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Articles avec #armement tag

Le matériel roulant d'artillerie (1)

Publié le par Olivier Millet

Chaque batterie emmenait bien sûr ses canons de calibres et de types différents mais pour chaque canon il y avait une multitude de véhicules servant à l'entretien ou l’approvisionnement des pièces d'artillerie. Ce qui explique qu'une armée en campagne qui emporte une artillerie conséquente traîne derrière elle des files de véhicules divers. Ces parcs d'artillerie nécessitent des routes suffisamment carrossables pour passer ainsi qu'une protection contre d'éventuels "raiders" ennemis. Lors des opérations dans la péninsule menées par George McClellan, ce dernier emmena avec lui près de 400 chariots, des wagons et transports d'artillerie. Un nombre relativement modeste pour une armée de plus de 100000 hommes mais qui était transportée par voie fluviale. L'armée de Sherman dans sa marche à la mer s'étirait sur plusieurs dizaines de kilomètres. Chariots, caissons, canons, matériel pour le franchissement, forges de campagne, chariots du télégraphe militaire.... La logistique des armées nécessitait toujours plus de matériel roulant.

Parmi ces matériels l'on trouvait le wagon de fournitures servant au transport des pièces détachées de rechange pour des réparations d'urgence mais aussi les équipements des chevaux des attelages d'artillerie. Le Wagon s'attachait à l'avant-train d'artillerie classique au moyen d'un crochet fixé sous l'avant-train. Chaque batterie emmenait un wagon et une forge de campagne, Bien que ces matériels ne soit pas dévolus au service exclusif de l'artillerie on comptait environ un chariot pour une quarantaine d'hommes ce qui pouvait représenter un nombre très important de véhicules pour une grosse armée en campagne.

La forge de campagne était utilisée pour toutes les opérations concernant le maréchal ferrant, les réparations sur les affuts des canons ou du matériel roulant. La forge contenait un soufflet dissimulé sous une caisse en bois et était actionnée manuellement au moyen d'un levier. L'air était distribué au foyer situé à l'avant par un tuyau.

Chaque canon était tracté par un avant-train contenant le nécessaire pour effectuer les premiers tirs (projectiles et gargousses de poudre) plus le matériel des artilleurs pour assurer le service de la pièce. Chaque canon possédait un caisson supplémentaire pourvu d'une double dotation en munition et tracté par un autre avant train. Les caissons étaient situés en arrière de la batterie déployée pour la protéger des coups de l'ennemi mais pas trop loin afin d'assurer un ravitaillement efficace en munition une fois celle de l'avant-train épuisées. Les différentes roues était interchangeable entre l'avant-train, l'affut M1840 ou le wagon. Une roue de "secours" était souvent fixée à l'arrière du wagon.

Les chariots lourds transportant l’approvisionnement, le matériel du campement ou les pontons était bien plus encombrant et comportait deux essieux au lieu d'un seul.

En plus du matériel de l'artillerie de campagne, s'ajoutait celui de l'artillerie lourde ou de siège. Les canons lourds et les mortiers ( a voir dans un prochain article) étaient déplacés au moyen de chariots différents. Les mortiers, dépourvu de roues, étaient hissés sur des plateformes tractées tandis que les canons lourds étaient parfois suspendus à des chariots lourds aux roues bien plus grandes que les avant-train classiques. Enfin le chemin de fer permettait de transporter sur de longues distances et bien plus rapidement la logistique d'une armée, les matériel étaient placés sur les wagons mais ce système ne pouvait se faire que dans les régions où l'infrastructure ferroviaire était suffisante ce qui était loin d'être le cas dans de nombreux territoires sudistes.

Le matériel roulant d'artillerie (1)
De haut en bas: un avant-train et un caisson double, autre vue de l'avant-train et une forge de campagne
De haut en bas: un avant-train et un caisson double, autre vue de l'avant-train et une forge de campagne
De haut en bas: un avant-train et un caisson double, autre vue de l'avant-train et une forge de campagne

De haut en bas: un avant-train et un caisson double, autre vue de l'avant-train et une forge de campagne

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Les "raiders" confédérés, le CSS ALABAMA

Publié le par Olivier Millet

Lors du déclenchement de la guerre civile, la Confédération se savait particulièrement en infériorité sur le plan naval. Davis et les autres responsables de la stratégie militaire du Sud se doutaient bien qu'un blocus serait mis en place par la flotte de l'union et que les flux commerciaux et logistiques en provenance de l'étranger seraient compromis. Le ministre de la marine sudiste Stephen Mallory avait donc axé sa stratégie sur 3 principes:

- Les IRONCLADS seraient les principaux navires de guerre sudistes pour attaquer les bateaux en bois de l'union.

- les ports et accès fluviaux du Sud seraient protégés par des batteries et des mines flottantes

- la flotte de commerce de l'union devait être attaquée par des navires sudistes dans une guerre de course.

Sur le dernier point, Mallory souhaitait que les navires alloués a cette mission de guerre de course soient des navires de guerre confédérés. La guerre de course est habituellement l'affaire des corsaires, c'est à dire des navires affrétés par des particuliers dotés d'une lettre de marque pour s'attaquer aux navires marchands ennemis et partager avec l'état la recette des prises éventuelles. Les navires de guerre confédérés qui furent désignés pour la guerre de course appartiendraient donc à la marine de guerre sudiste et se nommeraient les " Raiders ".

Illustration le CSS Alabama attaque le USS Hateras par Tom Freeman

Construire les Raiders

Comme le Nord possédait presque tous les arsenaux et chantiers navals, le Sud devait trouver une solution pour construire ou faire construire les navires de guerre de la flotte des raiders. La conversion en unités de ce type de bateaux capturés ou existant au Sud fut la première solution mais très vite, il fallu faire appel à des chantiers navals étrangers pour construire des navires rapides qui seraient mieux à même d’effectuer des attaques sur les bateaux de commerces nordistes et échapper à leur flotte. Ce fut l'Angleterre qui fut choisie comme terre de prédilection pour cette tache, mais d'une manière officieuse puisque la confédération sudiste n'avait pas de reconnaissance internationale et que les chantiers navals anglais n'avaient pas l'autorisation de construire des navires de guerre pour une nation étrangère belligérante (conformément au British Foreign Enlistment Act). Ce fut grâce aux manœuvres de James Bulloch et James North, deux agents sudistes en Angleterre,  que les confédérés réussir à faire construire certains de leur raiders par des chantiers navals de Liverpool ou d’Écosse. Pour contourner la loi britannique, Bulloch faisait construire des navires dont il fournissait le "design" en tant qu'acheteur particulier. Le navire construit ne possédait aucun armement et prenait la mer avec un équipage local réduit pour rejoindre un point de rendez vous hors des eaux territoriales anglaises avec un navire confédéré. Au lieu de rendez vous le navire qui portait un nom temporaire retrouvait un autre bateau sudiste qui transférait à son bord l'armement et l'équipage final. Une fois la mission effectuée, le nouveau navire hissait les couleurs de la marine confédéré et prenait son nouveau nom de raider.

Un moyen plus simple et rapide pour acquérir un Raider était d'acheter directement un navire existant et de le rééquiper par la suite pour sa nouvelle tache. Le premier d'entre eux fut le vapeur Habana qui fut rebaptisé Sumter par les confédérés et qui opéra dès juillet 1861 avant de finir sa carrière dans le port de Gibraltar. Deux autres navires furent mit en chantier à Liverpool les futurs CSS ALABAMA et FLORIDA.

Le CSS ALABAMA

L'ALABAMA qui devint le Raider le plus célèbre de la guerre, avait été commandé au chantier naval anglais de John Lairds Sons and Compagny pour la somme de 47500 dollars. Il devait jaugé 1044 tonnes et être bien entendu dépourvu de tout armement militaire. Sa puissance de 1000 CV lui permettait d'atteindre la vitesse de 13 nœuds. Construit en bois afin de lui permettre d'effectuer des réparations dans la plupart des ports du globe, sa quille était en bois d'Orme très solide, sa charpente en chêne et en Pins et ses superstructures en Teck. Doté d'une forme élégante et profilée, le navire sans être révolutionnaire, correspondait aux progrès réalisés dans l'architecture navale de ces dernières années. Il était propulsé par voiles et par une machine à vapeur à quatre chaudières lui conférant une bonne vitesse pour la chasse ou pour échapper à d'éventuel poursuivant tout en lui assurant la possibilité d'un déplacement à voile classique plus lent mais économe pour les grandes distances.

