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Noël dans la guerre de Sécession

Publié le par Olivier Millet

Noël dans la guerre de Sécession

La fête de noël n'était pas particulièrement populaire aux États-Unis en ce début du 19ème siècle, c'est surtout avec l'arrivée progressive d'une immigration européenne et catholique que les festivités de la nativité furent célébrées en Amérique. Noël ne devint un jour férié pour la première fois en Alabama qu'en 1836. Santa claus était plus associé au nouvel an qu'au jour de Noël ; selon la tradition il s'agirait d'un évêque chrétien venu distribuer des cadeaux à ses voisins pour les aider à passer l'hiver. La période des fêtes commence d'ailleurs avec Thanksgiving le 4ème jeudi de novembre. Au 17ème siècle, les colons hollandais apportèrent en Amérique la tradition de Saint Nicolas fêté le 6 décembre. Selon la tradition, le pasteur américain Clement Clarke Moore rédigea un poème en 1823 sur Saint Nicolas le décrivant comme distribuant des cadeaux sur un traineau tiré par des rennes, Santa Claus était né. L'arbre de noël dont l'existence en Europe remonte au 16ème siècle, n'est introduit que dans les années 1840 tout comme les principaux symboles qui sont associés à cette fête aujourd'hui. A la période de la guerre civile, Noël est est une fête bien établie aux États-Unis et est célébrée dans les deux camps. La dinde est dévorée dans les casernes et camps, tandis qu'au front les soldats devront faire preuve de plus d'imagination pour marquer le coup. Le Sud commençant à subir les pénuries dues au blocus fera la fête avec des mets moins rares et moins coûteux. Les journaux comme le Harper's Weekly affichaient des représentations bon enfant du père Noël visitant les troupes au front et leur distribuant des cadeaux avant d'associer à cette fête des messages politiques plus clairs et sans ambiguïté. Même si elle n'est jamais encouragée par le haut commandement, une trêve de Noël officieuse fut parfois respectée. Sur l'ensemble des fronts, durant les Noël 1861 à 1864 on se bat toujours.

Des combats et des escarmouches eurent lieu le 25 décembre en mer comme à terre. Pour beaucoup, Noël ne devait pas interrompre les opérations militaires. Des briseurs de blocus tentèrent de profiter de cette journée pour effectuer des tentatives afin de traverser le blocus nordiste. Le général confédéré Morgan effectua même un raid durant cette période dans le Kentucky contre les dépôts et autres convois nordistes et détruisant ponts et rails. Son raid est resté dans les mémoires comme le "Christmas raid".

A Noël 1861, Le général Haleck, en pleine retraite dans le Missouri, n'entendait pas perdre un jour pour rejoindre une zone plus sécurisée dans l'Arkansas. En 1862 Dans le Kentucky, en Virginie ou au Tennessee ont lieu de violents accrochages. En 1863, les combats ont lieu à Charleston, en Caroline du Nord, en Floride près de Fort Brooke, sur la rivière Sono, en Caroline du Sud, entre canonnières fédérales et batteries confédérées. En 1864 les fédéraux tentent un débarquement sur Fort Fisher mais sont sévèrement repoussés tandis qu'au même moment dans le Tennessee, le général John Bell Hood et ses troupes font face dans un combat désespéré à des forces supérieures. En Virginie le siège de la ville de Petersburg continue...

Pour certains soldats, il était néanmoins important moralement de marquer cette journée en fabriquant des autels de fortunes ou autres représentations de la nativité. Certains déguisèrent des mules pour en faire les rennes du père Noël. D'autres accrochaient des denrées aux arbres pour en faire des sapins de Noël, certains distribuaient de la nourriture aux civils démunis (principalement dans le Sud par les troupes de l'Union). Pour les plus chanceux, généralement les soldats dans les camps, ils avaient droit à un repas spécial. Mais parfois il leur fut interdit de faire la moindre manifestation festive.

En 1862 et 1863, le président Lincoln profita de l'occasion pour rencontrer les blessés dans les hôpitaux distribuant des cadeaux sous forme de livres au nom de son fils Tad qui fut profondément ému lors de sa première visite aux blessés avec son père en 1862. Abraham Lincoln serait aussi à l'origine du gâteau du président que l'on sert à Noël à la maison blanche, tradition qui perdure aujourd'hui.

Les journaux du pays publiaient des dessins montrant un père Noël soutenant la cause du Nord ou, bien sur, du Sud. "Santa" servait aussi la propagande des belligérants. Les difficultés croissantes rencontrées par le Sud, les destructions et les privations rendirent les Noël 1863 et 1864 particulièrement difficiles pour les habitants des régions dévastées de Géorgie, Virginie ou de la caroline du Sud. Certains enfants ne voyant plus rien venir ce jour sacré se demandèrent si le père Noël n'était pas lui aussi un "Yankee".

" C'est Noël, et mon esprit erre vers cette maison laissée vide par mon absence tandis que loin de la paix et de la tranquillité de la vie civile pour subir les privations des camps et du champ de bataille, je pense aux nombreuses vies qui sont mises en danger et qui espèrent que le temps de la paix reviendra bientôt avec ses innombrables bénédictions et rétablira encore une fois notre nation dans le bonheur et la prospérité "

Caporal J.C Williams du 14th régiment du Vermont

(peinture illustrant l'article " My Friend, the Enemy Rappahannock River, Noël 1862 de Mort Künstler)

Santa Claus visitant les troupes par le journal de New-York le Harper's Weekly

Santa Claus visitant les troupes par le journal de New-York le Harper's Weekly

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Mise à jour

Publié le par Olivier Millet

Toutes les planches ont été remises à jour pour corriger une mauvaise apparence des cols des uniformes qui étaient trop droits et rigides.

Merci aux différents internautes pour leurs messages d'encouragement et de corrections qui m'aident à améliorer ce blog au fur et à mesure.

Et passez de bonnes fêtes !!

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The Yellow Rose of Texas

Publié le par Olivier Millet

The Yellow Rose of Texas est une chanson traditionnelle Texane qui tire ses origines dans la guerre d'indépendance du Texas contre le Mexique. Elle conte l'histoire d'amour d'un soldat qui part combattre pour la bataille de San Jacinto qui vit la victoire décisive des Texans contre les Mexicains en 1836.

paroles:

There's a yellow rose in Texas, that I am going to see,
No other darky knows her, no darky only me
She cryed so when I left her it like to broke my heart,
And if I ever find her, we nevermore will part.

She's the sweetest little rosebud that darky ever knew,
Her eyes are bright as diamonds, they sparkle like the dew;
You may talk about your Dearest May, and sing of Rosa Lee,
But the Yellow Rose of Texas is the only girl for me.

When the Rio Grande is flowing, the starry skies are bright,
She walks along the river in the quite [sic] summer night:
She thinks if I remember, when we parted long ago,
I promised to come back again, and not to leave her so.

Oh now I'm going to find her, for my heart is full of woe,
And we'll sing the songs togeather [sic], that we sung so long ago
We'll play the bango gaily, and we'll sing the songs of yore,
And the Yellow Rose of Texas shall be mine forevermore.

Mais cette chanson, dont l'auteur est inconnu, devint populaire parmi les troupes confédérées et particulièrement les contingents du Texas. Les troupes adaptèrent la chanson originale et rajoutèrent un couplet suite à la bataille de Nashville en 1864. Dans ce couplet transpire toute la fierté et l’orgueil des Texans qui avaient mérité durant leurs nombreux combats leur réputation de troupes d'élite.

Oh my feet are torn and bloody, and my heart is full of woe,
I'm going back to Georgia, to find my Uncle Joe,
You may talk about your Beauregard, and sing of General Lee,
But the gallant Hood of Texas, played hell in Tennessee.

" Les texans font toujours reculer l'ennemi " Général Robert Lee, bataille de la Wilderness 1864

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L'affaire du Trent

Publié le par Olivier Millet

L'affaire du Trent

Le 8 novembre 1861, à 430 kilomètres environ des côtes cubaines, le navire de la marine de l'union, l'USS San Jacinto, oblige le navire britannique, le Trent, à stopper ses machines pour une inspection à bord. Ayant été semoncé par un coup de canon devant l'étrave, le paquebot anglais est arraisonné et fouillé, deux de ses passagers emmenés de force sur le navire américain bien qu'ayant embarqué sur un navire anglais et donc neutre vis-à-vis du conflit.

