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Correctifs

Publié le par Olivier Millet

Correctifs

J'ai ajouté de multiples correctifs concernant essentiellement les articles sur les troupes confédérées ou les formations d'infanterie afin de corriger certaines erreurs, oublis. Je remercie la communauté du club Confédéré et fédérale de France pour leurs conseils ainsi que toutes les personnes de plus en plus nombreuses qui me gratifient de messages sympathiques et pleins d'encouragements.

Je rajoute aussi progressivement, dans la mesure du possible, les sources de tous les documents publiés sur le site pour faciliter les recherches de ceux qui voudraient creuser plus avant les thèmes abordés.

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Le "signal corps" de l'armée de l'union

Publié le par Olivier Millet

Le "signal corps" de l'armée de l'union

Transmettre des messages ou des ordres avant, pendant et après une bataille a toujours été un souci permanent du commandant en chef. Avant l'apparition des radios qui permirent une transmission immédiate des ordres à toutes les unités équipées d'un tel système, les armées utilisèrent les signaux audio et visuels en plus des messagers à cheval ou à pied. Le messager qui bien souvent était un membre subalterne de l'état-major transmettait à la vitesse du cheval les ordres de son chef mais était soumis au hasard des combats, pouvait être abattu, se perdre, ne pas trouver le destinataire ou pire, capturé et révéler le message à l'ennemi. Les trompettes, clairons ou tambours donnaient les ordres au niveau du régiment pour les mouvements mais ne possédaient pas un panel suffisamment large de gammes d'ordres pour être utilisés afin de transmettre des ordres détaillés. Les fanions de couleurs furent le moyen le plus efficace pour transmettre en temps réel des messages longs et détaillés. La plupart des armées possédaient un système de ce type copié sur les fanions que la marine utilisait pour communiquer entre bateaux.

Un système nommé télégraphe Chappe utilisant non pas un signal électrique mais visuel fut mis en place par les Français en 1794 et par le biais de stations permettait une transmission relativement rapide. Mais l'arrivée du télégraphe électrique de Samuel Morse fut un réel progrès. L'arrivée de ce système plus moderne permit de transmettre sur de longues distances et en temps réel. Mais il était nécessaire que toute une infrastructure de poteaux et de fils tendus soit mise en place ce qui était bien sûr très difficile pour une armée en mouvement ou au cœur d'une bataille. Néanmoins Lincoln avait une salle aménagée en liaison permanente via télégraphe Morse avec ses différents chefs de corps lui donnant les détails des progrès de la guerre. Un détachement du signal corps était même désormais capable de dresser rapidement un relais télégraphe afin de d'envoyer des messages du plus près de l'action. Mais si cette unité permit un réel progrès dans les transmissions militaires depuis le champ de bataille, elle était impossible à mettre en œuvre pour assurer la liaison entre les unités au combat.

Pour la bataille il fallut compter sur le bon vieux système à fanion pour les communications entre unités. Le système Myer du nom de son inventeur, le Major Albert J Myer, médecin aux armées, utilisait des fanions à symboles géométriques colorés. Ce système qui utilisait un homme, jouant le rôle de transmetteur, équipé d'un fanion de couleur dont la position et le mouvement indiquaient un chiffre. Un système de code par numéro permettait de composer des lettres, des mots ou des ordres. Le destinataire, équipé d'une longue-vue et devant connaître la procédure de déchiffrement, scrutait les mouvements du fanion et dictait le message. Des torches pouvaient remplacer les fanions pour la transmission de messages la nuit. Ce système lent avait l'avantage de ne pouvoir être brouillé, placé suffisamment loin, il était à l’abri des coups de l'ennemi mais pouvait être visuellement intercepté par un tiers connaissant la procédure de décryptage relativement simple des mouvements du fanion.

L'armée de l'Union, comme l'armée confédérée possédait donc une unité chargée de transmettre et recevoir des messages par fanion : le signal corps.

Officiellement créé en juin 1860, Myer dut créer de toutes pièces son unité qui ne disposait d'aucun personnel formé. Une campagne militaire contre les indiens Navajos démontra l’efficacité du système et quand la guerre civile était sur le point de se déclencher, le signal corps pouvait mettre en œuvre ses fanions pour transmettre les messages des commandants. Seulement la plupart des membres de l’unité rejoignirent la Confédération et Myer se trouva une nouvelle fois démuni de tout personnel. Les anciens membres de son unité passés au service des Sudistes mirent à profit leur connaissance pour mettre en place le signal corps confédéré. Il fallut à Myer attendre 1863 pour pouvoir réintégrer un détachement de transmetteurs au sein de l'armée de l'Union.

une des pages de la méthode de Myer pour envoyer des messages, son système se distinguait du système à sémaphore par l'utilisation d'un seul fanion au lieu de deux.

une des pages de la méthode de Myer pour envoyer des messages, son système se distinguait du système à sémaphore par l'utilisation d'un seul fanion au lieu de deux.

