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Articles avec #uniformes tag

Les marines de la confédération

Publié le par Olivier Millet

Le corps des marines de l'armée fédérale eu également son équivalent dans le camp de la confédération. Officiellement créé le 16 mars 1861 par décision du Congrès confédéré, le corps des marines de la Confédération comportait 1000 hommes dont 45 officiers et 944 hommes. Son quartier général et ses installations se situaient à Richmond au camp Beall et sur le chantier naval de Norfolk en Virginie. Environ une centaine d'hommes et 16 officiers du corps des Marines des États-Unis passèrent dans le camp de la confédération et servirent de noyau à l'établissement de la nouvelle unité de CS marines sudiste.

Les missions et l'organisation demeurent a peu de choses près, les mêmes que celle du corps des Marines de l'union. Les compagnies sont organisées de la compagnie A à la compagnie F Les officiers provenaient en majeur partie du corps fédéral d'origine avant de faire défection pour le Sud:

- protéger les installations portuaires et service des batteries côtières

- assurer, le cas échéant, la mise en place d'un bataillon de campagne

- assurer le service d'infanterie embarquée

Les marines comprenaient :

un colonel commandant le corps

un lieutenant-colonel, 3 Majors, 10 capitaines, 10 premier-lieutenant, 20 second-lieutenant, 1 sergent-major, un sergent quartier-maitre, 60 sergents, 60 caporaux, 840 marines, 30 fifres et 30 tambours.

Les opérations du corps des marines de la confédération:

L'expédition de ship Island: l'équipage et son corps de Cs marines du CSS McRae, s'emparèrent d'un petit fort inachevé dans le golfe du Mexique en juin 1861. Après avoir fortifié la position, les marines et l'équipage du navire sudiste repoussèrent l'attaque du USS Massachusetts.

Port Royal:en septembre 1861, la compagnie A fut impliquée dans les combats qui virent s'affronter la "Mosquito fleet" sudiste près de Savannah et la flotte fédérale qui tentait de forcer le passage. Les marines encore une fois furent disposés dans un fort pour tenter de freiner les navires nordistes. Mais le combat tourna à l'avantage des fédéraux et les marines furent forcés de se replier.

Pensacola: En septembre 1861, la compagnie B fut impliquée dans la défense de la base de Warrington à Pensacola contre des navires fédéraux.

Hampton Roads: Lors de cette célèbre bataille navale en 1862 mettant en jeu pour la première fois des navires cuirassés, la compagnie C envoya une partie de ses hommes manier les canons du CSS Virginia ou en temps que tireurs d'élite.

Drewry'Bluff : Lors de la retraite de la péninsule qui vit l'abandon de la grande base navale de Norfolk en Virginie, les Marines furent utilisés dans des actions retardatrices puis organisés en bataillon de campagne au moyen des compagnies B et C, puis, plus tard, la compagnie A. Les marines prirent leur quartiers à Richmond qui devint leur centre opérationnel principal pour toute la guerre.

La prise du CSS Atlanta: un petit détachement de 28 marines fut capturé lors de la prise de cet Ironclad sudiste en 1863

Charleston: Les compagnies B et c furent envoyées pour soutenir la ville dans sa défense contre les tentatives de l'US navy pour s'emparer des forts protégeant la cité, dont le fameux Fort Sumter. L'attaque nocturne de Fort Sumter ou la prise du poste fédéral de Schooner Creek furent les temps fort de l'unité de Cs marines durant la campagne de Charleston.

Wilmington : embarqués à bord du CSS Raleight, les marines tentèrent en vain de s'en prendre à la flottille fédérale qui bloquait le port confédéré en 1864.

USS Water Witch: un détachement de la compagnie E s'empara du vapeur fédéral l'USS Water Witch dans un combat d'une dizaine de minutes.

Mobile: Les marines embarqués sur les navires confédérés qui tentèrent de s'opposer à la flotte fédérale en aout 1864 à Mobile, subirent de lourdes pertes en prisonniers après l'échec de leur défense contre la percée nordiste qui les submergea en mer comme à terre.

Savannah: lors du siège de la ville par les forces du général Sherman, 50 hommes de la compagnie E résistèrent une dizaine de jours avec les autres forces confédérés avant d'abandonner la ville à l'ennemi en décembre 1864.

fort Fisher: situé à wilmington, le fort fut attaqué et emporté par une écrasante force fédérale qui vint à bout de la garnison dont une centaine de Marines et dont les deux tiers furent capturés en janvier 1865.

Appomatox: la dernière grande action des CS Marines fut également l'engagement impliquant le plus grand nombre d'hommes de ce corps. Une brigade navale comportant environ 350 hommes participa à la campagne d'Appomatox dans l'arrière garde de l'armée de Lee. Cette dernière fut rattrapée et encerclée par une force ennemie dix fois plus importante. Choisisant l'attaque à la défense, la brigade navale participa avec héroisme aux dernière actions de l'arrière garde mais fut écrasée. Les survivants rejoignirent l'armée de Lee avant de se rendre le 9 avril 1865.

Les derniers Marines confédérés (détachement de la compagnie D) se rendirent aux forces fédérales à Meridian dans le Mississippi le 9 mai 1865.

 

l'uniforme d'été des marines de la Confédération se distingue au premier coup d'oeil par le port du pantalon blanc à l'instar de son homologue unioniste.

l'uniforme d'été des marines de la Confédération se distingue au premier coup d'oeil par le port du pantalon blanc à l'instar de son homologue unioniste.

L'uniforme:

Il se compose d'un sack ou d'un frock coat gris à rangée centrale de boutons en métal jaunes ornés de l'insigne de la marine confédérée ou d'un simple M. La casquette est le képi mou "forage cap" de couleur grise, parfois bleu foncée. Le pantalon est blanc en été, bleu en saison froide.

La couleur distinctive du corps est le bleu, les grades sont jaunes avec passepoil rouge (comme le corps original des US marines)

Les baudriers sont en cuir noir, l'armement des hommes est généralement le Enfield M1853, les officiers portent l'épée et le pistolet Colt Navy. L’étendard des CS Marines reprend le Star and Bars agrémenté d'un M dans le canton.

Au début du conflit, les hommes ont vraisemblablement utilisé des tenues capturées dans les dépôts fédéraux et portaient une veste bleue foncée comme celle de leur ennemis du nord.

 

Sources:

Osprey ELITE n°112, la guerre de sécession John Keegan, la guerre de Sécession James Mcpherson, New Vanguard Osprey confederate Iron Clad, Echoes of Glory illustrated atlas of the Civil War, Quantico US marines Museum personnal documentation of the Curator.

A gauche officier et CSmarines, à droite lieutenant des CSmarinesA gauche officier et CSmarines, à droite lieutenant des CSmarines

A gauche officier et CSmarines, à droite lieutenant des CSmarines

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Les soldats noirs dans la guerre de Sécession

Publié le par Olivier Millet

Les soldats noirs dans la guerre de Sécession

Il est vrai que la place des noirs et en particulier de l'esclavage occupent une place majeure dans la guerre de Sécession. Ce conflit déclenché avant tout pour éviter la destruction de l'union, est symbolisé par la lutte raciale de la population noire des États-Unis qui cherche à obtenir une place meilleure si ce n'est égale a celle des autres américains de cette époque. Quel meilleur moyen pour les noirs pro union de montrer cet engagement dans la lutte armée. Mais l'engagement de cette ressource humaine extrêmement motivé a rencontré de nombreuses difficultés avant d'être rendue possible. Au sud les noirs furent également présent dans les combats mais a un degré très largement inférieur et pour bien d'autres raisons qui répondaient plus a une loyauté forcée envers leurs maitres ou une possibilité d’affranchissement si ils se montraient bon combattants. quoi qu'il en soit la question des soldats noirs dans la guerre de Sécession est un point important qu'il est impossible de passer sous silence pour qui veux comprendre un tant soit peu cette terrible guerre civile.

Le Sud esclavagiste disposait de 4 millions de noirs dans les plantations, dans les grandes maisons somme valet ou comme main d’œuvre dans les villes. La guerre était bien entendu l'affaire des blancs, il était hors de question de se servir des noirs comme soldat dans l'armée. Si le combattant noir se montrait à la hauteur du soldat blanc que valait dès lors le système mis en place par le Sud ? En outre armer une population d'esclaves s’avérait être un risque permanent pour la sécurité des civils sudistes il demeure que la question de l'utilité dans l'effort de guerre fut posé au Sud a un moment ou les hommes disponibles commençaient a se faire de plus en plus rares. Il existait une exception dans la confédération dans l'état de Louisiane où certains noirs bénéficiait d'un statut d'homme libre et avaient eux même organisés un bataillon d'homme libre de couleur pour prêter main forte à la confédération. Bien entendu le gouvernement refusa de leur fournir le moindre équipement mais ne leur interdit pas de se constituer en unité. Dans la confédération le général Lee proclama que si l'entrée des noirs dans l'armée sudiste pouvait sauver la confédération alors il ne fallait pas hésiter. Néanmoins seulement deux compagnies de soldats noirs furent mises sur pied et aucunes d'entre elles ne participa aux combats.

La question de l'égalité raciale au combat se posa tardivement au Nord où bien que l'esclavage n'exista plus, la ségrégation et l'inégalité raciale était une réalité. Dans plusieurs états du Nord, les noirs n'avaient pas le même statut que les citoyens blancs, ils ne pouvaient voter et participer à la vie politique de l'état. L'accès à certains poste leur était impossible et parmi ces postes: l'armée. Le noir au nord vivait le plus souvent pauvrement et entrait en concurrence avec les ouvriers blancs quant à l'accession au travail. Mais des hommes blancs, mais aussi noirs, membres de l'intelligentzia, se battirent pour changer cet état de fait. Parmi eux le plus virulent défenseur de la cause des noirs en Amérique du Nord fut Frederick Douglass, ancien esclave lui même. Un changement radical intervint lorsque le Président Lincoln fit sa proclamation d'émancipation.Le ministère de la guerre suite à la parution du deuxième décret, édicta un ordre général le 22 mai 1863 accordant aux noirs le droit d'intégrer l'armée fédérale. Les noirs, dont la plupart désirait ardemment participer au conflit et libérer leurs frères du Sud, se voyaient offrir une chance de participer à la guerre. Déjà dès 1862, plusieurs unités de couleur avaient été mises sur pied dans les régions occupées par les nordistes en Caroline ou en Géorgie. Mais les réticences étaient encore nombreuses, ont doutait particulièrement de la capacité des noirs à faire de bon soldats, les officiers avaient peur de se retrouver avec des troupes peu fiables qui fuirait à la première escarmouche plantant là leur camarade blancs, forcément plus courageux. Cantonné a des postes subalternes il fallut encore que des hommes influents interagissent auprès des autorités compétente pour que la mise sur pied d'un régiment entièrement noirs soit possible.

un soldat du 4th régiment des USCT (Don Troiani)

un soldat du 4th régiment des USCT (Don Troiani)

Les soldats noirs dans la guerre de Sécession

A la conditions que les noirs soient commandés par des officiers blancs, les régiments des USCT (US Colored Troops) devinrent une réalité. Il était hors de question de mélanger soldats blancs et noirs au sein d'un même régiment mais même si les soldats de couleurs étaient considérés en tout point de vue comme inférieur à leur homologues blancs ils avaient réussi a participer à l'effort de guerre en tant que militaire. Payé 10 dollars par mois, alors qu'un blanc touchait 13 dollars, le soldat noir devait encore faire face au mépris des officiers supérieurs comme des simples soldats blancs qui voyaient en eux des soldats de seconde zone. L'encadrement blanc était formé à l'académie militaire de Philadelphie , les sous-officiers pouvaient être des noirs et dans quelques rares cas, des noirs purent devenir officier et atteindre le grade de capitaine.

Les autorités confédérées n'accordèrent jamais au soldats noirs des USCT le même statut qu'un soldat blanc, en cas de capture il fallait s'attendre à ce que les noirs soient placés en condition d'esclavage, même si il ne l'avaient jamais été auparavant. Un noir ne pouvait être qu'un ancien esclave échappé et qui ne méritait que de retourner à sa condition première. Les officiers blancs encadrant ces hommes étaient eux considérés comme des criminels (incitation d'esclaves à la révolte) et étaient traités comme tout blanc aidant un esclave en fuite, la peine pour ces hommes était la mort. A Fort Pillow et à la bataille de Poison Springs le 18 avril 1864 des soldats noirs capturés par les rebelles furent passé par les armes et impitoyablement massacrés, blessés y compris. Un tel acharnement à tuer les soldats noirs, portant pourtant un uniforme distinct, était significatif de la haine raciale viscérale qu'entretenait à leur égards les troupes confédérées. Les régiments des USCT, plus que tout autres unités de l'union, représentait symboliquement la menace ultime pour la survie du système sudiste. Mais les militaires noirs ne furent d'ailleurs pas les seuls à subir les foudres des armées rebelles, lors de la marche sur Savannah en 1864, les troupes de l'union encombre par des milliers d'esclaves en fuites décidèrent de couper les ponts afin d'empêcher ces derniers de les suivre et de gêner leur mouvements. Rattrapé par la cavalerie rebelle, les réfugiés noirs furent en partie massacré par les sudistes hommes femmes vieillards et enfants furent assassinés à coup de sabre et de pistolets, certains se noyant en se jetant à l'eau pour rejoindre l'autre rive. Les survivants furent rassemblés par les confédérés et remis a leur anciens propriétaires.

La bataille de Market Heights allait changer en partie leur point de vue.

(illustration le 6th USCT à New Market Heights 29 septembre 1864 par Don Troiani))

Et le Sud ?

Il peux paraitre étrange de trouver des soldats noirs dans une armée se battant pour défendre, entre autre le droit à poursuivre l'esclavage sur leur sol. Pourtant il convient de signaler que le 13 mars 1865n la confédération autorisa l'intégration des soldats noirs dans l'armée. Cette mesure allait à l'encontre de la hiérarchisation raciale établie dans le sud qui voulait que le noirs soit en tout point de vue inférieur à l'homme blanc. Que ce passerait il si des soldats noirs se battaient aussi, voir plus courageusement que les soldats blanc? Pourtant le Sud envahi, et privé d'une partie de son réservoir de recrutement était dans une situation désespérée en 1865 et du recourir a des mesures radicales pour tenter de freiner l'inévitable. A la demande du général LEE, la condition première pour accueillir ces soldats noirs était que ces derniers seraient affranchis à la fin de leur temps de service, il n'était plus question de les renvoyer dans leur plantation une fois la guerre finie.