Le navire anglais avait accueilli à son bord à la Havane deux agents confédérés, James M Mason et John Slidel, dont la mission officieuse était de négocier la reconnaissance par les gouvernements français et anglais de la Confédération sudiste. Ce renseignement est parvenu au commandant de la frégate de 1500 tonnes USS San Jacinto, le commodore Charles Wilkes. Ce dernier prit la décision de poursuivre le navire sur lequel les agents avaient pris place et de les récupérer par la force. L'action en elle-même était une violation de la liberté maritime et du droit des navires à circuler librement. De plus il était particulièrement audacieux de la part du capitaine de s'en prendre à un navire britannique dont la nation était la plus puissante nation navale du monde. Une fois capturés, les agents sudistes sont emmenés à Fort Monroe en Virginie. Quant à Wilkes il est particulièrement félicité pour l'audace de son action. A Washington l’accueil de la nouvelle est plus froid car Lincoln comme son gouvernement sait bien que l'Angleterre ne va pas laisser passer un tel affront diplomatique.

Des risques d'une intervention à l'horizon ?

En effet une fois parvenue à Londres la nouvelle de l’arraisonnement du Trent fit l'effet d'une bombe. Alimentée par une presse vindicative, l'opinion publique se laissa aller à ses penchants bellicistes contre les États-Unis. Ironiquement l'Angleterre se trouvait, à une échelle bien différente, dans la même situation que les États-Unis en 1812 qui subissaient une pression en mer sur leur flotte marchande de la part de la Royal Navy. Pour l'heure, Londres mobilisa une partie de ses troupes et expédia un détachement de 8000 hommes au Canada pour renforcer la garnison ; la Royal Navy était mise sur le pied de guerre. Une évaluation des forces permettait de voir que la Grande Bretagne bénéficiait d'un net avantage sur la marine de l'Union en terme de bateaux de guerre car beaucoup de navires nordistes n'étaient que des navires civils réarmés. En outre les plus puissantes unités britanniques surclassaient de beaucoup les frégates de ligne américaines. Une éventualité d'actions combinées avec la marine sudiste avait été envisagée par certains mais l'implication de la Grande Bretagne aux côtés de la Confédération aurait pu avoir des conséquences funestes sur l'opinion publique européenne opposée à l'esclavage. En outre la marine anglaise devait prendre en considération les progrès effectués par les américains dans le domaine des Ironclads et des Monitors capables d'opérer en eau peu profonde et qui auraient détruit avec facilité les navires en bois anglais incapables d'être soutenus par leur navires cuirassés au fort tirant d'eau. La possibilité de mettre en place un blocus naval demeurait la seule option de la part de la Grande Bretagne mais une option qui pouvait a terme, comme pour la confédération, géné considérablement Washington. Quant à la guerre sur terre, même en renforçant la garnison du Canada, en faisant appel à la milice et en multipliant les raids côtiers c'est face à une armée de près d'un demi--million d'hommes entraînés et lourdement équipés en artillerie qu'il allait falloir se frotter. Autant dire que la campagne terrestre était inaccessible aux Anglais et qu'il leur fallait se cantonner à une défense ferme du Canada comme en 1812 et a un blocus des côtes américaines. Bien que montrant les dents, les Anglais n'avaient pas réellement l'envie ni les moyens de se lancer dans une telle entreprise au seul but de laver leur honneur même si il est probable que la Grande Bretagne aurait bénéficié du soutien militaire et diplomatique de la France déjà présente au Mexique depuis le 8 décembre 1861.

(peinture illustrant l'article appartenant à la collection Southampton City Art Gallery)

caricature montrant le capitaine Wilkes s'emparant des deux agents confédérés parue dans le Harper's Weekly, magazine publié à New-York

caricature montrant le capitaine Wilkes s'emparant des deux agents confédérés parue dans le Harper's Weekly, magazine publié à New-York

Néanmoins, des explications et la menace d'une déclaration de guerre furent sur le point d'être envoyées à Washington dans des termes qui laissaient peu de place à la diplomatie. Il fallut la réécriture du texte officiel diplomatique britannique adressé à Washington par la reine Victoria elle-même pour éviter le pire. Du point de vue diplomatique l'embarras entre la Grande-Bretagne et les États-Unis plaisait particulièrement à la France de Napoléon III qui profiterait de l'occasion pour renforcer sa position au Mexique où se battait un corps expéditionnaire français au grand mécontentement des Américains. Mais on n'en était pas encore là, et la France qui reconnaissait comme illégitime l'action de la marine américaine assurait l'Angleterre de son soutien en cas de conflit.

Il apparaissait que l'action de Wilkes avait eu lieu de son propre chef et qu'elle n'avait pas reçu l'assentiment du président Lincoln lui-même. D'une certaine manière le gouvernement américain ne pouvait être tenu comme responsable dans cette affaire même si le commandant d'un navire de guerre de l'US NAVY est un représentant à l'étranger du pouvoir exécutif américain. Les négociations commencèrent et ce fut le vice-président américain Seward qui fut chargé de mener la délicate mission de sauver la face du président Lincoln. Ce dernier savait qu'il ne pouvait mener deux guerres de front avec succès mais ne voulait pas montrer un instant le moindre signe de faiblesse à l'heure où l'Union était en danger de désagrégation. L'Angleterre n'était pas encore l'ennemi des État-Unis ni l'ami de la Confédération. Il fallait faire en sorte que les relations entre les deux pays se normalisent au plus vite et éviter de faire du Royaume-uni un allié pour le Sud par la faute d'un commandant de navire trop zélé.

Finalement il fut décidé de libérer les prisonniers sudistes mais sans pour autant présenter d'excuses officielles au gouvernement britannique. Les deux agents furent renvoyés vers l'Angleterre. L'Angleterre retrouva des relations plus cordiales avec Washington grâce à la diplomatie inattendue de Seward. La résolution pacifique de cette crise aura pour conséquence d'aplanir les différents entre Londres et Washington et surtout permettre de nouer des liens plus solides lorsqu'une autre crise, celle du Roi Coton, éclatera. Le Sud, qui avait tout à gagner d'une confrontation militaire entre le Nord et l'Angleterre, finit au contraire par se retrouver avec une situation diplomatique bien meilleure entre ces deux pays, ce qui réduira fortement l'effet majeur de l'embargo qu'ils mettront en place sur les exportations de coton et permettra au Nord de devenir un partenaire de premier ordre de l'Angleterre, qui, en échange, lui fournira tout le salpêtre nécessaire à la fabrication de la poudre.

Les deux agents sudistes au coeur de l'affaire.

Les deux agents sudistes au coeur de l'affaire.

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Le canon WITHWORTH de 12 livres

Publié le par Olivier Millet

Le canon WITHWORTH de 12 livres

Les Sudistes firent appel à l'étranger pour fournir de l'armement, des mousquets en passant par les canons jusqu'aux navires de guerre. C'est essentiellement la Grande-Bretagne qui leur fournira une partie de leurs besoins en armes et uniformes. Parmi les canons de campagnes envoyés par les Anglais, un canon se détache du lot par sa modernité au regard des standards de l'époque: le canon Withworth. Ce modèle de canon fut mis au point par le génial ingénieur anglais Joseph Withworth qui réalisa plusieurs innovations dans le domaine de l'artillerie, de l'outillage lourd, des travaux d'usinage ou du blindage. Durant la guerre civile sa firme fournit des fusils de tireur d'élite capables d'atteindre des cibles à grandes distances et surtout des pièces d'artillerie.

Le canon Withworth de 12 livres était une pièce de campagne d'une exceptionnelle précision pour l'époque. Ce canon rayé était en outre équipé d'un système de chargement par la culasse ce qui permettait aux artilleurs de s'exposer un peu moins que s'ils avaient à recharger leur pièce par la bouche. Ce canon était l'une des deux seules pièces de campagne à se charger de cette manière sur le champ de bataille américain (l'autre type est le canon Ellsworth) mais son trop petit nombre l'empêcha d'avoir une quelconque influence par rapport aux autres pièces. A noter que Withworth livra aussi d'énormes pièces d'artillerie de 5 pouces appelées Withworth de 70 livres par les Anglais et 80 livres par les Américains. Certaines de ces pièces, livrées par forceur de blocus, tomberont entre les mains des fédéraux qui les utiliseront notamment durant la bataille pour les forts de Charleston.

Le canon de 12 livres

Le calibre du canon est de 2.75 pouces soit environ 70mm, il tirait des projectiles de 5.75 kg soit 12 livres 11 onces. Ce canon utilisait des obus différents de ceux utilisés par les Américains et posait le problème de l’approvisionnement en munitions. Il fallait ou commander les obus en Angleterre à un coût excessif ou les fabriquer localement. Le manque de moyens et le Blocus firent pencher pour une fabrication locale.