Myer utilisa toujours son système à fanion mais mit en place un deuxième moyen de communication utilisant cette fois la technologie du télégraphe électrique. Il parvint à mettre sur pied des unités équipées de charrettes transportant tout le matériel nécessaire à l'édification de petites lignes télégraphiques et les moyens électriques de faire parvenir des messages. La puissance des stations sur roue ne permettait pas d’émettre au-delà de 8 kilomètres par le biais d'une machine nommée machine de beardslee mais la faible puissance, le manque de personnel formé au maniement de cette machine et les intérêts divergents entre Myer et la nouvelle institution du USMT (United States Military Telegraph) virent ces unités innovantes disparaître du signal corps. En effet cet organisme chargé de la construction des lignes télégraphiques militaires opérait également avec des unités qui construisaient, sur le champ de bataille même, une ligne télégraphique temporaire avec une charrette station à chaque bout. Bien qu'étant une branche militaire le USMT était dirigé par des civils et se disputait les faveurs de Washington pour la mainmise des communications militaires. Le signal corps demeurait l'unité des signaux visuels et le USMT celui des signaux radioélectriques.

L'organisation du corps en 1863 autorisait 1 colonel (Myer) , 2 lieutenants-colonels, 2 majors, 1 capitaine par corps ou entité militaire suffisamment importante avec jusqu’à 8 officiers par capitaine et 7 hommes par officier. En 1864, le corps comprenait environ 200 officiers et 1000 hommes. La dispute entre Myer et le USMT lui valurent d'être destitué de sa fonction de chef du signal corps et remplacé par le Major Nicodemus. Ce dernier fut lui-même limogé et remplacé par le colonel Fisher suite à un rapport de sa part faisant part des brèches de sécurité du système Myer qui pouvait être lu et interprété par l'ennemi. N'oublions pas que le signal corps sudiste comportait à l'origine des hommes formés par Myer lui-même.

Le corps fut dissous en 1865

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Le CSS DAVID

Publié le par Olivier Millet

Le CSS DAVID

Les confédérés ont imaginé et essayé de nombreuses inventions navales pour tenter de faire pencher la guerre en mer un peu plus en leur faveur ou du moins dégager un temps l'étau que constituait le blocus de l'Union.

Le CSS David n'est pas ce que l'on pourrait appeler un sous-marin car il n'était pas entièrement submersible. Mesurant 15 mètres de long, propulsé par une machine à vapeur et étant dépourvu de Schnorkel il ne pouvait de toute manière être propulsé qu'à demi submergé. Le David est un navire torpilleur dont la "torpille" qui était une charge explosive fixée au bout d'une perche, fonctionnait comme un dard que le navire accrochait à la coque en bois de sa cible et faisait exploser une fois à bonne distance. Le sous-marin CSS Hunley utilisait un type équivalent d'arme.

Conçu et construit en 1863 à Charleston en Caroline du Sud par David C Ebaugh et ST Julien Ravenel, le David fut produit à plusieurs exemplaires. Propulsé par une machine à vapeur utilisant un charbon à faible émission de fumée, le David au moyen de ballast rempli d'eau s'enfonçait à moitié dans l'eau laissant peu de chance à l'ennemi pour le repérer en cas d'attaque nocturne.

Le CSS DAVID

Le port de Charleston étant sous blocus, une fois terminé il fut déployé pour attaquer le navire nordiste CSS New Ironside qui était à l'ancre à l'embouchure du port sudiste. Le New Ironside était un navire de guerre de 4000 tonnes dont les flancs étaient blindés de plaques d'acier, sa configuration lui donnait la capacité de naviguer en haute mer ce qu'un Ironclad classique était incapable de faire. Commandé par le lieutenant William T Glassel, le David fut envoyé la nuit du 5 octobre à l'attaque du navire de l'Union. Ayant réussi à s'approcher suffisamment près sans être détecté, le David frappa le navire ennemi à tribord et fit exploser sa charge de 60 kg d'explosifs. Mais l'explosion généra une gerbe d'eau si importante que cette dernière en retombant sur le navire sudiste éteignit la chaudière rendant le David à la merci de son adversaire blessé mais non coulé. Sous les tirs d'armes légères, l'équipage du David se jeta à l'eau sans le pilote. L'assistant mécanicien du David se rendant compte que le David ne coulait pas, revint à bord et réussit à relancer la chaudière. Le lieutenant Glassel et un autre membre d'équipage furent capturés par les Nordistes tandis que le David réussissait à rejoindre la rive par ses propres moyens. La mission était un semi succès, le navire nordiste était endommagé mais non détruit et le David avait réussi à rentrer à son port d'attache mais avec la moitié de son équipage. 3 autres tentatives furent effectuées par le David ou une unité du même type mais sans succès. En Mars 1864 une autre action du David se solda par un échec, la mine n'explosant pas malgré deux tentatives, et le David fut endommagé en retour par les tirs du USS Memphis qu'il était venu couler. Une autre tentative est reportée en avril 1864 mais cette fois, ayant aperçu la menace à temps, la frégate USS Wabash parvint à s'éloigner et aucun dommage ne fut infligé de part et d'autre.

La ville de Charleston tomba aux mains des forces de l'Union en février 1865 et les carcasses de plusieurs navires de type David furent récupérées par les Nordistes amis sans confirmer s'il s'agissait du David lui-même.

Mi-sous-marin, mi-torpilleur, le David ne connut pas la réussite qu'il était en droit d'attendre ; plus sûr que le Hunley de par son mode semi-submersible et sa propulsion à vapeur, le David souffrait du manque de fiabilité de son système de torpille à lance qui fut à l'origine d'au moins un échec. Son absence de blindage l'obligeait à opérer de nuit ce qui rendait plus périlleuse la traversée. A la différence du Hunley il ne semble pas que des David furent coulés ou détruits au combat. Une version géante du navire fut trouvée à Charleston ; ce David géant mesurait une cinquantaine de mètres et n'était pas achevé. Il semble qu'il ait été conçu à des fins de "forceur de blocus" et non en tant que navire d'attaque.