Pourtant il est avéré que des soldats noirs combattaient déjà dans les rangs du Sud bien avant cette mesure et à la grande différence du nord, ils combattaient en unités mixte avec les blancs. Dès 1861, le Tennessee autorisa que les noirs de 15 à 50 ans puissent combattre avec les soldats blancs. Des témoignages d'officiers de l'union détaillant la présence avérée de soldats noirs dans des régiments d'Alabama, de Louisiane ou de Caroline de quelques soldats noirs parmi les prisonniers confédérés. Il faut aussi faire attention à ces témoignages car parfois des noirs étaient habillés d'un uniforme mais avaient un rôle uniquement de serviteur auprès de leur maitre et non de combattant. Mais dans les faits et malgré certaines affirmations prétendant qu'au moins 30000 noirs se seraient battus pour le Sud. Les historiens ne semblent qu'accorder qu'une place anecdotique à l'engagement des soldats noirs dans la confédération parlant même de "mythe du soldat noir sudiste". Certains affirmant que moins d'une centaine auraient effectivement combattus, le débat continu. Loin de trancher la question il faut accepter le fait que des soldats noirs ont effectivement combattus pour l'armée confédérée et ce bien avant la mesure de 1865. Sans parler des esclaves accompagnant leur maitre au combat et qui ont parfois démontrer une loyauté sans faille sur le champ de bataille, les combattant de couleurs du Sud furent une réalité aussi petite soit elle.

Les soldats noirs dans la guerre de Sécession

L'uniforme:

A l'exception des rares unités pré 1862 composée de noirs, les USCT eurent un uniforme identique a celui du reste de l'armée.

Étant apparu dans une période où la standardisation de la tenue était déjà en place, les USCT ne reçurent pas un uniforme particulier. Leur tenue ne différenciait donc pas de celles de leurs camarades blancs. Il est possible que le frock coat fut distribués en priorités aux USCT car les soldats blancs ne l'appréciaient pas mais les diverses photos des USCT montrent que ces soldats portaient aussi bien des sack coat que des frock coat.

Les drapeaux par contre reflétaient bien la provenance ethnique de chaque unité en plus de leurs inscriptions par un symbole, une image propre à la spécificité noire du régiment (voir illustration du 24th regiment des USCT

illustration drapeau régimentaire du 24th USCT (https://goneforsoldiers.wordpress.com/goneforsoldiers)

Conclusion

Sans tenir compte de la petite participation des noirs sudistes, l'implication des soldats de couleurs fut significative, elle atteignait les 10% des effectifs globaux de l'armée fédérale soit 200 000 à 180 000 hommes. 135 régiments d'infanterie, 14 d'artillerie et 6 de cavalerie plus quelques unités indépendantes. Un peu moins de 37000 soldats des troupes de couleurs de l'union furent tués ou moururent des suites de maladie pendant la guerre de Sécession. 25 noirs dont 15 appartenant aux colored troop reçurent la médaille d'honneur du Congrès, plus haute distinction américaine. Mais tant de sang versé ne suffira pas à rétablir un plein équilibre des droits aux États-Unis

sitôt la guerre finie une période d'une décennie appelée, la grande reconstruction, permis aux noirs une nette amélioration de leur situation jusqu’à ce que réapparaisse des lois ségrégationnistes dans les états du Sud qu'autorisa le compromis de 1877 par son inutilité. Ainsi les lois Jim Crow mise en place dans les états du Sud contournaient les 3 amendements instauré pour établir une égalité de droits entre blancs et noirs. Ces lois imposaient de fait la ségrégation jusqu'en 1965 date à laquelle le civil right act abrogeait définitivement ces mesures honteuses et dégradantes mettant un terme définitif a une des causes principales de la guerre de Sécession.

Liens

SMITH John david : "Black soldier in blue, african american troop in the civil war"

LARDAS Mark OSPREY WARRIOR serie "African American soldier in the civil War the USCT 1862-1866"

un excellent site (US) sur les troupes des USCT

http://usctchronicle.blogspot.be/

Le mythe des soldats noirs du sud (article)

http://militaryhistorynow.com/2012/06/20/black-in-grey-did-african-americans-fight-for-the-confederacy/

Archives nationales:

http://www.archives.gov/education/lessons/blacks-civil-war/

article de la librairie du Congrès:

http://www.loc.gov/teachers/classroommaterials/presentationsandactivities/presentations/timeline/civilwar/aasoldrs/

article intéressant sur les volontaires noirs de Géorgie dans l'armée de l'union:

http://www.georgiaencyclopedia.org/articles/history-archaeology/black-troops-civil-war-georgia

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Le 39th régiment de volontaires de New-York, Garibaldi Guards

Publié le par Olivier Millet

Le 39th régiment de volontaires de New-York, Garibaldi Guards

Créé dans la ville de New-York par le Colonel Frederick G d'Utassy, le 39th régiment de volontaires de New-York fut une unité multiculturelle dont l'uniforme est d'inspiration italienne et plus particulièrement la tenue des " Bersaglieri " ou chasseurs italiens. Le régiment prit le nom de "Garibaldi Guards " en référence au célèbre révolutionnaire italien, héros de l'unification italienne; Giuseppe Garibaldi.

Recruté pour 3 ans de service par le colonel Frederick D'Utassy.

Officiellement organisé le 27 mai 1861, ce régiment comprenait des compagnies représentatives d'une minorité présente à New-York. ainsi les trois premières étaient majoritairement hongroises, 3 autres allemandes, une autre était suisse une était française, une autre italienne et la dernière espagnole et portugaise. Un vrai melting pot à l'image de la ville de New-York, principale destination américaine pour les immigrants d'Europe. Attaché à la brigade de Blenker, de la division Mile de l'armée de Virginie de Mac Dowel, le régiment partit à Washington dans le but de renforcer ses défenses. Les problèmes apparurent très vite pour cette unité lors d'un séjour à Alexandria, Une mutinerie de l'une de ses compagnies éclata et le détachement incriminé fut en partie arrêtée et emprisonnée avant de revenir dans le régiment.

Le 39th régiment de volontaires de New-York, Garibaldi Guards

l'emploi

Le régiment, comme le reste de l'armée de Mac Dowel, put se rendre au combat lors de l'affrontement en Virginie à Bull Run au sein de la 1ere brigade de la 5ème division. Mais l'unité ne fut que peu engagée dans les combats. Après cette bataille, le régiment campa un temps à Alexandria où apparurent des problèmes de discipline interne au sein de la compagnie G. L'unité fut ensuite envoyée à Roach Mill's pour ses quartiers d'hiver et rejoignit en avril 1862 la division du général Frémont. Le régiment combattit dans la campagne de la vallée de la Shenandoah contre le général Jackson ; on le retrouve aux combats de harrisonburg, Cross Key et d'autres en Virginie. Le 26 juin il passe dans la 1ère brigade de la 3ème division du corps d'armée du général Pope près de Middeltown où il combat le 15 juillet. A Harper's Ferry alors que l'armée confédérée du général Lee envahit le Maryland, son subordonné le général Thomas Jacskon attaque la garnison nordiste stationnée là. Du 12 au 15 septembre il réalise un bel exploit militaire en capturant plus de 12000 fédéraux dont 530 hommes du 39th régiment. Heureusement pour ces derniers ils furent échangés et revinrent en novembre près de Washington à Centerville pour prendre leurs quartiers d'hiver. Après ce désastre, le régiment fut assigné à la 3ème brigade de la 3ème division du 2ème corps et combattit bravement à Gettysburg en mai 1863. Dans cette bataille il laisse 95 hommes sur les compagnies engagées, capture 3 drapeaux et aide à reprendre une batterie fédérale capturée par l'ennemi. Le régiment reçoit une recommandation pour sa conduite. Un monument commémore aujourd'hui son action d'éclat (voir photo). D'autres combats l'attendent en Virginie à Bristoe Station et Mine Run d'octobre à décembre 1863. Au début de l'année suivante le régiment reçoit enfin des renforts et 4 nouvelles compagnies viennent s'ajouter en janvier puis deux autres peu après après. Appartenant cette fois à la 3ème brigade de la 1ère division du 2ème corps, l'unité va participer à la terrible campagne de la Wilderness en mai 1864 et est de tous les combats de Spotsylvania, Laurel Hill, Cold Harbor, Totopotomoy, Po River, Hanover Court House...

Après ces durs combats le régiment fut envoyé pour participer au siège de Petersburg où l'armée de Lee était encerclée et menacée de destruction. Devenue le 39th bataillon, l'unité regroupe 7 compagnies autour de la position confédérée. Participant à toutes les actions du siège, le bataillon est également de la poursuite lorsque Lee et les débris de son armée tenteront de fuir vers l'Ouest. A la capitulation du général confédéré à Appomatox, l'unité poursuivra des missions de routine dans la région de Richmond avant de revenir à Alexandria en juin1865.

Engagés dans 55 combats et batailles, le régiment perdit 9 officiers et 269 hommes tués au combat, morts par maladie ou après blessures. L'unité fut dissoute à Alexandria le 7 juin 1865.

Le 39th régiment de volontaires de New-York, Garibaldi Guards

L'uniforme:

( illustration : soldat du 39th par Don Troiani )

L'attrait de cette unité est son uniforme typique copié sur celui des chasseurs italiens Bersaglieri. Une veste bleu foncé, surlignée de rouge à boutons couleur argent, manches et col rouges, chapeau à larges bords avec une plume verte de coq de bruyère.

Sur le chapeau est accroché un insigne de cuivre avec les lettres GG pour "Garibaldi Guards"

Après Bull Run et les égarements uniformologiques des différentes unités de milices et de volontaires, le régiment adopta une tenue plus standard mais il "semblerait" que des éléments typiques du premier uniforme comme les passementeries rouges de la veste aient survécu sur la nouvelle tenue.

Comme certains autres régiments de volontaires étrangers, les Garibaldi Guards avaient trois drapeaux dont l'un représentait l'inspiration italienne du régiment en utilisant les couleurs de l’Italie avec la devise du père de l'unité italienne, Giuseppe Mazzini, "DIO E POPOLO" Dieu et le peuple.

A gauche le Colonel d'Utassy,  le 39th au défilé, à droite les restes du drapeau national original du 39th regiment (musée de l'armée New-York)
A gauche le Colonel d'Utassy,  le 39th au défilé, à droite les restes du drapeau national original du 39th regiment (musée de l'armée New-York)
A gauche le Colonel d'Utassy,  le 39th au défilé, à droite les restes du drapeau national original du 39th regiment (musée de l'armée New-York)

A gauche le Colonel d'Utassy, le 39th au défilé, à droite les restes du drapeau national original du 39th regiment (musée de l'armée New-York)

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La Pennsylvanie dans la guerre de Sécession

Publié le par Olivier Millet

La Pennsylvanie dans la guerre de Sécession

La Pennsylvanie, est l'état situé entre le sud du lac Erié, bordé par le Delaware, le Maryland, l'Ohio et le New-Jersey. Sa population avoisine les 2,9 millions d'habitants en 1860 soit le deuxième état le plus peuplé des Etats-Unis derrière celui de New-York. La plus grande ville de l'état, Philadelphie, comporte 565 000 habitants ce qui en fait la deuxième ville la plus peuplée du pays derrière New-York. Aidé par une industrie bien établie sur son sol, une réserve en ressources naturelles abondantes et par une forte population, l'état de Pennsylvanie fut un des acteurs principaux de l'effort de guerre fédéral fournissant à la fois une grande quantité d'armes et de matériels ainsi qu'un grand nombre de régiments. En outre un grand nombre de généraux étaient originaires de cet état.

Des régiments nombreux et variés

3 jours seulement après l'attaque de Fort Sumter, Lincoln demandait à l'état de Pennsylvanie un contingent de 16 régiments dont 2 devant être disponibles dans les 3 jours. Washington en proie à la panique d'une attaque virtuelle de la part des confédérés était dépourvu de défenseurs. La première unité appelée "the first defender" fut un détachement de 5 compagnies de milice venant directement de Pennsylvanie. La Pennsylvanie répondit donc promptement à l'appel aux armes. Sur les 16 régiments demandés 25 furent mis sur pied, un corps de réserve fut créé suite à une suggestion du gouverneur de Pennsylvanie Andrew Curtin. Cette réserve dont les unités étaient recrutées pour trois ans, fournira de nombreux régiments à l'armée du Potomac. La plupart d'entre elles se rassemblèrent au camp Curtin près de Harrisburg. De nombreux officiers parmi les plus illustres de la guerre furent originaires de cet état comme les généraux McClellan, Meade, Reynolds ou Hancock ainsi que 44 autres généraux sans oublier l'amiral David Porter.

La Pennsylvanie fut un des plus importants contributeurs à l'effort de guerre fédéral de la guerre civile à tel point que l'état fut surnommé "l'arsenal de l'union". 427 286 hommes originaires de Pennsylvanie furent intégrés dans les armées de l'union (dont 362 000 dans l'armée régulière) dans plus de 300 régiments, bataillons ou unités indépendantes d'infanterie ,de cavalerie et d'artillerie sans compter les unités de milices levées dans les périodes où l'état était menacé par une invasion confédérée directe. En plus des hommes, l'état fut également un grand pourvoyeur de matériels et matériaux pour l'effort de guerre.

L'un des régiments les plus célèbres de l'état fut le 42nd Pennsylvania (ex 13th reserve) surnommé Bucktail à cause de la queue de Daim blanche et rouge servant de décoration au chapeau du régiment. Cette unité au couvre-chef typique fut emblématique de la Pennsylvanie dans la guerre de Sécession

De bas en haut :13th, 72nd et 155th régiments de Pennsylvanie par Don Troiani.
De bas en haut :13th, 72nd et 155th régiments de Pennsylvanie par Don Troiani.
De bas en haut :13th, 72nd et 155th régiments de Pennsylvanie par Don Troiani.

De bas en haut :13th, 72nd et 155th régiments de Pennsylvanie par Don Troiani.

Parmi les centaines de régiments pennsylvaniens citons le 155th régiment recruté en 1862 à Pittsburg et qui possédait un uniforme inspiré des zouaves français mais qui différait de l'uniforme très en vogue à l'époque par l'utilisation d'un bleu différent et surtout de parures jaunes au lieu du rouge. Dissoute en 1865, l'unité eut droit à son monument après la bataille de Gettysburg. Le 13th régiment de réserve qui deviendra le célèbre 42nd régiment de volontaires " Bucktail" recruté comme régiment de réserve en 1861; il fut transféré dans l'armée du Potomac dès la fin de cette même année et participa à la plupart des combats de l'armée du Potomac. L'unité fut dissoute en 1864 et ses survivants transférés dans le 190th régiment de l'état.

