui attaqua Port Royal, armé de 15 canons, il était propulsé par ses voiles et ses machines à vapeur lui donnant une vitesse de 19 km/h

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La balle Minié

Publié le par Olivier Millet

La balle Minié

La balle Minié bouleversa le combat d'infanterie par la gravité des blessures qu'elle occasionnait aux combattants. Inventée par l'ingénieur français Claude Étienne Minié, elle donnait aux armes à canon rayé une plus grande puissance par une vitesse accrue en sortie de canon et donc une plus grande portée et précision. La balle utilisée avant ce nouveau projectile était sphérique. L'adoption du canon rayé avait déjà contribué à augmenter la portée et la précision de ce projectile simple en plomb. Mais la balle Minié de par sa forme conique allait encore augmenter ces deux facteurs.

L'ogive, toujours en plomb, cylindrico-conique de la balle Minié pesait 30 grammes, elle améliorait la pénétration dans l'air, la base de la balle striée et creuse permettait une étanchéité bien meilleure lors du départ du coup en conservant les gaz à sa base ; de plus, sous l'effet de la pression des gaz, les bords s'incrustaient dans les rainures du canon l'obligeant à tourner sur elle-même. Ce mouvement rotatif, associé à sa forme et à l'absence de déperdition de gaz à sa base donnait une grande portée au projectile. La balle était pourvue de 4 stries à sa base mais la version américaine n'en comportait que trois. On estime à presque 500 millions les balles produites rien que par le Nord

Le deuxième point important est l'impact d'une telle balle sur un corps humain. La balle brisait les os, pénétrait les chairs et causait des dégâts effroyables en semant des morceaux d'os dans la blessure. La plupart du temps un homme blessé était amputé car la gangrène se répandant très vite empêchait de soigner une blessure bien plus compliquée à soigner. Lorsqu’un membre était touché, les médecins amputaient, si la balle frappait ailleurs il n y avait que peu d'espoir. Une blessure à la poitrine était considérée comme mortelle.

Pendant la guerre civile

Les soldats, avec cette balle précise et mortelle, étaient théoriquement capable de toucher bien plus souvent que lorsqu'ils étaient équipés d'un mousquet classique à la portée moindre. La tactique linéaire employée encore en 1861 faisait que les masses d'hommes qui chargeaient sous le feu ennemi, offraient une cible encore facile et lorsque deux lignes échangeaient des tirs, c'était à coup sûr l'hécatombe. Seulement l'entrainement prenait du temps et ce dernier manquait pour former correctement les hommes, pour certains d'entre ils apprenaient à se servir de leur arme le jour du combat ce qui les aurait rendu bien inefficace si ils avaient du engager l'ennemi a grande distance comme leur arme le leur permettait. Même avec un bon fusil et une balle mortelle, un mauvais tireur reste un mauvais tireur.

Ces armes rayés étaient, en foutre, utilisées à la même distance que les mousquets classiques annulant presque totalement leur intérêt. Le problème venait du fait que le commandement n'avait pas su faire évoluer sa doctrine d'emploi tactique des ses troupes alors que les armes avaient progressé et que leur portée avaient été augmentée. Les armées de la guerre civile continuaient a se faire la guerre dans le style des batailles du premier empire en envoyant des masses d'hommes se fusiller à moins de 100 mètres l'une de l'autre.

Bien évidement toute l'infanterie au Nord comme au Sud n'était pas équipée de balles coniques comme la minié et les balle rondes classique étaient encore nombreuses de plus les pertes avec les balles coniques ou les projectiles classiques étaient sensiblement identiques au vu des distances courtes auxquelles les lignes échangeaient les tirs. Enfin pour illustrer le ratio balles tirés et pertes subies, à Gettysburg en 3 jours de bataille il aura fallu tirer entre 7 et 10 millions de balles d'infanterie de toutes sortes (sans compter les tirs d'artillerie) pour infliger 46000 victimes environs (morts blessés disparus)...

Ce type de projectile fut utilisé bien après la guerre civile, la plupart des balles actuelles conservent ce profil aérodynamique.

Le modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle françaisLe modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle français

Le modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle français

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La bataille de Ball's bluff 21 octobre 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Ball's bluff 21 octobre 1861

Connue aussi sous le nom de la bataille d'Harrison's Island, ce fut la deuxième bataille la plus importante de l'année 1861 après Bull Run. Elle a eu lieu le 21 octobre 1861 en Virginie, 3 mois après Bull Run.

