Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

La bataille de Wilson's Creek 10 août 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Wilson's Creek 10 août 1861

La bataille de Wilson's Creek (Oak's Hill pour les Confédérés) se déroula le 10 juillet 1861 près de Springfield dans le Missouri. Ce fut le premier affrontement d'importance sur le théâtre ouest des opérations. Elle s'inscrit dans les luttes d'influence que se sont livrées le Nord et le Sud dans les états neutres afin de les faire adhérer à leur camp. Le Missouri ayant déclaré sa neutralité devant la guerre civile devint néanmoins un champ de bataille de la guerre de Sécession car ni le Nord ni le Sud n'accepteraient que cet état tombe sous la domination de l'autre. A l’intérieur de l'état du Missouri, la faction pro-sudiste tenta de déstabiliser l'état afin de lui faire rejoindre la cause rebelle en s'emparant notamment d'un dépôt d'armes déclenchant la réaction immédiate des autorités fédérales et de leur représentant militaire sur place, le capitaine Lyon qui mit au pas les rebelles mais força l'assemblée du Missouri à mettre en place une garde nationale pour lutter contre tout envahisseur qu'il soit du Sud ou du Nord. Bien que s'étant déclarés neutres les belligérants forcèrent le Missouri à choisir son camp. Lyon promu général des forces de l'Union du Missouri s'empara de Springfield et força le gouvernement local à s'enfuir et à rechercher l'appui confédéré.

En juillet 1861, Lyon et ses 6000 hommes étaient disposés près de Springfield lorsque les forces de la garde nationale du Missouri et les renforts confédérés commandés par le général Mc Culloch ainsi que des miliciens de l'Arkansas soit 12000 hommes se décidèrent à les attaquer. Une première escarmouche eut lieu près de Dug Springs le 2 août. Bien que vainqueur, Lyon décida de battre en retraite vers Springfield car il prit conscience de la supériorité numérique de l'ennemi. Il campa à Wilson's Creek toujours talonné par les forces du Missouri et du Sud. Bien qu'ayant décidé de poursuivre sa retraite, Lyon tenta une attaque sur la base de la garde du Missouri pour se donner plus de temps dans sa manœuvre de retraite. Mission qui serait facilitée par la surprise de son attaque à l'aube et par le fait que la garde du Missouri était de piètre qualité face à ses troupes qui comprenaient beaucoup de réguliers.

Le 10 août à l'aube les forces de l'Union attaquèrent et s'emparèrent facilement du camp ennemi mais très vite les canons sudistes de la brigade de l'Arkansas stoppèrent l'avance nordiste laissant le temps aux troupes de Mc Culloch de se disposer en ligne. Ce fut au tour de Lyon d'être repoussé par les forces confédérées qui échouèrent à leur tour dans une contre-attaque.

La situation se stabilisa un temps avant que les deux adversaires ne tentent des manœuvres. Le subordonné de Lyon, le général Sigel, et sa brigade réussirent à percer la ligne sudiste, faisant fuir leur cavalerie au moyen de leurs canons puis poursuivant leur adversaire ; mais ce faisant il laissa son flanc dangereusement exposé. Mc Culloch perçut une opportunité et lança contre Sigel une division du Missouri et le 3ème régiment de Louisiane et de l'Iowa. A ce moment de la guerre la plupart des unités de milices et de volontaires portaient un uniforme qui leur était propre et qui ne facilitait pas leur reconnaissance sur le terrain. Les soldats confédérés portaient bien un uniforme gris mais les volontaires du Missouri aussi et les hommes de Sigel prirent les troupes sudistes qui attaquaient leur flanc pour des soldats amis. Ayant pu s'approcher facilement les unités confédérées balayèrent les troupes de Sigel par leur flanc les forçant à fuir et à abandonner le général Lyon et ses hommes.

Lyon, isolé et blessé, ne put se maintenir devant les forces ennemies trop nombreuses. Il se décida à se replier lui aussi quand il fut frappé en plein cœur et mourut aussitôt. Son adjoint fut frappé également et le commandement des forces de l'Union revint au Major Sturgis qui réussit à stabiliser sa ligne au sommet d'une colline repoussant les attaques confédérées. Après avoir repoussé trois attaques ennemies, Sturgis fit décrocher ses hommes laissant le champ de bataille aux troupes confédérées. La bataille de Wilson 's Creek était terminée. Elle fit 1300 morts et blessés dans les rangs de l'Union et un peu plus de 1200 parmi les Confédérés. Lyon fut le premier général de brigade nordiste à être tué au combat, mais, plus important, le Missouri du nord, favorable à l'Union, était menacé d'invasion. Le gouvernement pro-sudiste put revenir en place mais ne put influencer la plupart des habitants du Missouri qui étaient en faveur de l'Union. Désespérant d'obtenir l'appui local et ce, malgré sa victoire à Lexington, Mc Culloch sera bientôt amené à abandonner le terrain conquis aux troupes de l'Union qui reviendraient bientôt en force.

Pour l'heure la bataille de Wilson's Creek est un nouveau coup dur au moral du Nord qui après la défaite de Ball's Bluff, deux mois plus tard, sera amené à se pencher plus sérieusement sur la conduite de la guerre et comprendre pourquoi elle enregistrait tant d'insuccès.

La bataille de Wilson's Creek 10 août 1861

Voir les commentaires

La première bataille de BULL RUN ou MANASSAS 21 juillet 1861

Publié le par Olivier Millet

La première bataille de BULL RUN ou MANASSAS 21 juillet 1861

Le premier combat d'importance qui opposa les forces de l'Union à celles de la Confédération eut lieu à Manassas Junction en Virginie à une quarantaine de km de Washington.

Malgré une série d'escarmouches de faible importance à Philippi, Bethel church, Boonville, Hoke's Run, Dry Fork, Rich Mountain ou encore Blackburn's Ford, les forces de l'Union et de la Confédération ne s'étaient pas encore rencontrées dans une bataille que chacun des états-majors espérait décisive. Imprégnés de la culture militaire napoléonienne, les généraux des deux camps étaient encore convaincus de la possibilité de gagner la guerre en une seule bataille. La recherche de la bataille décisive, chère à Napoléon Premier, força l’état-major de l'Union à adopter une stratégie directe en direction de la capitale sudiste dont la chute entraînerait inévitablement, selon eux, la fin de la Confédération. Les Confédérés, conscients dès le début du conflit de leur infériorité numérique, espéraient obtenir la fin des combats par l'usure du moral du Nord en adoptant une stratégie globalement défensive tout en prenant en compte la possibilité de s'attaquer également à Washington. Une reconnaissance de la part de la France et de l’Angleterre était espérée, voire même une intervention navale contre un éventuel blocus nordiste si le sud mettait fin aux livraisons de coton essentiel à l'industrie textile de ces deux nations européennes.

L'armée fédérale était composée d'un noyau de 15000 soldats de métier et 75000 volontaires ayant signé pour 3 mois. Cette inexpérience de l'armée avait conduit le général en chef de l'Union, Winfield Scott, à proposer à Lincoln un plan d'action indirecte axé sur des attaques navales combinées à des actions de débarquement, un blocus des côtes sudistes et une offensive terrestre par l'ouest visant à couper la Confédération en deux le long du Mississippi. Ce plan offrait l'avantage d'être prudent et moins risqué qu'une attaque directe sur la capitale ennemie avec de mauvaises troupes. Mais il était long à mettre en place et le nombre de navires nécessaires dépassait largement les capacités actuelles de la marine de l'Union. En ce début d'été 1861, les forces de l'Union comprenaient 4 principales forces. La plus imposante sous les ordres du général Irwin McDowell près du Potomac comprenait 35000 hommes, la seconde était sous les ordres du général Patterson près de Harper's Ferry en Virginie puis les armées des généraux Butler et McClellan en Virginie soit 35000 hommes de plus. En face les confédérés alignaient plusieurs armées dont celle du Potomac ( à ne pas confondre avec l'armée du Potomac de l'Union) du général Beauregard et qui comprenait près de 20000 hommes, l'armée de la Shenandoah du général Johnston totalisant 8000 hommes et des unités dispersées en Virginie. Le sud accusait une infériorité en hommes de deux pour un.

Le général McDowell, commandant l'armée de Virginie du nord-ouest, fut choisi pour diriger les forces de l'Union dans la campagne contre Richmond. Son plan consistait en une attaque en trois colonnes : la plus petite à droite ferait diversion pour attirer une partie des forces confédérées tandis que les deux autres attaqueraient au centre et sur le flanc droit de l'ennemi. Le but étant de s'emparer du carrefour de Manassas et de couper la route de Richmond aux forces rebelles.