Le 203rd régiment à la tenue identique à celle des Berdan's sharpshooters, le 6th régiment de cavalerie de Pennsylvanie les fameux "Rush Lancers", une des dernières unités de cavalerie fédérale à être équipée de la lance et encore le 74th régiment pratiquement entièrement composé de soldats germanophones de l'état de Pennsylvanie.

La liste est longue et je vous engage à visiter le site des archives de la guerre civile pour une liste exhaustive des 383 unités et régiments recensés pour la Pennsylvanie.

La Pennsylvanie dans la guerre de Sécession

Une industrie puissante au service de l'union.

Philadelphie et sa région étaient le principal centre de production d'armement et de matériel de l'état. L'arsenal de Frankford était le centre militaire pour le développement et la production des munitions d'infanterie. Son responsable, Josiah Gorgas, quitta son poste lors de la déclaration de Sécession pour se mettre au service de la Confédération et grâce à ses talents de gestionnaire aider le Sud à mettre en place une industrie d'armement viable. Mais son remplaçant s’acquitta honorablement de sa mission et l'arsenal put tester plusieurs nouvelles armes dont la mitrailleuse, fournir des fusils à la milice de Pennsylvanie, produire en masse des munitions dont la balle Minié et assurer le soutien technique des armements d'infanterie. L'arsenal employa plus d'un millier d'ouvriers durant la guerre de Sécession. La ville possédait un chantier naval, le premier du pays à avoir été mis en place, et qui appartenait à la marine depuis 1801. Il produisit une part importante des navires nordistes et du matériel pour les équiper. Près de 3000 personnes travaillèrent sur place. Avec la montée en puissance de la marine de l'union le chantier naval de Philadelphie fit parler de lui en réalisant le record de construire en 50 jours le Sloop de guerre USS Tuscaora. Le chantier naval pouvait compter sur le soutien de plusieurs autres sites de construction navale gérés par des privés le long du Delaware. Le plus important navire de guerre fédéral le USS New IRONSIDE fut construit à Philadelphie.

Les arsenaux de Pittsburgh et sa région fournirent 15% des canons de l'US army notamment grâce à la fonderie de "Fort Pitt Works" qui sortit l'un des plus gros canons du monde du moment : un canon Rodman de 20 pouces et environ 1200 canons de tous calibres. Les fonderies de Pittsburgh produisirent 10% de tous les projectiles d'artillerie des armées de l'union. L'US Navy fit construire 4 Ironclad dans les chantiers navals de Pittsburgh plus des canonnières fluviales et de nombreux éléments servant à la fabrication d'autres cuirassés. L'arsenal d'Allegheny, toujours à Pittsburgh, était l'un des principaux ateliers pour la confection de harnachements, d'équipements et de munitions pour l'US Army.

Enfin il ne faut pas oublier que l'état de Pennsylvanie fut le théâtre de la plus grande bataille jamais livrée sur le sol américain à Gettysburg et durant cette campagne plusieurs accrochages de cavalerie à Hanover, Hunterstown, Fairfield, Carlisle et Sporting Hill du 30 juin au 3 juillet 1863. Mais au-delà de cet affrontement titanesque, la Pensylvannie fut un des acteurs essentiels dans l'effort de guerre de l'union, un élément majeur qui pesa de tout son poids industriel et humain. Ce sont plus de 350000 pennsylvaniens qui ont servi dans l'armée fédérale durant la guerre civile soit plus de 12% de la population totale de cet état.

(illustration de la planche : drapeaux d'infanterie et d'artillerie de Pennsylvanie)

Sources:

Ron Field Brassey's history of uniforms " American civil war Union Army "

Osprey " The union infantryman 1861-1865 "

Anthony Joseph Waskie "Philadelphia and the civil war"

Don Troiani " Regiments and uniforms of the civil war "

un très beau site sur les drapeaux de Pennsylvanie:

http://www.pacivilwarflags.org/regiments/indivRegiment.cfm?group=1-50®=42nd%20PA,%20(13th%20Reserves),%20First%20Rifle%20Regiment

Archive de la guerre civile : liste des régiments de Pennsylvanie:

http://www.civilwararchive.com/unionpa.htm

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Les Français dans la guerre de Sécession

Publié le par Olivier Millet

Les Français dans la guerre de Sécession

Bien que leur implication soit moins connue que celle des Irlandais ou des Allemands, les immigrants d'origine française ne furent pas en reste dans la guerre civile américaine. Aux États-Unis, les Français sont presque 110000 selon le recensement de 1860 ; la plupart sont d'immigration récente et se sont installés au Nord pour ses industries et ses emplois plus facilement accessibles. Résidant principalement dans les villes comme New-York, Saint-Louis, Philadelphie, San Francisco, Chicago, quelques-uns vont également dans le Mid-West pour tenter de s'installer sur des exploitations ou dans des communautés cabétistes (adeptes du Français Étienne Cabet auteur de "Voyage en Icarie" et utopiste communiste) ou fouriéristes (autre utopiste français, Charles Fourier est un philosophe mort en 1837 dont les idées ont inspiré la création d'autres communautés utopiques au Texas notamment). Lors du déclenchement de la guerre civile, les Français installés aux États-Unis virent dans cet appel aux armes l'occasion de démontrer leur loyauté à leur nouvelle terre d’accueil. Ce fut notamment le cas pour la communauté francophone de la Nouvelle-Orléans, une des plus anciennes du pays, qui fait cause commune avec le combat du Sud devant la menace fédérale. D'autres trouvent tout simplement dans l'armée le moyen d'échapper à la misère sociale ou sont attirés par l'aventure guerrière et ses chimères. A la différence des Allemands par exemple, il semble que les Français se soient battus plus pour défendre leur région d'accueil que par réelle adhésion à la cause abolitionniste du Nord ou indépendantiste du Sud. Bien évidemment parmi la communauté française il y avait d'anciens révolutionnaires de 1848 pour qui la cause de la liberté était un puissant levier, ce qui les fit plus facilement adhérer à l'Union jugée " à tort ou à raison" plus libérale car en majorité non esclavagiste.

La France et sa neutralité

La France impériale de Napoléon III se déclare officiellement neutre le 10 juin 1861 pour des raisons internes et internationales. A l’écoute de la situation américaine , Napoléon qui a de réelles mais officieuses sympathies pour le Sud, est tenu régulièrement informé des événements par son ambassadeur, le ministre de France, à Washington. En outre certains journaux américains sont disponibles sous quinzaine en France. La population est ouvertement hostile à l'esclavage aboli en France depuis 1848 mais l'indécision et le refus de déclarer l'abolition de l'esclavage au Nord exaspèrent également. D'ailleurs la constitution américaine n'interdisant pas l'esclavage, le Nord n'obtiendra un écho réellement favorable qu'à la proclamation d'émancipation de 1862. Quant à l'empereur, sa position envers le Nord est plutôt défavorable. Il n'a pas apprécié les démonstrations en faveur d'Orsini en 1858 à New-York ou l'opposition de Washington contre son intervention au Mexique. Il se contente de suivre les agissements de l'Angleterre et se calque sur la politique de Londres pour ne pas se brouiller plus avant avec les États-Unis.

Comme l'Angleterre, la France possédait une industrie textile qui dépendait en majorité des importations de coton sudiste et le blocus mis en place en avril par Washington contrariait les envois de cette matière première vers l'Europe tout comme il gênait les exportations de produits français vers le Sud. Néanmoins, même si la Confédération qui n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour inciter les deux puissances à intervenir ne serait- ce que diplomatiquement, la France se contente d'accorder le statut de belligérant au Sud et au Nord, provoquant la colère de Washington, mais sans reconnaître la confédération sudiste comme une nation à part entière. D'ailleurs reconnaître la confédération était difficile : d'une part l’Angleterre dépendait du coton du Sud mais surtout du blé du Nord et, en outre, les stocks de coton étaient encore importants et pouvaient tenir le choc du blocus pour une à plusieurs années. En Europe, s’aliéner définitivement Washington risquait de créer des troubles avec les Russes ou les Prussiens. La Russie, opposée aux Anglais et aux Français depuis la guerre de Crimée, entretenait de bonnes relations avec Washington notamment sur la question de la partie russe en Amérique du Nord, l'Alaska, potentiellement menacée par les Britanniques du Canada, et n'aurait pas manquer de soutenir les Fédéraux. Quant à la Prusse, si elle était pour l'instant occupée à instaurer une unité allemande et était plus gênée par l’Autriche que par la France, elle apparaissait comme l'adversaire continental de Napoléon III pour la décennie à venir. L'empereur français voulait éviter des tensions diplomatiques extérieures, avec une guerre déjà engagée au Mexique ce qui pourrait donner des idées et éventuellement le champ libre pour agir pour une agression prussienne à ses frontières. Napoléon III proposa bien une médiation diplomatique en octobre 1862 et janvier 1863 afin de reprendre le commerce pendant 6 mois avec les États-Unis mais le vice-président Seward s'opposera farouchement à ce projet. Fidèle à la doctrine Monroe, Seward se montrera menaçant envers les français au sujet de leur intervention mexicaine et soutiendra de plus en plus les Juaristes, ennemis de Napoléon, au Mexique. Afin d'éviter d'attiser des tensions en Europe, la France se contenta de copier la position de l'Angleterre et oscilla donc au gré des batailles perdues et gagnées par la Confédération et préféra adopter une position prudente.

En dépit de la position neutre de la France, on assista à des départs pendant la guerre de Sécession de Français en mal d'aventures guerrières ou à la recherche de notoriété militaire alors que Napoléon III avait promulgué un décret en septembre 1861 indiquant que tout Français s'engageant dans une armée étrangère ou prenant part à une guerre à l'étranger sans autorisation impériale perdrait sa qualité de Français. On comprend mieux devant la position neutre de la France et ses sympathies officieuses envers la Confédération, pourquoi les exilés libéraux ou Orléanistes préfèrent la cause de l'Union. Il s'agissait pour eux de continuer la lutte en Amérique contre la position, même officieuse, de l'empereur. Les français résidant dans le Sud qui s'engagèrent dans la lutte le firent plus par obligation locale que réelle motivation politique et combattirent dans l'armée sudiste notamment en Louisiane où les milices urbaines de la "french brigade" se distingueront particulièrement lors de l'occupation de la ville par les fédéraux en 1862.

Les Français dans la guerre de Sécession

Des Français présents au Nord comme au Sud

De la même manière que les Allemands ou les Irlandais, les Français se regroupent dans des unités dont les noms rappellent leur origine. En Louisiane les volontaires de la Nouvelle-Orléans lèvent la légion française puis la brigade française. A New-York, trois régiments où de nombreux francophones vont pouvoir se retrouver sont mis sur pied : " les gardes LaFayette ", " Les zouaves d'Epineuil " et les " Enfant Perdus ", des compagnies à majorité francophones seront également présentes dans les 14th, 39th et 62nd régiments de New-York. Parmi la foule de volontaires on trouve des représentants de l'élite française comme les deux princes de la famille d'Orléans exilés par la fondation du second empire en France. Le Comte de Paris et le Duc de Chartres serviront dans l'état-major de McCLellan. Avec leur oncle, le Prince de Joinville, les deux princes se rendent à Washington où ils sont reçus par Lincoln. A 23 ans, Phillipe d'Orléans, Comte de Paris, va participer activement à la lutte contre les confédérés aux côtés de McClellan. De cette expérience il écrira un journal intitulé "Voyage en Amérique 1861-1862". Plusieurs français obtiendront également le grade de général comme Gustave Cluseret, Régis de Trobriand, Félix Agnus

Dans le camp sudiste on revendique aussi la présence d'un Prince, Camille de Polignac, fils d'un ministre de Charles X, qui deviendra même général de l'armée confédérée et surnommé le " Lafayette du Sud " . Il combat à shilo, Corinth, Mansfield, il commande une brigade texane et obtient le grade de Major général et va même demander audience devant Napoléon III pour plaider la cause du sud, mais sans succès.

Les plus célèbres unités francophones du Nord

Encore une fois New-York, grand port d'accueil de l'immigration européenne vit le plus grand nombre d'unités francophones. Le 55th régiment de volontaires de New-York communément appelé les gardes Lafayette, existait depuis 1824 et possédait 6 compagnies françaises et 4 américaines ; mais lors de l'appel aux armes de Lincoln, le régiment mit trop de temps à être "opérationnel" par la faute de son colonel. Les Français déjà présent partirent rejoindre d'autres compagnies plus désireuses d'aller au combat. Ainsi le 14th régiment de Brooklyn et le 62nd régiment de volontaires de New-York reçurent une compagnie en renfort en provenance du 55th et donc francophones. Finalement le 55th partit lui aussi mais pour pallier les défections, on dut faire appel à un recrutement qui ne fut pas exclusivement français. Régis de Trobriand, aristocrate français, fut élu Colonel du 55th le jour de la bataille de Bull Run. Sous son impulsion, le régiment gagna en effectif et récupéra une partie de ses premiers volontaires partis dans d'autres unités. Soutenu financièrement par la minorité francophone pour son habillement, le régiment passa finalement le 28 août 1861 sous service fédéral pour une durée de trois ans.

Toujours à New-York au sein de l'unité multiculturelle : le 39th régiment de volontaires ou les gardes de Garibaldi, il y avait une compagnie de français qui était équipée, comme le reste du régiment, avec la belle tenue des Bersaglieri italiens. Le 53rd régiment des Zouaves plus connu sous le nom de Zouaves d'Epineuil fut formé à Brooklyn en août 1861 par le Colonel Lionel D'Epineuil. Ce dernier ancien officier de l'armée française donna à son unité une réplique de la tenue du 6ème régiment de Zouave français. Attiré par cette spécificité française, le régiment attira d'autres cadres issus de l'armée française donnant une expérience non négligeable à l'unité. Autre particularité, en plus de ses membre, francophones, ou d'origine française, le régiment accueillait une compagnie d'indiens de la réserve de Tusca Rora. Bien qu'ayant été initialement recruté pour un service de trois ans, le régiment souffrit de troubles internes et fut dissous en 1862, ses membres reversés dans différentes unités comme les 132nd ou 162nd régiments de New-York.