(dessin collection du US Naval historical Center)

vues d'un modèle basé sur le CSS David après la chute de Charleston, on ignore ce qui est réellement arrivé au premier David. A droite l'épave incomplète du David géant.( dessins des archives nationales US )vues d'un modèle basé sur le CSS David après la chute de Charleston, on ignore ce qui est réellement arrivé au premier David. A droite l'épave incomplète du David géant.( dessins des archives nationales US )

vues d'un modèle basé sur le CSS David après la chute de Charleston, on ignore ce qui est réellement arrivé au premier David. A droite l'épave incomplète du David géant.( dessins des archives nationales US )

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"The bonnie Blue Flag"

Publié le par Olivier Millet

Cette chanson très populaire dans l'armée confédérée fut écrite par Harry McCarthy. Elle fait référence au drapeau bleu à étoile blanche qui fut l'un des tout premiers symboles de la Confédération. Cette chanson dont la popularité équivalait à celle de Dixie était aussi connue sous le nom de "We are a band of brothers" première phrase de la chanson. Cette phrase fait également référence à la pièce de William Shakespeare "Henry V", le roi Henry parla de "sa bande de frères" lors de la bataille d'Azincourt en 1415.

La chanson fut jouée pour la première fois dans la ville de Jackson dans l'état du Mississippi en 1861 puis à la Nouvelle-Orléans pour célébrer la levée du premier régiment de volontaires du Texas. Ce fut à la Nouvelle-Orléans que la version de ce chant fut imprimée par la presse "Blackmar and Brother" en 1861.

Lorsque la ville de la Nouvelle-Orléans tomba aux mains des forces de l'Union en 1862, le général Benjamin Butler surnommé par les confédérés "la bête" interdit à quiconque de chanter ce chant sous peine d'une amende de 25 dollars. Quant à la maison d'édition de Blackmar, les copies de la chanson saisies sur place furent détruites et Blackmar reçut une amende de 500 dollars.

Il existe près de 11 versions différentes de ce chant patriotique à la gloire de la Confédération.

Refrain:

Hurrah! Hurrah!For Southern rights, hurrah!
Hurrah for the Bonnie Blue Flag that bears a single star.
As long as the Union was faithful to her trust
Like friends and like brethren, kind were we, and just
But now, when Northern treachery attempts our rights to mar
We hoist on high the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

First gallant South Carolina nobly made the stand
Then came Alabama and took her by the hand
Next, quickly Mississippi, Georgia, and Florida
All raised on high the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

Ye men of valor gather round the banner of the right
Texas and fair Louisiana join us in the fight
Davis, our loved President, and Stephens statesmen rare
Now rally round the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

Now here's to brave Virginia, the Old Dominion State,
With the young Confederacy at last has sealed her fate,
And spurred by her example, now other states prepare
To hoist high the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

Refrain

Then cheer, boys, cheer, raise a joyous shout
For Arkansas and North Carolina now have both gone out,
And let another rousing cheer for Tennessee be given,
The single star of the Bonnie Blue Flag has grown to be eleven.

Refrain

Then here's to our Confederacy, strong we are and brave,
Like patriots of old we'll fight, our heritage to save;
And rather than submit to shame, to die we would prefer,
So cheer for the Bonnie Blue Flag that bears a single star.

le Bonnie Blue flag fut un des premiers symboles de la confédération

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La bataille de Port Royal 3 - 7 novembre 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Port Royal 3 - 7 novembre 1861

Désirant s'emparer de positions importantes le long des côtes de la Confédération, la marine américaine entreprit d'attaquer les ports et positions fortifiées confédérés des états de la Caroline du Sud et du Nord dans le but de fournir une base logistique permanente pour des opérations futures à l'intérieur des terres, contrer la menace des raiders et autres corsaires sudistes et d'étendre le blocus vers le Sud. Le site de Port Royal était à l'estuaire de plusieurs rivières le long des côtes de Caroline du Sud. Cet endroit était protégé par deux forts : le Fort Walker sur Hilton Head island et le Fort Beauregard sur l'île Philippe.

La flotte de l'Union, sous les ordres de Samuel Du Pont, se rassembla avec les transports des forces terrestres qui devaient débarquer à Hampton Roads. La flotte regroupait 77 navires de guerre et transports ce qui en faisait la plus grande escadre navale de l'histoire militaire américaine. La cible était connue du seul Commodore Du Pont, les officiers devaient attendre d'être en mer pour ouvrir les ordres et connaître leur destination dans le but de garder le secret de l'attaque. Malgré les précautions de Du Pont, les Sudistes connaissaient vraisemblablement le lieu de l'attaque à cause de fuites dans la presse nordiste. Lors du voyage, la flotte nordiste traversa des zones de mauvais temps qui endommagèrent plusieurs bâtiments, 4 transports furent coulés mais la plupart des hommes purent être sauvés. Le 3 novembre, la flotte arriva tant bien que mal devant Port Royal. Une reconnaissance de canonnières rencontra une petite flottille sudiste de 5 navires, mais cette dernière dut rebrousser chemin devant la puissance de feu de l'union. Deux jours plus tard une seconde reconnaissance permit aux Nordistes d'évaluer la puissance de feu des forts qui les attendait. L'attaque aurait lieu le 7 novembre mais sans débarquement de troupes car les navires transportant les munitions des soldats avaient été perdus lors du voyage. La profondeur de la passe de Port Royal étant suffisante pour les grosses unités de combat, la flotte d'attaque se scinda en deux colonnes. Dans la principale le navire amiral, la frégate USS Wabash suivi de 8 autres bateaux le USS Susquehanna et ses 15 canons, dont 12 de 230mm, les Sloop Mohican, Seminole, Pawnee, les canonnières Unadilla, Pembina, Ottawa et le vapeur armé Isaac Smith. La seconde colonne comprenait 9 canonnières.