Conformément aux habitudes des britanniques lors de la construction de ce type de bateau et pour ne pas aller à l'encontre de la loi sur la neutralité britannique, la coque lancée le 28 juillet 1862 ne possède qu'un numéro n°290 puis est baptisée Enrica. Précaution inutile car la construction est depuis longtemps surveillée par des agents de l'union qui avertirent le gouvernement fédéral. Ce dernier émettra les protestations d'usage auprès des autorités britanniques mais sans effet. Le navire récupère son équipage aux iles Acores où le navire de commerce est armé et paré pour sa futur guerre de course.

Une carrière opérationnelle courte mais intense:

Armé de 6 canons de 32 livres, d'une pièce centrale de 7 pouces à tube rayé et d'un canon lisse de 8 pouces situé derrière le grand mat, l'Enrica est officiellement baptisé au large des Acores CSS ALABAMA et hisse désormais le drapeau confédéré en lieu et place du pavillon britannique. Il est à noter qu'une partie des hommes de son équipage ne sont pas américain mais britannique et qui devant la promesse de futures primes pour chaque navire fédéral capturé et détruit, s'engagèrent pour la cause sudiste faisant d'eux des mercenaires. Seul le capitaine Semmes et ses 24 officiers étaient des membres de la marine confédérés, les autres faisait partie de l'équipage de l'Agripine, navire auxiliaire qui servi de navire logistique au CSS Alabama.

Filant à pleine vitesse plus de 13 noeuds, le CSS Alabama allait d'abord opérer dans la zone de transit des navires de commerce fédéraux qui naviguent entre L'Europe et les USA ainsi que dans la zone de chasse baleinière nordiste. en deux semaine le croiseur confédéré intercepte et coule 8 navires baleiniers et un schooner. Le navire croise ensuite au large des côtes de nouvelle Angleterre puis redescend vers le Sud et coule d'autres navires de commerce fédéraux gagnant de par la même une réputation sinistre. Ses attaques se déroulant sous pavillon britannique pour ne pas éveiller la méfiance des équipages adverses, le CSS Alabama adopte ainsi le comportement des navires corsaires d'Antan avec une redoutable efficacité, les équipages des navires capturés sont généralement relâchés dans les ports les plus proches et ne manquent pas d'alimenter les histoires sur ce corsaire fantôme. Histoire qui commencent sérieusement à agacer l'amirauté fédérale qui ne tarde pas à envoyer des unités à sa poursuite. L'USS Jacinto et l'USS Vanderbilt échouerons tout deux a intercepter le navire sudiste. Le CSS Alabama croise ensuite près des Antilles où il détruit deux navires de plus avant de filer vers le golfe du Mexique.

Près de Galveston, au Texas, le croiseur sudiste rencontre et combat l'USS Hatteras, le 11 janvier 1863 et remporta son premier combat naval. A cette occasion il se fait passer pour un navire de commerce anglais, se laisse approcher et abat brusquement son pavillon en ouvrant le feu sur le navire nordiste surpris. A si courte portée et avec un armement supérieur le croiseur sudiste inflige rapidement des dégâts importants à son opposant qui ne tarde pas à couler, une infamie de plus au yeux de l'union...

Repartant au large du Brésil, le navire sudiste fait 29 prises de plus, son record, puis file vers les côtes africaine en compagnie du CSS Tuscaloosa, navire de prise incorporé a la flotte confédérée par l'équipage du CSS Alabama. La campagne est moins bonne, le navire confédéré ne capture que 4 bateaux avant d'arriver au Cap en Afrique du Sud pour réarmer. L'USS Vanderbilt toujours en chasse ne parvient toujours pas a approcher l'insaisissable corsaire. Ce dernier repart vers l'océan indien, la mer de chine, Singapour, toujours talonné par des unités nordistes. Repartant vers l'ouest, Semmes décide de mettre le Cap vers la France pour faire réparer son navire, décision funeste car si le navire déjoue tous les pièges tendus par la marine de l'union, en arrivant à Cherbourg pour effectuer ses réparations il se signale et se trouve ainsi pris au piège par les navires fédéraux qui arrivent pour le bloquer dans le port français. Semmes va alors tenter le tout pour le tout et essayer de forcer le blocus nordiste. Le 14 juin 1864, le CSS ALabama sort du port pour affronter l'USS Kearsarge qui lui barre le passage. Sous le regards d'une foule de milliers de spectateurs le combat s'engage entre les deux navires. L'USS Kearsarge est un sloop de guerre armé de 7 canons dont deux Dahlgreen de 280 mm. Ce que Semmes ignore, c'est que le navire fédéral a ses flancs renforcés de chaines de fer. Ouvrant rapidement le feu, le croiseur sudiste enchaine les tirs de loin mais ce faisant au détriment de la précision. En outre il semble que ses munitions ne furent pas d'une grande efficacité , certain obus n'explosant pas à l'impact, les tirs du USS Kearsarge, plus tardifs mais implacable trouvèrent leur cible et infligèrent des dégâts irréparable au CSS Alabama. Les machines noyées, le gouvernail brisé, le navire corsaire est méthodiquement rasé par les canons de 11 pouces du navire fédéral. Ayant abattu son pavillon le CSS ALabama cesse le combat, et les survivants sont recueillis par le navire de l'union mais aussi par un petit navire anglais. Ainsi Semmes embarque sur le bateau britannique et parvient a échapper aux marins nordistes a la grande colère du capitaine du USS Kearsarge.

Après avoir effectué 7 campagnes, détruit ou capturé 502 navires, le CSS Alabama fini coulé au large de Cherbourg. Par ses actions, il a infligé une perte financière sèche au gouvernement de Washington de 123 millions de dollars, mobilisé d'important moyens maritimes pour le détruire et inspiré une peur panique aux armateurs nordistes. A la suite d'actions en justice de la part du gouvernement des USA contre la Grande Bretagne pour son soutient officieux de la confédération, une somme de 15.5 millions de dollars sera versée aux USA comme dédommagement suite aux pertes de sa flotte de commerce. Les Américains reprochant aux anglais d'avoir construit les corsaires qui ont attaqué leur commerce maritime. Bien qu'emblématique, le CSS Alabama et ses frères corsaires ne sont qu'une piètre réponse à la puissance navale de l'union. Les corsaires même si ils possèdent une capacité de nuisance non négligeable n'ont pu influer de manière décisive sur la guerre navale et commerciale. Tout comme les corsaires français du début du 18ème siècle ou la guerre de course allemande des deux guerres mondiales, l'impact psychologique et économique fut bien plus important que l'impact militaire. Option stratégique des marines faibles, la guerre de course, si elle n'est pas soutenu par une marine de guerre conséquente, se révélera au final a chaque fois : un échec.

 

Le CSS ALABAMA fut le plus célèbre raider confédéré de la guerre il fut coulé au large de Cherbourg par le Sloop USS Kearsarge

Le CSS ALABAMA fut le plus célèbre raider confédéré de la guerre il fut coulé au large de Cherbourg par le Sloop USS Kearsarge

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La mitrailleuse Gatling dans la guerre de sécession

Publié le par Olivier Millet

La guerre de sécession fut le premier vrai conflit moderne qui vit l'emploi du télégraphe des chemins de fer, des navires cuirassés, des sous-marins et de la première mitrailleuse.

Inventée en 1862 par l'ingénieur Richard Gatling, cette arme à tir multiple consistait en 6 canons pivotants de calibre 0.58 autour d'un axe central, chaque canon possédant son propre système de mise à feu. L'alimentation en munitions se faisait au moyen d'un cylindre qui faisait tomber les balles par gravité dans les tubes. Une manivelle permettait le mouvement circulaire qui fermait alternativement les chambres, éjectait une douille, verrouillait la culasse ou tirait la munition. Chacune de ces opérations se faisait sur chacun des canons mais, bien entendu, pas en même temps. Ainsi l'arme pouvait atteindre entre 200 et 400 coups à la minute. L'avantage du système rotatif était que les canons pouvaient refroidir un court laps de temps entre chaque tir et que si l'arme tirait 600 balles, en fait chaque canon n'en avait tiré que 100. Au vu de l'usure des canons et de la fatigue du métal engendrée par des cadences de tir trop importantes, Gatling jugea que 150 coups minute permettrait un tir prolongé sans risque de casse pour l'arme.

Peu intéressé par cette arme novatrice, le gouvernement américain en acquit 12 pour 1000 dollars chacune pour effectuer un test au combat en 1864. Les militaires craignaient qu'une telle arme consomme bien trop de munitions pour un résultat relativement modeste au vu de la puissance d'impact de l'arme. Utilisée comme une pièce d'artillerie cela était vrai, mais mélangée au sein d'un bataillon d'infanterie son impact sur une ligne ennemie aurait été dévastateur.