L'unité des "Enfants perdus" était un bataillon indépendant de New-York levé par le colonel Felix Confort, ancien capitaine de l'armée française. Le nom "enfants perdus" fait allusion aux petits détachements utilisés dans les missions périlleuses pour l'assaut des brèches des villes assiégées et provient certainement de l'expérience de la guerre de Crimée de son colonel. L'unité fut affectée au 18ème corps et participa entre autres aux opérations de la Charleston près de Morris Island. L'unité composée de 6 compagnies était à majorité franco-germanique. Leur tenue était celle des chasseurs français bleu foncé à parement jaune jonquille. Un shako ressemblant au modèle français et pantalon large. Une belle tenue faisant clairement ressortir l'influence française de l'unité et qui changeait des sempiternels uniformes de zouaves.

(illustration : 55th New-York par Don Troiani )

Les Français dans la guerre de Sécession

Les Français du Sud

La Louisiane vieille colonie francophone vendue aux États-Unis en 1803 par Napoléon comportait la plus grande minorité francophone du Sud d'environ 15000 personnes. La Louisiane et la ville de la Nouvelle-Orléans voient plusieurs unités de volontaires au recrutement essentiellement français et totalisant presque 3000 hommes. Il est bon de rappeler que l'engagement des Français de Louisiane ne répondait pas forcément à une adhésion pure et dure envers les principes de la confédération et fut hélas teinté de contrainte. Les officiers et soldats de ces détachements furent parfois forcés d'intégrer leur unité sous peine de devoir quitter l'état rompant ainsi leur droit à la neutralité comme l'exigeait leur souverain Napoléon III. Si les Français de Louisiane désiraient aider leur pays d'adoption cela ne signifiait pas nécessairement qu'ils étaient prêts à combattre contre l'Union.

Parmi les unités françaises de la ville, citons la légion française regroupant 6 compagnies et 1200 hommes, la garde d'Orléans, les volontaires français soit 800 hommes et les volontaires indépendants. Financés et équipés aux frais des notables et de la minorité francophone de la ville, ces hommes ont porté une tenue proche de celle du soldat de ligne français de l'armée impériale soit une capote gris de fer bleuté (et non bleu horizon) un pantalon rouge garance et un képi mou rouge et bleu.

Ces unités furent amalgamées avec d'autres détachements de volontaires et de milices étrangères comme les Belges, les Suisses, les Espagnols, les Allemands et les Italiens et formèrent une brigade européenne. Des officiers français refusant d'adhérer à ce recrutement multiculturel se regroupèrent au sein de la "french brigade" dont les membres étaient exclusivement français ou d'origine française. Ces unités étrangères et particulièrement les Français vont se comporter admirablement dans le maintien de l'ordre de la ville durant l'attaque de la flotte nordiste et la retraite des troupes confédérées de la Nouvelle-Orléans en empêchant que les émeutiers mettent la ville à feu et à sang en saccageant et en pillant les réserves de nourriture. Devant l’efficacité de ces milices, les troupes fédérales commandées par le général Butler insistèrent pour qu'elles demeurent en activité et continuent d'assurer le maintien de l'ordre. Mais les volontaires étrangers refusèrent et furent dissous. Encore en Louisiane des régiments tels le 10th ou le 18th Louisiana, surnommé le régiment créole, comprenaient un nombre important de Français et francophones. Le 10th régiment était d'ailleurs commandé par le colonel Antoine Jaques Philippe de Mandeville de Marigny, ancien officier de l'armée française, et secondé par de nombreux officiers français ou d'origine française. Même si la majorité des hommes du régiment n'étaient pas français, l'entraînement était basé sur un règlement français et les ordres étaient donnés en français.

Mais la Louisiane demeure le seul exemple où des unités constituées à majorité francophone ont pu se concrétiser. La plupart du temps les Français du Sud qui s'engagèrent pour la cause confédérée le firent de manière isolée dans n'importe quelle unité. Les tentatives de mettre sur pied d'autres unités françaises ne purent aboutir faute de volontaires suffisants ou de trop grosses dissensions dans l'encadrement. Des Français se firent aussi remarquer comme officiers en commandant des régiments comme le colonel Felix Dumonteil de la Greze du 14th régiment de cavalerie ou au Texas où un immigrant français, Xavier Blanchard Debray leva le 26th régiment de cavalerie du Texas plus connu sous le nom de lancier de Debray avec ses hommes équipés et entrainés à la française.

Il est vraisemblable que près de 15000 Français se soient battus dans la guerre civile américaine, soit un apport quasi négligeable sur les trois millions d'hommes qui ont participé au conflit. Mais cette participation symbolique qui représentait une part nettement moins anecdotique de la population francophone présente aux États-Unis, a permis de confirmer l'attachement des Français aux valeurs américaines, initié avec l'intervention de La Fayette en son temps pour l'indépendance des 13 colonies américaines. En outre le prix du sang a certainement joué en la faveur de la minorité francophone pour une meilleure intégration future au sein de la nation américaine, les faisant mériter leur place au même titre que les Allemands ou les Irlandais par le sacrifice consenti sur les champs de bataille et dans les deux camps. Même si l'intervention de ces hommes n' a en rien décidé de l'issue du combat, elle apparaît comme un besoin ressenti par cette petite minorité de prouver quelque chose. Un but qui se situe entre la perpétuation des exploits militaires de la France à l'étranger et l'affirmation de sa petite présence en Amérique par une contribution guerrière.

( illustration : Le Prince Philippe d'Orléans Comte de Paris, membre de l'état-major de McClellan )

Les Français dans la guerre de Sécession

Nota Bene: la planche ne représente que des uniformes d'unités francophones du Nord ou des régiments comme le 39th New-York où une compagnie était à majorité francophone.

Sources:

Don Troiani " Regiments and Uniforms of the civil war "

Ron Field Men At Arms "The Confederate army Louisiane and Texas"

Annick Foucrier "La France et la guerre de Sécession"

http://www.univ-paris1.fr/autres-structures-de-recherche/ipr/les-revues/bulletin/tous-les-bulletins/bulletin-n-28/au-nom-de-la-france-restons-unis-les-milices-francaises-de-la-nouvelle-orleans-pendant-la-guerre-de-secession/

http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1750

(illustration : général Régis de Trobriand )

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Les Irlandais au service de la Confédération

Publié le par Olivier Millet

Les Irlandais au service de la Confédération

Les États-Unis, terre d'immigration par excellence au 19ème siècle, reçurent de nombreux nouveaux arrivants en provenance d'Irlande, deuxième groupe ethnique le plus important de la guerre derrière les Allemands. Les Irlandais furent présents dans les rangs des troupes du Sud comme dans celles de l'Union. La terrible bataille de Fredericksburg vit une tragique rencontre : celle des deux brigades irlandaises qui combattaient face à face. Ce tragique événement, véritable guerre civile dans la guerre civile, demeure un des épisodes les plus connus de la bataille.

Ayant rejoint l'un ou l'autre des deux camps, les soldats des différentes unités irlandaises combattirent bravement pour leur bannière qu'elle soit verte ou ornée de la harpe celtique. Au sud Les Irlandais représentaient un nombre de volontaires bien moins important qu'au nord, environ 30000 contre 150 000. Les Irlandais formèrent plus d'une dizaine d'unités entièrement irlandaises de la compagnie au régiment. Des villes comme Savannah, la Nouvelle-Orléans, Mobile, Galveston, Memphis, Charleston, Nashville possédaient une forte minorité irlandaise qui se retrouva dans les unités locales. En plus de la troupe, sur les 425 généraux de l'armée sudiste, 6 étaient Irlandais. L'un d'entre eux, le général de cavalerie James MacIntosh, eut pour son malheur son jeune frère qui avait rejoint le camp de l'Union en tant que second lieutenant et se retrouva donc son ennemi.

Les noms très typés de ces unités évoquaient sans mal l'origine de ses membres. Le 10ème régiment du Tennessee à Nashville, les "Emerald Guards" du 8éme régiment d'Alabama, Les "Emett Guards du 24ème régiment d'Alabama, les "Irish Jasper Greens" de Savannah, ou les "Emerald Light infantry" de Caroline ou encore les dragons légers de Mobile. Mais aucune ville ne fournit plus de soldats d'origine irlandaise que la ville de la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Près de 4000 partirent renforcer les troupes sudistes. Mais si des compagnies entièrement irlandaises furent mises sur pied, dans les faits la plupart des régiments locaux de Louisiane comportèrent des volontaires de souche irlandaise comme le 7ème régiment qui avait un tiers de ses effectifs composé d'Irlandais, le 6ème régiment était en majorité composé de soldats irlandais et fut surnommé "la brigade irlandaise du Sud", le 13ème régiment, quant à lui, fut surnommé les "southern Celts". Longtemps espérée, une véritable brigade irlandaise ne vit pas le jour en Louisiane et les soldats furent répartis dans les différents régiments dans des proportions différentes. Les célèbres "Louisiana Tigers" n'échappèrent pas à la règle et de nombreux Irlandais portèrent l'uniforme des zouaves de ce régiment très particulier.

La brigade irlandaise confédérée fut celle de Géorgie qui faisait partie de l'armée de Virginie du Nord dans la brigade et essentiellement le 24ème régiment de Géorgie. C'est cette unité qui selon la légende lutta face à face avec les Irlandais de la Irish brigade de l'armée de l'Union à Fredericksburg. Mais ces combats fratricides ne furent hélas pas uniques et il arriva à plusieurs reprises que des unités irlandaises se retouvent face à face comme à Malvern Hill où la brigade irlandaise de l'Union combattit le 10th régiment de Louisiane composé d'une grande proportion d'Irlandais lui aussi.

Les Irlandais au service de la Confédération

(liste non exhaustive) :

Alabama :

La compagnie I du 8th Alabama est appelée Emerald Guard, un nom qui revient souvent et dont l’étendard vert reprend la devise "Erin Go Bragh" (Irlande Pour toujours) et "Faugh A Ballagh" (dégagez le chemin) les cris de guerre celtiques traditionnels. Leur uniforme était vert sombre.

La compagnie B du 21st d'infanterie d'Alabama "Montgomery Guards"

La compagnie B du 9th d'infanterie d'Alabama "The RailRoad Guards" qui tire son nom du fait qu'elle comportait des cheminots, irlandais bien sûr.

En outre, les 1er et 15th régiments d'Alabama comportaient un grand nombre de volontaires irlandais dans leurs rangs, notamment la compagnie K du 15th les "Eufaula City Guards" ou Eufaula Zouave considérée comme compagnie irlandaise.

Arkansas :

La compagnie B du 2nd d'infanterie d'Arkansas

La compagnie A du 13th d'infanterie d'Arkansas comportait au moins une quarantaine d'Irlandais.

Le 18th d'infanterie d'Arkansas comportait deux compagnies (D et H) entièrement irlandaises les "Swamp Rangers" et les "Shamrock Guards"

La compagnie C du 15th régiment d'Arkansas comportait une forte minorité irlandaise

Géorgie :

Les compagnies A et B ( Irish Jaspers) du 1st Georgia Volunteers. Uniforme initial intégralement bleu avec bandes vertes sur le pantalon, puis gris comme le reste du régiment. Deux autres compagnies du 1st Georgia, la C (Republican blues) et la E furent à majorité irlandaise ou d'origine irlandaise.
La compagnie E et F du 22nd Gerogia
La compagnie B "Emmett Rifles" du 1st Georgia regulars
La compagnie C du 5th Georgia
La compagnie K ( Montgomery Guards) du 20th Georgia
La compagnie F (the Lochrane Guards) légion d'infanterie de Phillips
La compagnie B "Jackson Guards" du 19th Georgia
La compagnie K "Lochrane Guards" du 24th Georgia

Louisiane :
Les compagnies D et E du 1st Louisiana
1st Lousiana Special Battalion "Wheat's Tigers" comprenait une majorité de soldats d'origine Irlandaise dont la compagnie B "Tiger Rifles"
La compagnie F "Orléans Light Guards" du 1st Louisiana
La compagnie B "Moore Guards" du 2nd Louisiana
Le 6th Louisiana était composé pour moitié d'Irlandais
(compagnies B, I, F ) de souche ainsi qu'un tiers du 7th Louisiana (compagnies C, D, F, I)
La compagnie H "Cheneyville Rifles" du 8th Louisiana

La très forte présence d'Irlandais en Lousiane se retrouvait dans les brigades de Louisiane de l'armée de Virginie du Nord dont les brigades de Starke
(2nd, 9th, 10th et 15th Louisiana) et de Hays ( 5th, 6th, 7th, 8th et 14th Louisiana)
Les compagnies A et G du 13th Louisiana de l'armée du Tennessee

Mississippi :
Les compagnies B et D du 9th Mississippi
La compagnie C du 10th Mississippi
La compagnie F ( Jasper Grays) du 16th Mississippi

Missouri :
Les compagnies "Washington Blues, washington Grays et Saint Louis Grays, Emmet guards" de Saint Louis furent intégrées dans le 1st Missouri en tant que compagnies A, C et D
La compagnie F (Fighting Irish company) du 5th Missouri

Caroline du Nord :
Deux compagnies ( G et H) du 3rd North Carolina artillery

Caroline du Sud :
La compagnie C du 27th south Carolina infantry
La compagnie K du 1st South Carolina volunteers

Tennessee :
Le 2nd Tennesse (Irish Regiment)
La compagnie C " Memphis' Jackson Guards", la compagnie H " The Crockett Rangers" et La compagnie F "The Henry Guards" du 154th Tennessee
La compagnie E du 2nd Tennessee
Les compagnies B, C et H du 15th Tennessee
Le 10th Tennesse "Sons of Erin" était considéré comme un régiment Irlandais tellement ils étaient nombreux dans ses rangs.

Texas :
La compagnie F du 1st Texas heavy artillery

Virginie :
1st Virginia battalion "Irish Battalion"
La compagnie C "Montgomery Guards" du 1st Virginia
La compagnie C du 19th battalion of heavy artillery
Les compagnies G " Emmet Guards" et I "O'Connell Guards"du 17th Virginia
La compagnie H " Jeff Davis Guards" du 11th Virginia
La compagnie F "Montgomery Guards" du 19th Virginia
La compagnie B "Virginia Hibernians"du 27th Virginia
La compagnie E "Emerald Guards"du 33rd Virginia, ces deux derniers régiments faisant partie de la célèbre Stonewall Brigade

La célèbre brigade Irlandaise confédérée présente à la bataille de Fredericksburg était la brigade du général Thomas R Cobb de l'armée de Virginie du Nord. Elle comprenait:
la légion de Cobb, les 16th, 18th et 24th régiments de Géorgie et enfin la légion de Phillips.
Mais lors de cette bataille était présente une autre brigade irlandaise confédérée à savoir la brigade du général Harry T Hays et ses Louisianais.