La portée importante était d'environ 2800 yards soit 2560 mètres avec une inclinaison du tube à 5° et presque 10 000 yards avec l'inclinaison maximale de 35°. Ce canon était si précis qu'on estimait la déviation sur un tir de 1500 mètres inférieure à 40cm, ce qui en fait un canon parfait pour le tir de contre-batterie destiné à détruire les canons adverses. Lors d'un test effectué en Angleterre en 1863, une pièce de 12 livres toucha sa cible à 4.7 miles de distance. Le déverrouillage de la culasse se faisait au moyen d'une manivelle, la pièce pouvait tirer la plupart des types d'obus de l'époque. Il est à noter qu'une version à chargement par la bouche existait également et que le système de chargement par la culasse était réalisé de plusieurs façons comme en témoignent les photographies sur des pièces prises par les fédéraux. On ignore combien de pièces furent livrées aux armées confédérées, principalement en calibre 12 livres ; des photos prouvent son emploi sur le champ de bataille mais ils est attesté que ces canons furent aussi utilisés dans des forts côtiers où leur allonge supérieure les rendait idéals pour cette tâche. Des pièces de 6 livres furent également livrées mais le nombre exact et le type demeurent un mystère.

La technologie du chargement par la culasse était encore à ses débuts et de nombreux problèmes dus à ce système persistaient sur le canon Withworth rendant au final cette arme pas plus populaire qu'une autre. Les modèles allemands de Monsieur Krupp qui se chargeaient par la culasse et dont le calibre était légèrement inférieur connaissaient également des problèmes d'étanchéité lors du départ du coup avec des risques d'explosion non négligeables. Heureusement le canon pouvait se charger par la bouche sans avoir à ouvrir la culasse éliminant le risque d'explosion mais supprimant l’intérêt du chargement rapide par l'arrière du tube. Le faible nombre de pièces utilisées pendant la guerre de Sécession rend difficile l'élaboration de statistiques fiables quant à l'emploi de ce système et à son efficacité. La guerre prusso-autrichienne de 1866 qui vit l'emploi à grande échelle du canon à chargement par la culasse prussien permit aux Allemands de se rendre compte des problèmes qu'imposaient le tube en acier et le chargement par la culasse et de corriger en partie ces déficiences pour la guerre contre la France.

Ce canon fut également désavantagé par bien d'autres problèmes :

les projectiles spécifiques couûeux et difficiles à fabriquer et l'obus explosif manquant apparemment de charge explosive pour être efficace.

Le tir à grande distance était difficile voire impossible sans optiques efficaces et surtout sans entraînement.

Le manque d'entraînement des servants pour utiliser de manière optimale ces canons

les affûts anglais trop encombrants et fragiles, tout comme le tube en lui-même plus long et plus lourd que les modèles américains

De Gettysburg, Fort Fisher, Fredericksburg à Vicksburg, on trouve trace de l'emploi de ce canon sur plusieurs champs de bataille essentiellement par les forces sudistes, L'emploi de ces canons par les fédéraux fut limité semble-t-il à une batterie qui combattit durant la campagne de la péninsule en 1862 à Malvern Hill. Ce canon moderne, n'a pas fait pencher la balance du combat d'artillerie pour aucun des deux camps mais son utilisation, même anecdotique, a dû certainement concourir à alimenter l'image de la guerre de Sécession comme étant la première guerre moderne alors que l'emploi de canons à chargement par la culasse sera véritablement rendu célèbre et à juste titre, durant le conflit Franco-Prussien de 1870.

fiche technique:

fabricant : Withworth Ordnance Company

type : canon rayé à chargement par la culasse

calibre : 2.75 pouces

poids du projectile : 12livres (5.75 kg) ( type hexagonal spécifique a ce canon )

poids de la charge : 800 grammes

poids du tube : 495 kg (tube en acier )

portée maximale à 5° : 2380 mètres

portée maximale à 35° : 9100 mètres

année de fabrication : 1860 - 1865

exemplaires livrés aux États-Unis : inconnu

Sur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canonSur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canonSur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canon

Sur ces deux photos on distingue le système d'ouverture de la culasse à l'arrière qui est différent selon le modèle. Celui de gauche est une version modifiée 1865.. Ces photos montrent des canons capturés par les nordistes. Tout à droite, détail du système d'ouverture de la culasse, principale innovation de ce canon

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Les drapeaux de l'union (1) le National Colors

Publié le par Olivier Millet

Les drapeaux de l'union (1) le National Colors

Depuis 1784, les troupes américaines emportent une paire de drapeaux au combat à savoir le National Color et le Regimental Colors. Le drapeau national n'est pas encore la fameuse bannière étoilée, il faudra attendre 1841 pour que les régiments d'infanterie en soient dotés. Le drapeau national avant cette date est un aigle américain sur fond bleu foncé surmonté d'un demi arc étoilé tenant la frise E PLURIBUS UNUM (c'est la devise du sceau des États-Unis : un à partir de plusieurs) dans son bec. En dessous de l'Aigle le numéro du régiment est inscrit en toutes lettres de couleurs or ou argent dans une frise rouge ou bleue. Le drapeau régimentaire possède un champ (couleur de fond du drapeau) blanc ou jaune pâle avec en son centre la frise dans laquelle se trouve le numéro du régiment écrit en toutes lettres.

Lorsque la bannière étoilée devient officiellement le National Colors, l'ancien National Colors devient le Regimental Colors. Les franges apparaissent en 1834 autour des drapeaux. L'US Army, d'après le règlement du 10 août 1861, possède deux drapeaux par régiment d'infanterie : un drapeau national et un drapeau régimentaire. Il en va de même pour les régiments d'artillerie. La cavalerie possède un étendard et un guidon par compagnie.

L'infanterie :

Le drapeau national comme le drapeau régimentaire est en soie de 6 pieds sur 6, la hampe avec son sommet métallique doit mesurer 9 pieds. Le sommet de hampe peut être une pointe de lance, un aigle américain aux ailes déployées, une tête de hallebarde, une pointe en forme d'as de pique ou de cœur. Le drapeau national, le fameux "star and stripes" possède un canton bleu foncé de forme carrée ou rectangulaire et contenant le nombre d'étoiles correspondant au nombre d'états du pays soit 34 à l'entrée en guerre ; une 35ème et une 36ème seront ajoutées avec l'entrée dans l'union de la Virginie de L'ouest et du Nevada. Les étoiles sont de couleur or pour les drapeaux de l'armée régulière, argent ou quelquefois or pour les drapeaux donnés aux unités de volontaires selon les fabricants. Le champ comporte 13 bandes horizontales rouges et blanches une bande rouge commençant et finissant le champ. Les franges sont de couleur jaune or et, s'il y en a, les cordes et les glands associés, bleus et blancs. Le numéro du régiment est inscrit en or ou argent au sein d'une des bandes centrales, normalement la 7ème mais cela peut varier selon les fabricants. En effet, les drapeaux sont confectionnés à différents endroits pour alimenter les dépôts fédéraux ; chaque fabricant avait un arrangement du canton qui lui était propre (voir planche pour quelques exemples).

Les principaux dépôts sont ceux de Philadelphie, New-York, Cincinnati et celui de l'Ohio. Les régiments se retrouvent donc en possession de drapeaux dont l'aspect indique la provenance du dépôt. Celui de Philadelphie, par exemple, est alimenté par un fabricant organisant le canton en double ellipse étoilée, tandis que celui de Cincinnati a un canton à 7 rangées horizontales. La confection d'un drapeau coûte très cher pour l'époque aux alentours de 150$ la paire. Parfois des fabricants sont désignés pour fournir un ou plusieurs états en particulier avec là encore des différences dans la forme des cantons. Les troupes de Pennsylvanie, par exemple, reçoivent un drapeau national avec un canton où apparaissent les armes de leur état. Celles du Kentucky , de l'Illinois de l'Indiana et de l'Ohio ont parfois eu des drapeaux à canton bleu clair.

L'artillerie :

Le drapeau national des régiments d'artillerie est identique à celui de l'infanterie, le drapeau régimentaire possède un champ jaune dans lequel figurent deux canons croisés surmontés d'une frise rouge avec inscrit en lettres couleur or le sigle US. Sous les canons se trouve une autre frise rouge avec le numéro du régiment en toutes lettres de couleur or. Les deux drapeaux sont de taille identique.

