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La bataille de Port Royal 3 - 7 novembre 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Port Royal 3 - 7 novembre 1861

Désirant s'emparer de positions importantes le long des côtes de la Confédération, la marine américaine entreprit d'attaquer les ports et positions fortifiées confédérés des états de la Caroline du Sud et du Nord dans le but de fournir une base logistique permanente pour des opérations futures à l'intérieur des terres, contrer la menace des raiders et autres corsaires sudistes et d'étendre le blocus vers le Sud. Le site de Port Royal était à l'estuaire de plusieurs rivières le long des côtes de Caroline du Sud. Cet endroit était protégé par deux forts : le Fort Walker sur Hilton Head island et le Fort Beauregard sur l'île Philippe.

La flotte de l'Union, sous les ordres de Samuel Du Pont, se rassembla avec les transports des forces terrestres qui devaient débarquer à Hampton Roads. La flotte regroupait 77 navires de guerre et transports ce qui en faisait la plus grande escadre navale de l'histoire militaire américaine. La cible était connue du seul Commodore Du Pont, les officiers devaient attendre d'être en mer pour ouvrir les ordres et connaître leur destination dans le but de garder le secret de l'attaque. Malgré les précautions de Du Pont, les Sudistes connaissaient vraisemblablement le lieu de l'attaque à cause de fuites dans la presse nordiste. Lors du voyage, la flotte nordiste traversa des zones de mauvais temps qui endommagèrent plusieurs bâtiments, 4 transports furent coulés mais la plupart des hommes purent être sauvés. Le 3 novembre, la flotte arriva tant bien que mal devant Port Royal. Une reconnaissance de canonnières rencontra une petite flottille sudiste de 5 navires, mais cette dernière dut rebrousser chemin devant la puissance de feu de l'union. Deux jours plus tard une seconde reconnaissance permit aux Nordistes d'évaluer la puissance de feu des forts qui les attendait. L'attaque aurait lieu le 7 novembre mais sans débarquement de troupes car les navires transportant les munitions des soldats avaient été perdus lors du voyage. La profondeur de la passe de Port Royal étant suffisante pour les grosses unités de combat, la flotte d'attaque se scinda en deux colonnes. Dans la principale le navire amiral, la frégate USS Wabash suivi de 8 autres bateaux le USS Susquehanna et ses 15 canons, dont 12 de 230mm, les Sloop Mohican, Seminole, Pawnee, les canonnières Unadilla, Pembina, Ottawa et le vapeur armé Isaac Smith. La seconde colonne comprenait 9 canonnières.

Lorsque la marine américaine arriva sur place elle se mit à appliquer la même tactique récemment utilisée lors de la bataille pour Fort Hatteras. Les navires bombarderaient les deux forts en effectuant des boucles afin de ne pas rester statiques sous le feu ennemi. A 9h26 le Fort Walker, première cible de la flotte ouvrit le feu, les canons des navires nordistes répondirent et la bataille devint générale. Les canons confédérés avaient du mal à ajuster les navires qui se déplaçaient tout le temps mais de la même manière les bâtiments nordistes tiraient trop haut et rataient le plus souvent le fort ennemi. Finalement et en dépit des ordres du Commodore Du Pont des navires jetèrent l'ancre dans une position apparemment sécurisée et tirèrent sur le fort en position statique. Les dégâts furent cette fois bien plus sévères et à 14h00 les défenseurs sudistes, à court de munitions, quittèrent le fort. Cette fuite n'ayant pas échappé aux marins de l'Union, ces derniers dépêchèrent sur les lieux un détachement dans le but de parlementer mais ils ne trouvèrent plus personne dans le fort avec qui négocier. A la place ils hissèrent la bannière étoilée. Le Fort Bauregard, moins atteint, vit également la retraite de leurs frères d'armes. Craignant d'être débordés, le commandant sudiste Dunovant et sa garnison préfèrent quitter les lieux à leur tour. A la fin de la journée le drapeau de l'Union flottait au-dessus des deux forts ennemis, Port Royal était tombé.

Démontrant une fois de plus la supériorité d'une flotte mobile sur une position fortifiée, la position de Port Royal tomba en une demi-journée ; moins de 60 hommes avaient été tués ou blessés dans les deux garnisons sudistes et ce en dépit de l'énorme quantité de projectiles. La flotte de l'Union qui fut rejointe par le USS Pocahontas durant la bataille avait subi une trentaine de morts et blessés. Immédiatement après avoir fait sauter le verrou de Port Royal, les troupes de l'Union s'emparèrent des localités de Beaufort et de Sainte Hélène puis progressèrent vers le nord en direction de Charleston qui subirait un siège en bonne et due forme jusqu'à février 1865. La flotte nordiste put bénéficier d'installations afin de se ravitailler dans ce secteur tout en poursuivant ses opérations de blocus et de siège sur Charleston. La bataille de Port Royal eut un impact important pour la poursuite des opérations amphibies vers le sud de la Confédération tout en redonnant un peu de baume au cœur du Nord habitué aux défaites depuis Bull Run.

Encore une fois, comme durant la guerre de 1812, l'US Navy contrebalançait les défaites de l'armée de terre par des victoires successives.

(dessin : collection de la librairie du Congrès)

sources:

william M Fowler "Under Two Flags" BlueJacket Books

John Keegan "La guerre de Sécession" édition Pour l'Histoire Perrin

James McPherson " La guerre de Sécession" éditions Robert Lafont

La frégate de 2500 tonnes USS Susquehanna, un des plus gros navires de guerre de la flotte qui attaqua Port Royal, armé de 15 canons, il était propulsé par ses voiles et ses machines à vapeur lui donnant une vitesse de 19 km/h

La frégate de 2500 tonnes USS Susquehanna, un des plus gros navires de guerre de la flotte qui attaqua Port Royal, armé de 15 canons, il était propulsé par ses voiles et ses machines à vapeur lui donnant une vitesse de 19 km/h

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