Les Irlandais au service de la Confédération

Sources:

Thomas G Rodgers : Men At Arms 448 "Irish American units in the civil war"

Don Troiani "Regiments and Uniforms of the civil war"

Carl Smith Osprey Campaign 63 "Fredericksburg"

Ron Field OSprey 441 Men At Arms "the Confederate Army 1861 - 1865"

Ron Field OSprey 446 Men At Arms "the Confederate Army 1861 - 1865"

Ron Field OSprey 430 Men At Arms "the Confederate Army 1861 - 1865"

Ron Field OSprey 435 Men At Arms "the Confederate Army 1861 - 1865"

Ron Field OSprey 426 Men At Arms "the Confederate Army 1861 - 1865"

Sites internets

un site dédié aux Irlandais durant la guerre civile:

http://irishamericancivilwar.com/

Une belle sélection de drapeaux Irlandais du Nord et du Sud:

http://www.gettysburgflag.com/Irish-Brigades-Regiments.php

Les généraux du Sud et du Nord d'origine irlandaise:

http://www.aoh61.com/history/generals.htm

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L'US Marines Corps dans la guerre de Sécession

Publié le par Olivier Millet

L'US Marines Corps dans la guerre de Sécession

Officiellement créé en 1776, le corps des Marines a passé les 86 années qui le séparaient de la guerre de Sécession à effectuer un grand nombre de missions terrestres ou amphibies durant lesquelles les fusiliers marins des États-Unis ont acquis une réputation et une renommée certaines. Leur action durant les guerres d'indépendance, de 1812 et contre les barbaresques et le Mexique a confirmé tout l’intérêt pour l'US Navy de posséder une infanterie embarquée spécialisée dans les opérations navales. Les nombreux combats contre les Anglais, les Mexicains ou les indiens à terre ont également démontré leur capacité en tant que troupes d'infanterie classique écrivant au passage quelque-unes des plus glorieuses pages de l'histoire du corps. Mais à la fin du conflit avec le Mexique en 1848, les Marines ne furent plus engagés dans des opérations d'importance. On peut citer 1 opération amphibie où les Marines furent confrontés à des forces ennemies hostiles à Pearl River en Chine en 1856. L'absence de réforme dans la doctrine d'utilisation du combat amphibie et la lente léthargie qui s'était installée firent que le corps des Marines entra dans la guerre civile mal préparé et divisé.

Des débuts difficiles

Lorsque une partie des états du sud fit sécession, 16 des 31 officiers du corps rejoignirent la confédération où, pour une partie d'entre eux, ils mirent en place un corps de Marines de la confédération. Parmi les officiers qui désertèrent leur poste au sein de l'Union se trouvaient des vétérans décorés de la guerre du Mexique ce qui affaiblissait dangereusement la qualité de l'encadrement des Marines fédéraux. Heureusement les sous-officiers demeurèrent, en très large majorité, loyaux à l'Union préservant l'expérience générale de la troupe.
Au déclenchement de la guerre civile, le Congrès autorisa une augmentation des effectifs des Marines. Le corps doubla de taille et passa à 3600 hommes, mais devant l'expansion de la marine qui augmenta le nombre de ses navires, l'effectif des Marines fut fractionné en autant de petits détachements.

La première action de combat des Marines eut lieu lors de la bataille de Bull Run durant laquelle le bataillon de 336 Marines commandé par le Major Reynolds fut affecté à la seconde division de l'armée de Virginie du général Macdowel. Arrivé à marche forcée sur le champ de bataille, le bataillon, exténué, participa à l'attaque sur la colline Henry en support d'une batterie d'artillerie. Face à eux se trouvait la brigade de Virginiens du général Jackson. Le bataillon se heurta à la brigade ennemie et échangea avec elle des tirs meurtriers jusqu'à ce que le 33rd régiment de Virginie, habillé de bleu, intervienne et capture la batterie d'artillerie fédérale. Le bataillon de Marines recula, se reforma et fit front de nouveau pour assurer le retrait des troupes de l'Union qui se débandaient. Bien que composé pour une grande partie de nouvelles recrues, le bataillon fit partie des dernières unités d'arrière-garde présentes sur le champ de bataille pour assurer la retraite de l'armée fédérale. Au prix de 8 tués, 12 blessés et 16 disparus, la première expérience malheureuse du bataillon montra l'inexpérience de ses hommes mais aussi leur capacité à affronter le pire quand ils étaient bien encadrés. Dans la déroute générale qui suivit la bataille, les Marines maintinrent un ordre et une discipline dignes des plus vieilles troupes.

L'US Marines Corps dans la guerre de Sécession

Les actions de combat amphibie

La première opération amphibie des Marines de la guerre eut lieu à Fort Clark en Caroline du Nord le 28 août 1861. L'opération de débarquement d'un détachement de Marines permit de faciliter la prise de fort Hatteras par la Marine. Deux semaines après la défaite de Bull Run, 300 Marines sous les ordres du major John Reynolds furent envoyés à Port Royal en vue de préparer le débarquement des 13000 hommes de l'armée de terre devant s'emparer d'une tête de pont dans la région. Les marines prirent place dans un vapeur le USS Governor et quittèrent Hampton Roads fin octobre. Malheureusement le navire fut pris dans une tempête et fut gravement endommagé à tel point que les Marines l'évacuèrent en prenant place sur une frégate venue à leur secours : l'USS Sabine. 7 Marines moururent dans cet événement. Le commandement exemplaire de Reynolds permit d'éviter plus de pertes et sauva le bataillon. Le bataillon de Reynolds arriva hélas trop tard pour participer au combat et débarqua à Port royal glanant au passage un blâme de la part du chef de la flotte, le commodore Du Pont, qui dut effectuer sa mission sans leur concours. Le très bon comportement de Reynolds durant les opérations de sauvetage sur la Sabine redorèrent un tant soit peu le blason du bataillon mais l'occasion pour les Marines de démontrer leur valeur était passée. Le bataillon effectua de petites opérations en Floride mais aucune action d'envergure ne devait leur être confiée.
En 1862, les Marines ou du moins de petits détachements embarqués firent parler d'eux dans les combats qui opposèrent les navires de l'Union aux Ironclads et aux forts confédérés. Lors du combat d'Hampton roads où le Virginia fit sa première sortie, les Marines embarqués sur le USS Cumberland, servant comme artilleurs, se montrèrent dignes de l'exemple montré par leur prédécesseur durant les batailles de Bladensburg ou de la Nouvelle-Orléans en combattant jusqu'au bout et au prix de 13 des leurs. En avril 1862, la flotte du Commodore Farragut en route pour la Nouvelle-Orléans, livra un furieux combat nocturne contre deux forts défendant l'accès à la ville : les Forts Jackson et St Phillip. La flotte de l'Union parvint à réduire les fortifications ennemies au prix de 186 marins dont 28 US marines. Lors de la prise de la Nouvelle-Orléans un bataillon de 300 marines s'empara sans combat de la capitale de la Louisiane désarmée, hissant la bannière étoilée au sommet de l’hôtel de ville.
Le 15 mai 1862 à Drewry's Bluff, à une dizaine de kilomètres de Richmond, les Marines des deux camps s'affrontèrent dans une escarmouche opposant des Monitors fédéraux à une batterie côtière en partie armée par des Marines confédérés. Les Marines embarqués ripostèrent aux tirs d'artillerie et de mousqueterie en remplaçant au fur et à mesure des pertes les servants des canons embarqués. A cette occasion, le caporal Mackie reçut la médaille d'honneur pour son action à bord de l'Ironclad USS Galena, la première décoration de cette importance obtenue durant la guerre civile pour le corps des US Marines.
En décembre un détachement de 136 marines, embarqués sur le vapeur Ariel, fut intercepté et capturé par le CSS Alabama , un Raider confédéré. Après avoir capturé 200 fusils Enfield et des munitions, les confédérés relâchèrent les Marines dans un échange de prisonniers.

Désastre à Charleston


En 1863, la ville de Charleston, capitale de la Caroline du Sud, fut la cible d'une opération amphibie qui visait à s'emparer du Fort Sumter. Le major Jacob Zeppelin fut désigné pour mener un détachement de Marines dans ce but. L'opération devait également comprendre la capture de la batterie Fort Wagner située au sud. Un assaut fédéral fut sévèrement repoussé par le Fort Wagner et une double attaque menée conjointement par l'armée à terre et les Marines depuis la mer fut proposée. Zeppelin alarmé par le manque d'expérience de ses hommes refusa ce projet à la grande colère de l'amiral John Dahlgren, responsable de la flotte de l'Atlantique Sud. Ce dernier dans son rapport se demanda à quoi pouvait bien servir les Marines si ces derniers refusaient de se lancer à l'attaque des fortifications côtières ennemies. Mais les événements sauvèrent la réputation du corps, Zeppelin, malade, fut remplacé par le fraîchement promu Colonel Reynolds dont la réputation avait favorablement atteint l'amiral Dahlgren. En outre les confédérés avaient évacué Fort Wagner laissant la voie libre aux fédéraux pour s'emparer plus facilement de Fort Sumter. Le 8 septembre 500 marins et Marines dans 25 embarcations attaquèrent de nuit le fort ennemi. Malheureusement outre la difficulté que représentait une attaque amphibie nocturne tout ce qui aurait pu mal se passer, se passa mal. Les confédérés furent mis au courant de l'attaque car ils connaissaient les codes des signaux des fédéraux. Tous les canons des défense côtière furent braqués vers Fort Sumter prêt à recevoir l'assaut des Marines. L'Ironclad CSS Chicoras s'approcha du fort prêt à soutenir ses défenseurs de ses pièces. Lorsque les canons sudistes ouvrirent le feu, les Marines furent décimés, 11 navires seulement purent débarquer leur cargaison humaine, les autres avaient été coulés ou s'étaient perdus dans l'obscurité. Les survivants furent arrêtés par le feu et les grenades ennemis et stoppèrent l'assaut au bout de 20 minutes. Les navires restants furent détruits les uns après les autres et finalement les 105 soldats restants se rendirent aux confédérés. Pour la plupart d'entre eux la capture signifiait une longue agonie à Andersonville.

Les succès des troupes embarquées

L'heure de la revanche avait sonné pour les Marines qui purent laver l'affront de la capture de l'Ariel. Embarqué à bord de la frégate à vapeur USS Kearsarge, un détachement de Marines participa à la chasse et à la destruction du fameux Raider confédéré CSS Alabama. au large de Cherbourg . Le 14 juin, le navire fédéral intercepte le bâtiment sudiste et après une heure de combat, parvient à le désemparer et à lui faire hisser le drapeau blanc. Le canon de pivot manié par les Marines fit mouche à plusieurs reprises endommageant le bunker du bâtiment confédéré. Le détachement de Marines fut cité en exemple pour la bravoure des hommes qui manièrent les canons totalement exposés aux tirs confédérés. Le navire confédéré, aussi célèbre et redouté soit-il, ne bénéficiait pas de la protection blindée qui équipait le Kearsarge et le combat tourna rapidement à l'avantage des fédéraux dont le navire était mieux protégé des coups.

Après la chute de la Nouvelle-Orléans, le port cible suivant fut celui de Mobile et en août 1864, la flotte de l'amiral Farragut se présenta devant la ville confédérée, essuya des pertes du fait de minese flottantee et affronta la petite flottille sudiste dont le cuirassé CSS Tennessee. La puissance des canons embarqués, en partie maniés par des Marines eut raison des défenses confédérées et les Marines furent encore une fois cités pour leur action de combat à bord des bâtiments de la marine.

Durant les opérations autour d'Atlanta avec l'armée du général Sherman, une brigade marine "fleet brigade" fut mise sur pied, comprenant 157 Marines et 350 marins pour les opérations fluviales et amphibies durant la marche vers Savannah. Organisés en un unique bataillon de 3 compagnies, les Marines de la brigade marine étaient commandés par le lieutenant George Stoddard. Pour les opérations de la campagne, le lieutenant prit le grade temporaire équivalent à lieutenant-colonel. Embarqué à bord de canonnières, le bataillon remonta le fleuve Broad en vue d'action dans la région de Savannah. Ils débarquèrent fin novembre 1864, appuyés par le bataillon de marins et une batterie d'obusiers et en avant-garde d'une division de 5500 hommes appelée division côtière". Mais les hommes se perdirent en chemin et finalement affrontèrent une force confédérée à Honey Hill. Gardés un temps en réserve, les Marines attaquèrent depuis l'aile droite des fédéraux et affrontèrent deux heures durant l'artillerie et l'infanterie adverses. Mais la position ennemie était trop forte et l'armée fédérale se replia laissant 750 morts et blessés dont une dizaine de Marines. Après cet échec la "Flette brigade" fut transportée sur la rivière Tullifinny. Les troupes débarquèrent à Gregory's Landing dans le but de détruire un pont sur lequel passait la ligne de chemin de fer reliant Savannah à Charleston. Mais là encore ce fut un échec et le combat dura plusieurs jours jusqu'à ce que la prise de Savannah par les troupes de Sherman rende caduque la défense de cette zone par les confédérés.

L'attaque de fort Fisher

Les Marines dans leur opération côtière ont gagné beaucoup d'expérience et il fut décidé de leur confier une mission difficile la prise de Fort Fisher. Le Fort Fisher défendait le dernier port sudiste d'importance : Wilmington en Caroline du Nord. Un précédent assaut en décembre 1864 avait été repoussé avec pertes par la garnison et en janvier 1865 il fut décidé de lancer une seconde tentative. Le général Benjamin Butler commandait la plus importante force amphibie jamais rassemblée de toute la guerre, Le 24ème corps fut chargé d'attaquer les retranchements sudistes par la terre tandis que la brigade navale et ses marines s'en prendrait à la partie faisant face à l'océan. 1600 marins et 400 marines furent lancés contre les fortifications. Les canonnières de la flotte réduisirent au silence nombre de canons mais les troupes ne purent débarquer en nombre et la brigade navale se retrouva quasiment seule à attaquer le bastion nord-est. Les marins devaient attaquer en trois vagues soutenues par le tir à plus longue portée des Marines. Mais menés par le lieutenant Kidder Breese, les Marines chargèrent en masse désorganisée et furent facilement repoussés. Les marins et Marines furent cloués sur place par l'artillerie du fort tirant à mitraille leur interdisant d'avancer plus avant mais aussi de reculer. Les hommes fixés sur place se retranchèrent du mieux qu'ils purent mais leur assaut détourna l'attention des défenseurs et permit aux troupes fédérales venant de terre d'attaquer plus facilement la position ennemie. La deuxième division du général Adelbert Ames comprenant 180 Marines réussit au prix de lourdes pertes à s'emparer du fort confédéré. Cette action coûta 60 morts et blessés aux Marines mais 6 d'entre eux , les sergents Fry, Binder, les caporaux Tomlin, Rannahan et les soldats Shivers et Thompson reçurent la médaille d'honneur pour leurs actions au combat. La prise de Fort Fisher fut la dernière bataille du corps des Marines.