Lorsque la marine américaine arriva sur place elle se mit à appliquer la même tactique récemment utilisée lors de la bataille pour Fort Hatteras. Les navires bombarderaient les deux forts en effectuant des boucles afin de ne pas rester statiques sous le feu ennemi. A 9h26 le Fort Walker, première cible de la flotte ouvrit le feu, les canons des navires nordistes répondirent et la bataille devint générale. Les canons confédérés avaient du mal à ajuster les navires qui se déplaçaient tout le temps mais de la même manière les bâtiments nordistes tiraient trop haut et rataient le plus souvent le fort ennemi. Finalement et en dépit des ordres du Commodore Du Pont des navires jetèrent l'ancre dans une position apparemment sécurisée et tirèrent sur le fort en position statique. Les dégâts furent cette fois bien plus sévères et à 14h00 les défenseurs sudistes, à court de munitions, quittèrent le fort. Cette fuite n'ayant pas échappé aux marins de l'Union, ces derniers dépêchèrent sur les lieux un détachement dans le but de parlementer mais ils ne trouvèrent plus personne dans le fort avec qui négocier. A la place ils hissèrent la bannière étoilée. Le Fort Bauregard, moins atteint, vit également la retraite de leurs frères d'armes. Craignant d'être débordés, le commandant sudiste Dunovant et sa garnison préfèrent quitter les lieux à leur tour. A la fin de la journée le drapeau de l'Union flottait au-dessus des deux forts ennemis, Port Royal était tombé.

Démontrant une fois de plus la supériorité d'une flotte mobile sur une position fortifiée, la position de Port Royal tomba en une demi-journée ; moins de 60 hommes avaient été tués ou blessés dans les deux garnisons sudistes et ce en dépit de l'énorme quantité de projectiles. La flotte de l'Union qui fut rejointe par le USS Pocahontas durant la bataille avait subi une trentaine de morts et blessés. Immédiatement après avoir fait sauter le verrou de Port Royal, les troupes de l'Union s'emparèrent des localités de Beaufort et de Sainte Hélène puis progressèrent vers le nord en direction de Charleston qui subirait un siège en bonne et due forme jusqu'à février 1865. La flotte nordiste put bénéficier d'installations afin de se ravitailler dans ce secteur tout en poursuivant ses opérations de blocus et de siège sur Charleston. La bataille de Port Royal eut un impact important pour la poursuite des opérations amphibies vers le sud de la Confédération tout en redonnant un peu de baume au cœur du Nord habitué aux défaites depuis Bull Run.

Encore une fois, comme durant la guerre de 1812, l'US Navy contrebalançait les défaites de l'armée de terre par des victoires successives.

(dessin : collection de la librairie du Congrès)

sources:

william M Fowler "Under Two Flags" BlueJacket Books

John Keegan "La guerre de Sécession" édition Pour l'Histoire Perrin

James McPherson " La guerre de Sécession" éditions Robert Lafont

La frégate de 2500 tonnes USS Susquehanna, un des plus gros navires de guerre de la flotte qui attaqua Port Royal, armé de 15 canons, il était propulsé par ses voiles et ses machines à vapeur lui donnant une vitesse de 19 km/h

La frégate de 2500 tonnes USS Susquehanna, un des plus gros navires de guerre de la flotte qui attaqua Port Royal, armé de 15 canons, il était propulsé par ses voiles et ses machines à vapeur lui donnant une vitesse de 19 km/h

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La balle Minié

Publié le par Olivier Millet

La balle Minié

La balle Minié bouleversa le combat d'infanterie par la gravité des blessures qu'elle occasionnait aux combattants. Inventée par l'ingénieur français Claude Étienne Minié, elle donnait aux armes à canon rayé une plus grande puissance par une vitesse accrue en sortie de canon et donc une plus grande portée et précision. La balle utilisée avant ce nouveau projectile était sphérique. L'adoption du canon rayé avait déjà contribué à augmenter la portée et la précision de ce projectile simple en plomb. Mais la balle Minié de par sa forme conique allait encore augmenter ces deux facteurs.

L'ogive, toujours en plomb, cylindrico-conique de la balle Minié pesait 30 grammes, elle améliorait la pénétration dans l'air, la base de la balle striée et creuse permettait une étanchéité bien meilleure lors du départ du coup en conservant les gaz à sa base ; de plus, sous l'effet de la pression des gaz, les bords s'incrustaient dans les rainures du canon l'obligeant à tourner sur elle-même. Ce mouvement rotatif, associé à sa forme et à l'absence de déperdition de gaz à sa base donnait une grande portée au projectile. La balle était pourvue de 4 stries à sa base mais la version américaine n'en comportait que trois. On estime à presque 500 millions les balles produites rien que par le Nord

Le deuxième point important est l'impact d'une telle balle sur un corps humain. La balle brisait les os, pénétrait les chairs et causait des dégâts effroyables en semant des morceaux d'os dans la blessure. La plupart du temps un homme blessé était amputé car la gangrène se répandant très vite empêchait de soigner une blessure bien plus compliquée à soigner. Lorsqu’un membre était touché, les médecins amputaient, si la balle frappait ailleurs il n y avait que peu d'espoir. Une blessure à la poitrine était considérée comme mortelle.

