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La prison d'Andersonville, l'enfer des nordistes

Publié le par Olivier Millet

La prison d'Andersonville, l'enfer des nordistes

Située en Géorgie près de la vile d'Andersonville dans le comté de Macon, officiellement connue sous le nom de camp Sumter, la prison d'Andersonville fut une des prisons établies au sud pour les POW (prisonners of war) et également le pire endroit où pouvait être emmené un prisonnier nordiste après sa capture. On estime à 45000 le nombre de prisonniers de l'union à être passés dans ce sinistre camp et à près de 13000 le nombre de ceux qui n'en sont jamais revenus.

La prison qui commence à entrer en service en février 1864 s'étendra jusqu'à une superficie de plus de 107000 m². De forme rectangulaire, le camp n'a que deux portes à l'ouest. Entouré sur ses quatre côtés par une palissade de plus de 4.5 mètres de hauteur et doublé par une enceinte en rondins de bois à l'intérieur du camp qui délimitait la zone des prisonniers. Tout prisonnier s'approchant trop prés de cette "enceinte de la mort" était abattu par les gardes.

Tout nouveau prisonnier entrant dans le camp, comme le confirmeront des témoignages, était confronté à une vision d'enfer où sur une large étendue on voyait une mer de tentes et d'hommes émaciés qui déambulaient misérablement, le tout dans une odeur pestilentielle sous le regard de gardes brutaux. Devant cette vision d'horreur, "Dieu protégez-nous" s'exclamera-t-il.

Le camp est pratiquement dépourvu d'infrastructures en dur pour abriter les prisonniers et c'est le plus souvent sous des tentes ou à la belle étoile que les prisonniers s'entassent dans des conditions hygiéniques catastrophiques, ce qui explique en partie le grand nombre de morts dû aux maladies. Mais le plus grave problème pour le Sud était l'envoi de leur subsistance alors que la population sudiste commençait à être privée des denrées de base à cause du blocus et de la guerre. Comment nourrir des dizaines de milliers d'hommes plus la garnison avec peu de moyens et encore moins de vivres quand tout est monopolisé pour l'effort de guerre. Plus de 30 000 prisonniers furent internés en même temps, au plus fort de l'activité carcérale du camp, dans cette espace réduit et dépourvu d'abris contre les conditions climatiques.

L'alimentation en eau était assurée par un petit ruisseau qui traversait le camp mais qui fut rapidement souillé par les déjections des prisonniers déclenchant la dysenterie et augmentant le nombre de morts. L'absence de nourriture fraîche déclencha elle des cas de scorbut bien connu des marins qui prélevait également son lot de victimes.

Les difficultés d'approvisionnement firent que les prisonniers souffrirent de malnutrition sévère avec pour résultat des hommes squelettiques dont les photos nous rappellent douloureusement les images d'autres camps plus récents. Les troupes de Sherman qui stationnaient non loin de là en 1864 durant leur marche vers la mer, furent les premières à voir des prisonniers du camp d'Andersonville. Leur réaction devant les squelettes ambulants qui marchaient vers eux fut la colère et l'amplification par la suite de leur destruction dans la Géorgie dans un esprit de vengeance. Les troupes fédérales entrèrent finalement dans le camp en mai 1865.

La vengeance, ce fut la raison pour laquelle le commandant du camp, Henry Wirz, fut capturé et condamné à mort par un tribunal militaire. Il sera pendu et fut l'un des rares condamnés à mort à l'issue de la guerre. Nul doute qu'il servit de bouc émissaire après avoir commis ce qu'il convient d'appeler un crime de guerre. Mais il ne faut pas oublier que le Nord possédait également des camps de prisonniers sordides où les conditions de vie étaient, certes meilleures, mais où les prisonniers sudistes mouraient également en masse. La prison d'Andersonville fait partie des épisodes les plus noirs de la guerre de sécession. Le lieu de la prison est aujourd'hui constellé de monuments rappelant les horreurs qui s'y sont déroulées. Pour l'anecdote on dit que l'homme qui tua l'assassin du président Lincoln, John Wilkes Booth, était un cavalier du 16ème régiment de cavalerie de New-York, Boston Corbett, ancien prisonnier d'Andersonville...

De gauche à droite, l'enceinte de la mort, une vue du camp avec sa double palissade, soldat nordiste en état de malnutrition totale lors de la capture du camp par les troupes de l'union.De gauche à droite, l'enceinte de la mort, une vue du camp avec sa double palissade, soldat nordiste en état de malnutrition totale lors de la capture du camp par les troupes de l'union.De gauche à droite, l'enceinte de la mort, une vue du camp avec sa double palissade, soldat nordiste en état de malnutrition totale lors de la capture du camp par les troupes de l'union.

De gauche à droite, l'enceinte de la mort, une vue du camp avec sa double palissade, soldat nordiste en état de malnutrition totale lors de la capture du camp par les troupes de l'union.

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