Manœuvrée par 4 hommes, il était essentiel de maintenir un rythme identique dans l'utilisation de la manivelle sous peine d'enrayer l'arme, ce qui arrivait assez souvent.

Employées lors du siège de Petersburg, des Gatling furent fixées sur des canonnières, une douzaine d'autres furent livrées au premier corps du général Hancock. Mais au final l'arme ne vit que peu de combats.

Cette arme était fixée sur un affût d'artillerie standard ce qui augmentait considérablement son gabarit, la rendant moins maniable que les mitrailleuses plus modernes. Employée comme une pièce d'artillerie, son utilisation au combat fut épisodique et son emploi fut limité. De plus, intégrée aux formations d'artillerie elle perdait sa capacité tactique de frapper au plus près des lignes ennemies et était facilement contrebattue par l'artillerie adverse. Les Français autres grands inventeurs de la mitrailleuse commirent la même erreur de doctrine d'emploi lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

La Gatling connut le succès après la guerre de sécession et fut employée de plus en plus et par différentes armées. Les Anglais qui furent impressionnés par les qualités de cette arme les utilisèrent contre les Zoulous, puis les Boers, les Boxers chinois et dans la plupart de leurs conflits coloniaux. Si bien d'autres mitrailleuses ont été inventées par la suite et notamment la Maxim 1908 des Allemands, la Gatling est considérée aujourd'hui comme l'arme ayant la plus grosse cadence de tir du monde. Les derniers modèles de Gatling peuvent tirer jusqu’à 6000 coups par minute. Tous les avions de chasse de l'US AIR FORCE sont aujourd'hui armés d'un canon vulcain rotatif descendant du système de Gatling tout comme le monstrueux A10 warthog et son canon rotatif à 7 tubes de 30mm capable de percer le blindage d'un char.

Paradoxalement cette arme dont les différents successeurs furent les principaux pourvoyeurs de morts des conflits modernes avait été inventée par Gatling pour réduire le nombre de tireurs nécessaires au combat et réduire ainsi la taille des armées et donc le nombre de morts.

mitrailleuse gatling sur affût de campagnemitrailleuse gatling sur affût de campagnemitrailleuse gatling sur affût de campagne

mitrailleuse gatling sur affût de campagne

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La marine de L'union (1)

Publié le par Olivier Millet

La marine Nordiste durant la guerre de sécession domina largement le conflit par sa taille et l'absence de réelle opposition de la part de la marine confédérée. La marine de l'Union en 1861 qui n'est rien de moins que l'US Navy moins quelques marins et officiers qui ont préféré rejoindre le Sud, possédait 42 navires à voile et à vapeur ; à la fin de l'année 1861 elle réussit à tripler ses effectifs. En 1862 on comptait presque 390 unités. Le budget de la marine fut multiplié par 10 pour atteindre les 120 millions de dollars. Trop méconnu, le rôle de la marine de l'Union dans la guerre fut déterminant. A l'issue du conflit, l'US Navy n'était ni plus ni moins que la plus grande flotte de guerre du monde juste derrière la Royal Navy mais était bien plus moderne et possédait un grand nombre de navires cuirassés. A la fin de la guerre l'ensemble des unités composant la flotte de l'Union atteignait les 671 unités dont 75 cuirassés.

Une petite marine

A l'origine le seul ennemi potentiel de l'US NAVY fut la marine anglaise qui avait déjà douloureusement croisé sa route en 1812. La vulnérabilité des côtes des États-Unis et l'incapacité de sa flotte d'alors à contrer les attaques de la Royal Navy avaient fait prendre conscience à Washington et à ses amiraux de la nécessité de posséder une flotte digne de ce nom et d'un système de fortifications côtières beaucoup plus dense. Durant la guerre du Mexique l'US Navy n'eut pas à combattre de navire de guerre et sa seule contribution à des opérations militaires durant le 19ème siècle, hormis la guerre de 1812, fut le conflit avec les barbaresques et les opérations anti-négriers sur la côte sud-africaine. Les missions de la marine dans les années 1840, 1850 sont essentiellement du contrôle de trafic, la lutte anti-piraterie et les missions scientifiques. L'US Navy est également intervenue au Japon pour forcer ce pays à ouvrir ses portes au marché international par l'entremise d'une flotte commandée par le Commodore Matthew Perry en 1853. D'une manière générale, la marine de guerre américaine n'est pas une force de première importance, elle est incapable d'affronter les grandes escadres européennes comme celles de la France ou de l'Angleterre et en outre sa mission première ne la destine pas à autre chose que la protection des intérêts américains sur ses côtes ou à l'étranger.

Lorsque la guerre civile éclate, la marine de l'union possède relativement peu de bateaux dont certains sont en chantier pour réparation et d'autres envoyés à l'autre bout du monde. Seule une quarantaine est réellement disponible parmi lesquels 27 sont en missions lointaines.

La mission que le président Lincoln allait lui donner était multiple :

assurer un blocus des ports confédérés afin de paralyser le Sud et de le priver d'une de ses importantes ressources en armements et matières premières de la même manière que durant la guerre contre le Mexique. Ce genre de mission pour être remplie efficacement nécessitait un grand nombre de navires pour assurer une permanence au large des nombreux ports sudistes.

La mission suivante fut une réelle innovation. La flotte devait emprunter les accès fluviaux pour porter la guerre au cœur du Sud en transportant des troupes ou en attaquant directement les villes et forces ennemies stationnées en bordure de fleuve. La flotte de haute mer devait se muer en flottille de rivière.

Bien entendu les missions d'escorte, de liaison et de combat en haute mer devaient également être assurées. Tout navire de guerre ou corsaire sudiste aperçu en mer devrait être combattu.

Des flottes en pleine mutation

En ce milieu du 19ème siècle, les marines du monde étaient en pleine mutation, la propulsion à vapeur remplaçait la propulsion à voile, lui conférant l'avantage de la vitesse et surtout de ne plus se soucier de la direction du vent pour se déplacer. Les canons rayés équipaient les ponts des navires de guerre améliorant la précision des tirs. Cette double révolution avait en partie échappé aux Américains qui n'ont pas su prendre en compte des enseignements à tirer des batailles navales Russo-Turques et la guerre de Crimée. Lors de la bataille navale de Sinope entre Russes et Turcs, les canons à obus explosif réduisirent en miettes les navires de bois des Ottomans. De la même manière les barges blindées de fer des Français lors de la guerre de Crimée, écrasèrent les défenses russes lors de la bataille de Kinburn. Ces barges surmontées de plaques de fer reçurent plus de 200 impacts en retour mais aucune ne fut sérieusement endommagée. Les canons rayés à obus explosif pouvaient ainsi mettre en pièces les navires de bois et seuls des navires protégés par des cuirasses en fer pouvaient résister à cette nouvelle artillerie embarquée. Seulement la marine américaine était pourvue de nombreux navires à propulsion à voile et vapeur mais à coque en bois classique.

Les marines française et anglaise avaient chacune lancé leur propre navire à cuirasse de fer en 1858, les croiseurs Gloire et HMS Warrior, mais ces navires étaient des vaisseaux à flancs protégés avec une mâture classique et pas de véritables cuirassés à vapeur dépourvus de voiles. Sur ce point l'US Navy se montrera particulièrement novatrice avec des vaisseaux blindés, sans voiles, à faible tirant d'eau et à tourelles uniques ou multiples pouvant effectuer des rotations à 360°. Mais au début de 1861, aux États-Unis on était encore loin de se soucier de mettre au point de telles innovations technologiques. Devant l'absence d'ennemis réels, les projets farfelus de navires cuirassés d'un certain Ericson n'avaient pas retenu l'attention. La guerre qui s'annonçait allait tout changer. Seul le Monitor, premier navire cuirassé de l'union, avait été mis en chantier au début du conflit suite à des rumeurs sur l'existence de navires cuirassés sudistes. Dès 1862, l'US Navy est la marine ayant les navires les plus modernes et les plus efficaces au combat du monde. Dès 1862 L'Angleterre, en froid avec les États-Unis, suite à l'affaire du Trent, réalise qu'elle ne pourra sans doute pas s'approcher des ports américains, en cas de conflit, sans subir de dommages sérieux et sans pouvoir répondre efficacement. Lors de la bataille d'Hampton Roads, ce sont toutes les marines du monde qui se sont retrouvées obsolètes. La fièvre du Monitor qui suivit, fit que l'US Navy lança un programme d'armement naval dans le domaine des cuirassés sans précédent, même sur les fleuves comme le Mississippi. Des navires cuirassés à très faible tirant d'eau furent construits pour progresser et soutenir les armées d'invasion nordistes. La flotte en "eau boueuse" ou brown fleet était née, Pour la première fois dans l'histoire une flotte de combat était spécialement étudiée et mise en chantier dans le seul but de combattre sur les cours d'eau.