Pendant la guerre civile

Les soldats, avec cette balle précise et mortelle, étaient théoriquement capable de toucher bien plus souvent que lorsqu'ils étaient équipés d'un mousquet classique à la portée moindre. La tactique linéaire employée encore en 1861 faisait que les masses d'hommes qui chargeaient sous le feu ennemi, offraient une cible encore facile et lorsque deux lignes échangeaient des tirs, c'était à coup sûr l'hécatombe. Seulement l'entrainement prenait du temps et ce dernier manquait pour former correctement les hommes, pour certains d'entre ils apprenaient à se servir de leur arme le jour du combat ce qui les aurait rendu bien inefficace si ils avaient du engager l'ennemi a grande distance comme leur arme le leur permettait. Même avec un bon fusil et une balle mortelle, un mauvais tireur reste un mauvais tireur.

Ces armes rayés étaient, en foutre, utilisées à la même distance que les mousquets classiques annulant presque totalement leur intérêt. Le problème venait du fait que le commandement n'avait pas su faire évoluer sa doctrine d'emploi tactique des ses troupes alors que les armes avaient progressé et que leur portée avaient été augmentée. Les armées de la guerre civile continuaient a se faire la guerre dans le style des batailles du premier empire en envoyant des masses d'hommes se fusiller à moins de 100 mètres l'une de l'autre.

Bien évidement toute l'infanterie au Nord comme au Sud n'était pas équipée de balles coniques comme la minié et les balle rondes classique étaient encore nombreuses de plus les pertes avec les balles coniques ou les projectiles classiques étaient sensiblement identiques au vu des distances courtes auxquelles les lignes échangeaient les tirs. Enfin pour illustrer le ratio balles tirés et pertes subies, à Gettysburg en 3 jours de bataille il aura fallu tirer entre 7 et 10 millions de balles d'infanterie de toutes sortes (sans compter les tirs d'artillerie) pour infliger 46000 victimes environs (morts blessés disparus)...

Ce type de projectile fut utilisé bien après la guerre civile, la plupart des balles actuelles conservent ce profil aérodynamique.

Le modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle françaisLe modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle français

Le modèle américain de la balle Minié se reconnaît par ses trois rayures au lieu de quatre sur le modèle français

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La bataille de Ball's bluff 21 octobre 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Ball's bluff 21 octobre 1861

Connue aussi sous le nom de la bataille d'Harrison's Island, ce fut la deuxième bataille la plus importante de l'année 1861 après Bull Run. Elle a eu lieu le 21 octobre 1861 en Virginie, 3 mois après Bull Run.

Sommé par le président Lincoln d'agir, le général en chef des armées de l'Union, George Mc Clellan, se contenta de lancer des actions de reconnaissance des positions confédérées en Virginie dans le but de confirmer leur position et de juger de leur capacité de réaction à une éventuelle offensive plus appuyée. Pour ce faire il dépêcha le corps du général Mc Call, fort d'une division, en territoire virginien vers la ville de Dranesville. Mais ayant trouvé l'ennemi retranché aux environs de Leesburg, MC Call fut rappelé par Mc Clellan afin d'éviter une confrontation hasardeuse. Dans le but d'intoxiquer l'adversaire sur sa manœuvre de dégagement, Mc Clellan chargea dans le même temps, le général Stone d’effectuer des manœuvres de diversion tout en essayant de glaner des renseignements sur la position et l'attitude de l'ennemi. Une des brigades du général Stone, commandée par le colonel Baker, sénateur et ami personnel du président Lincoln, fut également chargée de faire des manœuvres de diversion le long du Potomac.

Le 20 octobre, n'ayant observé aucune réaction, Stone ordonna une reconnaissance de la rive ennemie. Une patrouille traversa la rivière Potomac qui séparait la Virginie du Maryland et effectua une reconnaissance sur la rive sudiste. Mais l'inexpérience du chef de la patrouille nordiste et l'obscurité fourvoyèrent les forces de l'Union qui crurent avoir localisé un camp confédéré. Stone ordonna qu'une unité traverse la rivière pour attaquer le camp ennemi. S'étant rendu compte de l'erreur de la patrouille, les 300 soldats nordistes du 15th régiment du Massachusetts envoyés sur la rive sudiste restèrent sur place puis de leur propre chef s'enfoncèrent en territoire sudiste. Stone désireux de faire revenir ses hommes envoya, en désespoir de cause, des troupes sous les ordres du colonel Baker pour renforcer et soutenir l'initiative des soldats nordistes et éventuellement les recueillir en cas de repli. Arrivé sur place, Baker apprit que le régiment nordiste de 300 hommes avait rencontré et engagé l'ennemi. Sans attendre, Baker décida d'engager à son tour toutes ses forces et fit traverser la rivière à ses hommes. Malheureusement le nombre insuffisant de bateaux pour entreprendre la traversée fit que le transport des soldats de Baker se fit lentement. Les troupes confédérées commençaient à se renforcer, les soldats nordistes risquaient de se faire submerger. Finalement confrontés à plus forte partie et ayant subi des pertes sensibles, les soldats nordistes firent retraite vers les forces de Baker qui avaient enfin fini de traverser. C'est à ce moment que le colonel Baker fut tué d'une balle en pleine tête jetant la confusion parmi ses troupes. Les Nordistes traversèrent dans le plus grand désordre la rivière Potomac, beaucoup se noyèrent. Il est dit que des corps flottèrent jusqu’à Washington les jours suivant la bataille

L'attaque avait fait 223 tués et 226 blessés dans les rangs nordistes, 533 soldats n'ayant pu traverser furent faits prisonniers. Les troupes sudistes accusèrent une perte de 36 tués et 117 blessés.