A la fin de la guerre, 3882 US Marines servaient dans l'armée fédérale, 102 moururent au combat et 233 autres des suites d'accidents ou de maladie. Fidèles à leur devise ils furent parmi les premières troupes régulières à être au combat dans ce qui fut la plus frustrante des guerres qu'ils eurent à mener, car ils ne furent pas toujours bien dirigés ou employés et eurent le malheur de combattre leurs frères d'armes du corps des Marines de la confédération à maintes reprises. Bien que peu nombreux ils apportèrent une contribution non négligeable dans les combats amphibies et côtiers et devaient gagner en importance dans les décennies qui suivront.

A gauche, caporal des Marines en grande tenue avec le shako M1859 (centre historique naval USA ), au centre un groupe de 5 Marines avec un officier, toujours en grande tenue. Marines en tenue de débarquement pour zone chaude par Don TroianiA gauche, caporal des Marines en grande tenue avec le shako M1859 (centre historique naval USA ), au centre un groupe de 5 Marines avec un officier, toujours en grande tenue. Marines en tenue de débarquement pour zone chaude par Don TroianiA gauche, caporal des Marines en grande tenue avec le shako M1859 (centre historique naval USA ), au centre un groupe de 5 Marines avec un officier, toujours en grande tenue. Marines en tenue de débarquement pour zone chaude par Don Troiani

A gauche, caporal des Marines en grande tenue avec le shako M1859 (centre historique naval USA ), au centre un groupe de 5 Marines avec un officier, toujours en grande tenue. Marines en tenue de débarquement pour zone chaude par Don Troiani

L'US Marines Corps dans la guerre de Sécession

L'uniforme:

La grande tenue est adoptée en 1859. Elle comprend pour les officiers une grande veste bleu foncé à deux rangées de 7 boutons en métal jaune (8 pour les officiers). Les épaulettes des soldats sont jaunes et or pour les officiers, le col est galonné d'or ou de lacet jaune et passepoilé de rouge. Les manches sont pourvues de lacets jaunes ou or au nombre de deux pour les hommes de troupe, trois pour les officiers subalternes et les sous-officiers supérieurs et quatre pour un commandant ou supérieur. Le pantalon est bleu clair avec une bande rouge sur le côté dont l'épaisseur dépend du grade ; un pantalon blanc est autorisé pour les zones chaudes et les officiers détachés peuvent porter un pantalon bleu foncé. Le couvre-chef des officiers supérieurs est un chapeau bicorne avec plume jaune pour un commandant et rouge pour les autres officiers. Les officiers subalternes, sous-officiers et les hommes portent un shako de feutre de 5.5 pouces de haut devant et 6.5 derrière avec un pompon rouge et une plaque de cuivre à sa base entourée de cuir rouge pour les hommes et jaune pour les officiers. La plaque de shako représente un bouclier entouré de laurier avec au centre un cor de chasse entourant un "M" blanc sur fond rouge. Les musiciens portent une tenue identique mais entièrement rouge et avec une bande rouge sur le pantalon bleu clair.

La tenue de combat ou de débarquement pour les hommes est une longue veste attachée par une simple rangée de 7 boutons jaunes, un pantalon bleu clair en zone froide et blanc en zone chaude ; le col est passepoilé de rouge, les manches ont deux boutons jaunes. Le couvre-chef est la forage cap avec le cor de chasse et son "M" à fond rouge au centre. Les officiers portent une veste de la même longueur que les hommes mais attachée par deux rangées de 8 boutons ; en guise d'épaulettes, ils portent des trèfles ou nœuds russes, dont l'épaisseur dépend du grade.

Une tenue entièrement blanche existe pour les zone chaudes pour les officiers

Les grades pour les sous-officiers sont jaune passepoilés de rouge ; contrairement à l'armée de terre les pointes sont pointe vers le haut. Deux chevrons pour un caporal, trois pour un sergent, trois chevrons et un diamant pour un premier sergent, trois chevrons et une bande pour un sergent quartier-maître, trois chevrons et trois arcs pour un sergent-major, trois chevrons, trois arcs et une étoile pour un tambour-major.

Les premier lieutenant, lieutenant et capitaine ont un nœud russe d'épaule à trois cordes, une étoile est brodée dessus pour un lieutenant, deux étoiles pour un capitaine. Les officiers supérieurs ont un nœud à quatre cordes avec une feuille de chêne argent pour un lieutenant-colonel, un aigle pour un colonel et une étoile argent pour le commandant. Officiers et sous-officiers supérieurs portent l'écharpe de commandement en soie cramoisie ou laine rouge autour de la taille.

Les hommes sont armés de mousquets M1861 ou M1855 et une baïonnette M1842, une cartouchière M1855, une boîte à capsule fulminate M1855. La gourde est du modèle œil de buffle peinte en noir, le havresac est du modèle de l'armée de terre. Les baudriers sont en cuir blanchi, une modèle noir fut parfois utilisé pour les missions nocturnes comme lors de l'assaut sur Fort Sumter en 1863.

Les officiers et les sous-officiers supérieurs portent le pistolet Navy Model de chez Colt et un sabre M1850.

L'US Marines Corps dans la guerre de Sécession

Sources:

Ron Field Elite Osprey " American Civil War Marines 1861 - 1865"

Don Troiani "" Regiments and uniforms of the civil war "

Ron Field Brassey's history of uniforms "american civil war Union Army"

Ron Field Brassey's history of uniforms "american civil war Confederate Army"

La gazette des Marines

http://www.mca-marines.org/gazette/photogallery/marines-american-civil-war

Les Marines dans la guerre civile au jour le jour :

http://www.navyandmarine.org/historicalref/Compendium_USMC.htm

Echoes of glory " illustrated atlas of the civil war "

Special thanks to Colonel Daniel Geisenhof USMC for his helpful documentation

( illustration: les Marines à bord du USS Galena lors du combat de Drewry's Bluff )

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La Caroline du Sud dans la guerre de Sécession

Publié le par Olivier Millet

La Caroline du Sud dans la guerre de Sécession

La Caroline du Sud fut le premier état à déclarer sa sécession de l'union. La Caroline du Sud était surnommée l'état palmier ou "palmetto state" du nom d'un petit palmier local. Cet état peuplé d’à peine 700 000 habitants, se sépara des États-Unis le 20 décembre 1860, conformément aux menaces qu'il avait proférées en cas de réussite aux élections du candidat Abraham Lincoln. C'est encore en Caroline du Sud que le premier tir de la guerre fut déclenché lorsque les canons entourant Fort Sumter, ouvrirent le feu le 12 avril 1861 précipitant le pays dans la guerre civile ( http://civil-war-uniforms.over-blog.com/l-attaque-du-fort-sumter-12-et-13-avril-1861 ). Pour le Nord, Charleston devint la ville symbole de la Confédération, le berceau de la rébellion et l'objectif de sa capture répondait plus à un impératif moral que réellement stratégique pour les forces de l'union.

Relativement épargné par l'invasion des troupes fédérales, l'état de Caroline du Sud vit assez peu d'engagements sur son sol en comparaison des états frontaliers ou de la Virginie, Mais les troupes fédérales essayèrent très tôt de s'emparer du grand port de l'état , Charleston, qui était également la plus grosse ville de l'état et 22ème ville la plus importante des États-Unis. Les côtes de Caroline du Sud furent la cible de l'US Navy qui remporta de beaux succès comme à Port Royal en novembre 1861, permettant à la flotte fédérale de détenir des bases afin d'allonger son blocus et le rendre plus efficace. Remontant vers le nord les troupes de l'union s'en prirent au port de Charleston qui fut plusieurs fois attaqué par la marine et l'armée de terre américaines en s'attaquant aux défenses entourant la ville. Parmi elles le Fort Wagner qui fut le théâtre d'un des affrontements les plus sanglants de la bataille pour Charleston en juillet 1863. Les Fort Sumter et Lamar furent également attaqués en 1862 ou 1863 et les environs de Charleston virent de multiples opérations visant à terme à s'emparer de la ville comme lors de la bataille de Honey Hill ou sur Johns island. Ce fut également à Charleston qu’eut lieu la première attaque sous-marine réussie au monde lorsque le CSS Hunley coula le USS Housatonic le 17 février 1864. Après avoir repoussé toutes les attaques fédérales, le général Beauregard, commandant la garnison, dut se résoudre à abandonner la ville en février 1865 et se replia avec ce qui restait de sa garnison pour rejoindre le gros des troupes du général Lee en Virginie. Les forces de l'union, sous les ordres du général Sherman, entrèrent finalement dans la ville, le 21 février 1865. Le 14 avril 1865, soit 4 ans après la chute de Fort Sumter, une cérémonie des couleurs fut organisée pour restaurer la bannière étoilée au-dessus du Fort Sumter. La boucle était bouclée...

L'armée de Caroline du sud a levé un grand nombre d'unités tout au long du conflit :

51 régiments d'infanterie, 17 régiments ou bataillons de cavalerie, 22 compagnies ou escadrons indépendants de cavalerie dont la légion de Hampton et de Holcombe, 8 régiments ou bataillons d'artillerie, 7 régiments ou bataillons de rifles et sharpshooters et un grand nombre d'unités de réserve et de milices locales et même une petite armée régulière. Parmi les unités les plus fameuses citons la légion de Hampton, le premier régiment de rifle qui fut aussi la première unité de l'armée confédérée à être mise sur pied, les cadets de Charleston qui firent partie de troupes assaillantes du Fort Sumter en avril 1861...

La Caroline du Sud dans la guerre de Sécession

Les milices et unités de volontaires d'avant guerre.

La milice de l'état qui avait été instituée en 1784, comprenait en 1860 : 5 divisions de 2 brigades chacune. Chaque brigade comprenant entre 5 ou 6 régiments d'infanterie. Un régiment de cavalerie était ajouté à chaque brigade dont les membres devaient fournir eux -mêmes la monture et son équipement. En plus de ces régiments de miliciens dont très peu possédaient un quelconque uniforme, s'ajoutaient de multiples compagnies de volontaires aux uniformes fantasques et chamarrés répondant plus au goût de ses membres qu'à l'observation d'un quelconque règlement.

Parmi les unités de volontaires, de nombreuses minorités, comme les Allemands, les Écossais, les Irlandais ou les Français, établirent des détachements reflétant leurs origines. Les volontaires écossais formèrent plusieurs compagnies dont la plus ancienne "l'union Light Infantry" créée en 1807 qui adopta le tartan et le bonnet du 42nd régiment de highlander de l'armée britannique le fameux "Black Watch " ou garde noire en référence à son motif tartan très sombre. The Highland Guard, établie en 1857 reprenait un uniforme presque identique au 42nd Highlanders britannique, décidément très en vogue. La communauté française fonda l'unité d'artillerie " the Lafayette artillery ", les Allemands, eux, eurent les Germans riflemen, Germans Hussards, Germans Fusiliers, Germans artillery et Palmetto riflemen. L'unité des Germans Fusiliers semblait être la plus ancienne de l'état car créée en 1775. Leur uniforme était composé d'une tunique bleu foncé à parements rouges avec un shako de cuir à plumet noir et rouge et un pantalon bleu. L’unité des Germans Artillery portait un uniforme proche de celui porté par les artilleurs prussiens avec un casque en cuir muni d'une pointe de cuivre. Les "Palmetto riflemen portaient quant à eux en 1858 une tunique noire avec parement blanc et passepoils argent, casque de cuir avec queue de cheval à symbole de tête de mort, très en vogue chez les hussards prussiens du 19ème siècle. Mais les unités américaines n'étaient pas en reste, avec par exemple l'unité des Washington Light infantry, fondée en 1807, qui portait une veste bleu foncé à trois rangées de boutons, un pantalon bleu foncé à bande rouge et un chapeau modèle 1856 avec une bande en peau de léopard. Les autres compagnies de natifs étaient les Washington artillery, les Palmetto guards, Therichland Volunteer Rifle company, The Ricland Light dragoons, the Brooks rifle guards, the Pickens riflemen, the Marion Riflemen, The watchesaw riflemen, la Légion de Hampton..

A Charleston, à la nouvelle de la Sécession, les unités de volontaires se rassemblèrent et se préparèrent pour le combat à venir. Les fabricants d'uniformes locaux fournirent les tenues de la plupart des compagnies de volontaires. Parmi eux C.F.Jackson & Co qui équipa les "Palmetto Light Dragoon", les "Vigilant rifles", Les Cadets de Charleston et l'AEtna guards". Bien que la plupart de ces tenues soient confectionnées en gris, la coupe et les parements demeuraient très différents. Dans la plupart des états de la confédération comme ceux du Nord, l'année 1861 était synonyme d'une très grande variété d'uniformes ou aucune réglementation particulière ne semblait s'appliquer pour les unités de volontaires.

Il fut décidé de mettre en place un uniforme réglementaire pour les unités de volontaires. Ce dernier était basé sur l'uniforme réglementaire mis en vigueur pour la milice de l'état le 17 décembre 1860. Les officiers généraux portaient une tunique bleu foncé à boutons jaunes ornés du symbole Palmetto, un pantalon bleu foncé également avec une bande or et une ceinture en cuir blanchi. Les officiers subalternes portaient la même tenue avec des parements blancs pour signifier leur statut d'infanterie volontaire, une bande blanche sur le pantalon et des boutons couleur métal blanc au lieu de jaune. Sur le képi, le Palmetto argent avec la lettre R et le numéro du régiment. Dans la grande tenue le képi était remplacé par le bicorne à plumes modèle 1839. Les hommes de troupes portaient des tenues fabriquées localement et qui consistaient la plupart du temps en une veste de différentes couleurs avec une doublure de couleur sur les bords de la poitrine et descendant jusqu'en bas dans un style propre à la Caroline du sud. Les Rhett's Guards de Newburry portaient par exemple une veste de chasse grise avec de la fourrure verte en guise de parement, un chapeau à bord large et surmonté d'une plume d'autruche noire.