La cavalerie

Le drapeau national reprend le schéma du champ bleu avec l'aigle américain, évidemment pour être plus commode à porter à cheval. Il est plus petit et mesure deux pieds et demi de long sur deux pieds et 3 pouces de haut. Il possède des franges de couleur jaune. Les guidons de compagnie sont des pavillons à deux pointes, moitié rouge et moitié blanc, de 15 pouces de haut sur 2 pieds 3 pouces de longueur. Dans le pavillon rouge en haut est inscrit le sigle US en blanc. Dans le pavillon blanc est inscrit la lettre de la compagnie en rouge. En janvier 1862, un pavillon à deux pointes aux couleurs du star and stripes est donné aux régiments montés en guise de guidon de compagnie. Certaines unités eurent un drapeau national encore plus grand qu'un guidon et de forme rectangulaire mais en contradiction avec le règlement et les ordres de la hiérarchie.

Entre 1861 et 1865 plus de 2350 drapeaux nationaux ont été fournis aux différents dépôts fédéraux.

Les drapeaux nationaux avaient de multiples arrangements pour leur canton, à gauche le drapeau du 40th New-York et du 7th New-York (collection du musée de l'armée de l'état de New-York ), à droite un drapeau du dépôt de Philadelphie non attribué à une unité avec son canton à double ellipse typique (collection Zaricor)Les drapeaux nationaux avaient de multiples arrangements pour leur canton, à gauche le drapeau du 40th New-York et du 7th New-York (collection du musée de l'armée de l'état de New-York ), à droite un drapeau du dépôt de Philadelphie non attribué à une unité avec son canton à double ellipse typique (collection Zaricor)Les drapeaux nationaux avaient de multiples arrangements pour leur canton, à gauche le drapeau du 40th New-York et du 7th New-York (collection du musée de l'armée de l'état de New-York ), à droite un drapeau du dépôt de Philadelphie non attribué à une unité avec son canton à double ellipse typique (collection Zaricor)

Les drapeaux nationaux avaient de multiples arrangements pour leur canton, à gauche le drapeau du 40th New-York et du 7th New-York (collection du musée de l'armée de l'état de New-York ), à droite un drapeau du dépôt de Philadelphie non attribué à une unité avec son canton à double ellipse typique (collection Zaricor)

Les drapeaux de l'union (1) le National Colors

sources :

René Chartrand " A most warlike Appearence "

Philip Katcher "Flags of the American Civil War" MAA 258

Philip Katcher "AMerican civil war armies union troop" MAA 177

une très belle collection de drapeaux de l'union pour la Pennsylvanie :

http://www.pacivilwarflags.org/regiments/indivRegiment.cfm?group=1-50®=46th%20Infantry

La collection Zaricor

http://www.flagcollection.com/resourcesstaticcontent.php?CollectionHTMLZone_Code=resources_heart_civilwarregimentalcolors

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Le président Abraham LINCOLN

Publié le par Olivier Millet

Le président Abraham LINCOLN

De tous les présidents américains, le 16ème locataire de la maison blanche fait partie de ceux qui ont eu un impact majeur sur l'histoire des États-Unis. Cet homme aux traits sévères et marqués, à la taille imposante et orateur exceptionnel a dû faire face à la crise la plus grave de toute l'histoire des États-Unis. Il devint le président d'une nation divisée qui allait s'entretuer pendant 4 ans. Mais par son combat politique et une conduite efficace de la guerre, il allait faire triompher la cause de l'Union et, collatéralement, émanciper la minorité noire afin de lui donner théoriquement les mêmes droits que ceux accordés à tout citoyen américain par la constitution des États-Unis. Par son 13éme amendement, Lincoln fit sortir son pays de cette aberration inhumaine que constituait l'esclavage d'une population pour le profit d'une autre. Cet acte hautement symbolique fit de lui l'un des hommes les plus admirés de son temps.

Abraham Lincoln naît en 1809 dans une cabane du Kentucky. Fils de fermiers, il a eu une enfance difficile. Il voit sa mère mourir alors qu'il n 'a que neuf ans mais néanmoins il trouvera de l'affection auprès de sa nouvelle belle-mère qui l'encourageait à lire. Travaillant à bord d'un Ferry il doit déménager avec sa famille dans l'Illinois, puis continue de travailler sur des bateaux fluviaux. Puis Abraham s'installe à New Salem. En 1832 il s'engage dans la milice durant la guerre de Black Hawk, chef de guerre Sauk et Fox allié des Anglais durant la guerre de 1812. N'ayant participé à aucun combat, il s'oriente vers une carrière publique et se présente pour l'assemblée de son état. Ayant été élu plusieurs fois, il décide de se consacrer au droit afin de devenir avocat et réussit son examen au Barreau en 1836. Il épouse Mary Todd en 1842 avec qui il aura 4 enfants et tout en menant de front sa vie d'avocat il continue à participer à la vie politique de son état et se fait élire représentant de l'Illinois à la chambre en 1846 et fait ses premières armes contre l'intervention au Mexique. Une position qui lui vaudra le mécontentement de ses compatriotes. Il quitte la chambre des représentants et continue sa carrière d'avocat où il se fait remarquer par ses brillants résultats qui lui attirent la sympathie et les voix des électeurs afin de lui redonner sa place au Congrès. Une fois de retour à Washington il se place très tôt dans la ligne anti-esclavagiste et s'oppose à l'entrée de nouveaux territoires dans l'Union en tant qu'états esclavagistes. A l'occasion des débats qui aboutiront au compromis sur le Missouri il se fait suffisamment remarquer en tant qu'orateur pour s'attirer les bonnes grâces du parti républicain qui en fait son candidat pour les élections présidentielles de 1860. La tension est à son comble sur la question de l'esclavagisme, de l'adhésion des états dans l'Union et d'une éventuelle menace de sécession de la part des états du Sud qui voient dans les prétentions abolitionnistes du Nord une menace réelle sur leur autonomie, leur mode de vie et tout simplement sur leurs droits constitutionnels. Que les républicains présentent un candidat, clairement anti-esclavagiste comme Lincoln n'était pas fait pour les rassurer. La Caroline du Sud menace même de faire sécession si le président Lincoln est élu. Le 20 décembre 1860 elle tiendra parole. Suivie par 6 autres états du Sud, la Caroline du Sud s'apprête par son action à lancer le pays vers l'abîme de la guerre de Sécession.

A peine arrivé au pouvoir Lincoln se trouve confronté à ce qu'il y a de pire pour un chef d'état : la guerre civile. Il n'aura de cesse de tenter de trouver une sortie négociée avec les états du Sud pour éviter l'affrontement mais aussi pour les faire revenir dans le giron de l'Union. Mais la rancœur des Sudistes à l'égard du "despotisme" du Nord est trop forte et l'attaque sur Fort Sumter va enflammer le pays et rattacher 4 états de plus à la cause sudiste.

Le président Abraham LINCOLN

Le président ignore que la guerre de Sécession qui va l'occuper pendant 4 ans et lui causer bien des tourments allait être sa plus grande réussite sur le plan politique, militaire et humain mais aussi sa dernière car il survivra seulement 5 jours après la fin du conflit.

En 1861, Lincoln est confronté à la défection d'une partie de ses troupes et de ses cadres qui rallient la cause confédérée. Mais à la différence de son opposant direct, le président sudiste Jefferson Davis, Lincoln bénéficie d'une administration rôdée et en parfait état de marche lui permettant une conduite de la guerre facilitée. Comme la plupart de ses contemporains, Lincoln ne croit pas à une guerre longue et lance un appel à 75000 volontaires pour trois mois, le temps nécessaire pour résoudre le problème. Il ne déclare pas la guerre à la Confédération puisqu'il nie son existence politique et veut dans le même temps éviter qu'elle ne soit reconnue officiellement par le reste du monde. Le début de la guerre est chaotique, la défaite de Bull Run porte un coup rude au moral du Nord mais galvanise sa volonté de continuer la guerre. Lincoln ne s'y trompe plus et lance un appel aux volontaires pour 500 000 hommes et pour une durée d'un an ; dans le même temps il suspend l'habeas corpus qui défend les droits individuels des Américains. " Cette loi qui ne défend que les voyous" est un frein à l'effort de guerre et permet de juguler les plus véhéments opposants à la cause de l'Union dans certains états comme le Maryland. Adoptant une attitude plutôt respectueuse du droit des états, il accepte la neutralité de certains états indécis comme le Kentucky ou le Missouri mais dans le même temps il masse des troupes à leur frontière au cas où. 1861 est une année difficile pour le président : il dresse une partie de son opinion contre lui par ses mesures liberticides que sont la suspension de l'habeas corpus et la mise en place de la loi martiale dans certains états. Il subit de plein fouet les premiers revers militaires et son général en chef George McClellan se dresse ouvertement contre lui, critique ses décisions et celles de son administration et ne montre aucune ardeur à entreprendre une action d'envergure malgré la pression populaire. En outre Lincoln doit régler un différent diplomatique avec l'Angleterre suite à l'affaire du Trent.