Sommé par le président Lincoln d'agir, le général en chef des armées de l'Union, George Mc Clellan, se contenta de lancer des actions de reconnaissance des positions confédérées en Virginie dans le but de confirmer leur position et de juger de leur capacité de réaction à une éventuelle offensive plus appuyée. Pour ce faire il dépêcha le corps du général Mc Call, fort d'une division, en territoire virginien vers la ville de Dranesville. Mais ayant trouvé l'ennemi retranché aux environs de Leesburg, MC Call fut rappelé par Mc Clellan afin d'éviter une confrontation hasardeuse. Dans le but d'intoxiquer l'adversaire sur sa manœuvre de dégagement, Mc Clellan chargea dans le même temps, le général Stone d’effectuer des manœuvres de diversion tout en essayant de glaner des renseignements sur la position et l'attitude de l'ennemi. Une des brigades du général Stone, commandée par le colonel Baker, sénateur et ami personnel du président Lincoln, fut également chargée de faire des manœuvres de diversion le long du Potomac.

Le 20 octobre, n'ayant observé aucune réaction, Stone ordonna une reconnaissance de la rive ennemie. Une patrouille traversa la rivière Potomac qui séparait la Virginie du Maryland et effectua une reconnaissance sur la rive sudiste. Mais l'inexpérience du chef de la patrouille nordiste et l'obscurité fourvoyèrent les forces de l'Union qui crurent avoir localisé un camp confédéré. Stone ordonna qu'une unité traverse la rivière pour attaquer le camp ennemi. S'étant rendu compte de l'erreur de la patrouille, les 300 soldats nordistes du 15th régiment du Massachusetts envoyés sur la rive sudiste restèrent sur place puis de leur propre chef s'enfoncèrent en territoire sudiste. Stone désireux de faire revenir ses hommes envoya, en désespoir de cause, des troupes sous les ordres du colonel Baker pour renforcer et soutenir l'initiative des soldats nordistes et éventuellement les recueillir en cas de repli. Arrivé sur place, Baker apprit que le régiment nordiste de 300 hommes avait rencontré et engagé l'ennemi. Sans attendre, Baker décida d'engager à son tour toutes ses forces et fit traverser la rivière à ses hommes. Malheureusement le nombre insuffisant de bateaux pour entreprendre la traversée fit que le transport des soldats de Baker se fit lentement. Les troupes confédérées commençaient à se renforcer, les soldats nordistes risquaient de se faire submerger. Finalement confrontés à plus forte partie et ayant subi des pertes sensibles, les soldats nordistes firent retraite vers les forces de Baker qui avaient enfin fini de traverser. C'est à ce moment que le colonel Baker fut tué d'une balle en pleine tête jetant la confusion parmi ses troupes. Les Nordistes traversèrent dans le plus grand désordre la rivière Potomac, beaucoup se noyèrent. Il est dit que des corps flottèrent jusqu’à Washington les jours suivant la bataille

L'attaque avait fait 223 tués et 226 blessés dans les rangs nordistes, 533 soldats n'ayant pu traverser furent faits prisonniers. Les troupes sudistes accusèrent une perte de 36 tués et 117 blessés.

Les défaites de Ball's Bluff et de Wilson Creek conduisirent le Congrès à mettre sur pied un comité sur la conduite de la guerre qui contribua à générer une ambiance néfaste parmi les officiers de l'Union. La mort du colonel Baker, ami de Lincoln et surtout sénateur eut un impact considérable. Ce fut le premier et seul sénateur tué au combat. Lincoln qui apprit au quartier général de Mc Clellan le sort du sénateur Baker pleura la mort de son ami. Sans autre conséquence que d'affecter un peu plus le moral de l'Union, la bataille de Ball's Bluf révélait bon nombre d'erreurs de la part du commandement nordiste : la reconnaissance inefficace de la patrouille nordiste conduisit à envoyer 300 hommes sur une rive ennemie. Ces derniers s’enfoncèrent en dépit de leur ordre initial en territoire ennemi sans connaître la position des forces confédérées et dos à la rivière. Le nombre insuffisant de bateaux fit que les renforts de Baker n'arrivèrent qu'au compte-gouttes aux troupes déjà engagées contre l'ennemi et ne permirent pas un rembarquement d'urgence une fois le repli engagé.

Le fait le plus notable fut l'établissement le 9 décembre du comité du congrès pour superviser les actions de l'armée et de la marine dans la guerre. Essentiellement dirigé par des républicains, ce comité suscita la méfiance parmi le commandement militaire et particulièrement chez les officiers d'un bord politique différent.

L'année 1861 se terminait bien mal pour le Nord.