Les volontaires et la milice n'étaient pas les seuls à pouvoir défendre l'état. La Caroline du sud mit sur pied une petite armée régulière fin 1860 qui comprenait un régiment d'infanterie (désigné 3rd infantry), un escadron de cavalerie, un bataillon d'artillerie (1st artillery) et une compagnie du génie. En plus de cette petite troupe, l'état se chargeait également de fournir des tenues aux unités de volontaires par l'intermédiaire des fabricants locaux et des tailleurs contractuels. Il apparaît que de nombreuses unités portaient des tenues variées et que malgré la diffusion du nouveau règlement sur l'uniforme de Richmond édicté en 1861, peu d'unités le suivirent scrupuleusement. Le commissariat aux fournitures de Caroline du sud continua jusqu'en 1864 de fournir des tenues à toutes les unités de l'état y compris à celles à l'extérieur de l'état. Le gris remplaça la variété de couleurs des tenues de volontaires au début du conflit.

La Caroline du Sud dans la guerre de Sécession

les ateliers de l'état

Principal fournisseur en uniforme des unités de l'état, le commissariat possédait deux ateliers/dépôt principaux à Charleston et à Columbia. Il était dirigé par le Colonel Lewis Hatch. Pour la confection des tenues ce dernier fit appel à une soixantaine de couturières qui opéraient sur des machines à coudre tandis que 350 ouvriers cousaient à la main le reste des tenues. La coupe et la préparation des tenues étaient réalisés par les tailleurs de la ville. Une école de jeunes filles, dirigée par le révérant A.Toomer, prêta même son assistance à la réalisation des uniformes, le révérend fut en charge entre autres d'habiller la légion de Hampton en octobre 1861. La tenue de la légion était un pantalon bleu à bande jaune pâle, une veste longue marron à garniture verte.
Jusqu'à fin 1864, les dépôts et ateliers de l'état de Caroline du sud furent capables de fournir des uniformes à leurs troupes. Fin 1861 et début 1862, la tenue principale était une veste longue grise (frock coat) à 6 ou 7 boutons avec demi-col gris ou de la couleur de l'arme, pantalon gris, képi, modèle forage cap, bleu ( début 1862) ou gris foncé avec des parements sur les manches. La veste fut remplacée par une veste plus courte entièrement grise sans parements à 6 boutons avec le col gris ou coloré et en 1864, cette veste fut à son tour remplacée par une veste shell jacket à 5 boutons.

Les associations patriotiques

A travers tout l'état, des associations patriotiques, essentiellement féminines, furent d'un grand secours pour fournir uniformes et autres effets d'habillements aux différentes unités de l'état en attendant que le commissariat aux fournitures de Caroline du sud soit pleinement opérationnel. A Charleston on trouvait par exemple la "Ladies clothing association" créée le 24 juillet 1861, qui fournit des centaines d’effets pour le dépôt principal de l'état ou directement à des unités de volontaires. Entre le 29 juillet et le 26 aout 1861, cette association ainsi que le "Relief soldier Association" confectionna 2301 vêtements dont 1676 furent expédiés au responsable d'état aux fournitures, le reste fut livré à des compagnies de volontaires. Le tissu venant à manquer, on utilisa celui des draps de lit pour réaliser des pantalons, la plupart du temps de teinte bleue mais parfois dans une couleur proche du "rose bonbon". Ce système permit à l'état de pallier efficacement au manque de temps pour mettre en place une organisation complète pour la distribution des uniformes de toutes les unités de Caroline du sud à l'intérieur et en dehors des frontières de l'état.

L'armement de l'état

Les deux arsenaux de l'état étaient situés dans la citadelle de Charleston et Colombia. L'état des lieux était critique car le stock de la citadelle ne contenait que 200 armes à feu en 1860. La capture de l'arsenal fédéral de Charleston le 27 décembre 1860 ajouta plus de 20 000 nouvelles armes dont plus de 4000 fusils rayés. Le principal armurier civil de la ville de Charleston fut contacté pour commencer la production de projectiles d'artillerie ainsi que le rayurage de mousquets à canon lisse. Les cloches des principales églises de la ville de Colombia fournirent le fer nécessaire à la production de deux obusiers réalisés par la firme "Congaree Iron Works" de Colombia. Le reste des fournitures d'armes, d'équipements, de baudriers, baïonnettes et autres chaussures fut fourni par différents ateliers.

Loin d'être idéals au début de la guerre, les stocks de fournitures nécessaires au conflit à venir purent être alimentés grâce aux mesures prises par la Caroline du sud. Les ateliers d'état et les manufactures privées permirent non seulement d’équiper et d'armer la plupart des unités de volontaires, et réguliers de l'état mais de maintenir la fourniture de ces matériels la majeure partie de la guerre. Le nombre exact de soldats de Caroline du Sud à avoir participé à la guerre est, comme souvent pour le Sud, inconnu ; des unités disparaissant et réapparaissant sous un autre nom ajoutèrent à la confusion. L'état "Palmetto" fournira presque le quart de sa population blanche pour l'armée confédérée, environ 13000 d'entre eux ne reviendront pas.

(les planches, issues d'une modification du travail d'Alexis Cabaret, représentent un panel de troupes de Caroline du Sud et les tenues qu'ils portaient à la date indiquée)

Sources:

Philip Katcher Men at Arms 37 "The army of Northern Virginia"

Ron Fields Men at arms 423 "The confederate Army 1861 - 865 " South Carolina, Mississippi

Ron Fields "American civil war Confederate Armiy"

Don Troiani "soldiers in america"

Don Troiani "Regiments & Uniforms of the civil war"

https://familysearch.org/learn/wiki/en/South_Carolina_in_the_Civil_War

http://www.museum.state.sc.us/exhibits/civilwar.aspx

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Les unités confédérées du Maryland

Publié le par Olivier Millet

Les unités confédérées du Maryland

Le Maryland, état frontalier esclavagiste, avait une population d'environ 687000 âmes et abritait de nombreux sympathisants à la cause confédérée. Particulièrement dans la zone proche de la baie de la Chesapeake, plus en amont les habitants du Maryland étaient majoritairement en faveur de l'union. La capitale de l'état, Baltimore était la quatrième ville du pays et ouvertement pro-sudiste. Environ 87189 esclaves (d'après le recensement de 1860) travaillaient dans les plantations de tabac, exploitations situées dans le Sud-est de l'état. Le nord était occupé par une agriculture vivrière où le besoin d'esclaves était pratiquement nul. Comme les autres états frontaliers qu'étaient le Kentucky, le Missouri et le Tennessee, le Maryland fut le lieu d'âpres luttes intestines pour déterminer sa position dans la crise de 1861 et son adhésion ou non à la confédération. De part sa position géographique, l'état du Maryland enveloppait le district de Columbia et la capitale des États-Unis Washington. Ce faisant toutes les troupes fédérales en provenance du nord-est devaient traverser le Maryland, important nœud ferroviaire, et inévitablement déclencher une réaction hostile de la part de la population pro-sudiste, particulièrement à Baltimore. Après l'attaque de Fort Sumter et l'appel à la mobilisation de Lincoln, les renforts en provenance du Nord passèrent par Baltimore et suscitèrent des troubles dans la ville acquise à la confédération. La présence des troupes fédérales à Baltimore déclencha des émeutes qui firent une dizaine de morts en avril 1861. Le gouverneur fut expressément sollicité par le parti pro-confédéré pour débattre de la position de l'état et trancher la question de l'adhésion ou non à la Sécession. Habilement, le gouverneur, Thomas H Hicks, mit en place une convention dans le nord de l'état, pro-union, et la sécession fut repoussée. Lincoln décréta l'ordre martial et la neutralité du Maryland dans la guerre. Les forces fédérales présentes sur son territoire maintinrent une pression suffisante pour empêcher tout au long du conflit le basculement du Maryland dans le camp de Richmond tout en interdisant aux volontaires pro-sudistes de rejoindre les rangs de l'armée confédérée. Durant la guerre, le Maryland fut le théâtre de l'affrontement le plus meurtrier du conflit à Antietam en 1862 et plus tard en 1864, une tentative de Jubal Early de s'en prendre à la capitale Washington fut contrariée malgré un succès tactique confédéré à la bataille de Monocacy Junction le 9 juillet. Près de 85000 habitants du Maryland participèrent à la guerre dont 25000 dans le camp du Sud.

Les unités de milice d'avant guerre

A la veille de la guerre, une forte portion de la population exprimait des sympathies pour le Sud et dès le lendemain de l'attaque de Fort Sumter de nombreux miliciens et volontaires à Baltimore se préparèrent à rejoindre leurs camarades sécessionnistes. Mais tous les membres des régiments et autres compagnies du Maryland n'étaient bien évidement pas pro sudistes, d'ailleurs bien plus d'habitants du Maryland ont rejoint l'union plutôt que la confédération.

Le Maryland disposait avant-guerre d'un système de milice divisé en deux brigades.

1ère brigade : 1st artillery, 1st cavalry et 5th infantry de la milice du Maryland,

2ème brigade : 1st rifle, 53rd infantry et le bataillon des "Baltimore city Guards"

A cette milice il fallut ajouter des unités de volontaires comme les independence greys qui furent plus ou moins rattachés aux régiments de miliciens existants. A Baltimore, existaient plusieurs groupes de volontaires aux uniformes chamarrés. Les "Baltimore City Guards" possédaient une superbe tenue bleu foncé et surmontée d'un imposant bonnet d'ourson sans plaque. Le 53rd régiment du Maryland était quant à lui, surnommé les "Maryland Guards", il affichait un uniforme mêlant des effets de zouaves et de chasseur français. Levée en 1859, cette unité était composée des hommes des meilleures classes sociales de l'état capables de s’offrir cette belle tenue. Autres unités, les zouaves du Maryland, créés par Richard T Zavorna, de l'effectif d'une compagnie portaient également une tenue de zouave rouge et bleue. Mais, une fois l'occupation nordiste mise en place, la plupart de ces unités furent interdites de se rassembler par les troupes fédérales. Celles qui le pouvaient rejoignirent la confédération clandestinement en isolé ou par compagnie entière.

4 compagnies arrivèrent à Richmond et formèrent un bataillon provisoire : le bataillon de Weston. Six compagnies arrivèrent à Harper'sFerry et formèrent par la suite avec le bataillon Weston le 1st régiment du Maryland : le 1st Maryland infantry. Les 109 membres du "Maryland Guards" formèrent la compagnie B du 21st Virginia jusqu'en mai 1862. Les survivants furent en partie amalgamés pour former le 2nd Maryland infantry regiment. Les zouaves du Maryland ne formèrent pas un bataillon de zouaves et la seule compagnie qui fut effectivement formée devint la compagnie H du 47th Virginia, les survivants de cette compagnie furent par la suite transférés au 2nd bataillon d'Arkansas jusqu'en juin 1862.

Les unités confédérées du Maryland

Le 1st Maryland et ses successeurs

Cette unité initialement recrutée comme le premier bataillon du Maryland en mai 1861 à Harper's Ferry devint le 1st Maryland infantry en juin avec l'arrivée de nouvelles compagnies. Commandé par le colonel Arnold Elzey, le régiment participa aux côtés des 10th et 13th Virginia et du 3rd Tennessee au sein de la 4ème brigade à la bataille de Bull Run. L'unité lutta activement à Front Royal, où elle rencontra son homologue fédérale, le 1st Maryland Volunteers infantry, première et unique fois dans l'histoire américaine ou deux régiments portant le même nom s'affrontèrent. Ce furent ensuite les combats de Winchester, Cross Keys et la campagne de la péninsule. En août 1862, le régiment fut dissout en Virginie. Mais ses membres ne pouvaient plus rentrer au Maryland occupé par les forces fédérales. Ils reformèrent une seconde unité: le 2nd Maryland infantry avec des survivants du Maryland d'autres unités confédérées. Le régiment passa l'hiver 1862 dans la vallée de la Shenandoah et fut embrigadé avec l'artillerie de Baltimore et le 1st Maryland cavalry. avec le 1st et le 4th Maryland artillery, Ces unités formèrent le "Maryland Line" le 22 juin 1863.

Les régiments du "Maryland Line" combattirent à Haw's Shop et Cold Harbor où ils subirent de lourdes pertes. L'unité combattit ensuite dans la compagne de Virginie et au siège de Petersburg avant la capitulation finale d'Appomatox. Le bataillon du Maryland à Petersburg n'avait plus que 100 hommes valides, ils furent 63 à se rendre à Appomatox en avril 1865.

Les unités confédérées du Maryland

Les uniformes (planches)

Le 53rd Régiment de milice du Maryland ou "Maryland Guards" possédait plusieurs types de tenues : les classes A, B, C et D, la classe A ou grande tenue est un uniforme composé d'une veste de zouave bleu foncé avec double lacet jaune or, la chemise bleue est fermée à la poitrine par une simple rangée d'une vingtaine de boutons en cuivre.une large ceinture rouge fermée par un ceinturon de cuir blanchi et ceint par une plaque rectangulaire. Le pantalon est du modèle chasseur français moins ample que le Sarouel des zouaves mais plus large que le pantalon standard de l'infanterie. Les hommes étaient chaussés de guêtres blanches et portaient un képi "français" bleu ciel. La garde de la ville de Baltimore avait une tenue rappelant les fastes du début du 19ème siècle, la veste possédait de larges basques, elle était pourvue d'une double rangée verticale de boutons disposés par paires. Le pantalon est bleu clair et pourvu d'un double lacet blanc vertical sur le côté. Les manches possédaient des parements droits passepoilés de jaune à trois boutons séparés chacun par trois lacets. Le col est mi bleu-clair mi bleu-foncé et pourvu d'un bouton. La coiffure des hommes est un grand bonnet d'ourson avec un gland en fil d'or, les officiers possédant la coiffure de l'US Army M1858. Les Zouaves de Zarvona auraient eu une tenue classique de zouave avec une veste bleu foncé à parement et décorations rouges, le sarouel est rouge sans bande. Le Fez est rouge avec une corde et un gland bleu. Il est probable que ces unités ne gardèrent pas longtemps ces tenues une fois arrivés en Virginie. L'officier porte la tenue de l'US Army comme la plupart des officiers du sud à la veille de la guerre de Sécession.