En 1862 Il réussit à calmer les ardeurs belliqueuses aussi bien en Amérique du Nord qu'à Londres lui évitant ainsi d'avoir à mener une guerre sur deux fronts. En février le drame le frappe avec la mort de William son 3ème fils causant une douleur terrible à Abraham et Mary, mais il est le président et il ne peut s'abandonner au chagrin. Avec les premiers succès du général Grant et les progrès réalisés par sa marine, Lincoln retrouve un meilleur moral et, bien qu'horrifié par la bataille de Shilo, il envisage de mener à terme son grand projet d'émancipation des noirs. Considérés comme contrebande de guerre, les esclaves libérés par les troupes nordistes sont un problème juridique de plus que Lincoln doit régler pour éviter de s'attirer les foudres des gouvernements des états esclavagistes de l'Union. Avec la victoire d'Antietam, il tient l'occasion de faire passer sa proclamation d'émancipation, ce qu'il ne manque pas de faire avec succès, s'offrant du même coup l'appui officieux de l'Angleterre. La France reste moins disposée de par son intervention au Mexique qui contrarie fortement l'administration de Washington. Napoléon III souhaitant à la fois recouvrer une dette et barrer la route à l'influence grandissante des Américains protestant par un empire mexicain et catholique.

Accaparé par la guerre civile, Lincoln entreprendra de soutenir la cause juariste contre la France en vertu de la doctrine Monroe visant à interdire tout interventionnisme étranger en Amérique. Avec la proclamation d'émancipation du 1er janvier 1863, Lincoln aborde officiellement la fin progressive de l'esclavage dans les états pratiquant cette politique car la proclamation ne concernait que les esclaves vivant dans la Confédération et non ceux vivant dans certains états du Nord. Mais ce faisant il jette la première pierre de son désir d'abolition pur et simple de l'esclavage aux États-Unis. Sur le plan militaire l'année 1863 est marquée par le désastre de Chancellorsville et l’échec d'un des nombreux généraux qu'il a placés à la tête de l'armée. Mais il finit par trouver dans la personne d'Ulysses S Grant le général qu'il lui fallait. Déjà après Shilo il l'avait défendu contre ses détracteurs qui avertissaient le président que Grant était un alcoolique notoire ce à quoi le président leur répondit qu'il souhaitait connaître sa marque de whisky afin d'en envoyer des caisses à tous ses autres généraux. Entre Grant et Lincoln allaient s'établir des liens de confiance que le président désespérait de trouver. Informé rapidement de la situation sur le front par le télégraphe, Lincoln apprit le 4 juillet les victoires de Gettysburg et Vicksburg. Pour le président, le Sud était battu, la victoire ne faisait plus aucun doute. Il partit en Pennsylvanie en novembre 1863 pour inaugurer un cimetière militaire où étaient enterrés les nombreux morts de la bataille de juillet. Il prononça à cette occasion un discours de 2 minutes qui entra dans l'histoire comme un des plus beaux de la culture anglo-saxonne. En dix phrases il fit comprendre au monde le sens véritable qu'il entendait donner à la guerre civile américaine, une lutte pour la liberté pour tous. La guerre de Sécession devenait ainsi la guerre contre l'esclavage donnant un caractère humain et universel à ce conflit qui durait depuis deux ans. Par son habileté politique et son talent oratoire, Lincoln se faisait le champion de la cause de la liberté aliénant la cause sudiste aux yeux du reste du monde. Cynisme ou réel changement d'attitude d'un homme qui disait peu de temps auparavant qu'il conserverait l'esclavage si la survie de l'Union en dépendait ?

Le président Abraham LINCOLN

En plus de la guerre Lincoln dut gérer le développement des États-Unis avec notamment les chemins de fer transcontinentaux qui relieront les côtes Est et Ouest, l'intégration du Nevada dans l'union et surtout préparer les élections présidentielles de 1864. Pour la première fois un pays démocratique allait faire des élections présidentielles en pleine guerre civile. Il remporta les élections contre son ancien général George McCLellan du parti démocrate. Sitôt réélu il se lance dans son projet phare, l'abolition de l'esclavage, par le treizième amendement. C'est par une lutte intense au niveau du Congrès qu'il parvient à arracher le vote de cet amendement avec 119 voix contre 56 à la chambre des représentants et 38 contre 6 au sénat le 8 avril 1865. Par cette loi, il interdisait à jamais la pratique de l'esclavage sur l'ensemble des territoires des États-Unis. Le lendemain du vote au sénat, l’armée de Lee capitulait à Appomatox Court House, la guerre de Sécession n'était toujours pas terminée mais avec Davis en fuite et une misérable armée confédérée menée par le général Johnston en passe d'être écrasée, le Nord l'avait définitivement emporté. Le 14 avril, le président partit au théâtre Ford avec sa femme et fut assassiné dans sa loge par John Wilkes Booth d'une balle dans la tête. Ce dernier en s'enfuyant se serait écrié "Sic Semper Tyranis" ainsi finissent toujours les tyrans (la devise de la Virginie). Il sera abattu quelques jours plus tard dans une grange. Le président meurt le 15 avril à 7h22 en présence de son fils et de plusieurs membres du gouvernement. La guerre de Sécession quant à elle se terminait par la victoire de l'union mais un dernier affrontement eu lieu au Texas à Palmitto Ranch le 13 mai 1865 et se solda par une victoire confédérée...

Ainsi se terminait avec lui la tragique page de la guerre civile ; Lincoln entrait dans la légende et l'histoire comme étant un des plus grands présidents américains, l'homme ayant aboli l'esclavage et restauré l'union. Sa figure légendaire se retrouvait aux quatre coins du pays du mont Rushmore au mémorial de Washington. Cet homme au regard sévère, autodidacte et jouant plaisamment de bons mots écrira parmi les plus belles pages de l'histoire américaine au sens propre comme au sens figuré ainsi qu'en témoigne sa lettre adressée à une mère de soldats qui avait perdu ses 5 fils dans la guerre de Sécession et qu'il tenta de réconforter par ces mots:

Chère Madame,

Je viens de voir dans les dossiers du Ministère de la Guerre un rapport de l'Adjudant général du Massachusetts disant que vous êtes la mère de cinq fils, lesquels sont tous morts au Champ d'Honneur. J'imagine combien serait vain et inutile le moindre mot de ma part pour essayer de vous distraire du chagrin causé par une aussi terrible perte. Mais je ne peux toutefois m'empêcher de vous rappeler la consolation que vous pourrez trouver dans la gratitude de la République pour laquelle ils sont morts. Je prie pour que Notre Père qui est au ciel apaise la douleur de votre affliction et vous laisse seulement le tendre souvenir de vos chers disparus et la fierté bien fondée et solennelle d'avoir offert un si précieux sacrifice sur l'autel de la Liberté.

Votre très sincère et très respectueux,

Abraham Lincoln

A gauche le mémorial de Lincoln et sa statue de 6 mètres en marbre de Géorgie à Washington, le Mont Rushmore (le président figure à droite) et plus récement une statue de Lincoln et son fils Tad à Richmond pour commémorer sa visite de la ville en avril 1865A gauche le mémorial de Lincoln et sa statue de 6 mètres en marbre de Géorgie à Washington, le Mont Rushmore (le président figure à droite) et plus récement une statue de Lincoln et son fils Tad à Richmond pour commémorer sa visite de la ville en avril 1865A gauche le mémorial de Lincoln et sa statue de 6 mètres en marbre de Géorgie à Washington, le Mont Rushmore (le président figure à droite) et plus récement une statue de Lincoln et son fils Tad à Richmond pour commémorer sa visite de la ville en avril 1865

A gauche le mémorial de Lincoln et sa statue de 6 mètres en marbre de Géorgie à Washington, le Mont Rushmore (le président figure à droite) et plus récement une statue de Lincoln et son fils Tad à Richmond pour commémorer sa visite de la ville en avril 1865

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Les unités confédérées du Maryland