Dans le camp adverse, la stratégie demeurait strictement défensive et visait à affaiblir l'ennemi et à saper son moral afin de l'obliger à accepter la confédération comme entité politique viable. Il n'est pas réellement question de s'emparer de Washington ce qui de toute façon ne changerait pas le cours de la guerre. Par contre l'objectif prioritaire est bien la défense de Richmond. Davis, seul responsable de la stratégie du Sud, insista pour que l'armée de Beauregard, installée près de Manassas junction, défende la capitale plutôt que de tenter une manœuvre sur les arrières de l'ennemi qui nécessiterait de puiser dans les réserves de l'armée de la vallée de la Shenandoah.

La première bataille de BULL RUN ou MANASSAS 21 juillet 1861

Pressé par une opinion publique revancharde depuis Fort Sumter, Lincoln impose une attaque directe sur Richmond et au plus tôt au général McDowell et ce malgré l'impréparation de l'armée. Le général nordiste s’exécuta et se mit en branle avec l'armée le 16 juillet. Toute une foule de civils, incluant des sénateurs, des journalistes et des députés ainsi que leur famille emboîta le pas des troupes nordistes. Le 18 juillet, les forces nordistes d'avant-garde se heurtèrent à des éléments sudistes du général Longstreet près du gué de Blacburn faisant une centaine de morts en tout. Le général Beauregard, commandant des forces sudistes défendant la voie de Richmond se préparait à recevoir chaudement l'armée de McDowell et ses 35000 hommes. Beauregard ne disposait que de 20000 soldats mais dès qu'il apprend la mise en route de l'armée nordiste il envoie des messages au général Johnston, commandant l'armée sudiste de la vallée de la Shenandoah afin que ce dernier effectue un mouvement tournant pour frapper l'aile droite de McDowell. Cette manœuvre est d'autant plus délicate qu'une armée nordiste de 18000 hommes sous les ordres du général Patterson est en route pour s'attaquer directement aux forces de Johnston.

Le 21 juillet, les forces de McDowell arrivèrent devant la rivière Bull Run et les forces sudistes qui se sont établies au-delà. La bataille commença vers 2h30, deux divisions nordistes partirent vers le nord-ouest dans un mouvement circulaire pour attaquer la ligne confédérée face au Sud, dans le même temps une autre force nordiste attaquerait face à l'ouest dans le flanc droit de la première ligne sudiste. Un encerclement de la position confédérée se dessina et les Sudistes furent attaqués par un ennemi presque 10 fois plus nombreux. Les forces sudistes qui défendaient l'accès Est qui passait par un pont de pierre partirent renforcer les forces sudistes du nord-ouest qui se trouvaient écrasées par les deux divisions nordistes. Beauregard qui comprit rapidement la manœuvre ennemie, envoya des renforts au nord comme à l'est pour contenir les troupes ennemies. Le flanc droit confédéré se trouva renforcé de deux brigades mais un certain colonel W. T. Sherman traversa le Bull Run à gué et attaqua le flanc droit des Sudistes.

La première bataille de BULL RUN ou MANASSAS 21 juillet 1861

A 11h30, submergée, la première ligne confédérée dérouta et partit plus en arrière sur la colline Henry. Les renforts sudistes arrivaient au compte-gouttes, notamment la batterie de 4 pièces du capitaine Imboden qui ralentit un peu les Nordistes. Mais les forces de l'Union ne profitèrent pas de leur avantage et se contentèrent de bombarder la colline Henry avec deux batteries d'artillerie. Mais plus en arrière la bataille s'apprête à basculer, les renforts sudistes arrivent par voie ferrée , premier exemple de l'histoire de l'utilisation du train à des fins militaires. Les forces de l'Union sont toujours plus nombreuses mais elles se battent depuis le matin et n'obtiennent pas de renfort alors que leur adversaire allait recevoir un flot de nouvelles troupes fraîches avides d'en découdre. Vers midi, la brigade de Virginie du général T. Jackson arriva sur les lieux et se déploya en ligne soit 5 régiments et 13 canons. Les Virginiens avaient même emmené avec eux les canons d'exercice de l'académie militaire de Virginie peints en rouge car plus légers et ne devant pas être confondus avec les canons standard. En contrebas, les débris des brigades Bee et Evans étaient poursuivis par l'infanterie de l'Union tandis que les canons nordistes engageaient un duel d'artillerie avec l'artillerie confédérée pour une fois supérieure en nombre. Le général Bee aperçut alors le général Jackson à cheval, impassible sous les balles et aurait crié, selon la légende, à l'adresse de ses troupes qui fuyaient : "Regardez Jackson qui tient comme un mur de pierre. Ralliez-vous derrière les Virginiens". La légende de "Stonewall" Jackson était née (on ne sait pas vraiment si la remarque de Bee était ironique ou sincère, mais le surnom est resté à Jackson). Les canons nordistes les plus au sud furent approchés par le 33ème régiment de Virginie habillé de bleu ce qui trompa la vigilance des artilleurs qui crurent avoir affaire à leurs propres troupes et laissèrent ce régiment s'approcher pour finalement se faire foudroyer et capturer. La cavalerie sudiste de Jeb Stuart chargeait de flanc les troupes nordistes, le régiment des pompiers volontaires de New-York, les Fire Zouaves, furent anéantis.

La première bataille de BULL RUN ou MANASSAS 21 juillet 1861

Jackson dans le même temps repoussa une première attaque nordiste et fit donner de la baïonnette, il fit charger sa brigade en hurlant pour la première fois le fameux "rebel Yell" le terrifiant cri de guerre sudiste et chassa les troupes de l'Union de Henry Hill. Vers 16h00, sur l'aile gauche de Jackson, deux brigades confédérées de l'armée de la Shenandoah venaient de se déployer ajoutant leur troupes fraîches dans la bataille. Avançant avec la brigade de Jackson, la ligne confédérée repoussa les troupes nordistes plus nombreuses mais épuisées. Devant cette dernière attaque les forces de l'Union craquent et reculent. D'abord organisé, le repli se transforma en déroute et ce fut la débandade entraînant dans leur déroute les civils paniqués qui étaient venus assister à la victoire de l'armée fédérale dont les voitures et calèches ajoutaient à la désorganisation. La fuite des troupes fédérales ne s’arrêta que devant la capitale. Jefferson Davis, qui venait d'arriver sur le champ de bataille réclamait à grands cris une poursuite vers Washington. Mais la prise de la capitale n'aurait en aucun cas signifié la fin de la guerre (elle fut déjà prise par les Anglais et brûlée en partie durant la guerre de 1812 sans pour autant mettre fin au conflit)

Les Sudistes devant cette victoire entamèrent une poursuite relativement molle qui leur apporta encore des prisonniers mais les forces sudistes désorganisées ne se dirigèrent pas vers la capitale fédérale. Les troupes de l'Union mirent bien quelques unités en position d'arrière-garde pour couvrir la retraite notamment les troupes de Sherman, mais finalement les troupes mises en place par McDowel derrière le Potomac ne virent jamais d'attaque, les Sudistes avaient abandonné l'idée de prendre la ville. De toute manière la prise de la capitale semble presque impossible, les routes sont transformées en bourbier par la pluie dans la nuit, la traversée du Potomac aurait pris un temps considérable et la capitale fédérale reçoit elle aussi des renforts nombreux en provenance du Nord.

Il est presque 17h00, la première bataille de Bull Run est terminée ; elle marque le premier grand succès confédéré de la guerre.

L'Amérique et le monde sont stupéfaits par la victoire sudiste. Alors que tous les pronostics donnaient l'armée de l'Union vainqueur, les forces fédérales subirent une écrasante défaite qui leur coûta près de 3000 morts, blessés, prisonniers et disparus. Les Sudistes vainqueurs déploraient la perte de presque 2000 hommes. Cette bataille est un véritable choc pour le Nord qui va orienter son industrie vers la guerre comme jamais elle ne l'a fait auparavant. George McClellan va prendre le commandement de l'armée du Potomac et l'a transformée en un redoutable instrument de guerre. Le Nord prend conscience que la guerre ne sera pas si courte que ça et que de réels efforts seront nécessaires pour inverser le cours du conflit. Un véritable syndrome défaitiste lié à cette bataille était né dans l'esprit des commandants nordistes.