Dans le domaine naval, Sud et Nord se lancèrent dans la guerre sous-marine avec d'un côté le célèbre CSS Hunley et de l'autre le USS Aligator. Bien qu'anecdotique cette nouvelle forme de combat fut le commencement d'une nouvelle ère pour toutes les grandes flottes du monde, la mer prenait dès lors avec le succès du CSS Hunley, une nouvelle dimension, le combat sous la surface.

de gauche à droite, la frégate à vapeur Kearsarge, célèbre pour avoir vaincu le corsaire sudiste CSS ALABAMA en 1864, le Keokuk et ses deux superstructures abritant un canon pivotant, la canonnière de rivière USS Onondagade gauche à droite, la frégate à vapeur Kearsarge, célèbre pour avoir vaincu le corsaire sudiste CSS ALABAMA en 1864, le Keokuk et ses deux superstructures abritant un canon pivotant, la canonnière de rivière USS Onondagade gauche à droite, la frégate à vapeur Kearsarge, célèbre pour avoir vaincu le corsaire sudiste CSS ALABAMA en 1864, le Keokuk et ses deux superstructures abritant un canon pivotant, la canonnière de rivière USS Onondaga

de gauche à droite, la frégate à vapeur Kearsarge, célèbre pour avoir vaincu le corsaire sudiste CSS ALABAMA en 1864, le Keokuk et ses deux superstructures abritant un canon pivotant, la canonnière de rivière USS Onondaga

Les navires de guerre et les marins de l'Union :

La flotte de l'Union au début du conflit était composée de frégates de ligne, de plus petits navires rapides propres à la lutte contre les pirates et dans un premier temps d'un ensemble hétéroclite de navires civils armés en urgence pour faire face au conflit. Les équipages ont un effectif en 1861 d'environ 9000 hommes, Lincoln dut faire un appel aux volontaires pour en recruter 18000 de plus. On estime à plus de 84000 hommes les effectifs de la marine de l'Union à la fin du conflit. A l'issue de la guerre plus de 4523 marins et officiers de l'US Navy furent tués ou moururent des suites de maladies, 1710 furent blessés.

Dans les années 1840, les futurs officiers étaient embarqués sur des navires comme enseignes et apprenaient les rudiments de leur métier sur le tas. Ce n'est qu'à partir de 1845 qu'une véritable école pour les officiers de marine fut créée afin d'apporter les connaissances de base de la navigation, du combat d'artillerie, et une culture générale et de la discipline qui manquaient cruellement. Ces académies navales comme celle d'Annapolis dans le Maryland ne suffisaient pas à fournir un nombre suffisant d'officiers et l'intégration des cadets se doublait d'une formation sur les navires directement. Chaque marin recevait une solde en fonction de son grade et de son expérience : un marin vétéran avait droit à une paye de 18 dollars ce qui était supérieur à ce que touchait un soldat de l'armée de terre, les plus novices entre 8 et 12 dollars. Les officiers possèdent les grades de lieutenant (capitaine) captain (commandant) et Commodore quand il s'agit de commander une escadre. En 1861 Il n y a pas d'amiraux dans l'US Navy, ce grade sera officiellement créé sur décision du Congrès en 1862 pour récompenser mais aussi hiérarchiser le commandement naval suite à la forte augmentation des effectifs. Le commandement de la marine de l'Union était de la responsabilité du secrétaire à la marine GIdeons Welles et des amiraux Vahlgreen, Dupont, Porter, Farragut, foote. Le ministère de la marine était en outre composé de 11 départements parmi lesquels celui du recrutement, la construction navale, l'administration, l'artillerie embarquée et navale, l'approvisionnement, les cartes, le service de santé naval, les US Marines, les arsenaux et les ports ou encore celui de la propulsion. La marine possédait ses propres hôpitaux au nombre de 8, ses arsenaux, et fut la première au monde à mettre sur pied des navires hôpitaux comme le USS Rover. Originellement l'US Navy est divisée en 6 escadres, une pour la défense des côtes américaines (home squadron) une en Afrique, une en Amérique du Sud, une dans le Pacifique, une en Méditerranée et une dans les Caraïbes. Pour les besoins du blocus une nouvelle organisation à 4 escadres plus une cinquième chargée du combat fluvial fut mise en place.

Contrairement au Sud, le Nord était bien pourvu en chantiers navals et en cales sèches, il put ainsi construire plus facilement de nouveaux navires de guerre et son industrie lourde lui permit en outre de faciliter la construction des Ironclads très gourmands en fer. On estime à plus de 200, le nombre de navires construits par la dizaine de chantiers navals nordistes durant la guerre et à plus de 400 les navires achetés à l'étranger. La politique d'utilisation de vapeurs civils désarmés afin de les transformer en canonnières permit d'éviter un effort de construction plus important et de pallier temporairement au manque chronique de bateaux en début de conflit. Cette solution sera également appliquée par la marine confédérée encore plus mal lotie. Fin 1861, L'US Navy possédait 260 navires de guerre soit 4 fois plus qu'au début du conflit. A la fin de la guerre l'US Navy alignait 671 bateaux soit 15 fois plus qu'au début, la majorité d'entre eux une fois la guerre terminée seront revendus, ferraillés ou démontés, renvoyés dans la flotte marchande.

Mais durant le conflit des navires bien plus modernes furent lancés comme le croiseur USS Galena à coque en bois recouverte de plaques d'acier qui déplaçait 950 tonneaux sur 50 mètres de long et avait un armement très puissant de 4 pièces de 9 pouces (soit 230mm) et deux canons Parrot de 100 livres. Le navire était propulsé par une machine à vapeur à la vitesse de 8 noeuds. Autre navire au design très innovant, le USS Keokuc à deux châteaux dans lesquels se trouvaient des embrasures pour les canons qui pouvaient faire croire qu'il s'agissait de tourelles. En fait l'armement se composait de seulement deux canons pivotant pouvant tirer depuis différents angles depuis le navire. Ce dernier était aussi cuirassé de fer, propulsé par vapeur et pesait 700 tonnes pour une longueur de 50 mètres.

L'USS Onondaga était un monitor de fer à deux tourelles pesant 1250 tonnes se déplaçant jusqu’à 7 noeuds et possédant un armement de deux canons de 15 pouces soit 381mm, (le calibre des canons du cuirassé allemand de la seconde guerre mondiale BIsmarck) et deux canons de 150 livres à âme lisse Dahlgreen. Mais le plus étrange de tous fut le USS Alligator, un sous-marin, le premier de la marine américaine, de 15 mètres de long jaugeant 250 tonnes et armé de mines.

Jamais aucune marine dans le monde n'avait entrepris autant de changements sur les plans technologiques, tactiques organisationnels et sur ses effectifs que la marine de l'Union. Il est indéniable que sans la marine fédérale la guerre de Sécession n'aurait pu être gagnée par les armées de terre du nord. Elle a permis d'étouffer petit à petit l'économie sudiste par le blocus, prendre le Mississippi et protéger le commerce du nord des attaques de raiders confédérés. elle a remporté la plupart de ses combats navals aidée il est vrai par une supériorité numérique écrasante.

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Le père de tous les canons

Publié le par Olivier Millet

De nombreuses pièces de siège et d'artillerie côtière ont été utilisées et produites durant la guerre civile par les deux camps. Ces énormes canons étaient utilisés pour l'artillerie de marine, la défense des fortifications et bien sûr les opérations de siège afin de réduire les places fortes et autres défenses. Aux États-Unis plusieurs constructeurs se sont illustrés dans la production de canons de gros calibre comme Rodman, Parrot, Dalgreen...

Parmi les différents modèles de canons lourds, les modèles mis au point par l'artilleur Thomas Jackson Rodman étaient réputés pour leur fiabilité et leur puissance. Existant dans les calibres de 8, 10, 13 et 15 pouces, ces canons étaient fabriqués selon un principe inventé par Rodman : la coulée de fonte était rafraîchie par un dispositif placé à l'intérieur du moule, un procédé qui améliorait la résistance du métal du canon en augmentant sa densité. Les canons Rodman n'étaient pas les seuls à utiliser cette méthode de coulage ; les pièces Dalhgren bénéficiaient également de cette invention. Théoriquement, selon les dires de Rodman lui-même, avec ce procédé on pouvait réaliser un canon de n'importe quel calibre...