Publié le par Olivier Millet

Les unités confédérées du Maryland

Le Maryland, état frontalier esclavagiste, avait une population d'environ 687000 âmes et abritait de nombreux sympathisants à la cause confédérée. Particulièrement dans la zone proche de la baie de la Chesapeake, plus en amont les habitants du Maryland étaient majoritairement en faveur de l'union. La capitale de l'état, Baltimore était la quatrième ville du pays et ouvertement pro-sudiste. Environ 87189 esclaves (d'après le recensement de 1860) travaillaient dans les plantations de tabac, exploitations situées dans le Sud-est de l'état. Le nord était occupé par une agriculture vivrière où le besoin d'esclaves était pratiquement nul. Comme les autres états frontaliers qu'étaient le Kentucky, le Missouri et le Tennessee, le Maryland fut le lieu d'âpres luttes intestines pour déterminer sa position dans la crise de 1861 et son adhésion ou non à la confédération. De part sa position géographique, l'état du Maryland enveloppait le district de Columbia et la capitale des États-Unis Washington. Ce faisant toutes les troupes fédérales en provenance du nord-est devaient traverser le Maryland, important nœud ferroviaire, et inévitablement déclencher une réaction hostile de la part de la population pro-sudiste, particulièrement à Baltimore. Après l'attaque de Fort Sumter et l'appel à la mobilisation de Lincoln, les renforts en provenance du Nord passèrent par Baltimore et suscitèrent des troubles dans la ville acquise à la confédération. La présence des troupes fédérales à Baltimore déclencha des émeutes qui firent une dizaine de morts en avril 1861. Le gouverneur fut expressément sollicité par le parti pro-confédéré pour débattre de la position de l'état et trancher la question de l'adhésion ou non à la Sécession. Habilement, le gouverneur, Thomas H Hicks, mit en place une convention dans le nord de l'état, pro-union, et la sécession fut repoussée. Lincoln décréta l'ordre martial et la neutralité du Maryland dans la guerre. Les forces fédérales présentes sur son territoire maintinrent une pression suffisante pour empêcher tout au long du conflit le basculement du Maryland dans le camp de Richmond tout en interdisant aux volontaires pro-sudistes de rejoindre les rangs de l'armée confédérée. Durant la guerre, le Maryland fut le théâtre de l'affrontement le plus meurtrier du conflit à Antietam en 1862 et plus tard en 1864, une tentative de Jubal Early de s'en prendre à la capitale Washington fut contrariée malgré un succès tactique confédéré à la bataille de Monocacy Junction le 9 juillet. Près de 85000 habitants du Maryland participèrent à la guerre dont 25000 dans le camp du Sud.

Les unités de milice d'avant guerre

A la veille de la guerre, une forte portion de la population exprimait des sympathies pour le Sud et dès le lendemain de l'attaque de Fort Sumter de nombreux miliciens et volontaires à Baltimore se préparèrent à rejoindre leurs camarades sécessionnistes. Mais tous les membres des régiments et autres compagnies du Maryland n'étaient bien évidement pas pro sudistes, d'ailleurs bien plus d'habitants du Maryland ont rejoint l'union plutôt que la confédération.

Le Maryland disposait avant-guerre d'un système de milice divisé en deux brigades.

1ère brigade : 1st artillery, 1st cavalry et 5th infantry de la milice du Maryland,

2ème brigade : 1st rifle, 53rd infantry et le bataillon des "Baltimore city Guards"

A cette milice il fallut ajouter des unités de volontaires comme les independence greys qui furent plus ou moins rattachés aux régiments de miliciens existants. A Baltimore, existaient plusieurs groupes de volontaires aux uniformes chamarrés. Les "Baltimore City Guards" possédaient une superbe tenue bleu foncé et surmontée d'un imposant bonnet d'ourson sans plaque. Le 53rd régiment du Maryland était quant à lui, surnommé les "Maryland Guards", il affichait un uniforme mêlant des effets de zouaves et de chasseur français. Levée en 1859, cette unité était composée des hommes des meilleures classes sociales de l'état capables de s’offrir cette belle tenue. Autres unités, les zouaves du Maryland, créés par Richard T Zavorna, de l'effectif d'une compagnie portaient également une tenue de zouave rouge et bleue. Mais, une fois l'occupation nordiste mise en place, la plupart de ces unités furent interdites de se rassembler par les troupes fédérales. Celles qui le pouvaient rejoignirent la confédération clandestinement en isolé ou par compagnie entière.

4 compagnies arrivèrent à Richmond et formèrent un bataillon provisoire : le bataillon de Weston. Six compagnies arrivèrent à Harper'sFerry et formèrent par la suite avec le bataillon Weston le 1st régiment du Maryland : le 1st Maryland infantry. Les 109 membres du "Maryland Guards" formèrent la compagnie B du 21st Virginia jusqu'en mai 1862. Les survivants furent en partie amalgamés pour former le 2nd Maryland infantry regiment. Les zouaves du Maryland ne formèrent pas un bataillon de zouaves et la seule compagnie qui fut effectivement formée devint la compagnie H du 47th Virginia, les survivants de cette compagnie furent par la suite transférés au 2nd bataillon d'Arkansas jusqu'en juin 1862.

Les unités confédérées du Maryland

Le 1st Maryland et ses successeurs

Cette unité initialement recrutée comme le premier bataillon du Maryland en mai 1861 à Harper's Ferry devint le 1st Maryland infantry en juin avec l'arrivée de nouvelles compagnies. Commandé par le colonel Arnold Elzey, le régiment participa aux côtés des 10th et 13th Virginia et du 3rd Tennessee au sein de la 4ème brigade à la bataille de Bull Run. L'unité lutta activement à Front Royal, où elle rencontra son homologue fédérale, le 1st Maryland Volunteers infantry, première et unique fois dans l'histoire américaine ou deux régiments portant le même nom s'affrontèrent. Ce furent ensuite les combats de Winchester, Cross Keys et la campagne de la péninsule. En août 1862, le régiment fut dissout en Virginie. Mais ses membres ne pouvaient plus rentrer au Maryland occupé par les forces fédérales. Ils reformèrent une seconde unité: le 2nd Maryland infantry avec des survivants du Maryland d'autres unités confédérées. Le régiment passa l'hiver 1862 dans la vallée de la Shenandoah et fut embrigadé avec l'artillerie de Baltimore et le 1st Maryland cavalry. avec le 1st et le 4th Maryland artillery, Ces unités formèrent le "Maryland Line" le 22 juin 1863.

Les régiments du "Maryland Line" combattirent à Haw's Shop et Cold Harbor où ils subirent de lourdes pertes. L'unité combattit ensuite dans la compagne de Virginie et au siège de Petersburg avant la capitulation finale d'Appomatox. Le bataillon du Maryland à Petersburg n'avait plus que 100 hommes valides, ils furent 63 à se rendre à Appomatox en avril 1865.

Les unités confédérées du Maryland

Les uniformes (planches)

Le 53rd Régiment de milice du Maryland ou "Maryland Guards" possédait plusieurs types de tenues : les classes A, B, C et D, la classe A ou grande tenue est un uniforme composé d'une veste de zouave bleu foncé avec double lacet jaune or, la chemise bleue est fermée à la poitrine par une simple rangée d'une vingtaine de boutons en cuivre.une large ceinture rouge fermée par un ceinturon de cuir blanchi et ceint par une plaque rectangulaire. Le pantalon est du modèle chasseur français moins ample que le Sarouel des zouaves mais plus large que le pantalon standard de l'infanterie. Les hommes étaient chaussés de guêtres blanches et portaient un képi "français" bleu ciel. La garde de la ville de Baltimore avait une tenue rappelant les fastes du début du 19ème siècle, la veste possédait de larges basques, elle était pourvue d'une double rangée verticale de boutons disposés par paires. Le pantalon est bleu clair et pourvu d'un double lacet blanc vertical sur le côté. Les manches possédaient des parements droits passepoilés de jaune à trois boutons séparés chacun par trois lacets. Le col est mi bleu-clair mi bleu-foncé et pourvu d'un bouton. La coiffure des hommes est un grand bonnet d'ourson avec un gland en fil d'or, les officiers possédant la coiffure de l'US Army M1858. Les Zouaves de Zarvona auraient eu une tenue classique de zouave avec une veste bleu foncé à parement et décorations rouges, le sarouel est rouge sans bande. Le Fez est rouge avec une corde et un gland bleu. Il est probable que ces unités ne gardèrent pas longtemps ces tenues une fois arrivés en Virginie. L'officier porte la tenue de l'US Army comme la plupart des officiers du sud à la veille de la guerre de Sécession.