Pour le Sud paradoxalement la victoire de Manassas eut un impact psychologique trompeur car elle suscita durant les prochains mois de la guerre l'illusion qu'ils étaient supérieurs à l'armée fédérale, jouant certainement sur la manière dont les confédérés devaient faire évoluer la situation stratégique. Un "syndrome Bull Run" frappa également les Nordistes qui déclencha une sorte de fatalisme tactique aggravé par les défaites qui s'accumulèrent peu de temps après. Ce qui est sûr c'est que cet affrontement marqua longtemps les esprits de tous les combattants, mais curieusement le Nord trouva dans le défaitisme du syndrome Bull Run la volonté de mettre en place les mesures les plus efficaces qui aboutiront à sa victoire finale. A commencer par l'application du plan Anaconda de Scott qui consistait à établir un blocus des côtes et une attaque sur le front ouest vers le Mississippi et ensuite vers une préparation méticuleuse de l'armée fédérale afin d'entraîner au mieux les hommes et leurs officiers trop novices. Lincoln, le lendemain de la bataille, signa un décret appelant sous les drapeaux 500 000 volontaires pour trois ans. il fit remplacer McDowel par McClellan. Ce dernier disposait d'un réel talent d'organisateur mais en même temps il ne montra pas un entrain extraordinaire à entamer une action offensive avant mars 1862 soit 8 mois après la bataille de Bull Run.

Les affrontements avaient également montré le besoin de changer le drapeau confédéré qui se confondait avec le star and stripes fédéral ainsi que de supprimer toutes les tenues trop ressemblantes avec celles de l'ennemi. La guerre des amateurs volontaires dans leurs uniformes rutilants et chamarrés propres à chaque régiment était terminée, la standardisation devait être la norme : les Nordistes seront en bleu et les Sudistes en gris.

la charge de Jeb Stuart dans les rangs des fire Zouaves de New-York

la charge de Jeb Stuart dans les rangs des fire Zouaves de New-York

Voir les commentaires

La cavalerie confédérée

Publié le par Olivier Millet

La cavalerie confédérée

Les habitants du Sud rural avaient plus l'habitude de monter à cheval que ceux du Nord plus citadins. Naturellement la cavalerie sudiste attira un grand nombre de volontaires et fut à même de posséder des unités montées d'une meilleure qualité que les unités du Nord. Des officiers de cavalerie sudistes obtinrent une grande renommée au sein de leur arme. Les plus célèbres d'entre eux furent Jeb Stuart ou Nathan Bedford Forrest.

Comme son homologue du Nord, la cavalerie sudiste adopta une organisation par régiments de 10 compagnies, de la compagnie A à la compagnie J. Comme dans l'infanterie, plusieurs régiments formaient une brigade et à une plus grande échelle, une division de cavalerie. On estime à environ 137 le nombre de régiments organisés par la confédération sudiste, soit deux fois moins que le Nord. Bien que les habitants du Sud aient été plus naturellement portés vers la cavalerie du fait de l'origine rurale de la plupart d'entre eux, le coût énorme pour recruter et équiper un régiment (environ 300 000 dollars or de l'époque) et la difficulté d'obtenir des chevaux expliqua en partie cette différence. Le Sud fit pourtant appel à des volontaires capables de payer les frais de leur monture ou de venir avec s'ils en possédaient déjà une. Le plus souvent le cavalier sudiste était possesseur de son cheval et était payé mensuellement en retour pour son entretien de bouche et les fers, mais le remplacement des animaux malades ou blessés restait à la charge des cavaliers. Un tel système n'était pas fait pour faciliter la remonte des régiments sudistes ; dans un pays rural comme le Sud, posséder un cheval était non seulement nécessaire pour se déplacer mais aussi pour le travail aux champs. Les plus pauvres d'entre eux préféraient ne pas risquer la vie de leurs chevaux si précieux, quitte à finir dans l'infanterie.

La cavalerie sudiste en plus de la qualité naturelle de ses cavaliers fut connue pour l'audace de ses officiers de cavalerie. Le général Jeb Stuart effectua plusieurs raids audacieux derrière les lignes de l'Union pour fournir le renseignement dont le général Lee avait besoin, gêner les communications ennemies et semer la panique et le désordre à l'arrière. Il fut le général sudiste qui commanda la force de cavalerie confédérée lors de la plus grande bataille de cavalerie qui eut lieu sur le continent américain à Brandy Station en mai 1863 où plus de 20000 cavaliers s'affrontèrent.

Sur le front Ouest ce fut le général Nathan Bedford Forrest, au demeurant certainement l'officier de cavalerie le plus doué de sa génération, qui obtint de remarquables résultats malgré son individualisme très marqué.

L'armement des cavaliers sudistes comprenait un panel varié d'armes à feu, de pistolets, de fusils à canon scié, de sabres et parfois de lances pour certaines unités de volontaires des états les plus au sud. Avec l'arrivée des armes à tir rapide comme la spencer la force de la cavalerie de l'Union rattrapa celle de la cavalerie sudiste et les cavaliers sudistes eurent de plus en lus de mal à rivaliser avec les grandes unités nordistes à la puissance de feu bien supérieure.

L'uniforme :

Comme dans l'infanterie, La Frock coat, une tunique à deux rangées verticales de boutons jaunes fut adoptée. Elle descendait au niveau des genoux et bien que populaire dans le civil n'était pas d'un grand confort sur le terrain particulièrement pour un cavalier. Le képi mou à sommet jaune et le pantalon bleu clair complétaient l'ensemble. Mais très vite les difficultés des fournisseurs et le pragmatisme firent que la tenue évolua en se raccourcissant et la plupart des cavaliers réguliers adoptèrent le sack coat ou tunique courte à une seule rangée de boutons sur le devant. ou la veste taillée court typique de la cavalerie américaine. La couleur grise partagea sa place avec des teintes marrons "butternut" quand les tenues n'étaient pas disponibles en gris, les équipements de cuir noir étaient mélangés aux équipements marron et le képi perdit sa distinctive jaune et le plus souvent fut entièrement gris. Des unités locales étaient particulièrement colorés comme le premier régiment de Virginie ou de la légion de Hampton avec ses vestes rehaussées de lacets dans un style "hussard"

la cavalerie sudiste demeura supérieure à la cavalerie du Nord durant le début du conflit par la qualité individuelle du cavalier sudiste et l'audace de ses chefs mais les nouveaux leaders des armées de l'Union, l'armement moderne des cavaliers nordistes et la trop grande différence d'effectifs finirent par faire pencher la balance en faveur du Nord

la cavalerie sudiste demeura supérieure à la cavalerie du Nord durant le début du conflit par la qualité individuelle du cavalier sudiste et l'audace de ses chefs mais les nouveaux leaders des armées de l'Union, l'armement moderne des cavaliers nordistes et la trop grande différence d'effectifs finirent par faire pencher la balance en faveur du Nord

Les grades dans la cavalerie sont jaunes, couleur distinctive de la cavalerie américaine.

Les grades dans la cavalerie sont jaunes, couleur distinctive de la cavalerie américaine.

Voir les commentaires

L'hymne de la Confédération " DIXIE "

Publié le par Olivier Millet

Composée par Daniel Emmett, " Dixie " ou encore " Dixie's Land " fut l'une des chansons les plus populaires des États-Unis. Lincoln avouera à la fin de la guerre civile que Dixie avait toujours été un de ses airs préférés. Dans l'imaginaire populaire cette chanson est indubitablement associée à la guerre de Sécession par la plupart des gens. A l'annonce de la reddition du général Lee, le président fit d’ailleurs jouer Dixie pour fêter l’événement.

Publiée à la Nouvelle-Orléans en 1859, Dixie est une évocation romantique des états du Sud, Dixie était d'ailleurs le surnom affectueux donné aux états du Sud. Cette évocation est suffisamment populaire et appréciée pour faire de Dixie l'hymne officieux de la Confédération. Contrebalançant le "Battle cry for the republic", les soldats confédérés aimaient à chanter Dixie ou "The bonnie blue Flag" lors de leurs longues marches particulièrement si elles les éloignaient de leur pays.

Des versions plus en accord avec la guerre furent également écrites où par exemple le "look away" du refrain cédait la place au "Too Arms for Dixie" dans un but évident d'émulation guerrière.

Les paroles ci-dessous sont celles de la chanson originale.

I wish I was in the land of cotton,
Old times there are not forgotten;
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!
In Dixie's Land where I was born in,
Early on one frosty morning,
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!


Then I wish I was in Dixie! Hooray! Hooray!
In Dixie's Land I'll take my stand, to live and die in Dixie!
Away! Away! Away down South in Dixie!
Away! Away! Away down South in Dixie!

Old Missus married "Will the Weaver";
William was a gay deceiver!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!
But when he put his arm around her,
Smiled as fierce as a forty-pounder!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!


His face was sharp as a butcher's cleaver;
But that did not seem to grieve her!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!
Old Missus acted the foolish part
And died for a man that broke her heart!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!


Now here's a health to the next old missus
And all the gals that want to kiss us!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!
But if you want to drive away sorrow,
Come and hear this song tomorrow!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!


