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L'infanterie régulière de l'Union (1)

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie régulière de l'Union (1)

Au début de la guerre la petite armée régulière des États-Unis ne comprenait que 19 régiments d'infanterie. Chaque régiment comprenait théoriquement 843 hommes et était divisé en 8 puis 10 compagnies.

Pour renforcer les effectifs, Lincoln fit appel dans un premier temps aux volontaires, 75000 en 1861 puis 500 000 l'année suivante. Les premiers volontaires étaient recrutés pour 3 mois à une époque où l'on croyait que la guerre serait brève. Après que la plupart des gens aient compris que le conflit serait bien plus long, les volontaires étaient recrutés pour une durée de 3 ans et payés 13 dollars par mois. Quand le besoin d'hommes fut encore trop grand on fit appel pour la première fois dans l'histoire des États-Unis à la conscription. Cette mesure radicale mise en place en avril 1862 puis une seconde fois en mars 1863 était très impopulaire et ne permit de combler que partiellement les effectifs ; les volontaires furent bien plus nombreux par crainte de la conscription qui ne fournissait pas de prime au soldat. En 1865, l'armée fédérale regroupait plus d'un million d'hommes, la plupart dans un des nombreux régiments d'infanterie.

Une des particularités dans le recrutement des régiments était que les Nordistes préféraient recruter un régiment complet avant de l'envoyer au combat quitte à dissoudre un régiment trop affaibli afin de le recréer plutôt que de combler les pertes et de pratiquer l’amalgame entre anciens et jeunes soldats.Ce système avait l'avantage de fournir des régiments avec un meilleur esprit de corps car tous ses membres avaient été formés ensemble. Mais la qualité des régiments composés de novices s'en ressentait face aux vétérans du Sud.

Organisation:

D'un point de vue organisationnel, le régiment était composé d'escouades (environ 10 hommes) qui formaient des pelotons de 50 soldats qui composaient des compagnies d'une centaine d'hommes formant un régiment. Chaque régiment comprenait 10 compagnies. Les régiments étaient organisés en brigades de 3 ou 4 régiments commandées par un général de brigade. C'est l'échelon spécialisé le plus haut c'est-à-dire qu'une brigade d'infanterie ne regroupe que de l'infanterie avec parfois une batterie d'artillerie attachée. Plusieurs brigades forment une division en général 3 ou 4 brigades. Ces dernières sont numérotées de la première à la quatrième brigade. Les vétérans forment généralement la première brigade. La division regroupe également de l'artillerie d'un effectif de plusieurs batteries. La division était commandée par un général de division.

En 1862 fut créé le corps d'armée qui regroupe plusieurs divisions d'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie. Plusieurs corps formaient une armée. L'armée du Potomac en regroupait 25. L'armée est l'entité tactique la plus haute ; l'échelon supérieur est le commandement suprême assuré par le général en chef des armées de l'Union qui est Winfield Scott en 1861 et bien sûr le président qui est le "commander in chief ".

"Billy Yank"

L'infanterie demeure la reine des batailles ; elle compose la majorité des armées. L'artillerie n'a qu'un rôle de soutien et d'appui feu, la cavalerie celui du renseignement de l'éclairage, les raids et parfois (rarement) du choc. Les grandes formations d'infanterie ne craignent que deux choses : le tir des canons et celui de l'infanterie adverse. Les unités de cavalerie chargèrent rarement les lignes d'infanterie sous peine de se voir décimer et de toute façon elles n'étaient sufisament pas entrainer pour le faire. Le soldat nordiste surnommé Billy le Yankee par ses adversaires sudistes, fut dénigré par rapport au courageux combattant rebelle d'origine rurale habitué à la vie à la dure qui était plus apte à la guerre que les hommes du Nord moins habitués à la rudesse du climat du Sud. Ces croyances qui ont toujours la vie dure ne doivent pas faire oublier que les hommes qui portaient l'uniforme bleu étaient animés de la même volonté farouche de vaincre et que les habitants du Maine ou du Michigan habitués à la rudesse de l'hiver n'avaient rien à envier aux soldats originaires de la Louisiane ou du Texas habitués au rude climat chaud de leur état d'origine. Durant toute la guerre, jamais une infanterie n'a montré un aussi bel exemple de bravoure face à la mission impossible qui lui était donnée que les troupes de l'Union à Frederiksburg brisant définitivement l'image fausse du soldat Yankee plus facilement prompt à se débander face aux combattants sudistes et qui ne pouvait triompher que par le nombre.