(carte du champ de bataille de Ball's Bluff collection : librairie du Congrés )

les forces nordistes se replient en désordre et traversent à nouveau le Potomac (Charles Carleton Coffin Drum-Beat of the Nation (New York, NY: Harper & Brothers, 1915), à droite le colonel Baker est tué (dessin de Paul F Mottelay et T Campbell-Copeland) .les forces nordistes se replient en désordre et traversent à nouveau le Potomac (Charles Carleton Coffin Drum-Beat of the Nation (New York, NY: Harper & Brothers, 1915), à droite le colonel Baker est tué (dessin de Paul F Mottelay et T Campbell-Copeland) .

les forces nordistes se replient en désordre et traversent à nouveau le Potomac (Charles Carleton Coffin Drum-Beat of the Nation (New York, NY: Harper & Brothers, 1915), à droite le colonel Baker est tué (dessin de Paul F Mottelay et T Campbell-Copeland) .

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Les drapeaux de la Confédération (1)

Publié le par Olivier Millet

Les drapeaux de la Confédération (1)

Le drapeau de la Confédération a évolué durant le conflit au rythme de l’adhésion des nouveaux états dans la confédération sudiste faisant augmenter le nombre d'étoiles dans le canton. Le "design" changea du tout au tout en 1863 et prit la forme du drapeau à la croix de Saint-André avec des variantes mais demeura le drapeau symbolisant le Sud pour la postérité.

Le premier modèle de drapeau ou " star and bars " créé par un dessinateur d'origine allemande flotta au-dessus de la première capitale sudiste à Montgomery en mars 1861. Il consistait en deux bandes rouges autour d'une bande blanche avec un canton bleu foncé contenant 7 étoiles blanches ou argent à 5 branches. En mai 1861 il passa à 9 étoiles puis 11 en juillet et enfin 13, en novembre 1861. Le dessinateur fut sans doute inspiré par la symbolique du drapeau de la famille Habsbourg d’Autriche dont les bandes rouges et blanches sont un des symboles et le drapeau actuel de l’Autriche.

En mai 1863 un nouveau modèle de drapeau " stainless banner " fut dessiné car l'ancien créait encore trop de confusion avec le modèle fédéral sur les champs de bataille. La croix de Saint-André fut adoptée pour éviter de froisser les susceptibilités religieuses de certaines communautés. En effet la croix de Saint George fut en premier lieu proposée pour le drapeau mais représentait trop la religion catholique ; la croix diagonale de Saint André permettait d'éviter cet écueil. En outre un modèle de drapeau carré en lieu et place du modèle rectangulaire fut choisi.

Au final le drapeau de la seconde version fut un drapeau à fond blanc avec le carré rouge avec la croix de Saint-André avec 13 étoiles. Ce drapeau de la Confédération fut également utilisé par la marine sudiste. Mais là encore les risques de confusion avec le drapeau blanc ont fait qu'une troisième et dernière version fut créée. En effet en cas de vent la première partie du drapeau pouvait être cachée ne laissant que le blanc apparaître donnant l'illusion qu'il s'agissait du "drapeau blanc".

Cette variante nommée " blood stained banner " comprenait une extrémité verticale rouge. Le rouge fut choisi en rappel de l'origine franco-anglaise des colons d'Amérique ( le rouge vertical de la croix de Saint-George du drapeau britannique et le dernier 1/3 du drapeau français).

L'armée de Virginie du Nord adopta le drapeau à croix de Saint-André carré pour ses régiments. L'armée du Tennessee adopta le modèle rectangulaire du même coloris. La cérémonie de remise des couleurs eut lieu à Manassas et Centerville le 28 novembre 1861 et, selon les témoins, le nouveau drapeau fit forte impression sur les hommes. Il est parfois appelé drapeau de l'armée de Virginie du Nord ou drapeau "Beauregard" du nom du premier général en chef de cette armée. C'est le drapeau qui représente le plus souvent les Confédérés dans l'esprit des gens.

La marine de guerre confédérée utilisa le canton du drapeau officiel pour son "jack" et le drapeau officiel pour sa bannière navale.

distribution des nouveaux emblèmes de l'armée de Virginie du Nord ( par Don Troiani )

distribution des nouveaux emblèmes de l'armée de Virginie du Nord ( par Don Troiani )

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Les tireurs d'élite des Berdan's Sharpshooters

Publié le par Olivier Millet

Les tireurs d'élite des Berdan's Sharpshooters

Les tireurs d'élite de Berdan, du nom de l'officier responsable de leur recrutement, Hiram Berdan, font partie des deux régiments de tireurs d'élite qui opérèrent au sein de l'armée du Potomac de l'Union.