Les défaites de Ball's Bluff et de Wilson Creek conduisirent le Congrès à mettre sur pied un comité sur la conduite de la guerre qui contribua à générer une ambiance néfaste parmi les officiers de l'Union. La mort du colonel Baker, ami de Lincoln et surtout sénateur eut un impact considérable. Ce fut le premier et seul sénateur tué au combat. Lincoln qui apprit au quartier général de Mc Clellan le sort du sénateur Baker pleura la mort de son ami. Sans autre conséquence que d'affecter un peu plus le moral de l'Union, la bataille de Ball's Bluf révélait bon nombre d'erreurs de la part du commandement nordiste : la reconnaissance inefficace de la patrouille nordiste conduisit à envoyer 300 hommes sur une rive ennemie. Ces derniers s’enfoncèrent en dépit de leur ordre initial en territoire ennemi sans connaître la position des forces confédérées et dos à la rivière. Le nombre insuffisant de bateaux fit que les renforts de Baker n'arrivèrent qu'au compte-gouttes aux troupes déjà engagées contre l'ennemi et ne permirent pas un rembarquement d'urgence une fois le repli engagé.

Le fait le plus notable fut l'établissement le 9 décembre du comité du congrès pour superviser les actions de l'armée et de la marine dans la guerre. Essentiellement dirigé par des républicains, ce comité suscita la méfiance parmi le commandement militaire et particulièrement chez les officiers d'un bord politique différent.

L'année 1861 se terminait bien mal pour le Nord.

(carte du champ de bataille de Ball's Bluff collection : librairie du Congrés )

les forces nordistes se replient en désordre et traversent à nouveau le Potomac (Charles Carleton Coffin Drum-Beat of the Nation (New York, NY: Harper & Brothers, 1915), à droite le colonel Baker est tué (dessin de Paul F Mottelay et T Campbell-Copeland) .les forces nordistes se replient en désordre et traversent à nouveau le Potomac (Charles Carleton Coffin Drum-Beat of the Nation (New York, NY: Harper & Brothers, 1915), à droite le colonel Baker est tué (dessin de Paul F Mottelay et T Campbell-Copeland) .

les forces nordistes se replient en désordre et traversent à nouveau le Potomac (Charles Carleton Coffin Drum-Beat of the Nation (New York, NY: Harper & Brothers, 1915), à droite le colonel Baker est tué (dessin de Paul F Mottelay et T Campbell-Copeland) .

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Les drapeaux de la Confédération (1)

Publié le par Olivier Millet

Les drapeaux de la Confédération (1)

Le drapeau de la Confédération a évolué durant le conflit au rythme de l’adhésion des nouveaux états dans la confédération sudiste faisant augmenter le nombre d'étoiles dans le canton. Le "design" changea du tout au tout en 1863 et prit la forme du drapeau à la croix de Saint-André avec des variantes mais demeura le drapeau symbolisant le Sud pour la postérité.

Le premier modèle de drapeau ou " star and bars " créé par un dessinateur d'origine allemande flotta au-dessus de la première capitale sudiste à Montgomery en mars 1861. Il consistait en deux bandes rouges autour d'une bande blanche avec un canton bleu foncé contenant 7 étoiles blanches ou argent à 5 branches. En mai 1861 il passa à 9 étoiles puis 11 en juillet et enfin 13, en novembre 1861. Le dessinateur fut sans doute inspiré par la symbolique du drapeau de la famille Habsbourg d’Autriche dont les bandes rouges et blanches sont un des symboles et le drapeau actuel de l’Autriche.

En mai 1863 un nouveau modèle de drapeau " stainless banner " fut dessiné car l'ancien créait encore trop de confusion avec le modèle fédéral sur les champs de bataille. La croix de Saint-André fut adoptée pour éviter de froisser les susceptibilités religieuses de certaines communautés. En effet la croix de Saint George fut en premier lieu proposée pour le drapeau mais représentait trop la religion catholique ; la croix diagonale de Saint André permettait d'éviter cet écueil. En outre un modèle de drapeau carré en lieu et place du modèle rectangulaire fut choisi.

Au final le drapeau de la seconde version fut un drapeau à fond blanc avec le carré rouge avec la croix de Saint-André avec 13 étoiles. Ce drapeau de la Confédération fut également utilisé par la marine sudiste. Mais là encore les risques de confusion avec le drapeau blanc ont fait qu'une troisième et dernière version fut créée. En effet en cas de vent la première partie du drapeau pouvait être cachée ne laissant que le blanc apparaître donnant l'illusion qu'il s'agissait du "drapeau blanc".

Cette variante nommée " blood stained banner " comprenait une extrémité verticale rouge. Le rouge fut choisi en rappel de l'origine franco-anglaise des colons d'Amérique ( le rouge vertical de la croix de Saint-George du drapeau britannique et le dernier 1/3 du drapeau français).