There's buckwheat cakes and Injin batter,
Makes you fat or a little fatter!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!
Then hoe it down and scratch your gravel,
To Dixie's Land I'm bound to travel!
Look away! Look away! Look away, Dixie's Land!

L'air préféré du président Lincoln !!

Voir les commentaires

La cavalerie de L'union (1)

Publié le par Olivier Millet

La cavalerie de L'union (1)

L'US Army comprenait 5 régiments à l'entrée en guerre, 2 régiments de dragons, descendant des régiments de light dragoons de la guerre de 1812 et qui ont participé à la guerre du Mexique en 1846. Le régiment de fusiliers montés créé pendant la guerre du Mexique en 1847 et deux nouveaux régiments de cavalerie.
Un sixième régiment régulier est levé en mai 1861, mais il faudra attendre la défaite de Bull Run pour que le Congrès autorise la création de 31 régiments de volontaires.
Les régiments sont standardisés et numérotés de 1 à 6 du plus ancien au plus récent. A la fin de la guerre il y avait plus de 272 unités montées dans l'armée de l'union.
Les états de New-York, du Missouri fournirent 32 régiments de volontaires chacun, la Pennsylvanie, 28, le Tennessee, 20, le Kentucky et l'Illinois, 17, l'Ohio et l'Indiana, 13, le Michigan, 11, l'Iowa et le Massachusetts,5.

L'organisation régimentaire:


Le régiment régulier est organisé en 5 escadrons de deux compagnies, l'état-major du régiment comprend un colonel commandant le régiment, 1 lieutenant-colonel, 1 major, 1 adjudant régimentaire, 1 fourrier, 1 chirurgien, 1 aumônier, 1 sergent fourrier, 1 sergent-major, 1 sergent commissaire, 18 musiciens.

Chaque compagnie comprend : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 1 sergent fourrier, 4 sergent, 8 caporaux, 2 clairons, 56 cavaliers.

Les régiments de cavalerie pouvaient être rassemblés en brigades de 3 à 6 régiments et les brigades en division à raison de deux ou trois brigade par division. Malgré sa puissance industrielle et ses moyens, le Nord qui dépensa 124 millions de dollars pour l'achat de chevaux ne put fournir une monture à tous ses cavaliers. Les grands élevages du Kentucky et de Virginie fournissaient plus de 800 000 têtes. Largement dépassée par son homologue sudiste en terme de qualité, la cavalerie nordiste atteint petit à petit le même niveau que son adversaire pour finalement le dépasser. La puissance de feu que les armes à répétition donnaient au cavalier de l'union finit par supplanter complètement la cavalerie confédérée équipée de révolver, de carabine à chargement par la bouche ou de fusil de chasse court.

L'emploi:

Les missions de la cavalerie sont principalement la reconnaissance et le renseignement. Les charges contre l'ennemi sont rarement entreprises car la doctrine américaine ne matière de combat de cavalerie prône plus le déplacement rapide d'unité monté que la recherche du combat à cheval contre l'infanterie. Mais elle exécuta néanmoins de telles attaques pour couvrir une retraite ou exploiter la déroute de l'ennemi. Pour les généraux la cavalerie est également une infanterie qui se déplace vite, elle compense sa force numérique plus faible par une puissance de feu multipliée par les carabines à répétition Henry ou Spencer( quand elle en était equippé). Lors de la campagne de Gettysburg la plus formidable bataille de cavalerie qui opposa le Nord et le Sud eut lieu à Brandy Station et vit la cavalerie unioniste tenir tête à son homologue jugée pourtant supérieure en qualité. Les grandes attaques dans l'ouest des armées de Grant et Sherman virent l'emploi de forces conséquentes de cavalerie (de l'ordre d'une brigade) pour effectuer des raids dans la profondeur à l'image de ce que firent les Sudistes les années précédentes. Le raid de Grierson durant la campagne de Vicksburg, mis en scène au cinéma dans le film "The Horsemen" fut un grand succès et contribua à la réussite des opérations contre Vicksburg. Les opérations de cavalerie du général James Wilson durant les campagnes de d'Overland et de Petersburg furent également couronnées de succès. A cette occasion la division de cavalerie sous les ordres du général Sheridan mit un terme aux exploits de Jeb Stuart à la bataille de Yellow tavern, où les cavaliers de l'Union plus nombreux mais surtout armés de fusils à répétition Spencer forcèrent la cavalerie sudiste à la retraite et tuèrent leur prestigieux général.


Quand la cavalerie combat à cheval, le cavalier de l'Union se sert de son sabre, parfois d'une lance, face à un adversaire qui monte bien mieux que lui et qui se sert de préférence d'arme à feu. Mais le sabre forçait le cavalier à rechercher le contact et donc à se montrer foncièrement agressif ce qui n'était pas aisé face à un adversaire plus habile et surtout capable de délivrer un feu avec des armes à feu de gros calibre dont la courte portée était compensée par la puissance et la dispersion des projectiles. Ce type de combat d'un autre temps fut promptement relégué au profit d'une conception plus moderne d'infanterie montée. A l'image des dragons d’antan qui avaient été pensés dans cette optique, la cavalerie de la guerre de Sécession et plus particulièrement celle des fédéraux en fin de guerre était une infanterie capable de se déplacer rapidement d'un point à un autre en vue de raids sur les lignes de ravitaillement adverses ou d'opérations contre les flancs ou arrières d'une armée ennemie. En outre bien que l'effectif d'une unité montée soit inférieur à celui de l'infanterie classique, l'utilisation d'armes à répétition qui augmentait la puissance de feu de l'unité lui permettait de tenir tête à des troupes plus nombreuses, particulièrement en position défensive. Quand elle combat démontée, un huitième des hommes reste en arrière pour garder les chevaux tandis que le reste combat en ordre dispersé. Si la cavalerie nordiste souffre des même maux qui avaient affligé les régiments américains de 1812, cantonnés à des missions d'estafette ou d'escorte, elle gagnera rapidement ses lauriers dans les combats qu'elle sera amenée à faire. Les grands raids de la fin du conflit et ses succès au combat lui donneront enfin l'aura qu'elle méritait. Le cavalier bleu n'avait plus qu'à entrer dans la légende par le biais Hollywood et de John Wayne sur l'air du "She wore a Yellow Ribbon"

La cavalerie de L'union (1)

L'uniforme:

Le cavalier de l'Union portait l'uniforme consistant en une veste bleu foncé courte "Shell jacket" du modèle 1858 à passepoils jaunes. Cette veste était portée en grande tenue comme en campagne. Une veste plus courte et sans ornement voire une vareuse à pan large était aussi portée par les hommes. Certaines unités de volontaires en début de conflit avaient adopté des tenues particulières comme les Hussard de Benton ou de Trenton qui avaient un laçage typique sur la poitrine. le pantalon était le modèle d'ordonnance de 1861 bleu clair rehaussé d'une bande jaune sur le côté. Le couvre-chef en grande tenue était le chapeau "Hardee hat" adopté en 1855 dans la cavalerie avec ornements jaunes et badges à doubles sabres croisés. Le numéro du régiment et la lettre de la compagnie étaient placés de part et d'autre du badge. Dans la grande tenue comme dans l'infanterie, le cavalier portait des contre-épaulettes de laiton. Le cavalier de l'Union au combat portait indifféremment un képi mou, ou un chapeau à bord large.

Les trompettes portaient un laçage plus complexe sur la poitrine en lacets jaunes.

Les baudriers en cuir noir soutenaient le sabre M1861. La ceinture avait une boucle rectangulaire en métal jaune (cuivre ou laiton) avec un aigle américain possédant un C dans son écu et entouré de lauriers. Certains cavaliers furent armés de lances comme les Rush's lancers du 6ème régiment de Pennsylvanie. En plus du colt Navy de calibre 0.36, la plupart des hommes recevront une carabine à tir rapide Spencer, Sharp, Perry ou Henry.

Les officiers étaient dans la même tenue que les hommes de troupe avec les épaulettes propres à leurs grades, éventuellement l'écharpe rouge autour de la taille, un pantalon bleu clair ou bleu foncé

Les guidons portaient l’étendard de compagnie blanc et rouge modèle 1861 ou du régiment (bleu avec aigle). A partir de janvier 1862 des guidons aux couleurs de la bannière étoilée furent distribuées aux compagnies mais les deux modèles ont subsistés.

Les selles utilisées étaient de plusieurs types, la plus célèbre était le modèle imposé par le général McCLellan et qui portait son nom.

Comme son homologue confédérée, la cavalerie de l'Union a la couleur distinctive jaune.

Comme son homologue confédérée, la cavalerie de l'Union a la couleur distinctive jaune.