Les canons Rodman avaient une forme très évasée à la base, leur donnant un aspect de bouteille.

Le canon le plus puissant de l'arsenal fédéral fut le modèle Rodman M1864. Il s'agissait d'un canon modèle Columbiad à tube lisse, modifié par Rodman, de 20 pouces (20 inches) capable de tirer un projectile plein ou explosif d'une demi-tonne à plus de 7300 mètres de distance avec un angle de 20°. Il s'agissait ni plus ni moins du plus gros canon jamais construit en 1865. Mais cet énorme canon qui fut assemblé à Fort Hamilton ne devait jamais dépasser le stade du prototype. Seuls 8 tirs furent effectués et démontrèrent la capacité du monstre. D'abord utilisé avec des charges de poudre inférieures à 70kg, on utilisa en 1867 des charges de 90 kg pour une seconde série de tirs durant laquelle il put expédier un projectile à plus de 7 kilomètres. Mais ce modèle ne devait être qu'un démonstrateur d'artillerie et ne fut jamais utilisé contre les Confédérés.

Le canon pesait un poids énorme, 52.8 tonnes, il mesurait 6.18m et avait un diamètre maximal de 1.62m . Son tube lisse pouvait expédier un projectile plein de 1080 livres et un projectile creux de 763 livres.

La plupart des canons que Rodman réalisa pour l'armée furent les modèles de 15 et 10 pouces qui finirent par servir dans les défenses côtières des États-Unis.

Le canon est conservé sur support fixe à Fort Hamilton. Il est à noter que deux autres canons du même type furent réalisés après la guerre civile. L'un fut expédié à Fort Monroe pour effectuer des tests et participa à l'exposition de Philadelphie de 1876. Ce dernier canon est encore aujourd'hui exposé à Fort Hancock dans le New-Jersey. Le dernier fut vendu au Pérou et servit à la défense du Port de Callao durant la guerre du Pacifique (conflit entre le Pérou et la Bolivie contre le Chili de 1879 à 1884). Il est probable qu'il fut capturé par les Chiliens après leur victoire à Callao en 1881.

Ainsi le plus gros canon réalisé durant la guerre civile, ne fut pas utilisé durant la guerre de Sécession mais dans une autre guerre américaine, au Sud cette fois, un conflit largement méconnu en Europe et qui mériterait une étude bien plus approfondie.

en haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancock
en haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancocken haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancock

en haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancock

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Le canon M1857 NAPOLEON

Publié le par Olivier Millet

Le canon M1857 NAPOLEON

Le canon le plus couramment utilisé durant la guerre civile américaine fut sans aucun doute le M1857 Napoléon. Cette pièce d'artillerie fut présente à presque 1700 exemplaires sur les champs de bataille de la guerre civile américaine. Sa conception robuste et légère en faisait la pièce de campagne idéale capable de tirer une large gamme de projectiles tout en étant suffisamment maniable pour être facilement déployée sur le terrain à pied ou à cheval. Ce canon à tube lisse était également apprécié pour ses capacités à courte distance lorsqu’il tirait des boîtes à mitraille qui infligeaient des dégâts considérables à sa cible pouvant stopper net une charge d'infanterie. Destiné à remplacer le canon de 12 livres M1841, il permettait à portée de tir égale de diminuer le poids du tube de 530 livres.

Le canon de l'Empereur

Nommé "canon Napoléon" en l'honneur de l'empereur Napoléon III empereur de France, ce canon devait remplacer les pièces d'artillerie de l'armée française du système Valée adopté en 1827. Le nouveau canon modéle 1853 fut adopté dans un souci de standardiser tous les calibres existant (8 et 12 livres, 15 et 16cm) en un seul le 12 cm.

Introduit dans l'armée française en 1853, ce canon obusier de 12 était une pièce d'artillerie de campagne de calibre 12. Mais en France le calibre des pièces signifie 12cm et non 12 livres. Ce canon avait un diamètre en sortie de bouche de 12cm soit 4.6 pouces. Une pièce de 12 livres désignait un canon capable d'envoyer un boulet d'un poids de 12 livres. La pièce était tractée selon le principe introduit par le système Valée : un avant train supportant le caisson à munitions et doté de collerons et servantes afin de faciliter la mise en œuvre et le déplacement de la pièce. Le canon en lui-même est fixé bas sous l'avant-train au moyen d'un crochet. Les servants sont assis sur le caisson et se déplacent ainsi avec la pièce.

Le canon pèse 626kg et 1.2 tonnes avec son affût. Les roues de l’affût sont du même diamètre que celles de l'avant-train selon une norme mise en place par les Britanniques depuis les guerres napoléoniennes. Le tube lisse mesurant 1.91 mètres pouvait expédier des boulets, des obus, des boîtes à mitraille et des biscaïens "grapeshot" à une portée effective de 1500 mètres . il était réalisé en bronze mais fut également coulé en fer par les Confédérés.

Les Américains adoptèrent ce système et le dupliquèrent sous le nom de M1857 Napoléon. Les fonderies nordistes construisirent près de 1100 pièces tandis que les Confédérés en réalisèrent environ 600.

Très apprécié des artilleurs américains, le canon Napoléon était polyvalent ; il permettait d'assurer un tir puissant à courte portée grâce aux charges de mitraille que le tube lisse permettait d'envoyer sans souffrir outre mesure, tout en étant suffisamment puissant pour assurer des tirs aux portées moyennes de 1500 mètres. Les pièces rayées de type Parrott plus précises et dont la portée était supérieure ne pouvaient rivaliser avec la capacité destructive à courte portée des Napoléon et étaient en outre plus fragiles.

Plus que tout autre canon, le modèle M1857 fut le canon principal du champ de bataille de la guerre de Sécession

A gauche les différences entre tubes nordistes et confédérés, au centre un canon M1857 de l'union (photo John Anderson), à droite un Napoléon sudiste au tube bien plus lisse et sans bourrelet de bouche (parc national de Gettysburg)
A gauche les différences entre tubes nordistes et confédérés, au centre un canon M1857 de l'union (photo John Anderson), à droite un Napoléon sudiste au tube bien plus lisse et sans bourrelet de bouche (parc national de Gettysburg)
A gauche les différences entre tubes nordistes et confédérés, au centre un canon M1857 de l'union (photo John Anderson), à droite un Napoléon sudiste au tube bien plus lisse et sans bourrelet de bouche (parc national de Gettysburg)

A gauche les différences entre tubes nordistes et confédérés, au centre un canon M1857 de l'union (photo John Anderson), à droite un Napoléon sudiste au tube bien plus lisse et sans bourrelet de bouche (parc national de Gettysburg)

fiche technique:

(canon Napoléon de 12 livres)

type: canon lisse à chargement par la bouche

calibre: 12 cm

poids du projectile: 12.3 livres

poids de la charge : 2.5 livres

poids du tube : 626 kg (1227 livres)

portée maximale à 5° : 1619 yards

année de fabrication : 1857

exemplaires construits aux États-Unis : 1700

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Les mines flottantes

Publié le par Olivier Millet

Les mines flottantes

Faisant partie du système de défense sudiste, les mines flottantes étaient des armes passives utilisées pour protéger les entrées des ports sudistes en empêchant les navires de l'Union de s'approcher sous peine de risquer de provoquer leur explosion. Leur emploi fut appliqué également aux cours d'eau afin de gêner les déplacements des flottilles fédérales.

Le concept des mines flottantes est plutôt ancien et pourrait remonter à la dynastie chinoise Ming au 14ème siècle. Les Russes utilisèrent avec succès un engin explosif flottant à mise à feu électrique et endommagèrent deux navires de guerre, un français et un anglais, durant la guerre de Crimée. Au États-Unis en 1842, Samuel Colt fit la démonstration d'une mine déclenchée électriquement par un opérateur sur la rive et détruisit à cette occasion un navire cible dans le Potomac.