L'armée de Virginie du Nord adopta le drapeau à croix de Saint-André carré pour ses régiments. L'armée du Tennessee adopta le modèle rectangulaire du même coloris. La cérémonie de remise des couleurs eut lieu à Manassas et Centerville le 28 novembre 1861 et, selon les témoins, le nouveau drapeau fit forte impression sur les hommes. Il est parfois appelé drapeau de l'armée de Virginie du Nord ou drapeau "Beauregard" du nom du premier général en chef de cette armée. C'est le drapeau qui représente le plus souvent les Confédérés dans l'esprit des gens.

La marine de guerre confédérée utilisa le canton du drapeau officiel pour son "jack" et le drapeau officiel pour sa bannière navale.

distribution des nouveaux emblèmes de l'armée de Virginie du Nord ( par Don Troiani )

distribution des nouveaux emblèmes de l'armée de Virginie du Nord ( par Don Troiani )

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Les tireurs d'élite des Berdan's Sharpshooters

Publié le par Olivier Millet

Les tireurs d'élite des Berdan's Sharpshooters

Les tireurs d'élite de Berdan, du nom de l'officier responsable de leur recrutement, Hiram Berdan, font partie des deux régiments de tireurs d'élite qui opérèrent au sein de l'armée du Potomac de l'Union.

Le premier régiment recrutant essentiellement dans les états de New-York, du Vermont, du New Hampshire, du Michigan et du Wisconsin. Chaque candidat devait être capable de passer un test de tir rigoureux qui consistait à placer dix tirs dans une zone de 25cm de diamètre à une distance de 20 yards (180mètres). La mission de ce régiment était le tir pour tuer à longue distance, l'équivalent des unités de snipers d'aujourd'hui. La plupart du temps les cibles de ces hommes étaient les officiers ennemis ou toute autre cible d’intérêt.

Ce n'était ni plus ni moins que la renaissance des anciens régiments de riflemen qui avait été dissous après la guerre de 1812. Le premier régiment recruté dès 1861 commença son service en novembre 1861 ; il comprenait 10 compagnies. de la compagnie A à la compagnie K. Les compagnies A, B D et H furent recrutées en 1861 dans l'état de New-York, les compagnies C et I dans le Michigan en 1861, la E dans le New Hampshire, la F dans le Vermont et la G dans le Wisconsin. La dernière compagnie fut recrutée en 1862 dans le Michigan.

Le second régiment levé en 1861 ne comprit que 8 compagnies de la compagnie A à la compagnie H. Les compagnies au combat avaient entre 40 et 60 soldats.

La compagnie A fut recrutée dans le Minesota, la B dans le Michigan, la C en Pennsylvanie, la D dans le Maine, la E et la H dans le Vermont, la F et la G dans le New-Hampshire.

L'armement des sharpshooters était principalement le fusil Sharp mais aussi le fusil Withworth et d'autres modèles dont certains étaient équipés des premières lunettes de tir tel le fusil Wesson à lunette de tir de Morgan James de 1855. Au début chaque homme recevait une prime de 60 dollars si il amenait avec lui son propre fusil de tir de précision en attendant de toucher le fusil Sharp. Il faudra attendre 1862 pour que les tireurs d'élite puissent tous avoir un fusil Sharp M1859 entre les mains.

Au combat, les tireurs d'élite étaient soit disposés en ligne de tirailleurs en avant des troupes principales, soit ils opéraient en petits détachements afin de traquer et tuer les cibles d’intérêts. Leur principaux objectifs étaient bien évidemment les officiers ennemis, les artilleurs et les autres tireurs d'élite. Les sudistes ont également mis en place leurs propres unités de tireurs d'élite et parmi eux certains revêtaient l'habit vert.

Les tireurs de Berdan participèrent à la plupart des batailles du front Est la campagne de la péninsule, Gettysburg, Vicksburg, Chattanooga, Atlanta, Spotsylvania, Petersburg. A la fin de la guerre les deux régiments furent amalgamés le 3 décembre 1865.

officier des berdan's sharpshooters en frock coat (Don Troiani)

officier des berdan's sharpshooters en frock coat (Don Troiani)

Les tireurs d'élite des Berdan's Sharpshooters

L'uniforme:

L'uniforme des tireurs d'élite était le même que celui de l'infanterie à la différence près qu'il était vert foncé (vert européen) au lieu d'être bleu foncé. Au début ils portèrent le pantalon bleu pâle traditionnel de l'infanterie mais très vite un pantalon vert identique à la couleur de la tunique fut adopté. Il existe bien évidemment de multiples variations de tenues des "sack coat" ou des vestes vertes, mais la tunique frock coat demeure l'habit réglementaire du tireur d'élite. La couleur verte offrait l’énorme avantage de pouvoir dissimuler le soldat dans la campagne, de plus les boutons jaunes furent remplacés par des boutons noirs ou gris foncés moins visibles, bien que la boucle de ceinture demeurât de couleur cuivre. Cet habit vert les distinguait au milieu des autres soldats et pouvait également les desservir car les tireurs d'élite sudistes avaient rapidement appris à les reconnaître et ils étaient heureux de pouvoir se débarrasser de ces tireurs d'élite en les abattant à leur tour.

Le képi mou fut leur couvre-chef mais ils eurent également un curieux chapeau de style "round hat" avec des bords tronqués. L’équipement est identique à celui des soldats nordistes à la différence près qu'ils emmenaient un sac à dos d'inspiration prussienne à revêtement en fourrure. Le pantalon était parfois porté sous les guêtres. (voir l'image de droite d'après une œuvre de Don Troiani)

Une petite démonstration en vrai de ce à quoi pouvait ressembler une ligne de tirailleurs des Sharpshooters de Berdan.