Voir les commentaires

Le sous-marin CSS HUNLEY

Publié le par Olivier Millet

Le sous-marin CSS HUNLEY

La guerre de Sécession, premier conflit moderne, le fut particulièrement à bien des égards, dans le domaine naval. Les innovations technologiques ont conduit les belligérants à utiliser au combat les premiers cuirassés, et, pour les Sudistes, les premiers sous-marins. Dans le cas des navires submersibles, si ces bateaux avaient déjà été imaginés ou construits dans le passé, ils n'avaient encore jamais été utilisés dans un véritable affrontement.

Le CSS Hunley bouleversa les conceptions de la guerre navale de l'époque en réussissant à couler un navire nordiste, le USS Housatonic, dans le port de Charleston. Un grand navire de guerre pouvait être détruit par un tout petit navire quasiment impossible à atteindre du fait de son enfoncement dans l'eau qui le cachait presque entièrement et le soustrayait au tir des grosses batteries embarquées. Mais le CSS Hunley disparut juste après avoir coulé le navire de l'Union sans doute endommagé par l'explosion qu'il a lui-même déclenchée ou par les tirs des marins de l'Housatonic.
Incapable d'affronter la marine de l'Union par manque de moyens navals dans un affrontement classique, la marine confédérée dut recourir à d'autres méthodes pour parvenir à vaincre la ceinture navale qui entourait ses ports et asphyxiait doucement le Sud. Après avoir essayé les Ironclad avec un succès retentissant à Hampton Roads et les mines flottantes pour la défense passive des ports, les ingénieurs navals du Sud décidèrent de concevoir des navires submersibles pour s'attaquer sans trop de risque aux navires nordistes ancrés au large des ports.

Le sous-marin CSS HUNLEY

L'un de ces ingénieurs, Horace Lawson Hunley, proposa et supervisa avec Baxter Watson et James Mc Clintock la construction d'un petit sous-marin, le Pionner. Le navire lancé en 1862 à la Nouvelle-Orléans, réussit ses premières sorties dans le Mississippi et le lac Pontchartrain mais dut être finalement sabordé devant l'avancée des troupes de l'Union avant même un déploiement opérationnel. Le projet fut relancé depuis la ville de Mobile mais sous la supervision de l'armée. Le nouveau bâtiment, l'American Diver, fut réalisé et testé en 1863. En février il fut déployé contre les navires ennemis faisant le blocus du port de Mobile mais échoua dans sa tentative. Le navire coula finalement par le fait d'une fortune de mer, entraînant dans la mort la totalité de l'équipage.


Hunley, tenace, se lança dans un troisième prototype, le Hunley, il s'agissait d'un cigare métallique de 12 mètres de long et de 6.8 tonnes lege. Sa propulsion était réalisée par énergie humaine, l'équipage actionnant une hélice à la force des bras. Le Hunley était un véritable sous-marin capable de plonger à presque deux mètres sous la surface, totalement étanche ; il n'y avait aucun système de ventilation ce qui imposait des missions de très courte durée avec l'air présent à l'intérieur du submersible. Son armement était constitué d'une charge explosive placée au bout d'une perche d'environ 6 mètres. La charge devait être accrochée sur le flanc du navire et n'était mise à feu par un fil qu'une fois le Hunley suffisamment éloigné. Le 29 août, le navire et ses 8 membres d'équipage firent un essai à Charleston. Mais le navire coula suite à une plongée par erreur alors que l'écoutille était demeurée ouverte. 5 membres d'équipage moururent noyés dans l'essai. Renfloué, le Hunley effectua un second essai avec Horace Hunley à bord pour rassurer les autres membres d'équipage. Mal lui en prit, le navire coula une seconde fois dans le port de Charleston ne laissant aucun survivant et tuant son concepteur. Renfloué de nouveau, le CSS Hunley fut envoyé directement au combat avec un nouvel équipage commandé par le Lieutenant Dixon le 18 février 1864. Cette mission qui sera la dernière du navire fit entrer l'arme sous-marine dans l'histoire. A 8 kilomètres de Charleston était ancré le navire nordiste USS Housatonic, un Sloop de guerre de 1200 tonnes. Après avoir péniblement couvert la distance, le CSS Hunley parvint à approcher, en plongée, le navire ennemi sans être décelé, il émerge, à la surprise de son commandant, à moins de 200 mètres du navire ennemi et est accueilli par une volée de tir d'infanterie. Il parvient néanmoins à accrocher sa charge explosive. Le sous-marin s'éloigna et fit exploser la charge qui coula le bâtiment ennemi. Il confirma par signaux le succès de sa mission aux batteries côtières et disparut...On ignore le pourquoi de la fin du navire, peut-être fut-il endommagé par l'explosion, ou intercepté par un autre navire nordiste arrivant sur la zone du naufrage de l'USS Housatonic ou endommagé par des tirs ennemis.

Le sous-marin CSS HUNLEY

Toujours est-il que le sous-marin ne rentra jamais au port et fut retrouvé 131 ans plus tard. L'épave fut localisée à une centaine de mètres de celle du Housatonic enseveli sous plusieurs mètres de limon. La remontée à la surface de l'épave eut lieu le 8 août 2000 devant une foule de milliers de personnes. L'épave fut déposée dans le centre Warren Lasch dans un bassin prévu à cet effet. Relativement bien conservé, le navire rendit les corps de ses membres d'équipage qui furent tous identifiés après 4 ans de recherches sur leurs restes par des membres de l'institut du Smythonian. Les corps furent enterrés dans le cimetière Magnolia de Charleston le 17 avril 2004 devant une foule nombreuse et avec les honneurs confédérés...

Ce fut la première et la seule action réussie d'un sous-marin durant la guerre de Sécession. L'arme sous-marine était enfin entrée dans l'histoire et était appelée à devenir un élément incontournable des forces navales du monde. Des U-Boot de 14/18 aux puissants submersibles nucléaires d'aujourd'hui, tous sont les descendants d'un petit navire sudiste bizarre actionné par 8 hommes courageux dans une guerre ancienne aux enseignements décidément nombreux.

le Hunley en 1864 et aujourd'hui après sa redécouverte en 1995 et son renflouement en 2000le Hunley en 1864 et aujourd'hui après sa redécouverte en 1995 et son renflouement en 2000

le Hunley en 1864 et aujourd'hui après sa redécouverte en 1995 et son renflouement en 2000

Voir les commentaires

L'artillerie de l'union

Publié le par Olivier Millet

L'artillerie de l'union

S'il est un domaine où la puissance industrielle permet le plus de s'exprimer c'est bien celui des armes lourdes et en particulier l'artillerie. L'armée de l'union disposait en 1861 d'un grand nombre de pièces pour la défense des fortifications côtières. La mauvaise expérience des raids anglais lors de la guerre de 1812 avait déclenché un renforcement de tout le littoral américain multipliant les forts et donc le besoins en pièces d'artillerie pour les armer. Seulement ces canons sont des pièces bien trop lourde pour être emmenées en campagnes, certains canons en fer avait un calibre supérieur à 100 voir 300 livres comme certains Columbiad ou Parrot défendant les forts.

Au déclenchement de la guerre de sécession l'US army alignait 4 régiments d'artillerie dont un d'artillerie légère ou de campagne. Les artilleurs recevaient comme mission principale d'armer les différents forts et défenses côtières du pays. Les "Lourds" étaient les équipage de l'artillerie de siège qui regroupait des pièces pouvant tirer a plusieurs kilomètres d'un calibre allant jusqu’à 600 livres ou des mortiers qui étaient parfois si lourds qu'il fallut les placer sur des wagons, les artilleurs de la light artillery étaient les artilleurs de l'artillerie de campagne plus légère qui eurent à soutenir la plupart des combats. Les régiments regroupent des batteries des deux types pour plus de flexibilité. L'expérience de la guerre du Mexique avait démontré les bienfaits d'une artillerie lègère ("flying artillery) pour fournir un support feu au plus près des troupes.

Au début du conflit les artilleurs sont assignés à une brigade d'infanterie a hauteur d'une batterie de 6 pièces par brigade. Ce genre d'organisation ne favorisant pas la concentration des feux il fut décider de combiner les batterie à hauteur de 2.5 à 3 canons pour 1000 hommes et de diviser les batteries en deux sections de 4 pièces. chaque brigade comptait désormais 12 batteries de 48 canons. Cette organisation sera reprise par les Confédérés. Le travail du Capitaine Barry du 2nd US artillery regiment avait introduit un manuel standard pour l'artillerie qui fut adopté et qui stipulait les conditions de base d'emploi sur le champs de bataille. Ce Manuel précise le nombre de munition (400 coups) et de canons ( 4 ) minimal par batterie, leur emploi au niveau divisionnaire, l'introduction d'unité régulière parmi des unités de volontaires ou le type de pièce préférentiel (Parrot, M1857 ou 3 pouce ordonnance ).

en plus de la puissance industrielle, le Nord bénéficiait d'un avantage dans l'encadrement de l'artillerie dont les membres étaient bien formés et nombreux. Néanmoins une certaine forme de désorganisation régnait au début du conflit et il fallut attendre un certains temps pour qu'une doctrine d'emploi cohérente soit introduite.