Les deux régiments du Maryland furent habillés par le dépôt de Richmond ou de Caroline du Nord avec des vestes courtes à col bleu clair sans motif particulier sur les manches. les hommes en provenance de Richmond possédaient une tenue obtenue d'artisans locaux (Kent Paine and Co) en gris foncé avec des passepoils noirs pour le col et les pattes d'épaules. Les hommes partis pour le 21st Virginia furent habillés par le même fabricant d'uniformes et portèrent vraisemblablement la même tenue à passepoils noirs. Il est à noter que les hommes des bataillons du Maryland ont été bien habillés pratiquement jusqu’à la fin d'après des témoins qui auraient vu des prisonniers d'unités du Maryland et qui affirmeront la bonne tenue vestimentaire de ces hommes. Ces témoins décrivent une tenue composée d'une veste courte avec col bleu (uniforme du type du dépôt de Richmond), d'un pantalon gris et d'un képi moité gris et moitié bleu clair. Les hommes du 2nd Maryland auraient en partie reçu des tenues importées et affichèrent relativement longtemps une apparence des plus soignée ce qui n'était pas toujours le cas de l'armée de Virginie du Nord. Le porte-drapeau porte l'emblème régimentaire aux armes du Maryland du 1st régiment.

La tenue du cavalier est réalisée d'après photo et ne semble pas posséder de traits particuliers. Le drapeau est le battle flag du 1st régiment du Maryland taillé comme les autres drapeaux de l'armée de Virginie du Nord, un drapeau carré à fond rouge traversé par la croix de saint André et ses 13 étoiles.

(illustration : 2nd Maryland par Don Troiani )

Les unités confédérées du Maryland

sources:

Don Troiani Regiments & Uniforms of the civil war

Ron Field Brassey's History of Uniforms American civil war Confederate Army

Ron Fields Osprey "The confederate army n°6"

http://www.civilwarhome.com/marylandcmh.htm

(image : soldat du 53rd bataillon des "Marylands Guards" par Don Troiani en 1861)

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the girl i left behind me

Publié le par Olivier Millet

Cette chanson populaire fut adoptée par l'armée américaine dès la guerre de 1812. Les soldats anglais prisonniers aimaient à chanter une mélodie qui devint à son tour populaire parmi les soldats américains. Son origine réelle n'est pas claire, la chanson originale pourrait venir de Dublin dans les années 1810 ou encore dans une version nommée Brighton Camp qui est bien plus ancienne encore.

La mélodie très appréciée ressemble beaucoup à celle de Garry Owen, autre chanson populaire d'origine irlandaise appréciée dans l'armée anglaise comme dans l'armée américaine.

Durant la guerre de Sécession la chanson fut modifiée au niveau des paroles et fut chantée par l'armée de l'Union sous cette forme:

I'm lonesome since I crossed the hill
And over the moor that's sedgy
Such lonely thoughts my heart do fill
Since parting with my Betsey

I seek for one as fair and gay
But find none to remind me
How sweet the hours I passed away
With the girl I left behind me

et par l'armée confédérée sous celle-ci :


Old Abe lies sick, Old Abe lies sick
Old Abe lies sick in bed
He's a lying dog, a crying dog
And I wish that he was dead

Jeff Davis is a gentleman
Abe Lincoln is a fool
Jeff Davis rides a big white horse
And Lincoln rides a mule

une chanson très appréciée par la cavalerie américaine qu'elle soit grise ou bleue

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La marine Confédérée (1)

Publié le par Olivier Millet

La marine Confédérée (1)

La guerre de Sécession s'est essentiellement déroulée sur les champs de bataille terrestres, la guerre navale ne pouvait donner lieu à de grands affrontements où des escadres entières s’affronteraient, faute de combattants. Si la marine de l'union d'une taille relativement modeste, a su, par le biais d'achats à l'étranger et de constructions locales, mettre en place une flotte de combat importante, ce ne fut malheureusement pas le cas de la marine confédérée. bien que ses moyens fussent limités, le Sud réussi néanmoins à construire une petite flotte en utilisant au mieux les navires qu'elle possédaient déjà et en construisant de nouveaux, parmi lesquels les redoutables cuirassés connus sous le nom d'Ironclad. Incapable de mener une guerre conventionnelle contre la marine de l'Union, bien plus puissante, Stephen Mallory, ministre de la marine confédérée, mis en place une stratégie défensive mêlant innovations technologiques et corsaires de haute mer tout en renforçant les défenses côtières des principaux ports. La lutte entre les deux marines donna lieu à des engagements entrés dans la légende navale comme le premier combat de cuirassé à Hampton Roads en 1862 ou la première attaque réussi d'un sous-marin sur un navire de guerre.

Une stratégie défensive

On peut établir que la stratégie navale du sud essentiellement défensive comportait trois volets où les innovations dans le domaine naval devaient tenter d'équilibrer les forces en présence. Le dernier volet résolument offensif devait s'en prendre à la partie vulnérable de la marine du Nord à savoir ses flottes marchandes non protégées.

Les Ironclads ou navires cuirassés devaient être le fer de lance dans les combats contre les navires en bois nordistes. Près de 33 furent construits sur des bases de navires hétéroclites allant de la frégate désarmée au vapeur à roues à aubes. Le plus célèbre d'entre fut sans aucun doute celui qui participa au premier combat entre cuirassés de l'histoire : le CSS Virginia

Les mines flottantes devaient protéger les ports et points de passage stratégiques. Ces engins étaient inégaux en qualité et en systèmes de mise à feu, ils furent l'arme qui fit le plus de dégâts aux navires de l'union.

Les sous-marins et les navires torpilleurs devaient participer à la lutte contre les navires du blocus. Bien que les sous-marins se montrèrent relativement inefficaces, Ils inspirèrent une sorte de peur sourde aux commandants des navires nordistes qui approchaient les ports réputés en abriter. Le seul sous-marin qui parvint à couler un navire fut le CSS Hunley.

Les "Raiders" et corsaires devaient s'attaquer à la marine marchande du Nord dans le but de rendre intolérables les pertes matérielles subies et voir les riches exportateurs de Nouvelle-Angleterre tenter de forcer la main à Washington pour un arrêt des combats.

La guerre démontrera que ces 4 axes d’efforts seront des échecs car bien qu'ayant enregistré des succès certains ils n'empêcheront ni le blocus de se renforcer et de devenir de plus en plus étanche, ni le commerce du nord d'avoir lieu. Un bémol doit être cependant fait quant à l'action des raiders et autres corsaires confédérés. Bien qu'ils n'aient détruit que 5% de la marine marchande nordiste, leur impact psychologique fut suffisamment fort pour inquiéter les armateurs du Nord et leurs assureurs. La conséquence fut que la flotte marchande américaine alors la première du monde, déclina au profit de son concurrent direct la flotte marchande anglaise. Le commerce maritime du nord se faisant de plus en plus en affrétant des navires battant pavillon étranger pour éviter les attaques de corsaires.

La marine Confédérée (1)

Une toute petite marine mais incroyablement innovante

Au début de la guerre sur les 1500 officiers de la marine fédérale, 373 passèrent dans les rangs de la Confédération et renièrent leur serment d’allégeance. Pour le Sud c'était maigre mais inespéré car le pays n'a pas alors de tradition navale, la plupart des marins et officiers de la marine de guerre ou marchande sont originaires du Nord. D'ailleurs le Sud ne possédait pas de grands chantiers navals avant la capture de Norfolk. Les navires lourds étaient fabriqués au Nord. Officiellement créée le 21 février 1861, la marine confédérée ne représentait pas une grande menace pour la petite marine du nord.

Pour armer la flotte de la Confédération, les Sudistes firent feu de tout bois et utilisèrent des navires civils dans le but d'en faire des patrouilleurs armés, des briseurs de blocus et surtout des IRONCLAD. Dans ce dernier cas ils ne conservaient que la coque et les machines, le blindage et le pont étaient une création complète, près de 35 furent construits mais tous furent détruit sauf 8 qui furent capturés ou se rendirent, 2 servirent de batterie flottante faute de machines à vapeur pour leur déplacement. L'Angleterre fournit par l'intermédiaire d'acheteurs privés des navires de guerre désarmés conformément aux lois du pays qui interdisaient de vendre des navires de combat à toute nation belligérante non alliée du Royaume-uni. La plupart des navires construits en Angleterre devinrent des Raiders pour une vingtaine d'entre eux ou des briseurs de blocus. La France construisit le seul navire de guerre sudiste à flancs protégés "broadside armor ironclad" le CSS Stonewall mais ce dernier arriva trop tard pour participer à la guerre. 5 IRONCLADS furent construits à l'étranger mais furent vendus à des pays étrangers après leur capture ou ne furent pas utilisés par les confédérés au combat.