Les deux régiments du Maryland furent habillés par le dépôt de Richmond ou de Caroline du Nord avec des vestes courtes à col bleu clair sans motif particulier sur les manches. les hommes en provenance de Richmond possédaient une tenue obtenue d'artisans locaux (Kent Paine and Co) en gris foncé avec des passepoils noirs pour le col et les pattes d'épaules. Les hommes partis pour le 21st Virginia furent habillés par le même fabricant d'uniformes et portèrent vraisemblablement la même tenue à passepoils noirs. Il est à noter que les hommes des bataillons du Maryland ont été bien habillés pratiquement jusqu’à la fin d'après des témoins qui auraient vu des prisonniers d'unités du Maryland et qui affirmeront la bonne tenue vestimentaire de ces hommes. Ces témoins décrivent une tenue composée d'une veste courte avec col bleu (uniforme du type du dépôt de Richmond), d'un pantalon gris et d'un képi moité gris et moitié bleu clair. Les hommes du 2nd Maryland auraient en partie reçu des tenues importées et affichèrent relativement longtemps une apparence des plus soignée ce qui n'était pas toujours le cas de l'armée de Virginie du Nord. Le porte-drapeau porte l'emblème régimentaire aux armes du Maryland du 1st régiment.

La tenue du cavalier est réalisée d'après photo et ne semble pas posséder de traits particuliers. Le drapeau est le battle flag du 1st régiment du Maryland taillé comme les autres drapeaux de l'armée de Virginie du Nord, un drapeau carré à fond rouge traversé par la croix de saint André et ses 13 étoiles.

(illustration : 2nd Maryland par Don Troiani )

Les unités confédérées du Maryland

sources:

Don Troiani Regiments & Uniforms of the civil war

Ron Field Brassey's History of Uniforms American civil war Confederate Army

Ron Fields Osprey "The confederate army n°6"

http://www.civilwarhome.com/marylandcmh.htm

(image : soldat du 53rd bataillon des "Marylands Guards" par Don Troiani en 1861)

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La marine Confédérée (1)

Publié le par Olivier Millet

La marine Confédérée (1)

La guerre de Sécession s'est essentiellement déroulée sur les champs de bataille terrestres, la guerre navale ne pouvait donner lieu à de grands affrontements où des escadres entières s’affronteraient, faute de combattants. Si la marine de l'union d'une taille relativement modeste, a su, par le biais d'achats à l'étranger et de constructions locales, mettre en place une flotte de combat importante, ce ne fut malheureusement pas le cas de la marine confédérée. bien que ses moyens fussent limités, le Sud réussi néanmoins à construire une petite flotte en utilisant au mieux les navires qu'elle possédaient déjà et en construisant de nouveaux, parmi lesquels les redoutables cuirassés connus sous le nom d'Ironclad. Incapable de mener une guerre conventionnelle contre la marine de l'Union, bien plus puissante, Stephen Mallory, ministre de la marine confédérée, mis en place une stratégie défensive mêlant innovations technologiques et corsaires de haute mer tout en renforçant les défenses côtières des principaux ports. La lutte entre les deux marines donna lieu à des engagements entrés dans la légende navale comme le premier combat de cuirassé à Hampton Roads en 1862 ou la première attaque réussi d'un sous-marin sur un navire de guerre.

Une stratégie défensive

On peut établir que la stratégie navale du sud essentiellement défensive comportait trois volets où les innovations dans le domaine naval devaient tenter d'équilibrer les forces en présence. Le dernier volet résolument offensif devait s'en prendre à la partie vulnérable de la marine du Nord à savoir ses flottes marchandes non protégées.

Les Ironclads ou navires cuirassés devaient être le fer de lance dans les combats contre les navires en bois nordistes. Près de 33 furent construits sur des bases de navires hétéroclites allant de la frégate désarmée au vapeur à roues à aubes. Le plus célèbre d'entre fut sans aucun doute celui qui participa au premier combat entre cuirassés de l'histoire : le CSS Virginia

Les mines flottantes devaient protéger les ports et points de passage stratégiques. Ces engins étaient inégaux en qualité et en systèmes de mise à feu, ils furent l'arme qui fit le plus de dégâts aux navires de l'union.

Les sous-marins et les navires torpilleurs devaient participer à la lutte contre les navires du blocus. Bien que les sous-marins se montrèrent relativement inefficaces, Ils inspirèrent une sorte de peur sourde aux commandants des navires nordistes qui approchaient les ports réputés en abriter. Le seul sous-marin qui parvint à couler un navire fut le CSS Hunley.

Les "Raiders" et corsaires devaient s'attaquer à la marine marchande du Nord dans le but de rendre intolérables les pertes matérielles subies et voir les riches exportateurs de Nouvelle-Angleterre tenter de forcer la main à Washington pour un arrêt des combats.

La guerre démontrera que ces 4 axes d’efforts seront des échecs car bien qu'ayant enregistré des succès certains ils n'empêcheront ni le blocus de se renforcer et de devenir de plus en plus étanche, ni le commerce du nord d'avoir lieu. Un bémol doit être cependant fait quant à l'action des raiders et autres corsaires confédérés. Bien qu'ils n'aient détruit que 5% de la marine marchande nordiste, leur impact psychologique fut suffisamment fort pour inquiéter les armateurs du Nord et leurs assureurs. La conséquence fut que la flotte marchande américaine alors la première du monde, déclina au profit de son concurrent direct la flotte marchande anglaise. Le commerce maritime du nord se faisant de plus en plus en affrétant des navires battant pavillon étranger pour éviter les attaques de corsaires.

La marine Confédérée (1)

Une toute petite marine mais incroyablement innovante

Au début de la guerre sur les 1500 officiers de la marine fédérale, 373 passèrent dans les rangs de la Confédération et renièrent leur serment d’allégeance. Pour le Sud c'était maigre mais inespéré car le pays n'a pas alors de tradition navale, la plupart des marins et officiers de la marine de guerre ou marchande sont originaires du Nord. D'ailleurs le Sud ne possédait pas de grands chantiers navals avant la capture de Norfolk. Les navires lourds étaient fabriqués au Nord. Officiellement créée le 21 février 1861, la marine confédérée ne représentait pas une grande menace pour la petite marine du nord.

Pour armer la flotte de la Confédération, les Sudistes firent feu de tout bois et utilisèrent des navires civils dans le but d'en faire des patrouilleurs armés, des briseurs de blocus et surtout des IRONCLAD. Dans ce dernier cas ils ne conservaient que la coque et les machines, le blindage et le pont étaient une création complète, près de 35 furent construits mais tous furent détruit sauf 8 qui furent capturés ou se rendirent, 2 servirent de batterie flottante faute de machines à vapeur pour leur déplacement. L'Angleterre fournit par l'intermédiaire d'acheteurs privés des navires de guerre désarmés conformément aux lois du pays qui interdisaient de vendre des navires de combat à toute nation belligérante non alliée du Royaume-uni. La plupart des navires construits en Angleterre devinrent des Raiders pour une vingtaine d'entre eux ou des briseurs de blocus. La France construisit le seul navire de guerre sudiste à flancs protégés "broadside armor ironclad" le CSS Stonewall mais ce dernier arriva trop tard pour participer à la guerre. 5 IRONCLADS furent construits à l'étranger mais furent vendus à des pays étrangers après leur capture ou ne furent pas utilisés par les confédérés au combat.

Les Sudistes réussirent néanmoins à construire un certain nombre de petites unités d'une centaine de tonnes pour opérer en tant que canonnières ; beaucoup furent lancés ou transformés depuis les ports de la Confédération. Les Sudistes mirent également en place une dizaine de cotton-clads, des vapeurs à roue à aubes dont les flancs sont protégés par des balles de cotton. A l'exception des raiders ou des IRONCLADS le sud ne bénéficiait d'aucun navire de guerre capable d'affronter les navires de ligne nordistes.

A la petite flotte de guerre confédérée il faut ajouter les corsaires privés au nombre d'une vingtaine qui participèrent à la guerre de course, les briseurs de blocus et transports privés qui aidèrent la Confédération dans sa lutte. en plus des marins et officiers de marine, certains navires confédérés embarquaient des CS Marines ou fusilier marin de la confédération pour assurer le service d'infanterie embarquée.

En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman

En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman

La marine Confédérée (1)

Incapable de mettre sur pied une flotte de combat capable d'affronter les puissantes escadres du nord, le Sud mit en place toute une série de machines et d'inventions dans le but de contrecarrer le blocus du Nord. Les mines flottantes mises à feu depuis la rive ou par déclencheur à contact détruisirent pas moins de 27 navires nordistes. Les sous-marins furent utilisés non pour la première fois dans l'histoire navale mais réussirent au moins une fois à couler un navire ennemi ( voir article sur le CSS HUNLEY). Des navires torpilleurs semi-submersibles ou classiques furent également utilisés mais avec moins d’efficacité. Lors de l'opération navale contre la nouvelle-Orléans, les Sudistes envoyèrent des brûlots sur la flotte nordiste mais sans succès.

En dernier recours, ce sont les batteries côtières qui assurèrent la défense des ports et des villes avec plus ou moins de succès. Les navires de guerre nordistes utilisant la tactique du tir en défilement furent le plus souvent vainqueurs lors des duels entre bateaux et fortifications. Durant la campagne de Vicksburg, la flottille nordiste essuya sans broncher les tirs des défenses de la ville et réussirent à passer devant Vicksburg sans perdre un navire. Seule une défense côtière réussit à forcer les IRONCLAD fluviaux à battre en retraite plus en aval du fleuve.

La trop grande différence de puissance entre le nord et le sud fit que sur ce front, le Sud n'avait aucune chance de l'emporter. Les rares combats de surface d'importance furent du fait des flottilles défendant le Mississippi ou les ports. Dans la plupart des cas, les flottilles de l'Union qui comportaient un grand nombre de Monitor, eurent le dessus sur leur adversaire sudiste. L'épisode du CSS Virginia demeure la plus grande victoire de la marine confédérée de la guerre, l'IRONCLAD sudiste coula deux navires de ligne et en endommageant un troisième. Mais utilisés isolément, les navires cuirassés confédérés succombèrent les uns après les autres. Les nombreuses armes novatrices utilisées par les Confédérés démontrèrent à la fois la situation désespérée du Sud dans le domaine naval mais aussi un certain dynamisme et une capacité d’innovation technologique surprenante pour une "nation" faiblement industrialisée. Elles furent hélas incapables de faire pencher durablement la balance en leur faveur.

La marine Confédérée (1)

L'uniforme des marins:

Comme l'armée, l'uniforme de la marine répondait à un règlement vestimentaire spécifique.

Les officiers portaient une tunique descendant jusqu'au genoux de couleur gris foncé "gris acier" avec deux rangées de 9 boutons couleur métal jaune (voir dessin). Le pantalon était de la même couleur ou blanc en zone chaude.

Une casquette faisait office de couvre chef avec un symbole brodé sur le devant indiquant le grade tout comme le nombre de lacets horizontaux entourant la base de la casquette. La veste longue comportait des grades d'épaules comme indiqués sur la planche ainsi que des grades de manches pour la grande tenue. Le nombre de lacets indiquant le grade.

Pour un Flag officer, longue tunique gris acier à double rangées verticales de 9 boutons couleur métal jaune. Le grade de manche est en lacets d'or d'un demi pouce d'épaisseur, 3 lacets horizontaux et une boucle. La casquette comporte le badge propre a son grade composé d'une ancre de marine entourée de lauriers et surmontée de 4 étoiles à 5 branches couleur or. Pour les grades suivants la tenue reste identique mais le nombre de lacets diminue. Le passed Midshipman qui est le premier grade d'officier n'a pas de lacet sur les manches mais 3 boutons en lieu et place. Bien entendu les badges de casquettes et les grades d'épaules sont différents en fonction du grade (voir planche).

Il n'existe pas de grade d'amiral dans la marine confédérée (pas plus d'ailleurs, au début de la guerre, dans la marine de l'union, ce grade arrivera en cours de conflit).

Les spécialistes comme les médecins, les mécaniciens, les trésoriers ou chapelains avaient également leurs grades d'épaule et leur badges de chapeaux respectifs (voir planche). La tenue est couleur gris acier avec pantalon blanc ou gris acier. Les grades de manches du chirurgien de plus de 12 ans de services sont deux lacets or horizontaux, un pour le chirurgien plus jeune en service et un lacet deux fois moins large pour l'assistant chirurgien.

On distingue les grades suivants chez les spécialistes:

Chirurgien de plus de 12 ans de service, chirurgien, assistant chirurgien

Trésorier payeur de plus de 12 ans de service, trésorier payeur, assistant trésorier payeur

Chef ingénieur de plus de 12 ans de service, chef ingénieur, premier assistant, deuxième assistant et troisième assistant ingénieur.

A cette liste il faut ajouter

le chapelain, le professeur, le secrétaire du commodore, le secrétaire, le clerc.

Les officiers mariniers (des spécialistes comme les maitre-d'équipages, charpentiers, maitre calfat, artilleurs, timoniers...)portaient des tenues proches de celles de leurs homologues du nord avec des vestes courtes à simple ou double rangée de boutons, des pantalons larges blancs ou gris, une casquette.

Les marins portaient une tenue grise avec écharpe noir autour du coup et un gilet blanc dont le col dépassait largement sur le dos formant un tablier dorsal. Le couvre-chef était un bonnet de marin en laine grise aplati sans bords ou un chapeau de paille à bords plats en zone chaude en plus du pantalon et de la veste blancs ( voir image de l'officier illustrant l'article). Les ceintures étaient en cuir noirci.

Le navy jack de la marine confédérée a évolué en même temps que le drapeau de la confédération et est passé du canton bleu à cercle étoilé à un canton orné de la croix de saint André. Le Navy jack est normalement hissé au port, au combat on hisse les couleurs nationale en plus.

(dessin illustrant l'article : officier de marine confédéré par Michael Codd )

En haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaiseEn haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaiseEn haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaise

En haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaise

De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"

De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"

sources:

william M Fowler "Under Two Flags" BlueJacket Books

John Keegan "La guerre de Sécession" édition Pour l'Histoire Perrin

James McPherson " La guerre de Sécession" éditions Robert Lafont

New Vanguard 64 Angus Konstam "Confederate Raider 1861 1865 " éditions Osprey

New Vanguard 41 angus Konstam "Confederate Ironclad 1861 1865 " éditions Osprey

http://civilwarnavy150.blogspot.fr/

http://confederateuniforms.org/conun/confederateuniforms-cn01.php

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