Des unités de réserve furent également mise sur pied afin de puiser dedans durant les combats pour combler les pertes. Les matériels utilisés étaient semblables aux artilleurs confédérés mais les pièces rayées Parrot, le 3 pouce d'ordonnance et le M1857 eurent la préférence. Les tubes étaient le plus souvent fait en fer plutôt qu'en bronze car ce matériau était abondant aux États-Unis mais il multipliait les risque d'explosion car il manque de souplesse. Le Bronze quand à lui permettait de mieux supporter les départs de coup mais sa "souplesse" jouait défavorablement sur la portée.

de gauche à droite "canon Parrot de 20 livres, mortier "dictator" et canon lourd de défense de fortificationde gauche à droite "canon Parrot de 20 livres, mortier "dictator" et canon lourd de défense de fortificationde gauche à droite "canon Parrot de 20 livres, mortier "dictator" et canon lourd de défense de fortification

de gauche à droite "canon Parrot de 20 livres, mortier "dictator" et canon lourd de défense de fortification

L'artillerie de l'union

La batterie constituait l'unité de base, elle était commandée par un capitaine, chaque canons était manié par 8 hommes plus 4 pour les chevaux de traits, une section de deux canons était commandée par un lieutenant ( first ou second lieutenant ).

Une brigade d'artillerie comportait 5 batterie soit 30 canons et était commandée par un colonel. La brigade d'artillerie supportait un corps d'infanterie. La réserve d'artillerie d'une armée comme celle du Potomac, comportait environ 5 brigades

Produisant l'ensemble de ces canons, l'artillerie de l'union qui ne disposait que de moins de 300 pièces en 1861, alignait plus de 1700 canons de campagne et 3300 pièces en comptabilisant l'artillerie lourde de siège et de forteresse en 1865. plus de 4000 canons de campagne furent produits dont 1/3 de M1857 napoléon. cette énorme production et les défaites de l'armée fédérale permirent également aux Sudistes de capturer un grand nombre de pièces pour leur propre artillerie. au total ce ne sont pas maoins de 7800 pièces qui furent livrées à l'US Army, plus de 9 millions de projectiles en tous genres et 13000 tonnes de poudre.

Voir les commentaires

L'hymne de l'Union "The battle cry of Freedom"

Publié le par Olivier Millet

L'hymne de l'Union "The battle cry of Freedom"

La guerre n'est en rien plus facile accompagnée de musique, de tambours ou de fifres mais rien n'est plus émulateur pour les gens de l'arrière qu'un bon chant patriotique. C'est dans cette optique que fut écrit en 1862 par un parolier et un compositeur américain, George Frédéric Root, la chanson "The battle cry for freedom" qui allait devenir l'hymne non officiel de l'Union.

Cette chanson deviendra si populaire que les Sudistes en firent leur propre version, avec des paroles bien évidemment différentes.

Yes we'll rally round the flag, boys, we'll rally once again,
Shouting the battle cry of freedom,
We will rally from the hillside, we'll gather from the plain,
Shouting the battle cry of freedom!


The Union forever! Hurrah, boys, hurrah!
Down with the traitor, up with the star;
While we rally round the flag, boys, rally once again,
Shouting the battle cry of freedom!

We are springing to the call of our brothers gone before,
Shouting the battle cry of freedom!
And we'll fill our vacant ranks with a million free men more,
Shouting the battle cry of freedom!

The Union forever! Hurrah, boys, hurrah!
Down with the traitor, up with the star;
While we rally round the flag, boys, rally once again,
Shouting the battle cry of freedom!

We will welcome to our numbers the loyal, true and brave,
Shouting the battle cry of freedom!
And although he may be poor, not a man shall be a slave,
Shouting the battle cry of freedom!

The Union forever! Hurrah, boys, hurrah!
Down with the traitor, up with the star;
While we rally round the flag, boys, rally once again,
Shouting the battle cry of freedom!

So we're springing to the call from the East and from the West,
Shouting the battle cry of freedom!
And we'll hurl the rebel crew from the land we love best,
Shouting the battle cry of freedom!

une des nombreuses versions du battle cry for freedom

Voir les commentaires

L'artillerie de la Confédération (1)

Publié le par Olivier Millet

L'artillerie de la Confédération (1)

Les Confédérés utilisèrent la même organisation que l'artillerie de l'Union à savoir des régiments composés de 8 batteries de chacune 4 à 6 canons répartis en deux ou 3 sections.

L'ordre général du 1er novembre 1862 stipule que les batteries d'artillerie seront composées d'un capitaine, de 2 premiers-lieutenants, de 2 seconds-lieutenants, d'un sergent-major, d'un quartier-maître-sergent, de 6 sergents, de 12 caporaux, de 2 trompettes ou clairons, d'un porte-guidon, 2 artificiers et de 64 à 125 artilleurs pour une batterie de 6 pièces. Pour une batterie de 4 pièces l’effectif des cadres reste inchangé avec seulement 8 caporaux au lieu de 12.

L'artillerie de l'armée de Virginie du Nord :

Le 7 mai 1861 fut autorisée la levée de 6 batteries de 4 pièces afin de constituer le noyau de l'artillerie de campagne de l'armée de Virginie du Nord. Ces batteries seront assignées à un général de brigade d'infanterie. Une telle dispersion des forces rendait difficile un appui efficace de corps d'infanterie au combat et en janvier 1862, il fut décidé de regrouper 4 batteries en un bataillon d'artillerie afin de grouper les pièces. Les bataillons étaient assignés aux divisions d'infanterie soit 16 canons par division. Pour 3 divisions il y avait 5 bataillons d'artillerie, 1 pour chaque division et 2 en réserve. Le commandement de ces bataillons était attribué à un officier d'artillerie

L'artillerie de l'armée du Tennessee

L'armée du Tennessee adopta l'organisation fédérale d'une batterie à 6 pièces de 155 artilleurs. Bien que chaque batterie soit assignée à une brigade d'infanterie, le taux de canons atteignit les 3 pièces pour 1000 hommes. En 1864, les batteries furent regroupées en bataillon de 3 batteries de 4 pièces. La réserve comprenant 3 bataillons. Chaque corps d'armée regroupait plusieurs bataillons d'artillerie organisés en régiments d'artillerie

Le 1er régiment comprenait 12 batteries soit 48 canons et 1243 hommes, le 2ème régiment comprenait 9 batteries soit 36 canons et 1078 hommes. Le 3ème régiment comprenait 9 batteries soit 36 canons et 1016 hommes. Un bataillon d'artillerie à cheval fut également instauré regroupant 5 batteries de 22 canons et 420 hommes.

Les Confédérés utilisaient les mêmes pièces que l'artillerie de l'Union. Leur canon de campagne principal était le M1857 Napoléon en bronze de calibre 6, 12 livres et 12 livres en obusier. Les deux principaux arsenaux de Tredegar et Augusta fournirent près de 356 pièces. Avec la production des autres arsenaux plus petits, les Confédérés produisirent 501 canons M1857.

Les canons en fer Parrot de 30, 20 et 10 livres copiés sur les modèles fédéraux furent produits en plus petites quantités dans les arsenaux du Sud. Le plus grand d'entre eux, à Tredegar, produisit 103 canons Parrot.

Les pièces de 3 pouces rayées du type "Ordnance" furent également utilisées mais produites en très petite quantité. La plupart des canons confédérés étaient des pièces achetées avant guerre ou capturées.

Les canons obusier de 12 livres M1841 et les obusiers de montagne furent également utilisés et là encore produits en très petite quantité ou récupérés sur les champs de bataille.

La Confédération put également utiliser des pièces très modernes, les canons anglais Withworth de 12 livres à chargement par la culasse. Les artilleurs confédérés n'eurent qu'un nombre limité de ces canons, provenant uniquement de l'import, très précis et à grande portée.

L'artillerie de la Confédération (1)

Les affûts étaient les mêmes que ceux de l'Union ; il s'agissait du modèle M1840 copié sur le modèle français lui même copié sur un modèle anglais.