Les Sudistes réussirent néanmoins à construire un certain nombre de petites unités d'une centaine de tonnes pour opérer en tant que canonnières ; beaucoup furent lancés ou transformés depuis les ports de la Confédération. Les Sudistes mirent également en place une dizaine de cotton-clads, des vapeurs à roue à aubes dont les flancs sont protégés par des balles de cotton. A l'exception des raiders ou des IRONCLADS le sud ne bénéficiait d'aucun navire de guerre capable d'affronter les navires de ligne nordistes.

A la petite flotte de guerre confédérée il faut ajouter les corsaires privés au nombre d'une vingtaine qui participèrent à la guerre de course, les briseurs de blocus et transports privés qui aidèrent la Confédération dans sa lutte. en plus des marins et officiers de marine, certains navires confédérés embarquaient des CS Marines ou fusilier marin de la confédération pour assurer le service d'infanterie embarquée.

En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman

En haut à gauche un vapeur Cotton Clad CSS Governor (d'après une oeuvre de Rg Skerrett) d'une piètre qualité combattive, à droite une canonnière la CSS Chattahoochee (collection du musée de la guerre civile de Port Columbus)en bas le célèbre Raider CSS Alabama qui coula une frégate nordiste avant de succomber à son tour sous le feu du USS Kearsarge par Tom W Freeman

La marine Confédérée (1)

Incapable de mettre sur pied une flotte de combat capable d'affronter les puissantes escadres du nord, le Sud mit en place toute une série de machines et d'inventions dans le but de contrecarrer le blocus du Nord. Les mines flottantes mises à feu depuis la rive ou par déclencheur à contact détruisirent pas moins de 27 navires nordistes. Les sous-marins furent utilisés non pour la première fois dans l'histoire navale mais réussirent au moins une fois à couler un navire ennemi ( voir article sur le CSS HUNLEY). Des navires torpilleurs semi-submersibles ou classiques furent également utilisés mais avec moins d’efficacité. Lors de l'opération navale contre la nouvelle-Orléans, les Sudistes envoyèrent des brûlots sur la flotte nordiste mais sans succès.

En dernier recours, ce sont les batteries côtières qui assurèrent la défense des ports et des villes avec plus ou moins de succès. Les navires de guerre nordistes utilisant la tactique du tir en défilement furent le plus souvent vainqueurs lors des duels entre bateaux et fortifications. Durant la campagne de Vicksburg, la flottille nordiste essuya sans broncher les tirs des défenses de la ville et réussirent à passer devant Vicksburg sans perdre un navire. Seule une défense côtière réussit à forcer les IRONCLAD fluviaux à battre en retraite plus en aval du fleuve.

La trop grande différence de puissance entre le nord et le sud fit que sur ce front, le Sud n'avait aucune chance de l'emporter. Les rares combats de surface d'importance furent du fait des flottilles défendant le Mississippi ou les ports. Dans la plupart des cas, les flottilles de l'Union qui comportaient un grand nombre de Monitor, eurent le dessus sur leur adversaire sudiste. L'épisode du CSS Virginia demeure la plus grande victoire de la marine confédérée de la guerre, l'IRONCLAD sudiste coula deux navires de ligne et en endommageant un troisième. Mais utilisés isolément, les navires cuirassés confédérés succombèrent les uns après les autres. Les nombreuses armes novatrices utilisées par les Confédérés démontrèrent à la fois la situation désespérée du Sud dans le domaine naval mais aussi un certain dynamisme et une capacité d’innovation technologique surprenante pour une "nation" faiblement industrialisée. Elles furent hélas incapables de faire pencher durablement la balance en leur faveur.

La marine Confédérée (1)

L'uniforme des marins:

Comme l'armée, l'uniforme de la marine répondait à un règlement vestimentaire spécifique.

Les officiers portaient une tunique descendant jusqu'au genoux de couleur gris foncé "gris acier" avec deux rangées de 9 boutons couleur métal jaune (voir dessin). Le pantalon était de la même couleur ou blanc en zone chaude.

Une casquette faisait office de couvre chef avec un symbole brodé sur le devant indiquant le grade tout comme le nombre de lacets horizontaux entourant la base de la casquette. La veste longue comportait des grades d'épaules comme indiqués sur la planche ainsi que des grades de manches pour la grande tenue. Le nombre de lacets indiquant le grade.

Pour un Flag officer, longue tunique gris acier à double rangées verticales de 9 boutons couleur métal jaune. Le grade de manche est en lacets d'or d'un demi pouce d'épaisseur, 3 lacets horizontaux et une boucle. La casquette comporte le badge propre a son grade composé d'une ancre de marine entourée de lauriers et surmontée de 4 étoiles à 5 branches couleur or. Pour les grades suivants la tenue reste identique mais le nombre de lacets diminue. Le passed Midshipman qui est le premier grade d'officier n'a pas de lacet sur les manches mais 3 boutons en lieu et place. Bien entendu les badges de casquettes et les grades d'épaules sont différents en fonction du grade (voir planche).

Il n'existe pas de grade d'amiral dans la marine confédérée (pas plus d'ailleurs, au début de la guerre, dans la marine de l'union, ce grade arrivera en cours de conflit).

Les spécialistes comme les médecins, les mécaniciens, les trésoriers ou chapelains avaient également leurs grades d'épaule et leur badges de chapeaux respectifs (voir planche). La tenue est couleur gris acier avec pantalon blanc ou gris acier. Les grades de manches du chirurgien de plus de 12 ans de services sont deux lacets or horizontaux, un pour le chirurgien plus jeune en service et un lacet deux fois moins large pour l'assistant chirurgien.

On distingue les grades suivants chez les spécialistes:

Chirurgien de plus de 12 ans de service, chirurgien, assistant chirurgien

Trésorier payeur de plus de 12 ans de service, trésorier payeur, assistant trésorier payeur

Chef ingénieur de plus de 12 ans de service, chef ingénieur, premier assistant, deuxième assistant et troisième assistant ingénieur.

A cette liste il faut ajouter

le chapelain, le professeur, le secrétaire du commodore, le secrétaire, le clerc.

Les officiers mariniers (des spécialistes comme les maitre-d'équipages, charpentiers, maitre calfat, artilleurs, timoniers...)portaient des tenues proches de celles de leurs homologues du nord avec des vestes courtes à simple ou double rangée de boutons, des pantalons larges blancs ou gris, une casquette.

Les marins portaient une tenue grise avec écharpe noir autour du coup et un gilet blanc dont le col dépassait largement sur le dos formant un tablier dorsal. Le couvre-chef était un bonnet de marin en laine grise aplati sans bords ou un chapeau de paille à bords plats en zone chaude en plus du pantalon et de la veste blancs ( voir image de l'officier illustrant l'article). Les ceintures étaient en cuir noirci.

Le navy jack de la marine confédérée a évolué en même temps que le drapeau de la confédération et est passé du canton bleu à cercle étoilé à un canton orné de la croix de saint André. Le Navy jack est normalement hissé au port, au combat on hisse les couleurs nationale en plus.

(dessin illustrant l'article : officier de marine confédéré par Michael Codd )

En haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaiseEn haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaiseEn haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage  de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaise

En haut le IRONCLAD CSS Albemarle (Volume VI, photographic history of the civil war), à gauche le navire armé CSS Fulton (extrait de l'ouvrage de Charles B Stuart "Naval and Mail steamer of the US ) à droite le cuirassé CSS Stonewall qui ne prit pas part au combat et fut vendu à la marine japonaise

De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"

De gauche à droite, boutons de la marine confédérée Arlington House Lee Memorial ( il existait en trois tailles différentes), casquette d'officier de la collection "Tharpe" (le badge represente un lieutenant), épée d'officier de marine confédéré "collection musée national de la marine de Greenwich à Londres"

sources:

william M Fowler "Under Two Flags" BlueJacket Books

John Keegan "La guerre de Sécession" édition Pour l'Histoire Perrin

James McPherson " La guerre de Sécession" éditions Robert Lafont

New Vanguard 64 Angus Konstam "Confederate Raider 1861 1865 " éditions Osprey

New Vanguard 41 angus Konstam "Confederate Ironclad 1861 1865 " éditions Osprey

http://civilwarnavy150.blogspot.fr/

http://confederateuniforms.org/conun/confederateuniforms-cn01.php

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