1666 régiments nordistes combattirent durant la guerre de Sécession. En 1865, Ulysse Grant sera à la tête de la plus moderne et de la plus grande armée du monde.

grades des sous-officiers

grades des sous-officiers

L'infanterie régulière de l'Union (1)

L'uniforme:

Le soldat américain porte depuis 1858 le Frock coat ou longue tunique en laine arrivant jusqu'aux genoux. Depuis 1814, le bleu foncé est la couleur de l'uniforme de l'infanterie américaine. Cette tunique se fermait par une rangée de 9 boutons en cuivre ou autre métal jaune. Le soldat portait le chapeau "hardee hat", un lourd chapeau à bord large en feutre noir avec une plume noire sur le côté droit. L'un des bords était rabattu sur le fût d'abord le gauche puis en 1861, le droit. Un insigne en métal jaune accrochait le bord rabattu au fût du chapeau tandis que le devant du couvre-chef était équipé de l' insigne distinctif de l'infanterie. Le pantalon était bleu clair avec à partir du grade de caporal une bande bleu foncé sur le côté. Les ceintures et baudriers étaient en cuir noir avec boucle en cuivre marqué du "US" pour la ceinture et d'un aigle pour le baudrier. La baïonnette se portait directement sur la ceinture, les sous-officiers portaient un glaive une sorte d'épée très courte. Les officiers portaient l'épée droite. Le sac à dos existait en deux modèles, l'un souple et l'autre rigide avec armature en bois, les deux étant recouverts de toile étanche noire. La musette était en tissu blanc, beige, les gourdes étaient en bois ou en métal recouvertes de tissu bleu clair ou laissé sans protection particulière. Durant le conflit la tenue allait se raccourcir le frock coat allait céder la place au "sack coat", une tunique bien plus courte à 4 boutons ; la veste "shell jacket", encore plus courte, était quant à elle utilisée dans les zones chaudes du continent. Le hardee hat laissa ponctuellement la place au très populaire képi mou ou forage cap modèle 1858 typique de la période. Les guêtres étaient remplacé au fur et à mesure par l'habitude placer son pantalon dans les chaussettes, les bottes n'étaient pas forcément appréciées et les chaussures s'usaient vite

Les officiers portaient des galons d'épaules visibles de face et de dos, la ceinture rouge habituelle pour les cadres, l'épée ou le sabre, le frock coat et le pantalon bleu clair à bandes dorées, bleu foncé pour les généraux. En 1861 seule l'armée régulière portait la tenue réglementaire, toutes les unités de volontaires avaient leur propre tenue donnant un panel d'uniformes des plus coloré.

Mais très vite la standardisation fit que tous les soldats de l'Union devaient porter la même tenue à quelques variantes près, dans les faits la réalité fut plutôt différente. Les différents ateliers de confection et les difficultés a créer des teintes uniformes firent que comme le sud les soldats du nord avaient des tenues dépareillées au niveau de la couleur. Les soldats en outre prenaient l'habitude d'adapter leur tenue et leur équipement à leur environnement se moquant bien du règlement en vigueur, Vest, sack coat, tunique, képi ou chapeaux étaient portés indistinctement, par exemple le hardee hat ou le chapeau à bord large était plus populaire dans les armées de l'ouest que dans celle du Potomac. toutes ces différences s'expliquent par les habitudes, les modes civils adaptés à la vie militaires, les pertes et destructions des effets au combat ou pendant les longues marches. Il apparait que bien que bénéficiant de meilleures chaines d'approvisionnement les soldats du Nord n'avaient pas toujours l'aspect normalisé et standard que l'on imagine et qu'ils apparurent pour certains parfois moins bien habillé que leurs ennemis. Le très compétent général Meigs, intendant général, parvint à habiller tous les soldats durant tout le conflit faisant du soldat nordiste le combattant le mieux équipé (ou du moins s'en rapprochait il) du monde dans la plus grande armée du monde. Rappelons qu'en avril 1865, 1 000 000 de soldats combattent sous l'uniforme bleu.

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