La plupart du temps et pour les deux camps, les affûts étaient de couleur vert olive ou ocre, mais des batteries de volontaires ou le manque de coloris ont fait que des affûts de couleurs plus vives ont pu être observés comme lors de la bataille de Bull Run où la batterie Pendleton de la brigade du général Jackson apporta les canons de l'académie militaire de Virginie. Ces dernier servant à l'entraînenement des cadets étaient plus légers de 150 kg que les modèles normaux et étaient donc peints en rouge pour montrer qu'il s'agissait de canons d'exercice. Mais les boulets qu'ils tiraient étaient bien réels.

Voir les commentaires

L'infanterie de la Confédération (1)

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie de la Confédération (1)

Lors du déclenchement de la guerre civile, la Confédération sudiste avait mobilisé 100 000 volontaires dans tous les états. L'infanterie sudiste à l'origine devait comprendre un noyau de troupes régulières dont l’effectif théorique devait atteindre les 15000 hommes (mais ce ne fut jamais le cas). L'essentiel des troupes de la Confédération serait fourni par la milice et les volontaires des différents états. L'infanterie sudiste monopolisait l'essentiel des recrues mais il est difficile d'avoir des chiffres précis quant à leur nombre exact. Fin 1861, le ministère de la guerre fait état d'un effectif théoriquement sous les drapeaux de près de 326000 hommes mais on ignore dans quelles proportions ils furent répartis entre les trois armes et la marine et combien étaient réellement sous les drapeaux.

Puisque les officiers d'infanterie sudistes venaient de l'armée fédérale, l'organisation des régiments d'infanterie était la même qu'au Nord. Le régiment d'infanterie sudiste regroupait 10 compagnies. Chaque compagnie totalisant théoriquement 100 hommes et commandée par un capitaine. Théoriquement un régiment à plein effectif comportait 1000 hommes plus l'état-major du régiment. Les pertes firent que les régiments affichaient en campagne un effectif moyen de 400 hommes. Comme au Nord, les volontaires étaient amalgamés en régiments de volontaires du même état. Chaque régiment portant le numéro correspondant à sa date de création ; ainsi le premier régiment de volontaires levé en Virginie s'appellerait le 1st regiment of Virginia et ainsi de suite. Mais à la différence du Nord, le régiment comblait ses pertes par l'apport de nouvelles recrues au lieu d'être dissous et recréé. L'avantage de ce système est qu'un fort esprit de corps régnait au sein de chaque régiment et que l’amalgame entre anciens soldats et nouvelles recrues permettait de garder un bon potentiel tactique.

Le Sud étant peuplé par 4 millions d'esclaves, put envoyer un nombre conséquent de soldats blancs sans avoir à perdre de main-d’œuvre. Néanmoins, aussi étonnant que cela puisse paraître, des soldats noirs furent enrôlés dans l'armée sudiste mais le plus souvent pour des taches subalternes et presque jamais dans les unités de combat. Bien qu'un drapeau propre à toute l'armée sudiste existât, les régiments n'emmenaient souvent qu'un seul drapeau au combat : leur emblème national agrémenté de symboles propres à leur régiment ou le "battle flag" confédéré à croix de Saint-André avec le nom du régiment et ses honneurs de bataille dans ses plis.

Au début du conflit, chaque compagnie de volontaires était habillée selon ses propres goûts vestimentaires et une grande disparité de tenue pouvait exister au sein d'un même régiment. La bataille de Bull Run et le désordre dû aux confusions sur le champ de bataille fit que progressivement les soldats du Sud portèrent un uniforme de couleur grise. La difficulté pour obtenir du tissu gris fit que des uniformes aux teintes marron clair apparurent (le pigment était obtenu à partir de brou de noix). Cette tenue fut dénommée "butternut".

Malheureusement pour les soldats sudistes, l'intendance eut du mal à fournir des tenues complètes et, campagne après campagne, l'armée sudiste ressemblait de plus en plus à un ensemble de soldats dépenaillés vêtus d'uniformes rapiécés ou en loques et parfois pieds nus.

Pire encore, les magasins des états gardaient les fournitures pour leur milice et refusèrent parfois de fournir l'armée "régulière". Ainsi lorsque l'armée de Virginie du Nord du général Lee réclama du matériel elle reçut une fin de non-recevoir de la part des subsistances de certains états qui préféraient garder leurs réserves pour leurs milices respectives. Le droit des états demeurait...

En campagne:

L'armée confédérée en général et l'infanterie en particulier étaient habituées à vivre sur le terrain de manière très rustique, les tentes étaient rares et la plupart des fantassins dormaient à la belle étoile ou sous des abris de fortune. Il était d'ailleurs difficile d'estimer le nombre de soldats sudistes pour un éclaireur ennemi qui souvent se contentait de comptabiliser les tentes des camps observés pour évaluer la force d'une armée. La nourriture était un problème car la déficience des services d'intendance faisait que les hommes devaient passer beaucoup de temps à rechercher de la nourriture (bétail capturé le plus souvent). Les soldats emmenaient dans leur musette de la farine de maïs, du lard et parfois des fruits et des légumes glanés sur le chemin. Bien souvent, ils avaient pour habitude de faire cuir le lard, récupérer la graisse, la mélanger à la farine et enrouler la pâte obtenue autour d'un bâton qu'ils faisaient griller au-dessus d'un feu. Mais c'est parfois le ventre vide que le soldat allait au feu en criant son fameux "rebel Yell". Ce cri terrifiant pour les hommes du Nord qui fut entendu la première fois à Bull Run et dont on ignore aujourd'hui à quoi il pouvait exactement ressembler. La nuit dans les camps si le régiment en possédait un, il n'était pas rare d'entendre jouer par des fanfares militaires, des airs d'opéra, de polka ou populaires pour remonter le moral des hommes. Courageux à l’extrême au combat, les Confédérés étaient parfois réduits à récupérer les armes et le matériel de l'ennemi sur le champ de bataille. Vers la fin de la guerre ils s'habillaient même avec les tuniques bleues de leur adversaire tellement leur uniforme étaient en haillons. Les canons et les fusils étaient les bienvenus tellement le Sud manquait de moyens pour les produire, d'autant que, plus le conflit avançait, plus le blocus empêchait les armes achetées à l’étranger de parvenir à la Confédération. Dans l'infanterie sudiste les unités du Texas ou de Virginie étaient considérées comme les plus aguerries, le général Lee avait une très grande confiance dans les capacités de sa brigade texane commandée par John Bell Hood, tandis que la brigade de Virginie de Jackson était auréolée de la gloire de ses victoires à Manassas ou dans la campagne de la Shenandoah. "Johnny Reb" ou Johnny le rebelle comme les appelaient les Nordistes était un fantassin solide habitué à la dure mais ne pouvait soutenir un combat contre une armée suréquipée comme celle de l'Union. Payé 11 dollars avec une monnaie qui ne cessait de se dévaluer, la volonté de combattre du soldat sudiste est à rechercher dans la certitude de la justesse de sa cause, la défense de son foyer contre des armées nordistes de plus en plus destructrices et certainement pas pour protéger un système qui ne profitait qu'aux plus aisés. Ne possédant aucun esclave et peu de biens de valeur, le soldat d'infanterie confédéré était bien le reflet de cette guerre : une guerre de riches menée par les pauvres. Mais quand tout fut terminé, l'armée nordiste témoigna, en général, un profond respect envers ces hommes courageux sans triomphalisme déplacé.
Les régiments dépenaillés qui défilèrent à Appomatox le 9 avril 1865, le firent non pas sous les "hurray" des vainqueurs mais dans un silence teinté du respect que l'on doit même à l'ennemi qui a partagé les mêmes souffrances pendant quatre ans.

Le gris des uniformes de l'armée régulière n'étant pas toujours de très bonne qualité les teintes ne se fixaient pas très bien sur les tenues, l'usage plus anecdotique que régulier de la teinte Butternut donnait un aspect marron aux uniformes mais le gris ou les gris demeuraient la norme pour toute l'armée après 1861.

Le gris des uniformes de l'armée régulière n'étant pas toujours de très bonne qualité les teintes ne se fixaient pas très bien sur les tenues, l'usage plus anecdotique que régulier de la teinte Butternut donnait un aspect marron aux uniformes mais le gris ou les gris demeuraient la norme pour toute l'armée après 1861.