Connu aussi sous le nom impropre de "torpille", le dispositif utilisé par les Confédérés était une charge de poudre flottante placée dans un container en bois ou un cylindre en métal supporté par un flotteur, ou ancré au fond de l'eau ou bien laissée dérivante. La charge explosive était amorcée par contact, lorsqu'un navire touchait la mine, ou bien par déclencheur électrique utilisé par un homme posté sur la rive. Les dispositifs électriques de mise à feu étaient capricieux plus par méconnaissance des principes de l’électricité qui étaient encore relativement nouveaux surtout lorsque le fil était plongé dans l'eau et à une certaine distance de l'engin à commander. Un bureau spécialisé dans la recherche et le développement des systèmes de mise à feu sous-marins fut mis en place sous le nom de "Confederate submarine battery service" dirigé par l'ingénieur sudiste Matthew Maury. Afin de superviser le développement et la construction de ces engins flottants un bureau des torpilles fut créé à son tour à Richmond et dirigé par Gabriel Rains qui mit au point un déclencheur à percussion chimique efficace.

Ces mines bien que peu fiables avaient un énorme avantage pour le Sud : elles étaient faciles et peu chères à construire. Une des mines les plus efficaces de l'arsenal sudiste fut la "Fretwell Singer Mine" du nom de son inventeur. La mine en tôle était remplie de 30 kg de poudre, le déclencheur était un dispositif qui se détachait lors de l'impact avec un navire et qui faisait sauter la charge de poudre par le biais d'une capsule de fulminate ; cette mine avait en outre un dispositif de sécurité pour éviter tout déclenchement accidentel, une première du genre.

La marine de l'Union n'ignorait rien du danger que représentaient les mines. Elle les rencontra pour la première fois dans le Potomac en 1861 et chaque fois qu'elle le pouvait elle utilisait les connaissances des prisonniers sudistes qui savaient comment emprunter sans danger les chenaux sûrs ou les endroits des lieux de minage pour détruire les engins ou les éviter. La plupart du temps il suffisait de tirer avec une arme à feu pour neutraliser les engins mais parfois il fallait plonger et risquer sa vie pour les détacher de leur ancrage. Le premier navire nordiste à être coulé par une mine fut l'USS Cairo sur le Mississippi.

Durant l’expédition de l'Amiral Farragut sur la baie de Mobile, les Sudistes avaient aménagé une triple ligne de défense avec des mines flottantes. Les Nordistes envoyèrent des hommes la nuit pour percer des trous dans les flancs des mines pour les faire couler ou couper leur ligne d'attache. A cette occasion ils constatèrent que nombre des mines avaient leur déclencheur inopérant à cause d'un trop long séjour dans l'eau, ce qui expliquait pourquoi des navires de l'Union ayant touché ces mines auparavant ne les avaient pas fait exploser. Le 5 août 1864, Farragut se croyant à l'abri envoya ses navires dont des cuirassés à l'attaque de Mobile, un sloop chargé de dégager les dernières mines devant le reste de la flotte. Une canonnière, le USS Tecumseh quitta la formation et heurta une mine, active cette fois, et la fit exploser. Le navire américain coula rapidement mais le reste de la flotte parvint sans encombre, un témoin racontant qu'il entendait les mines Fretwell Singer taper contre le bateau mais sans exploser.

On estime à 43 le nombre de navires fédéraux à avoir heurté une mine flottante et à 27 le nombre de ceux qui coulèrent. Les mines furent l'engin confédéré qui détruisit le plus de vaisseaux ennemis en comparaison avec les IRONCLADS, les batteries côtières ou les sous-marins. Prouvant une fois de plus que la solution la plus simple est souvent la plus efficace.

différents types de mines à percussion utilisés par les Confédérésdifférents types de mines à percussion utilisés par les Confédérésdifférents types de mines à percussion utilisés par les Confédérés

différents types de mines à percussion utilisés par les Confédérés

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Les armes d'infanterie (1)

Publié le par Olivier Millet

Les armes d'infanterie  (1)

Le nombre d'armes utilisées pendant le conflit fut particulièrement important car la durée de la guerre a permis le développement de nouveaux types de fusils qui sont venus s'ajouter à ceux déjà existant. En outre les états avaient des stocks d'armes plus ou moins anciens et firent appel aux importations étrangères augmentant encore le nombre d'armes. Dans le panel des armes de l'infanterie on trouvait les mousquets qui étaient des fusils à chargement par la bouche et à mise à feu par silex ou par percussion de cartouche de fulminate. Les modèles anciens avaient un canon lisse et une portée de tir comprise entre 100 et 150 mètres mais étaient utilisés à des distances proches de 50 mètres. Les mousquets plus récents avaient un canon rayé qui pouvait tirer plus loin que le canon lisse, En outre il offrait la possibilité d'utiliser des balles modernes comme la balle Minié qui augmentait encore la précision et la portée de l'arme. Mais en dépit de ces améliorations balistiques, les armes d'infanterie étaient utilisées à des distances inférieures à 100 mètres et la précision ou la puissance ne servaient plus à grand chose dans de telles configurations du combat linéaire.

Pour utiliser correctement un fusil au combat il fallait un entraînement long et répétitif que seuls les régiments réguliers possédaient. La plupart des soldats volontaires ou de milice n'avaient pas d'entraînement suffisant pour tirer vite et bien avec de telles armes. Certains apprirent même sur le tas, c'est-à-dire dans le feu du combat. Il fallait 17 à 18 mouvements différents pour charger et tirer avec un mousquet. Un bon tireur pouvait théoriquement tirer jusqu’à trois coups par minute, mais dans le stress du combat il était plus réaliste de compter deux voire un coup par minute. Viser juste était encore une autre paire de manches. Le stress était d'ailleurs tel, que certains fusils retrouvés après la bataille de Gettysburg montrèrent 10 balles, ou plus, entassées dans le canon, le soldat n'ayant pas ou mal placé de cartouches fulminate, dans la fureur du combat, et rechargeait frénétiquement alors que les coups précédents n'étaient pas partis.

Les mousquets et fusils

Le mousquet ou le fusil était l'arme principale du soldat d'infanterie. Son maniement n'était guère différent de celui effectué par les soldats du premier empire à quelques détails près. Son chargement était effectué par la bouche du canon et nécessitait généralement que le soldat se tienne debout. La cartouche généralement en papier était déchirée et son contenu versé dans le canon puis tassé au moyen d'une baguette accrochée sous le fusil. Le soldat équipé d'une arme à silex devait ensuite verser une petite quantité de poudre dans le bassinet puis armer le chien qui tenait un morceau de silex entre ses mâchoires d'acier. Lors du départ du coup le chien frappait la platine provoquant une pluie d'étincelles qui enflammait la charge de poudre du bassinet et dont la flamme se communiquait à la chambre du canon par un petit trou appelé la lumière. Sous la pluie cette arme était capricieuse, son chargement était malaisé. Les mousquets de la guerre civile furent principalement équipés du système à percussion qui nécessitait de placer une cartouche de fulminate sur un emplacement adapté puis d'armer le chien et tirer. L'avantage est de pouvoir tirer sous la pluie (bien que le fulminate soit sensible à l'eau), d'éliminer les risques de projections de poudre enflammée dans les yeux du tireur et de faciliter l'armement du fusil.

L'autre grosse différence était que le canon soit ou lisse ou rayé. Le canon lisse tirait une balle ronde à des distances ne dépassant pas les 150 mètres, le canon rayé tirait plus de projectiles dont les balles coniques et à de plus grandes distances. Il convient de rappeler que la distance d'engagement la plus courante se situait entre 50 et 100 mètres. La principale innovation qui apparut durant le conflit fut le chargement par la culasse des fusils. Les carabines furent les principales bénéficiaires de ce changement mais quelques fusils eurent également le privilège d'être conçus de la sorte simplifiant davantage le rechargement et permettant de le faire dans n'importe quelle position.

Voici une liste non exhaustive d'armes d'infanterie d'origine américaine ainsi que du fusil britannique Enfield. Nous traiterons des armes de cavalerie, des autres armes d'importation et des armes spéciales ultérieurement. En fonction de la munition utilisée, la plupart de ces armes pouvaient encore blesser au-delà de 650 mètres mais la portée pratique était bien moindre. Au-delà de 300 mètres la plupart des mousquets devenaient imprécis, le Enfield, le Sharp et le Remington demeurant au-dessus de la norme.

Le fusil le plus utilisé par le Nord, à environ 1 million d'exemplaires, fut le Springfield modèle 1861. D'un calibre de 15mm (0.58) d'un poids de 4.1 kg et d'une longueur de 140cm, le M1861 est une version améliorée du M1855. Équipé d'un canon rayé il est précis jusqu’à 400 m environ ; sa mise à feu est assurée par le système à percussion à cartouche de fulminate. Le modèle précédent était équipé d'une bande d'amorces en rouleau afin d’éviter la manipulation d'amorce en cuivre pour chaque tir mais qui s'avéra décevante à l'usage car sensible à l'humidité.