Le premier régiment recrutant essentiellement dans les états de New-York, du Vermont, du New Hampshire, du Michigan et du Wisconsin. Chaque candidat devait être capable de passer un test de tir rigoureux qui consistait à placer dix tirs dans une zone de 25cm de diamètre à une distance de 20 yards (180mètres). La mission de ce régiment était le tir pour tuer à longue distance, l'équivalent des unités de snipers d'aujourd'hui. La plupart du temps les cibles de ces hommes étaient les officiers ennemis ou toute autre cible d’intérêt.

Ce n'était ni plus ni moins que la renaissance des anciens régiments de riflemen qui avait été dissous après la guerre de 1812. Le premier régiment recruté dès 1861 commença son service en novembre 1861 ; il comprenait 10 compagnies. de la compagnie A à la compagnie K. Les compagnies A, B D et H furent recrutées en 1861 dans l'état de New-York, les compagnies C et I dans le Michigan en 1861, la E dans le New Hampshire, la F dans le Vermont et la G dans le Wisconsin. La dernière compagnie fut recrutée en 1862 dans le Michigan.

Le second régiment levé en 1861 ne comprit que 8 compagnies de la compagnie A à la compagnie H. Les compagnies au combat avaient entre 40 et 60 soldats.

La compagnie A fut recrutée dans le Minesota, la B dans le Michigan, la C en Pennsylvanie, la D dans le Maine, la E et la H dans le Vermont, la F et la G dans le New-Hampshire.

L'armement des sharpshooters était principalement le fusil Sharp mais aussi le fusil Withworth et d'autres modèles dont certains étaient équipés des premières lunettes de tir tel le fusil Wesson à lunette de tir de Morgan James de 1855. Au début chaque homme recevait une prime de 60 dollars si il amenait avec lui son propre fusil de tir de précision en attendant de toucher le fusil Sharp. Il faudra attendre 1862 pour que les tireurs d'élite puissent tous avoir un fusil Sharp M1859 entre les mains.

Au combat, les tireurs d'élite étaient soit disposés en ligne de tirailleurs en avant des troupes principales, soit ils opéraient en petits détachements afin de traquer et tuer les cibles d’intérêts. Leur principaux objectifs étaient bien évidemment les officiers ennemis, les artilleurs et les autres tireurs d'élite. Les sudistes ont également mis en place leurs propres unités de tireurs d'élite et parmi eux certains revêtaient l'habit vert.

Les tireurs de Berdan participèrent à la plupart des batailles du front Est la campagne de la péninsule, Gettysburg, Vicksburg, Chattanooga, Atlanta, Spotsylvania, Petersburg. A la fin de la guerre les deux régiments furent amalgamés le 3 décembre 1865.

officier des berdan's sharpshooters en frock coat (Don Troiani)

officier des berdan's sharpshooters en frock coat (Don Troiani)

Les tireurs d'élite des Berdan's Sharpshooters

L'uniforme:

L'uniforme des tireurs d'élite était le même que celui de l'infanterie à la différence près qu'il était vert foncé (vert européen) au lieu d'être bleu foncé. Au début ils portèrent le pantalon bleu pâle traditionnel de l'infanterie mais très vite un pantalon vert identique à la couleur de la tunique fut adopté. Il existe bien évidemment de multiples variations de tenues des "sack coat" ou des vestes vertes, mais la tunique frock coat demeure l'habit réglementaire du tireur d'élite. La couleur verte offrait l’énorme avantage de pouvoir dissimuler le soldat dans la campagne, de plus les boutons jaunes furent remplacés par des boutons noirs ou gris foncés moins visibles, bien que la boucle de ceinture demeurât de couleur cuivre. Cet habit vert les distinguait au milieu des autres soldats et pouvait également les desservir car les tireurs d'élite sudistes avaient rapidement appris à les reconnaître et ils étaient heureux de pouvoir se débarrasser de ces tireurs d'élite en les abattant à leur tour.

Le képi mou fut leur couvre-chef mais ils eurent également un curieux chapeau de style "round hat" avec des bords tronqués. L’équipement est identique à celui des soldats nordistes à la différence près qu'ils emmenaient un sac à dos d'inspiration prussienne à revêtement en fourrure. Le pantalon était parfois porté sous les guêtres. (voir l'image de droite d'après une œuvre de Don Troiani)

Une petite démonstration en vrai de ce à quoi pouvait ressembler une ligne de tirailleurs des Sharpshooters de Berdan.

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