L'uniforme :

L'uniforme était réglementé par l'ordonnance de 1861 mais cette dernière fut très peu suivie par manque de moyens. La couleur grise fut choisie en lieu et place du bleu des fédéraux. Le gris était une couleur très populaire dans tous les États-Unis, c'était la couleur des cadets des académies militaires et il revêtait une connotation de troupe d'élite depuis la guerre de 1812 et la brigade grise de Scott durant la campagne du Niagara. La coupe de la tunique était d'inspiration germanique (jäger autrichien) L'uniforme du fantassin comportait un frock coat gris à double rangée de 7 boutons en cuivre. Le col et les manches étaient bleu clair ainsi que le pantalon. La partie amovible de la tunique était passepoilée de bleu clair. Le chapeau était le képi mou ou "forage cap". Les baudriers et ceintures étaient en cuir noir, la boucle de ceinture en cuivre était marquée du sigle "CS" "Confederate States" la baïonnette était portée sur la ceinture ainsi que l'étui à capsule à fulminate. Bien que le fantassin puisse porter un sac à dos en cuir noir, très vite, le soldat sudiste apprit à utiliser sa couverture roulée comme un sac dans lequel il rangeait son nécessaire vital. Le cuir marron remplaça peu à peu le cuir noir pour l’équipement. Au début la confédération fournissait à chaque soldat 21 dollars tous les six mois afin que ce dernier puisse s'habiller ; ce système perdura jusqu'en 1862. En décembre 1862 il fut établi que chaque soldat recruté pour 3 ans devait recevoir 2 vestes dans la première année et une les autres années, deux casquettes par an et trois paires de pantalon. Plus les années passèrent et plus le Sud raccourcit l'uniforme : le Frock coat fit place au "sack coat" et à la "shell jacket" de la même manière qu'au Nord. Le gris céda parfois la place à un marron fade le "butternut". De toute façon la longue tunique en laine était particulièrement inconfortable surtout sous les climats les plus chauds de la Louisiane ou de la Géorgie. Tous les régiments des différents états étaient plus ou moins semblables vers le milieu du conflit ; les exubérances vestimentaires de certaines unités de volontaires ont laissé la place à une uniformisation des tenues. Bien que certains régiments, comme au Nord, gardaient un uniforme typique, le soldat confédéré vêtu de gris demeurait la norme.

Les sous-officiers portaient des chevrons bleu clair sur les deux bras ainsi qu'une écharpe bleue autour de la taille sous la ceinture. Ils emmenaient une épée droite ou une sorte d'épée courte ou glaive. Les pantalons bleu clair étaient ornés d'une bande bleu foncé. Les chevrons furent parfois réalisés dans un tissu sombre (noir ou gris foncé).

Les officiers portaient la même tenue mais possédaient une écharpe rouge et non bleu clair et leurs manches étaient relevées d'un entrelacement de nœuds décoratifs dont le nombre indiquait le grade. Au lieu de chevrons, les grades étaient indiqués sur le col en lacets d'or. Ils portaient l'épée mais préféraient un pistolet : le modèle français Le Mat 1859 avec double canon pour une décharge de chevrotine en plus des balles ordinaires introduit en Amérique par le major Beauregard (futur général). Comme les sous-officiers, ils portaient une bande bleu foncé sur le pantalon. Les officiers généraux portaient un pantalon bleu foncé à double bande dorée. Très souvent les officiers préféraient porter des tenues personnalisées pour refléter leur individualisme et l'esprit indépendant envers toutes normes. Le chapeau mou, appelé aussi "slouch hat", fut aussi populaire que le képi, les texans aimaient à avoir une étoile sur le devant de ce genre de coiffure et un des côtés relevé.

Les différentes fabriques au sud fournirent des tenues variées dans la couleur, il existait des dizaines de gris différents, plus ou moins foncés, plus ou moins colorés qui ressemblaient parfois à du bleu. La qualité des teintures n'étant pas toujours au rendez vous, elles virèrent dans des teintes marron fade. Quand l'absence de dépôt ou de ravitaillement se faisait trop longtemps sentir, le soldat n'hésitait pas a se servir sur les ennemis pour parer au plus pressé. Ce genre de pratique étaient le plus souvent interdite par les officiers qui craignaient de voir la confusion s'installer entre des tenues grise et bleues. Il est arrivé également que les dépôts des états refusent d'envoyer du matériel et des uniformes préférant les conserver pour les troupes basées sur leur sol. La logistique plus tendue au sud qu'au nord et surtout dans les derniers mois laissa parfois des unités dans des situation difficile leur donnant un aspect largement moins soigné qu'a l'accoutumé.

L'uniforme est standardisé dès la fin 1861 et le département du "quatermaster" à Richmond qui stipule organise et diffuse les patrons d'uniformes préconise une solde de 21 dollars (25 à la fin du conflit) par semestre à chaque soldat afin de l'équiper d'un uniforme gris dont le schéma type est diffusé aux ateliers et fabriques de chaque état confédéré.
En 1862 la situation se dégrade et oblige certaines unités a recourir a des expédient locaux pour habiller les hommes (apparition de la fameuse teinture marronâtre butternut pour pallier au plus pressé). Mais en 1863 la situation se stabilise, notamment pas l'arrivé de fournitures d'importations, et les troupes sont dans la majorité correctement habillées. Néanmoins certains états refusent de répondre favorablement aux demandes croissantes en uniformes et fournitures préférant garder leurs stock, pourtant abondamment pourvus, pour leurs régiments locaux. Certaines unités sont décrites comme étant mieux habillés que leurs homologues de l'union mettant à mal le mythe du soldats sudiste en haillons. Les deux principales armées, celle de Virginie du Nord et celle du Tennessee sont totalement pourvues d'uniforme du même standard à défaut de la même couleur ou teinte de gris. La situation sur le front se dégradant avec la chute d'Atlanta et de Vicksburg les fournitures de tenues ralentissent. Le blocus devenant de plus en plus étanche, le Mississippi, véritable autoroute du sud, est tombé aux mains des fédéraux et nombre de dépôts sont perdus rendant de plus en délicat l'envoi des tenues aux hommes de troupes. L'utilisation de tenues sur les soldats ennemis tant a se généraliser, bien que formellement défendue par le commandement qui a peur des confusions. Les pantalons bleu-clair sont souvent d'anciens vêtements de soldats nordistes. Néanmoins il semble que les troupes autour de Richmond fin 1864 soient toujours correctement habillées comme l'atteste des photos prises après la chute de Petersburg. Le reste des armées perdues et en cours de dissolution affrontent une situation bien différente et sont souvent démunies de tout car coupés de leurs voies d’approvisionnement. Paradoxalement à la fin du conflit, certains dépôts comme ceux de Caroline du Nord regorgent d'uniformes neufs et ont refusé de les distribuer à d'autres troupes que les leurs même quand la situation générale devenait alarmante pour la cause du Sud. Les ateliers de confections qui n'étaient pas tombés entre les mains des forces de l'union continuèrent jusqu’à la fin de produire des tenues mais furent incapable de les envoyer a ceux à qui ils étaient destinés.

Les bureaux de Richmond produisirent différent types d'uniformes réglementaires
le premier en 1861, réalisé dans du tissus de bonne qualité avait 9 boutons et était ornés d'un col et de manches bleu clair a parement en pointe, d'un lacet bleu clair sur la poitrine et les pattes d'épaule
Le second type diffusé en 1862 était généralement dépourvu de lacets bleu clair et d'ornement sur le col et les manches, la taille demeurait identique, le tissus est de qualité moindre en laine ou Kersey mais toujours gris.
Un dernier et troisième type apparu, dépourvu de pattes d'épaule et de tout ornement, une partie de cet uniforme était fabriquée en Angleterre et parvint à franchir le blocus, sa couleur variait entre le gris foncé et le bleu gris et était attaché avec 5 boutons au lieu de 9.

Les principaux ateliers étaient Colombus, Richmond, Atlanta, Athens, Tallassee, Montgomery, Tuscaloosa, Graniteville ils produisait des tenues aux même standard quand à la taille et la coupe mais les teintes variaient et étaient de qualité parfois médiocre qui viraient au marron avec l'usure, mais des fournisseurs envoyait également à Richmond du textile en jean naturel ou teint en marron dont le fameux "Butternut" une teinture végétale qui servait le plus souvent pour les pantalons mais qui ne correspondait pas à la norme chromatique des principaux ateliers qui teignait le tissus en gris. A noter l'utilisation de coton brute non teint pour fabriquer des uniformes blancs portés par le 3éme régiment de Louisiane en 1863 par exemple. De nombreuses tenues survivantes dans les musées présentent un aspect marron plus ou moins clair mais pour nombre d'entre elles il s'agit d'une variation de la teinte grise originelle trop longtemps exposé. Le soldat sudiste de 1861 à 1865 est majoritairement habillé en gris.

grades des officiers, dans l'infanterie c'est le bleu clair qui est la couleur distinctive du col et des manches.

grades des officiers, dans l'infanterie c'est le bleu clair qui est la couleur distinctive du col et des manches.

Voir les commentaires

1 2 > >>