Pendant la guerre le M1861 fut amélioré et donna la version M1863 qui fut le dernier fusil à chargement par la bouche de l'US Army. Fabriqué en deux types à 700 000 exemplaires, il ne différait du M1861 que par quelques petits détails comme les ressorts du fût de canon, la baguette pour le chargement, le pontet ou la chambre et le marteau de percussion. 520 000 exemplaires environ furent produits. Le Navy model "Plymouth" 1861 fabriqué à 10000 exemplaire, d'un calibre 0.69 fut commandé pour la marine et possédait les caractéristiques générales du M1861 de l'armée de terre mais avec un canon plus court.

Le second mousquet le plus utilisé pendant le conflit fut le Enfield P1853 (P pour pattern). Cette arme britannique produite pour les troupes coloniales indiennes de l'empire britannique servit durant plusieurs conflits dont la guerre de Crimée. Commandé en grand nombre auprès de contractuels par les sudistes, ce mousquet fut utilisé durant toute la guerre de Sécession. D'un calibre de 0.58, d'un poids de 4.3 kg et d'une longueur de 140cm, cette arme était excellente et meilleure que le Springfield à la plupart des distances de tir.

Le modèle précédent était donc le M1855 qui reprenait les spécifications du M1861 mais qui avait été pourvu d'un système original de bande amorçable enroulée dans un boîtier. Ce système est connu sous le nom de Maynard : des gouttes de fulminate était encachetées dans un rouleau de papier qui se déroulait au fur et à mesure des tirs évitant la manipulation des amorces. Mais le papier était sensible à la moisissure et fut abandonné au profit du système classique à amorce en cuivre. 60 000 mousquets M1855 furent produits. L'arsenal de Richmond fit sa propre copie de ce modèle ainsi que du M1861 et fut dénommé fusil "Richmond", L'arsenal de Fayetteville fit de même et produisit plusieurs types du M1855/1861. Entre 1857 et 1861, 59273 fusils M1855 furent fabriqués à Harper's Ferry et Springfield, les deux principaux arsenaux américains.

Le Springfield M1842 était encore largement répandu, il s'agissait d'un mousquet à percussion mais dont le canon était lisse et ne tirait donc que des balles sphériques au lieu de la balle Minié ou assimilée. Il existait plusieurs modèles qui furent fabriqués dans différent arsenaux aux États-Unis, dont 14000 modèles qui furent modifiés pour avoir un canon rayé.

Le Springfield M1816 était le plus ancien modèle dérivé d'un fusil datant de la guerre de 1812. Son système de mise à feu par silex avait été progressivement remplacé par un système à percussion. On trouvait dans certains dépôts du sud des armes encore plus anciennes comme le M1808, la plupart de ces fusils furent utilisés tels quels ou modifiés pour tirer avec le système à percussion.

Le Mississippi rifle M1841, utilisé pendant la guerre du Mexique était encore populaire. Pesant 4.2 kg, mesurant 1.23 mètres, ce fusil était pourvu d'un canon rayé et d'un système de tir à percussion. En 1855 il évolua en M1855, son calibre de 0.54 passa à 0.58 afin de pouvoir tirer la balle Minié. Ancien mais efficace ce fusil fut surtout utilisé par les confédérés, spécialement leur cavalerie, mais des unités fédérales ne dédaignèrent pas se servir de cette arme qui avait fait ses preuves.

L'artisan armurier Remington fabriqua en plus petit nombre un mousquet très précis, le Remington M1863 appelé aussi le fusil Zouave. D'un calibre de 0.58 à chargement par la bouche, ce mousquet mesure 1.2 mètre. Le canon rayé de cette arme possédait de petites rayures qui conféraient une précision redoutable au tireur et firent de lui le mousquet rayé le plus précis de la guerre.

En haut à gauche un Springfield M1855, à droite un M1861 et en bas un M1863 En haut à gauche un Springfield M1855, à droite un M1861 et en bas un M1863 En haut à gauche un Springfield M1855, à droite un M1861 et en bas un M1863

En haut à gauche un Springfield M1855, à droite un M1861 et en bas un M1863

Les armes d'infanterie  (1)

Les fusils et carabines à répétition

Les armuriers américains produisirent aussi des types de fusils qui se chargeaient non plus par la bouche mais par la culasse. Parmi les nombreux modèles, un des plus fiables et des plus produits fut le Sharps aussi appelé Berdan Sharps car utilisé par les tireurs d'élite de Berdan. Conçu en 1848, ce fusil est un modèle dit à culasse à bloc tombant, il se chargeait balle par balle au niveau de la culasse que l'on ouvrait en basculant l'arcade de pontet vers l'avant. D'un calibre de 0.52 (13.2 mm ) il tirait une balle avec précision jusqu'à 450 mètres. Équipé d'organes de visée micrométriques Creedmore il était idéal pour les tireurs d'élite et fit des ravages entre les mains des "Sharpshooters". Les Sharps capturés par les sudistes se retrouvaient rapidement au sein des unités de tireurs d'élite confédérés. D'une cadence de tir de 8 coups à la minute, cette arme, assemblée à Hartford dans le Connecticut, fut produite à 10 000 exemplaires (dont 2800 pour la marine et 6000 M1863) ainsi qu'une version courte pour la cavalerie qui fut très populaire.

Citons également les fabricants :

Henry qui fit une carabine en petit nombre mais très populaire parmi ses utilisateurs. Arrivée tardivement dans le conflit, cette carabine à répétition et chargement par la culasse manquait de "punch" mais possédait aussi de remarquables qualités : 16 coups en magasin, chargement rapide par la culasse au moyen d'un levier. Ses cartouches étaient métalliques et donc plus faciles à stocker mais plus dures à fabriquer particulièrement par le sud qui manquait des métaux nécessaires.

Spencer fabriqua lui aussi un fusil et une carabine à répétition manuelle et à chargement par levier de sous garde. Les balles étaient contenues dans un étui tubulaire situé dans la crosse de l'arme. La carabine équipa naturellement la cavalerie de l'union donnant une puissance de feu supérieure à son homologue sudiste en terme de rapidité de tir plus que de puissance d'arrêt. Le calibre du fusil était le 0.56-56.

A gauche un enfield P1853, à droite un Springfield M1816 et en bas le springfield M1842A gauche un enfield P1853, à droite un Springfield M1816 et en bas le springfield M1842A gauche un enfield P1853, à droite un Springfield M1816 et en bas le springfield M1842

A gauche un enfield P1853, à droite un Springfield M1816 et en bas le springfield M1842

Paddy Griffith : battle tactics of the civil war

Gazette des Armes HS n°11

John Langelier Warrior Osprey " Union infantryman 1861 - 1865 "

Philip R N Katcher Men at arms 37 " the army of northern virginia "

Philip R N Katcher Men at arms 177 " american civil war armies Union troops "

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Le canon WITHWORTH de 12 livres

Publié le par Olivier Millet

Le canon WITHWORTH de 12 livres

Les Sudistes firent appel à l'étranger pour fournir de l'armement, des mousquets en passant par les canons jusqu'aux navires de guerre. C'est essentiellement la Grande-Bretagne qui leur fournira une partie de leurs besoins en armes et uniformes. Parmi les canons de campagnes envoyés par les Anglais, un canon se détache du lot par sa modernité au regard des standards de l'époque: le canon Withworth. Ce modèle de canon fut mis au point par le génial ingénieur anglais Joseph Withworth qui réalisa plusieurs innovations dans le domaine de l'artillerie, de l'outillage lourd, des travaux d'usinage ou du blindage. Durant la guerre civile sa firme fournit des fusils de tireur d'élite capables d'atteindre des cibles à grandes distances et surtout des pièces d'artillerie.

Le canon Withworth de 12 livres était une pièce de campagne d'une exceptionnelle précision pour l'époque. Ce canon rayé était en outre équipé d'un système de chargement par la culasse ce qui permettait aux artilleurs de s'exposer un peu moins que s'ils avaient à recharger leur pièce par la bouche. Ce canon était l'une des deux seules pièces de campagne à se charger de cette manière sur le champ de bataille américain (l'autre type est le canon Ellsworth) mais son trop petit nombre l'empêcha d'avoir une quelconque influence par rapport aux autres pièces. A noter que Withworth livra aussi d'énormes pièces d'artillerie de 5 pouces appelées Withworth de 70 livres par les Anglais et 80 livres par les Américains. Certaines de ces pièces, livrées par forceur de blocus, tomberont entre les mains des fédéraux qui les utiliseront notamment durant la bataille pour les forts de Charleston.