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La bataille de Wilson's Creek 10 août 1861

Publié le par Olivier Millet

La bataille de Wilson's Creek 10 août 1861

La bataille de Wilson's Creek (Oak's Hill pour les Confédérés) se déroula le 10 juillet 1861 près de Springfield dans le Missouri. Ce fut le premier affrontement d'importance sur le théâtre ouest des opérations. Elle s'inscrit dans les luttes d'influence que se sont livrées le Nord et le Sud dans les états neutres afin de les faire adhérer à leur camp. Le Missouri ayant déclaré sa neutralité devant la guerre civile devint néanmoins un champ de bataille de la guerre de Sécession car ni le Nord ni le Sud n'accepteraient que cet état tombe sous la domination de l'autre. A l’intérieur de l'état du Missouri, la faction pro-sudiste tenta de déstabiliser l'état afin de lui faire rejoindre la cause rebelle en s'emparant notamment d'un dépôt d'armes déclenchant la réaction immédiate des autorités fédérales et de leur représentant militaire sur place, le capitaine Lyon qui mit au pas les rebelles mais força l'assemblée du Missouri à mettre en place une garde nationale pour lutter contre tout envahisseur qu'il soit du Sud ou du Nord. Bien que s'étant déclarés neutres les belligérants forcèrent le Missouri à choisir son camp. Lyon promu général des forces de l'Union du Missouri s'empara de Springfield et força le gouvernement local à s'enfuir et à rechercher l'appui confédéré.

En juillet 1861, Lyon et ses 6000 hommes étaient disposés près de Springfield lorsque les forces de la garde nationale du Missouri et les renforts confédérés commandés par le général Mc Culloch ainsi que des miliciens de l'Arkansas soit 12000 hommes se décidèrent à les attaquer. Une première escarmouche eut lieu près de Dug Springs le 2 août. Bien que vainqueur, Lyon décida de battre en retraite vers Springfield car il prit conscience de la supériorité numérique de l'ennemi. Il campa à Wilson's Creek toujours talonné par les forces du Missouri et du Sud. Bien qu'ayant décidé de poursuivre sa retraite, Lyon tenta une attaque sur la base de la garde du Missouri pour se donner plus de temps dans sa manœuvre de retraite. Mission qui serait facilitée par la surprise de son attaque à l'aube et par le fait que la garde du Missouri était de piètre qualité face à ses troupes qui comprenaient beaucoup de réguliers.

Le 10 août à l'aube les forces de l'Union attaquèrent et s'emparèrent facilement du camp ennemi mais très vite les canons sudistes de la brigade de l'Arkansas stoppèrent l'avance nordiste laissant le temps aux troupes de Mc Culloch de se disposer en ligne. Ce fut au tour de Lyon d'être repoussé par les forces confédérées qui échouèrent à leur tour dans une contre-attaque.

La situation se stabilisa un temps avant que les deux adversaires ne tentent des manœuvres. Le subordonné de Lyon, le général Sigel, et sa brigade réussirent à percer la ligne sudiste, faisant fuir leur cavalerie au moyen de leurs canons puis poursuivant leur adversaire ; mais ce faisant il laissa son flanc dangereusement exposé. Mc Culloch perçut une opportunité et lança contre Sigel une division du Missouri et le 3ème régiment de Louisiane et de l'Iowa. A ce moment de la guerre la plupart des unités de milices et de volontaires portaient un uniforme qui leur était propre et qui ne facilitait pas leur reconnaissance sur le terrain. Les soldats confédérés portaient bien un uniforme gris mais les volontaires du Missouri aussi et les hommes de Sigel prirent les troupes sudistes qui attaquaient leur flanc pour des soldats amis. Ayant pu s'approcher facilement les unités confédérées balayèrent les troupes de Sigel par leur flanc les forçant à fuir et à abandonner le général Lyon et ses hommes.

Lyon, isolé et blessé, ne put se maintenir devant les forces ennemies trop nombreuses. Il se décida à se replier lui aussi quand il fut frappé en plein cœur et mourut aussitôt. Son adjoint fut frappé également et le commandement des forces de l'Union revint au Major Sturgis qui réussit à stabiliser sa ligne au sommet d'une colline repoussant les attaques confédérées. Après avoir repoussé trois attaques ennemies, Sturgis fit décrocher ses hommes laissant le champ de bataille aux troupes confédérées. La bataille de Wilson 's Creek était terminée. Elle fit 1300 morts et blessés dans les rangs de l'Union et un peu plus de 1200 parmi les Confédérés. Lyon fut le premier général de brigade nordiste à être tué au combat, mais, plus important, le Missouri du nord, favorable à l'Union, était menacé d'invasion. Le gouvernement pro-sudiste put revenir en place mais ne put influencer la plupart des habitants du Missouri qui étaient en faveur de l'Union. Désespérant d'obtenir l'appui local et ce, malgré sa victoire à Lexington, Mc Culloch sera bientôt amené à abandonner le terrain conquis aux troupes de l'Union qui reviendraient bientôt en force.

Pour l'heure la bataille de Wilson's Creek est un nouveau coup dur au moral du Nord qui après la défaite de Ball's Bluff, deux mois plus tard, sera amené à se pencher plus sérieusement sur la conduite de la guerre et comprendre pourquoi elle enregistrait tant d'insuccès.

La bataille de Wilson's Creek 10 août 1861

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