Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le père de tous les canons

Publié le par Olivier Millet

De nombreuses pièces de siège et d'artillerie côtière ont été utilisées et produites durant la guerre civile par les deux camps. Ces énormes canons étaient utilisés pour l'artillerie de marine, la défense des fortifications et bien sûr les opérations de siège afin de réduire les places fortes et autres défenses. Aux États-Unis plusieurs constructeurs se sont illustrés dans la production de canons de gros calibre comme Rodman, Parrot, Dalgreen...

Parmi les différents modèles de canons lourds, les modèles mis au point par l'artilleur Thomas Jackson Rodman étaient réputés pour leur fiabilité et leur puissance. Existant dans les calibres de 8, 10, 13 et 15 pouces, ces canons étaient fabriqués selon un principe inventé par Rodman : la coulée de fonte était rafraîchie par un dispositif placé à l'intérieur du moule, un procédé qui améliorait la résistance du métal du canon en augmentant sa densité. Les canons Rodman n'étaient pas les seuls à utiliser cette méthode de coulage ; les pièces Dalhgren bénéficiaient également de cette invention. Théoriquement, selon les dires de Rodman lui-même, avec ce procédé on pouvait réaliser un canon de n'importe quel calibre...

Les canons Rodman avaient une forme très évasée à la base, leur donnant un aspect de bouteille.

Le canon le plus puissant de l'arsenal fédéral fut le modèle Rodman M1864. Il s'agissait d'un canon modèle Columbiad à tube lisse, modifié par Rodman, de 20 pouces (20 inches) capable de tirer un projectile plein ou explosif d'une demi-tonne à plus de 7300 mètres de distance avec un angle de 20°. Il s'agissait ni plus ni moins du plus gros canon jamais construit en 1865. Mais cet énorme canon qui fut assemblé à Fort Hamilton ne devait jamais dépasser le stade du prototype. Seuls 8 tirs furent effectués et démontrèrent la capacité du monstre. D'abord utilisé avec des charges de poudre inférieures à 70kg, on utilisa en 1867 des charges de 90 kg pour une seconde série de tirs durant laquelle il put expédier un projectile à plus de 7 kilomètres. Mais ce modèle ne devait être qu'un démonstrateur d'artillerie et ne fut jamais utilisé contre les Confédérés.

Le canon pesait un poids énorme, 52.8 tonnes, il mesurait 6.18m et avait un diamètre maximal de 1.62m . Son tube lisse pouvait expédier un projectile plein de 1080 livres et un projectile creux de 763 livres.

La plupart des canons que Rodman réalisa pour l'armée furent les modèles de 15 et 10 pouces qui finirent par servir dans les défenses côtières des États-Unis.

Le canon est conservé sur support fixe à Fort Hamilton. Il est à noter que deux autres canons du même type furent réalisés après la guerre civile. L'un fut expédié à Fort Monroe pour effectuer des tests et participa à l'exposition de Philadelphie de 1876. Ce dernier canon est encore aujourd'hui exposé à Fort Hancock dans le New-Jersey. Le dernier fut vendu au Pérou et servit à la défense du Port de Callao durant la guerre du Pacifique (conflit entre le Pérou et la Bolivie contre le Chili de 1879 à 1884). Il est probable qu'il fut capturé par les Chiliens après leur victoire à Callao en 1881.

Ainsi le plus gros canon réalisé durant la guerre civile, ne fut pas utilisé durant la guerre de Sécession mais dans une autre guerre américaine, au Sud cette fois, un conflit largement méconnu en Europe et qui mériterait une étude bien plus approfondie.

en haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancock
en haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancocken haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancock

en haut le canon Rodman de 20 pouces numéro 1 à Fort Hamilton, images du bas le Rodman numéro 2 à Fort Hancock

Commenter cet article