Le canon de 12 livres

Le calibre du canon est de 2.75 pouces soit environ 70mm, il tirait des projectiles de 5.75 kg soit 12 livres 11 onces. Ce canon utilisait des obus différents de ceux utilisés par les Américains et posait le problème de l’approvisionnement en munitions. Il fallait ou commander les obus en Angleterre à un coût excessif ou les fabriquer localement. Le manque de moyens et le Blocus firent pencher pour une fabrication locale.

La portée importante était d'environ 2800 yards soit 2560 mètres avec une inclinaison du tube à 5° et presque 10 000 yards avec l'inclinaison maximale de 35°. Ce canon était si précis qu'on estimait la déviation sur un tir de 1500 mètres inférieure à 40cm, ce qui en fait un canon parfait pour le tir de contre-batterie destiné à détruire les canons adverses. Lors d'un test effectué en Angleterre en 1863, une pièce de 12 livres toucha sa cible à 4.7 miles de distance. Le déverrouillage de la culasse se faisait au moyen d'une manivelle, la pièce pouvait tirer la plupart des types d'obus de l'époque. Il est à noter qu'une version à chargement par la bouche existait également et que le système de chargement par la culasse était réalisé de plusieurs façons comme en témoignent les photographies sur des pièces prises par les fédéraux. On ignore combien de pièces furent livrées aux armées confédérées, principalement en calibre 12 livres ; des photos prouvent son emploi sur le champ de bataille mais ils est attesté que ces canons furent aussi utilisés dans des forts côtiers où leur allonge supérieure les rendait idéals pour cette tâche. Des pièces de 6 livres furent également livrées mais le nombre exact et le type demeurent un mystère.

La technologie du chargement par la culasse était encore à ses débuts et de nombreux problèmes dus à ce système persistaient sur le canon Withworth rendant au final cette arme pas plus populaire qu'une autre. Les modèles allemands de Monsieur Krupp qui se chargeaient par la culasse et dont le calibre était légèrement inférieur connaissaient également des problèmes d'étanchéité lors du départ du coup avec des risques d'explosion non négligeables. Heureusement le canon pouvait se charger par la bouche sans avoir à ouvrir la culasse éliminant le risque d'explosion mais supprimant l’intérêt du chargement rapide par l'arrière du tube. Le faible nombre de pièces utilisées pendant la guerre de Sécession rend difficile l'élaboration de statistiques fiables quant à l'emploi de ce système et à son efficacité. La guerre prusso-autrichienne de 1866 qui vit l'emploi à grande échelle du canon à chargement par la culasse prussien permit aux Allemands de se rendre compte des problèmes qu'imposaient le tube en acier et le chargement par la culasse et de corriger en partie ces déficiences pour la guerre contre la France.

Ce canon fut également désavantagé par bien d'autres problèmes :

les projectiles spécifiques couûeux et difficiles à fabriquer et l'obus explosif manquant apparemment de charge explosive pour être efficace.

Le tir à grande distance était difficile voire impossible sans optiques efficaces et surtout sans entraînement.

Le manque d'entraînement des servants pour utiliser de manière optimale ces canons

les affûts anglais trop encombrants et fragiles, tout comme le tube en lui-même plus long et plus lourd que les modèles américains

De Gettysburg, Fort Fisher, Fredericksburg à Vicksburg, on trouve trace de l'emploi de ce canon sur plusieurs champs de bataille essentiellement par les forces sudistes, L'emploi de ces canons par les fédéraux fut limité semble-t-il à une batterie qui combattit durant la campagne de la péninsule en 1862 à Malvern Hill. Ce canon moderne, n'a pas fait pencher la balance du combat d'artillerie pour aucun des deux camps mais son utilisation, même anecdotique, a dû certainement concourir à alimenter l'image de la guerre de Sécession comme étant la première guerre moderne alors que l'emploi de canons à chargement par la culasse sera véritablement rendu célèbre et à juste titre, durant le conflit Franco-Prussien de 1870.

fiche technique:

fabricant : Withworth Ordnance Company

type : canon rayé à chargement par la culasse

calibre : 2.75 pouces

poids du projectile : 12livres (5.75 kg) ( type hexagonal spécifique a ce canon )

poids de la charge : 800 grammes

poids du tube : 495 kg (tube en acier )

portée maximale à 5° : 2380 mètres

portée maximale à 35° : 9100 mètres

année de fabrication : 1860 - 1865

exemplaires livrés aux États-Unis : inconnu

Sur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canonSur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canonSur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canon

Sur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canon

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La balle Minié

Publié le par Olivier Millet

La balle Minié

La balle Minié bouleversa le combat d'infanterie par la gravité des blessures qu'elle occasionnait aux combattants. Inventée par l'ingénieur français Claude Étienne Minié, elle donnait aux armes à canon rayé une plus grande puissance par une vitesse accrue en sortie de canon et donc une plus grande portée et précision. La balle utilisée avant ce nouveau projectile était sphérique. L'adoption du canon rayé avait déjà contribué à augmenter la portée et la précision de ce projectile simple en plomb. Mais la balle Minié de par sa forme conique allait encore augmenter ces deux facteurs.

L'ogive, toujours en plomb, cylindrico-conique de la balle Minié pesait 30 grammes, elle améliorait la pénétration dans l'air, la base de la balle striée et creuse permettait une étanchéité bien meilleure lors du départ du coup en conservant les gaz à sa base ; de plus, sous l'effet de la pression des gaz, les bords s'incrustaient dans les rainures du canon l'obligeant à tourner sur elle-même. Ce mouvement rotatif, associé à sa forme et à l'absence de déperdition de gaz à sa base donnait une grande portée au projectile. La balle était pourvue de 4 stries à sa base mais la version américaine n'en comportait que trois. On estime à presque 500 millions les balles produites rien que par le Nord

Le deuxième point important est l'impact d'une telle balle sur un corps humain. La balle brisait les os, pénétrait les chairs et causait des dégâts effroyables en semant des morceaux d'os dans la blessure. La plupart du temps un homme blessé était amputé car la gangrène se répandant très vite empêchait de soigner une blessure bien plus compliquée à soigner. Lorsqu’un membre était touché, les médecins amputaient, si la balle frappait ailleurs il n y avait que peu d'espoir. Une blessure à la poitrine était considérée comme mortelle.

Pendant la guerre civile

Les soldats, avec cette balle précise et mortelle, étaient théoriquement capable de toucher bien plus souvent que lorsqu'ils étaient équipés d'un mousquet classique à la portée moindre. La tactique linéaire employée encore en 1861 faisait que les masses d'hommes qui chargeaient sous le feu ennemi, offraient une cible encore facile et lorsque deux lignes échangeaient des tirs, c'était à coup sûr l'hécatombe. Seulement l'entrainement prenait du temps et ce dernier manquait pour former correctement les hommes, pour certains d'entre ils apprenaient à se servir de leur arme le jour du combat ce qui les aurait rendu bien inefficace si ils avaient du engager l'ennemi a grande distance comme leur arme le leur permettait. Même avec un bon fusil et une balle mortelle, un mauvais tireur reste un mauvais tireur.

Ces armes rayés étaient, en foutre, utilisées à la même distance que les mousquets classiques annulant presque totalement leur intérêt. Le problème venait du fait que le commandement n'avait pas su faire évoluer sa doctrine d'emploi tactique des ses troupes alors que les armes avaient progressé et que leur portée avaient été augmentée. Les armées de la guerre civile continuaient a se faire la guerre dans le style des batailles du premier empire en envoyant des masses d'hommes se fusiller à moins de 100 mètres l'une de l'autre.

Bien évidement toute l'infanterie au Nord comme au Sud n'était pas équipée de balles coniques comme la minié et les balle rondes classique étaient encore nombreuses de plus les pertes avec les balles coniques ou les projectiles classiques étaient sensiblement identiques au vu des distances courtes auxquelles les lignes échangeaient les tirs. Enfin pour illustrer le ratio balles tirés et pertes subies, à Gettysburg en 3 jours de bataille il aura fallu tirer entre 7 et 10 millions de balles d'infanterie de toutes sortes (sans compter les tirs d'artillerie) pour infliger 46000 victimes environs (morts blessés disparus)...

Ce type de projectile fut utilisé bien après la guerre civile, la plupart des balles actuelles conservent ce profil aérodynamique.

Le modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle françaisLe modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle français

Le modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle français

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